LES EX-SUN AMITES
épousé une négresse, si elle avait pu légitimer vraisemblablement les enfants.
11 entendit alors parler de Madame Janus. 11 résolut de louer deux Berceuses pour en essayer. Quoiqu'il ne fût pas cassé, il affecta de l'être, croyant qu'il le fallait, d'après le récit qu'on lui avait fait de l'honnêteté de maman Janus. 11 obtint facilement Balsamie et Tubéreuse, qui furent celles qui lui plurent davantage, il les emmena chez lui, sous les conditions ordinaires.
Dès le premier jour, il leur remit à chaque une deux de ses enfants, en leur disant : — Mes belles, voilà ceux et celles dont vous serez les Berceuses... En voyant tous les jours ces deux jeunes filles, il se sentait attendri pour Balsamie. Son neveu, d'un autrp côté, en devint éperdument amoureux. Le vieillard raisonnable la lui céda, mais à condition qu'il l'épouserait, et que Tubéreuse deviendrait son épouse, à lui. Les deux belles y consentirent. Tubéreuse épousa le vieillard, et on reconnut que les quatre enfants étaient d'elle. Ce qui étonna fort le neveu ; mais il adorait Balsamie ; il signa tout ce qu'on voulut.
Madame Janus cependant, faisait la recherche des parents, et elle parvint à connaître personnellement les mères. Cette femme prudente, après ses découvertes, examinait si elles seraient utiles à ses élèves, ou non; et dans ce dernier cas, elle ne donnait son résultat qu'à celle qu'il concernait. Si le vieillard eût épousé Balsamie, elle aurait tout brûlé, car c'était sa fille... Après le mariage de la mère de Balsamie, qu'il avait bien reconnue, il s'était découvert à elle, et il en avait eu deux enfants, fruits du plus violent amour. On imagine combien cette découverte fit de plaisir à l'oncle, et même au neveu, qui n'en aima sa femme que davantage. Pour Tubéreuse, après son mariage, elle vit journellement sa mère, qui était venue s'établir à Paris; elle eut un enfant du veillard, et elle est très heureuse.