‹ Le Palais-RoyalChapitre 44 sur 92 · PREAMBULE · texte numérisé non relu

PREAMBULE

CONCLUSION DE RENAUDETTE

NOUS en avons dit que nous ne parlerions pas des filles communes du Palais-Royal. Nous les passons donc, à l'exception d'une seule, Renaudette. Cette jolie créature, qu'on a vue cet été de 1789, en caraco rayé, et en blanc, cet automne, a paru si jolie à un provincial, qu'il l'a tirée du grand commun, pour la remettre au particulier. Elle voulait résister, l'homme étant dans sa trente-cinquième année, et la délicate Renaudette n'ayant de goût que pour les adolescents. Mais cet homme, tenace dans ses goûts, qu'il s'embarrasse peu qu'on partage, ayant emmené Renaudette chez lui par ruse, il lui signifia qu'il la voulait garder. Elle résista, il la fit mettre en cage; et toutes les fois qu'elle résiste, ou qu'elle veut s'en aller, quatre grillages latéraux, artistement faits, se lèvent, et la petite personne se trouve encadrée. Rien n'y fait. Mais on la tient là, sans manger, jusqu'à ce qu'elle se mette à la raison. L'homme lui a déclaré, que s'il ne craignait pas de lui gâter la peau, il la ferait passer par les verges, au moindre caprice. 11 espère de parvenir enfin à la rendre douce, et il se propose de la mener partout avec lui. Quand il la quitte, ce qui est rare, elle est enfermée. Voilà tout ce que nous avons su, par Doris, de cette fille mutine.

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