ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Slang.
Les altérations du sang dans la cachexie diffèrent qualitativement et quantitativement de celles du paludisme chronique. De plus le plasma, qui restait indemne dans la phase des hyperémies phlegmasiques, se modifie profondément dans la cachexie. ,
L’oligocythémie se renconlre ici, mais portée à ses limites extrêmes; c’est dans la cachexie, et surtout dans la forme aiguë, qu'on a constaté un million et même 600 000 globules rouges par millimètre cube, chiffres qui paraissent incompatibles avec la vie, puisque Hayem affirme qu’au dessous de 1500 000 hématies, l’existence est menacée.
Dans ces conditions, on comprend combien un accès aigu toujours déglobulisant sera fatal pour les malades, bien que la perte par accès à cette période soit beaucoup moindre que dans le paludisme aigu.
Le nombre des globules blancs descend aussi à un chiffre au-dessous de la normale, et on ne retrouve jamais cette leucocytose signalée parfois dans les cas aigus.
Néanmoins, quelques auteurs, Marchiafava entre autres, croient à l’existence d’une leucocythémie splénique paludéenne, mais en tout cas ces observations sont extrêmement rares et l’analyse histologique de la rate, de la moelle des os n’a pas toujours ôté faite d’une façon très précise.
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Hayem a vu tombera 92 000 le nombre des hématoblastes dans les anémies paludéennes, c’est-à-dire le chiffre le plus bas qu’on ait constaté dans les maladies infectieuses les plus graves.
On ne trouvera plus de pigment mélanique dans le sang, sauf dans les cas où la mort est causée par un accès pernicieux.
Les analyses du sang de Léonard et Folley répondent à des cas de cachexie, et c’est dans les modifications du sérum qu’on trouve une différence tranchée caractérisant ce stade ultime de l’impaludisme chronique.
Hydrémie. — En effet la proportion d’eau a augmenté, l’hydrémie se manifeste d’ailleurs dans les caractères physiques du sang, qui est pâle, fluide.
HypoaLbuminose. — La quantité d’albumine a au contraire diminué, et c’est de ces deux modifications qualitalives du sérum que dérivent les œdèmes, les hydropisies, l’anasarque que nous avons décrits dans la symptomatologie.
C’est dans la cachexie galopante que ces lésions seront le plusraarquées,,c’est dans les formes cirrhotiques qu’elles le seront le moins, sauf aux périodes ultimes.
Les hématozoaires sont peu fréquents dans le sang à celte époque, on peut môme ne les pas rencontrer ; c’est la forme à flagelles qui sera la plus rare, les formes en demi-lune ont été au contraire signalées. Nous retrouverons cette question au chapitre parasitologie.
Rate.
Les symptômes dus à la splénotrophie jouaient un rôle prépondérant dans la phase des hyperémies phlegmasiques.
160 LIi PALUDISME CHRONIQUE.
nous avons vu que ces symptômes perdaient de leur valeur
dans la cachexie et laissaient le pas aux manifestations
hépatiques.
Néanmoins les lésions de la rate sont la règle dans la cachexie, mais ces lésions amènent presque une annihilation des fonctions de cet organe, sans lequel, l’expérimentation et la chirurgie l'ont prouvé, 1 homme et les animaux peuvent vivre de longues années sans troubles apparents.
Au lieu de l’hyperéraie avec toutes ses conséquences, nous allons trouver la sclérose, c’est-à-dire la suppression physiologique du viscère.
Dans les autopsies, on no constate plus ces rates gorgées de sang, en bouillie, s’étalant sur la table d’amphithéâtre: au contraire la rate est souvent solidifiée, imperméable, résistant au doigt; la couleur est plus terne, moinssombre, quelquefois même gris de fer, la teinte mélanotique est moins fréquente.
A la coupe, le tissu crie sous le scalpel, présente même une certaine résistance et l’on a parfois un tissu lardacé. que jamais on n’a signalé dans l’impaludisme aigu ou chronique.
Le parenchyme est sec, pour ainsi dire exsangue, sauf en quelques îlots où l’on peut trouver quelquefois des hémorragies, des infarctus, mais beaucoup plus rarement que dans la phase des hyperémies viscérales du paludisme chronique.
La capsule est toujours épaissie, et là encore d’une façon inégale; de plus on trouve souvent, lui formant comme une double enveloppe, des fausses membranes plus ou moins épaisses, plus ou moins consistantes.
Les adhérences avec le diaphragme, le foie, l’estomac,.
les intestins sont presque de règle, aussi les déplacements sont-ils très rares, mais si ces adhérences sont providentielles à ce point de vue, elles ne le sont plus à celui des ruptures, qui ont leur maximum de fréquence dans ces cas.
L’histologie explique très bien celte dureté de la rate, car la bouillie splénique est rare, parfois il faut la chercher, et sur certaines coupes ou ne trouve que du tissu conjonctif et quelques vaisseaux à parois épaissdes.
Celte sclérose peut être plus ou moins intense ou se limiter à l'épaississement des trabécules, qui partent de la capsule pour gagner la profondeur de l’organe; dans ces cas la pulpe disparaît par atrophie, étouffement; mais les cordons pulpaires peuvent eux-mêmes se laisser envahir et ne plus montrer que des cellules conjonctives fusiformes au lieu des grosses cellules spléniques.
Les lésions sont d’ailleurs le plus souvent mixtes et les deux scléroses se confondent, s’unissent pour annihiler les fonctions de la rate.
Le tissu lymphoïde lui-même peut participer à ce processus, et dans les coupes passées au pinceau on pourra voir très épaissies les fines fibrilles de ce tissu ; les follicules de Malpighi seront, eux aussi, atteints par la dégénérescence scléreuse.
Mais, et c’est là une caractéristique de celte cirrhose splénique, l’atrophie est rare quoique possible, l’hypertrophie est la règle, ce seul caractère permettrait de distinguer une rate de paludéen.
Néanmoins c’est seulement dans la cachexie qu’on a rencontré des rates diminuées de volume, et l’on en a cité atteignant le poids de 85 grammes; toutefois cette cirrhose atrophique est exceptionnelle.
102 I,U l'AUJDISMH CIlUOmoIIE.
Quant au pigment oci'o, on le trouvera dans la rate des cachectiques, mais très inégalement réparti; il y en a beaucou'l) plus dans les cellules spléniques restantes que dans le tissu conjonctif.
Les trois caractères macroscopiques dominants sont donc ; hypertrophie, induration et sécheresse du parenchyme, enfin lésions de la capsule.
On comprend facilement que dans la cachexie aiguë, ces lésions seront au minimum; l’évolution du tissu conjonctif est lente et comporte un processus chronique : aussi à l’autopsiede cesimpaludés àanasarque aiguë, gangrène,etc., on trouvera des rates qui semblent appartenir à la phase des hyperémies viscérales, c’est-à-dire non seulement volumineuses, mais encore molles, gorgées de sang et avec une capsule en grande partie lisse et mince.
Dans les cachexies sclérnsiques au contraire, à marche plus lente, la sécheresse, du tissu sera extrême, e.’est alors qu’on peut trouver des rates petites, gris de fer, vérilables blocs de tissu conjonctif dans lequel on ne rencontre que peu de pigment.
La rate des formes sidérosiques tiendra le milieu entre les deux précédentes, la pigmentation sera intense, l’hypertrophie constante, la sécheresse l’exception, et les îlots restés hyperérniés, les infarctus, les hémorragies y atteindront le maximum de fréquence.
Foie.
La prédominance des lésions du foie dans la cachexie n’avait pas échappé aux anciens observateurs : Senac et Portai affirmaient qu’ « il n’est presque pas de fièvres inler-