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comme un empoisonnement miasmatique dû aux exhalaisons marécageuses.
Thévenot, que nous avons déjà cité, montre que les marais environnant Rochefort sont la principale cause des fièvres endémiques. Il remarque que les vents du sud-ouest sont les plus funestes à la ville ; or «telle est, dit-il, la position du marais de Brouage. »
Les plus fortes épidémies régnaient en effet avec ces vents et l'épidémie de Chirac en 1694 avait été précédée de vents du sud.
Thévenot montre également que les maladies estivales sont debeaucoup plus nombreuses et plus graves, constituées surtout par les fièvres intermittentes que l’on retrouve annuellement et qui semblent constituer, dit-il, une maladie propre au climat de Rochefort. Ces fièvres se développaient en effet à mesure que l’action des marais se faisait sentir davantage, apparaissant ordinairement au mois de juillet.
« En 1827, de 462 malades existant le 20 juillet à l’hôpitalde la Marine, le nombre s’accrut, dit-il, jusqu’à 759 en 10 jours pour atteindre 1487 en fin août et diminuer rapidement en septembre. »
L'augmentation la plus grande de malades avait donc coïncidé avec la plus haute température qui fut enregistrée du 31 juillet au 10 août. Cependant les vent avaient toujours régné du nord au nord-ouest. Il concluait de cette constance des vents que ce n'étaient pas les effluves de Brouage qui avaient causé cette année les maladies, que les effluves des marais de Fouras et de Lupin avaient seuls pu venir jusqu’à
LAURE Rochefort et que la cause principale de l'épidémie devait avoir été la chaleur croissante agissant sur les effluves immédiats.
D’après lui, l’on devait considérer deux choses dans cette épidémie estivale de 1827.
D'une part l’action des effluves, produisant la fièvre intermittente, d'autre part l’action de la chaleur tendant à les rendre continus. Les fièvres intermittentes dues aux effluves des marais seraient rarement graves par elles-mêmes ; la cause la plus fréquente de leurs complications serait la chaleur.
L’ascite constituait une complication fréquente des fièvres endémiques. De nombreux auteurs parlent de ces hydropisies tirant leur origine de la fièvre des marais. L’obstruction du foie, la jaunisse, sont également souvent signalées comme complication de l'infection palustre. La sciatique, les névralgies rebelles à tout traitement faisaient également suite aux fièvres endémiques.
Les hypertrophies de la rate, surtout, étaient particulièrement fréquentes et sont signalées par tous les auteurs de l’époque.
Bauger, dans sa thèse en 1847, signale la fréquence des grosses rates chez les enfants des marais de Marennes et de Brouage. Il rapporte l'observation d’une fillette qui, à l’âge de 3 ans, époque à laquelle elle eut assez de force pour commencer à marcher, avait une énorme rate dont la face inférieure, de la largeur d’une assiette, venait s’appuyer sur les cuisses
lorsqu'elle était assise.