I.E PALUDISME ClIliONIQUE. ïlil
en Bresse, Brun, curé de Villars, dit que la moyenne deJa vie pendant un siècle fut de vingt à vingt-deux ans.
Jackson affirme qu’à Peterborough, en Virginie, rarement un indigène atteint vingt-trois ans.
Bruce fait les mêmes remarques pour les Européensmés en Abyssinie.
Les hommes qui résistent sont chétifs, te développement est tardif; il y a tous les ans, dit Monfalcon, des cantons de Sologne qui ne peuvent fournir leur contingent modique.
Tandis qu'un Belge, dit M. Thévard (Th. Paris, 1-886), chargera en voiture 20 mètres cubes de terre, un Solognot en chargera 1 à 8.
Les exemptions du service militaire sont réclamées pour défaut de taille, hernie, faiblesse générale, varices, etc.
Les médecins militaires qui suivaient les- conseils de révision (Bertrand, en 1866, dans le Cher, etc.) ont tous fait les mêmes remarques.
Ce qui prouve bien que c’est au paludisme que -sont dues toutes ces défectuosités, cette mortalité, cette chétivité de la race, c’est que deux pays voisins, Tun palustre, l’autre sans malaria, présentent un contraste frappant, tant au point de vue de la faiblesse de la race et de sa léthalilé (|u’au point de vue de ta moyenne de la vie.
Il existe une véritable déchéance de la race, et Burdel en 1875 a longuement décrit une « dégénérescence palustre » que Morel avait déjà signalée dans son Traité (les dégénérescences de la vie humaine.
La cachexie palustre, en affaiblissant successivement les générations, ferait naître cette dégénérescence. M. Vallin croit, dans ces cas, à une transmission héréditaire, que
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Burdel repousse, en ce sens que, pour lui, l’enfant n’apporterait pas les fièvres intermittentes en naissant.
Ce ne serait que dans la première ou la deuxième enfance que la cachexie se transformerait en crétinisme. M. Burdel a joint à son mémoire des photographies, et il cite comme exemple de l'apathie morbide de ces dégénérés le cas d’un homme de vingt-sept ans, ayant une taille de 1 ra. 20, qui, malgré une fracture du fémur, datant de trois jours, se tenait assis auprès d’un maigre feu.
Beringuier admet l’existence de l’idiotie chez les cachectiques palustres.
M. Cavaleau (1818), en Vendée, faisait remarquer que l’habitant des marais vendéens, bien que plus grand, plus large d’épaules que celui du Bocage, est moins fort et moins vigoureux.
M. Beautlls aurait noté également cette dégénérescence palustre en Cochinchine : « Les bas Cochinchinois seraient, dit-il, plus malingres que leurs frères de l’Annam et du Toulon; les becs-de-lièvre, la surdi-mutité, etc., toutes les inQrmités indiquant un abâtardissement de la race, y sont fréquentes » (topographie médicale du poste de Vinh- Long, Arch. de méd. navale, t..XXV, p. 882).
Aussi, comme nous l’avons dit, tous les pays où règne le paludisme deviennent déserts pour ces deux raisons, que la mortalité par les cas aigus et surtout chroniques est considérable et que ceux qui subsistent meurent jeunes,, ont peu d’enfants ou des enfants chétifs.
Pour consoler de ces sombres tableaux, il suffit de regarder l’état actuel de certains de ces pays jadis si lamentables. En un assez court laps de temps tout a été transformé et l’on peut suivre les progrès et les transformations de la Sologne, par exemple, en lisant les statistiques des conseils
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«le révision : on y voit qu’en 1840 il y avait à peine un homme de pris sur quatre, en 1866 un sur trois, aujourd’hui il y en a plus d’un sur deux.
En Algérie nous avons fait les mêmes progrès et même plus rapidement; c’est ainsi qu'au Fondouk, en 1845, on constatait un décès sur 4 habitants, en 1848, un sur -48 seulement.
Bou-Farik, village florissant actuellement, était d’une insalubrité telle que même les corneilles ne pouvaient y vivre ; au début de sa création, 60 pour 100 des habitants y sont morts de fièvre paludéenne.
Toutefois l’émigration sans cesse progressive des habitants des campagnes vers les villes doit inspirer à nos cconomistes de graves réflexions; il ne faut pas oublier que l’abandon de la culture pourrait ramener, en France «nême, le retour de ces néfastes époques où la malaria «lésolait une partie de notre sol.
Nous aurions voulu parler de la prophylaxie de l’impaludisme chronique, mais celte prophylaxie est du ressort «lu paludisme aigu et sera étudiée dans le volume où seront traitées'les manifestalions aiguës de la malaria.
En un mot, protéger contre le paludisme aigu, c’est snctlre à l’abri du paludisme chronique.