‹ Le Palais-RoyalChapitre 79 sur 92 · SS · texte numérisé non relu

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Cette femme devint grosse. Elle n'avait jamais eu d'enfants; elle n'en eut point ensuite. On a parlé de la beauté de sa fille ; et je vois qu'elle ressemble infiniment à ma sœur Ernestine, qui elle-même ressemble à Madame Saint-Aubin... Je n'en doute pas. C'est ma fille ! et tu seras mon gendre.

On se félicita de cette découverte singulière, puis orî demanda l'histoire de Lilette.

Cette jeune personne la fit avec la même sincérité que sa compagne. Les deux frères connaissaient le trait de Priape, et au nom de la mère de la jeune cantatrice, ils trouvèrent en elle une cousine issue de germaine.

Tout ce qu'on vient de lire avança beaucoup les mariages. Car le jour suivant, l'on vit arriver les deux frères avec deux dames. L'une était Ernestine, leur sœur, l'autre, la présidente de***, mère de Lilette. Avant de leur montrer les deux jeunes cantatrices, on pria Madame Janus de les faire paraître avec toutes leurs compagnes. On conduisit ensuite les deux dames dans le salon, et on les pria de les deviner! La présidente les regarda toutes; elle s'arrêta ensuite sur Lilette, en disant : — La voilà. On l'amena dans ses bras. Ernestine chercha ensuite sa nièce, et la reconnut également, à sa ressemblance avec elle.

Il ne s'agissait plus que de savoir comment on ferait, pour les présenter dans le monde. 11 fut décidé qu'on dissimulerait absolument leur histoire; que les mariages se feraient secrètetement, et qu'ensuite, on donnerait les nouvelles épouses pour deux orphelines, après les avoir greffées sur deux vieilles tiges. Mais on a mis dans les actes les vrais noms et la vérité.

Nous pouvons certifier que ces deux jeunes personnes, adorées de leurs maris, en sont vraiment dignes, et qu'elles rendent le bonheur qu'on leur donne.

Nota. Quelqu'un à qui nos feuilles sont communiquées, à mesure qu'on les tire, a fait deux observations. L'une sur la y?//^ appelée Cocluine, qui a fait périr son enfant. On a craint que nous ne fussions ses dénonciateurs pour un crime capital. M. Aquilin des Escopettes assure qu'elle n'existe plus.

La seconde est au sujet du garde national, qui maltraitait une fille dans une des allées du Club. M. Aquilin a prétendu, parce récit, engager nos patriotes militaires à se respecter eux-mêmes. Nous ajoutons ici, avec joie, que ce but est rempli.

LES EX-SUNAMITES 267

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