CARO OS
On creusa des canaux principaux, des canaux de jonction, des contre-fossés, des fossés d'écoulement ; on construisit des digues.
Déjà les heureux effets de ces mesures se faisaient ressentir, et pour la première fois, en 1785 le nombre des naissances surpassait celui des décès.
La Révolution survint avant que l’on eût achevé tous ces travaux. Ils furent ajournés. Faute d’entretien, par suite d’affaissements et d’empiètements successifs, ces travaux qui avaient donné tant de peine à construire furent à peu près détruits. Douze ans s'étaient à peine écoulés que tout était à recom-— mencer.
On les reprit en 1804 et le vaste projet d’assainissement qui avait été envisagé fut enfin réalisé. On disputa à l’eau de mer les terrains qu’elle envahissait, on exécuta des travaux de dérivation et d'irrigation, on éleva des digues et on fit de nombreuses plantations. Des digues encaissant la Charente furent rétablies. Tous les canaux se jetant dans la rivière furent munis d’une vanne à leur terminaison, permettant de régler la hauteur des eaux. Le canal de Charras, traversant 20 km. de marais, celui de Brouage furent recreusés, ainsi que celui de Pont-l’Abbé, qui fut prolongé de 12 km. en amont de ce village dans un marais infect qui en quelques années était ainsi transformé en de belles prairies.
Cependant, si les marais constituaient la principale cause de l’insalubrité de Rochefort, l’état de malpropreté dans lequel resta la ville pendant de longues
2 NDE
années contribuait pour beaucoup au développement de l’endémie palustre.
De vastes travaux d’assainissement furent entre— pris dans la ville, tels que pavage. et nivellement des rues, plantations d’arbres, écoulement des eaux ménagères, suppression d’un grand nombre de locaux d'habitation insalubres.
Il restait à résoudre la question des eaux. La pénurie d’eau s'était toujours fait sentir depuis la fondation de la ville. En 1750,on avait réussi à capter 3 sources près de Tonnay-Charente. Malheureusement le débit était tout à fait insuffisant ; le château d’eau fournissait à peine 2 litres et demi d’eau par habitant. D'où la multiplicité des puits dans les jardins de la ville et surtout du faubourg, ainsi que l’usage dans presque toutes les maisons de réservoirs pour recueillir l’eau de pluie. Puits et réservoirs n’étaient pas couverts et constituaient autant de lieux d’élection pour la reproduction des moustiques qui pullulaient dans la ville, favorisant ainsi l’extension de l'infection palustre.
Cette importante question a été résolue ces dernières années,la ville ayant été dotée d’un service d’eau largement suflisant pour les besoins de la population. En même temps la municipalité faisait combler tous les puits hors d'usage et ordonnait la fermeture des puits encore existants par des trappes, ainsi que la couverture des réservoirs d’eau et fosses à l’air libre.
Toutes ces mesures, qui ont consisté essentiellement dans l’assèchement des marais d’une part et