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COMPLICATIONS DU COTÉ DES ORCANES GÉNITAUX

Du cô(é des organes génitaux externes, il existe un certain nombre d'affections qu’on regarde comme ayant une origine paludéenne.

Orchite paludéenne.— h'ovûùic est la plus connue de ces maladies; elle ne se montrerait, dit-on, que chez des impaludés chroniques.

Girard, Drago, Maurel, Bertholon, Schmidt, Malinas, Charvotont donné chacun un certain nombre d’observations d’orchite paludéenne. Les premiers cas furent presque tous observés à la Guyane, mais M. le médecin-major Charvot en a rencontré également en Algérie.

L’orchite paludéenne serait une orchite vraie avec gonflement considérable et douleur très vive, s’exaspérant à des heures à peu près régulières, c’est-à-dire qu'il y aurait de véritables accès.

Les phénomènes généraux seraient violents : céphalée, températftre élevée, embarras gastrique, etc.

La durée de la maladie dépendrait essentiellement du traitement, et, en donnant du sulfate de quinine, en deux ou ti'oés jours on ^obtiendrait et l’abaissement de la température et la diminution de la tension douloureuse, toutefois la résolution complète n’arriverait qu’après un mois environ.

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La terminaison par atrophie est fréquente pour les uns;, rare pour les autres.

Dans la guérison, c’est l’épididyme qui se résout en dernier lieu, et l'épanchement dans la yaginale disparaîtrait tout d’abord ; c’était cet épanchement qui avait ouvert la scène, le plus souvent brusquement. M. Gharvot, qui a publié une monographie très complète sur ce sujet, différencie cette orchite de la blennorrhagique; celle-ci aurait un début plus lent, une résolution moins brusque et serait rebelle à la quinine, quoi qu’on en ait dit, ajoute-t-il.

Quatre des malades de M. Gharvot étaient des cachectiques, les deiix autres avaient eu la fièvre antérieurement pendant un certain temps; néanmoins un de ces malades n’avait pas eu d’accès depuis un an.

Si nous admettions cette manifestation comme étant d’origine paludéenne, nous la devrions considérer comme rare ; certaines affections insidieuses peuvent échapper aux observateurs, mais une inflammation aussi douloureuse que celle du testicule, produisant un gonflement notable, amenant des symptômes généraux sévères, ne saurait passer inaperçue, et il est tout au moins singulier que les cliniciens n’aient pas signalé cette orchite palustre. Depuis 1880 (Thèse Drago) le nombre des observations est resté assez restreint, et malgré notre désir d’admettre cette nouvelle forme d’orchite, nous ne pouvons nous empêcher de lui trouver de nombreux points de ressemblance avec l’orchite blennorrhagique.

Les recherches bactériologiques sont absolument indispensables. Si l’on veut définitivement établir la réalité de cette complication malariale, il faudra chercher le sporozoaire dans le sang au moment de la fièvre, car, pour M. Gharvot, cette fièvre est causs et non aymplôme. Nous

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ignorons si dans ces observations on a examiné lo suintement uréthral au point do vue du gonocoque de Neisser, dont la spécificité, bien qu’ébranlée, conserve encore une certaine valeur.

M. Corre, dans son traité, a donné peut-être la patliogénie vraie de ces inflammations testiculaires, qui s’accompagnent assez souvent, ont remarqué MM. Dentu et Terrillon, d’inflammation du scrotum. Sous le nom de lympliatexie, M. Corre désigne des « affections du système lymphatique caractérisées par des coagulations, des épanchements ou des écoulements de la lymphe, par des dilatations, des engorgements ou des inflammations des ganglions et des vaisseaux lymphatiques, qui se produisent principalement aux membres et aux organes externes de la génération, affection commune en certains pays chauds et torrides, souvent en connexion avec le parasitisme filarien, mais engendrées sous dos influences climato-somatiques et suLeptibles de revêtir, sous des influences pernicieuses diverses, la malaria par exemple, des tendances graves et insidieuses ').

La malaria, dans cette manière de voir, perdrait son rôle prépondérant, qui se réduirait à la banalité d’une cause favorisante. On expliquerait ainsi pourquoi ces orchites ont été surtout observées dans les pays tropicaux ou prétropicaux. Néanmoins Magnani en 1887 a relaté cinq observations d’orchite paludéenne recueillies à l’hôpital de Pavie [Gazette médicale italienne lombarde, 1887).

S.-J. Fayrer admet l’existence d’une hydrocèle malarialo.

On a cité aussi l’orchite gangréneuse (Thèse Labassalie 1886). Enfin il est des auteurs qui parlent d’uréthrite paludéenne ; ces uréthrites, qu’on croyait oubliées depuis llelye, ont été de nouveau rappelées en 1886.

Gangrène de la vulve. — Outre les gangrènes ' de la vulve, dont on a relaté diverses observations chez des paludéennes chroniques, ou a encore admis que la cachexie avait une influence notable sur les fonctions génitales de la femme et qu’il existait des manifestations utérines du paludisme.

Complications utérines. — Nous ne voulons pas rappeler les métrites paludéennes plus ou moins douteuses, mais examiner la question des hémorragies utérines, des troubles menstruels, de l’avortement et des accouchements prématurés, pendant la période de l’impaludisme chronique.

Savoir si la grossesse favorise l’éclosion de la malaria ou prédispose à l’immunité ne rentre point dans le cadre du paludisme chronique et nous laisserons à part les travaux relatifs à ce sujet.

La bibliographie des manifestations utérines, etc., du paludisme chronique est très touffue : dans la thèse de Bontils 1886, dans celle de Lasfargue 1891, on trouvera une liste très complète des auteurs qui ont écrit sur ce point de la maladie qui nous occupe, sujet particulièrement intéressant puisqu’il regarde à la fois et l’avenir do l’individu et celui de la race.

Avortement. — L’avortement est de règle dans les accès pernicieux, mais « la plus grande part de l’influence exercée par le paludisme sur la grossesse revient à la forme chronique de l’intoxication ».

Dans l’impaludisme chronique, l’avortement est au contraire assez rare. M. Bonfds n’a noté que 12 cas sur 140 paludéennes et M. Lasfargue n’a pas vu cet accident survenir souvent môme dans la cachexie.

Accouchement prématuré. — En revanche, l’accouche-

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ment prématuré est très fréquent. On a invoqué diverses causes pour expliquer cet accouchement prématuré : l’anémie de la mère, la mauvaise nutrition du fœtus, l’action mécanique des viscères hypertrophiés; enfin Pasquali, Bompiani croient que chez les impaludées les lésions placentaires sont fréquentes.

Toutes ces causes ont certes une valeur, mais la débilitation profonde des cachectiques, les lésions viscérales multiples, l’hydrémie, etc., expliquent suffisamment la pathogénie des accidents que nous étudions, sans invoquer des lésions placentaires que beaucoup d’auteurs ont niées d’ailleurs.

Cette détérioration de l’organisme permet également de se rendre compte de la fréquence des mort-nés en pays à malaria et aussi de ce fait que les enfants de paludéennes sont plus petits, plus chétifs.

Paulin Dupuy a relevé le poids moyen des enfants nés à l’hôpital d’Alger de 1863 à 1878 (1008 enfants) et a vu que le poids moyen des enfants nés de mères saines, exemptes de paludisme, était de 5 kil. 569 grammes, tandis que celui des enfants nés de mères impaludées était de 2832 grammes, soit 537 grammes en moins.

D’autres auteurs, Saint-Bornes,Goth, avaient fait la même remarque et Abelin avait donné une différence de 280 grammes au-dessous de la moyenne pour les enfants nés de paludéennes.

Pasquali dit que rarement ces enfants alteignent 3 kilos. Les préjugés populaires ne pouvaient manquer d’accuser la quinine de tous ces méfaits, comme on l’a accusée de provoquer l’hypertrophie de la rate, etc. Néanmoins, en cette matière, certains médecins ont donné raison à celte croyance et recommandent d’éviter les doses' massives de

quinine, surtout au commencement de la grossesse, c’està-dire pendant les trois premiers mois (Merz, Atkinson).

' La grossesse réveille le paludisme et y prédispose surtout vers la fin, dans les derniers mois de la gestation.

On ne s’étonnera pas de ce fait si l’on veut se souvenir de ce mot de Bérenger Fcraud : Fébriciter est la façon de réagir du paludéen; il n’y a donc rien de surprenant à ce que l’état de plénitude de l’utérus, qui amène de si profondes perturbations ‘dans le mécanisme fonctionnel de l’individu, ne provoque le réveil des fièvres chez une malariale.

Quant aux auteurs qui ont affirmé que la grossesse transformait les formes de la fièvre, que même elle les changeait en hydropisies, on peut répondre que l’invariabilité des formes dans les récidives est aussi peu fréquente chez les femmes enceintes que chez celles qui ne le sont pas, et qu’une parturiente malariale qui a de l’ascite est une impaludée chronique qui entre dans le domaine de la cachexie. 11 va de soi que la grossesse doit singulièrement aider à franchir les limites qui séparent ces deux stades de la maladie.

Le travail de l’accouchement est rendu lent, pénible, nécessitant souvent l’intervention par l’inertie utérine; la paludéenne pe réagit plus, et il semble que les muscles utérins se contractent aussi mal que ceux de la vie de relation .

Suites de couches. — Le paludisme aurait encore une influence marquée sur les suites de couches. Bonfils dit l’éclampsie fréquente chez les femmes paludéennes; mais la question est encore en litige.

Les lochies seraient plus sanguinolentes, les hémorragies post-partum plus fréquentes ; enfin le paludisme se

réveillerait dans les suites de couches et ses accès se distingueraient, dit-on, do ceux de la septicémie, parce qu’ils ont lieu le matin et non le soir.

Dans les cas où il y a doute, il ne faut pas hésiter à donner la quinine, car, ainsi que l’a fait remarquer M. Clarac {Arch. de mécl. navale,- 1892), le médicament est également bon pour les deux affections.

Pour expliquer ces accidents paludéens post-parfum, MM. Moriez, Bureau, Cuzzi, Billau, assimilent l’accouchée à une blessée; c’est une comparaison fort juste, mais non point une explication, car les liens mystérieux qui relient le trauma au paludisme sont loin d’être connus, on ne fait que reculer la difficulté.

Terminons en disant que bien souvent chez les impaludées chroniques, la sécrétion mammaire se tarit très vite, et que la lactation devient impossible; elle pourrait être dangereuse si l’on oubliait que l’on retrouve, dans le lait, de la quinine à des doses suffisantes pour être nuisibles, on a même dit mortelles, pour un Jeune nourrisson.

■ On aurait observé la mammite intermittente.

Au point de vue du traitement, on devra faire quitter les pays à malaria aux femmes enceintes, qui, même sans être des paludéennes chroniques, ont eu des accès antérieurement. Pitre Aubanais a vu fréquemment des formes sim- . pies se changer eu pernicieuses pendant la grossesse.

L’anémie pernicieuse progressive, assez fréquente, on le sait, chez les femmes enceintes, le serait plus fréquemment encore chez les paludéennes. D’autre part, Tommasi Crudelli et Fayrer admettent que l’anémie paludéenne prédispose à cette grave maladie même en dehors de la gestation.

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