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CINQUIEME ET SIXIEME BERCEUSES

BALSAMIE ET TUBEREUSE

On voit que les filles se désaccouplent, pour se raccoupler autrement, en changeant de fonctions. L'on en sent la raison : c'est que les talents donnent le second état. Celles qui n'ont que des agréments sont Berceuses ; celles qui ont de la voix, seront Chanteuses, et celles qui ont de l'esprit, le talent de narrer agréablement, seront Converseuses. C'est le plus beau rôle. Les Berceuses sont les premières placées.

En continuant d'aller chez Madame Janus, nous apprîmes que Tubéreuse et Balsamie venaient d'être établies avantageusement.

Un vieux provincial, arrivé d'Amérique, avec une fortune

Gravure de Véâitlon originale des Gentilshommes populaires, du Curé Patriot

groupées sous la colonnade en bois

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rorce nécessaire {contes de Restif de la Bretonne). Cette gravure nous montre, •Royal, les héroïnes de ces contes.

considérable, voulait se marier, en arrivant à Paris, ainsi qu'un neveu, jeune créole très sot, mais auquel appartenait la moitié de l'immense fortune de son oncle, le père de ce neveu, frère du vieillard, ayant beaucoup d'intelligence!

La situation de cet homme était singulière! Il avait quatre petits-enfants, inconnus de son neveu. Ces petits-enfants étaient issus de son fils et de sa fille. Il faut savoir que cette dernière, née d'une Française de grande condition, était extrêmement belle; que son frère, plus jeune de deux ans, provenu comme elle d'un commerce adultérin, pendant l'absence du mari de la même personne (commerce qui avait occasionné l'expatriation du vieillard et de son frère, le seigneur-mari en ayant eu vent); que son frère, dis-je, parvenu à seize ans, était devenu éperdument amoureux de sa sœur, et l'avait avoué à leur père. Celui-ci adorait ces deux enfants, parce qu'il avait adoré leur mère, et qu'ils étaient charmants. Il n'avait su que répondre à son fils. 11 lui avait seulement représenté que c'était une chose impossible qu'il possédât Lisette. Mais celle-ci aimait son frère, et comptant sur l'indulgence paternelle, ils osèrent... avoir quatre enfants... Le père, dans sa douleur, aimait cependant à l'excès les petites créatures! 11 gémissait; mais il ne pouvait séparer deux enfants, qui le menaçaient de mourir. Enfin, au bout de cinq ans, son fils, qui le voyait sans cesse pleurer, lui dit : — Mon père ! je me suis remplacé auprès de vous ; je ne veux plus vous chagriner. J'ai assez vécu pour le bonheur. Combien en est-il, qui n'ont pas été cinq ans heureux, en cent années de vie!... Et l'infortuné se jeta aux genoux de son père, dont il baisa les mains. . Il le quitta.

' Le lendemain, le père ne voyant point paraître ses enfants, il alla dans leur chambre, et les trouva dans le même lit, embrassés; mais froids. Ils étaient morts...

Il paraît qu'ils avaient pris une dose excessive de laudanum.

A son arrivée à Paris, le vieillard voulut se marier, mais à une femme qui reconnût avoir eu de lui, les quatre enfants, inconnus à son neveu. Il ne trouva pas ce qu'il désirait. II aurait

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