‹ Le Paludisme chroniqueChapitre 24 sur 40 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

PARASITOLOGIE

La description minutieuse des parasites de la malaria et de leur développement, etc., trouvera mieu.v sa place dans l’étude du paludisme aigu ; aussi ne voulons-nous ici que très brièvement rappeler les diverses formes de ïoscillaria malariæ, découvert en 1880 par M. le médecin principal Laverai!.

L’existence de ce parasite a été universellement reçonnue dans tous les pays paludéens, et depuis les solennelles déclarations des professeurs Bouchard à l’Académie des sciences et Strauss à la Société de biologie, personne ne met en doute l’existence de ce sporozoaire, dont l’observation à Paris est rendue difficile, de ce fait que la plupart des paludéens qu’on y rencontre ont déjà antérieurement pris du sulfate de quinine, ce qui rend plus rare le parasite dans le sang et le prive souvent de la forme caractéristique à flagelles.

La figure suivante, montre les quatre types auxquels on peut ramener les formes assez variées de l’iiématozoaire.

1" Corps sphériques. — Ce sont les corps sphériques, les plus fréquemment rencontrés, dans quelque forme de paludisme que ce soit; leur volume varie de 15 à 16 a.

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ils sont ou non pigmentés, jouissent de mouvements amilioïdes, mais n’ont pas de noyau, ou du moins s'ils en ont un, il est très difficile, impossible de déceler su présence pai' les colorants les. plus énergiques, tandis que celui des leucocytes est facile à démontrer et a une forme toute spéciale (en rosette ou en boudin).

Tantôt ils sont libres dans le sang, tantôt au contraire

on les rencontre superposés au.v globules sanguins ; pour M. Laveran, ils ne sont qu’accolés à ces globules; pour beaucoup d’auteurs italiens, ils sont endoglobulaires et se développent dans l’intérieur des hématies et à leurs dépens ; ils s’empareraient de leur hémoglobine, qu’ils transforment en pigment. Leur développement dans le globule rouge serait même poussé jusqu’à la forme en demilune, et le mince linéament qui réunit les deux cornes de cette demi-lune ne serait qu’un débris du globule sanguin.

Corps à flagelles. — Les corps à flagelles, évidemment les plus caractéristiques de tous, ne. seraient que des

corps sphériques ayant excapsulé des flagella. Quiconque a vu une seule fois ces corps ne saurait prendre en considération les accusations portées contre l’oscillaire de n’èlre «pi’un globule rouge plus ou moins déformé.

Les flagella, au nombre de 2, 3, 4, sont assez longs (15 à 28 (J.), et présentent souvent, soit sur leur parcours, soit à leur extrémilé, de petits renflements piriformes. Ils sont placés symétriquement ou non sur le corps rond, qui alors est toujours pigmenté et varie de grandeur, les uns étant plus petits que les globules rouges, les autres doubles de leur volume. Les mouvements de ces flagella sont extrêmement rapides, moins pourtant que ceux des cils vibratiles, ils sont assez énergiques, non seulement pour remuer, bousculer, faire tourner deux, trois, quatre globules rouges à la fois, mais encore pour entraîner le corps tout entier et le faire mouvoir dans le champ du microscope au milieu des hématies et des globules blancs, qui lui barrent la route et sont écartés par ces sortes de tentacules. A un moment donné, ces flagella se détachent du corps sphérique et nagent dans le liquide sanguin, vivant pour ainsi dire d’une vie propre, ce qui est contraire à l’idée de la fonction pseudopodique qu’on leur avait attribuée. La quinine fait rapidement disparaître ces corps à flagelles. Sur 432 paludéens, M. Laverait ne les a trouvés que 92 fois.

Je les ai récemment oltservés dans le sang d’un malade de mon'^service, impaludé chronique, après un séjour de neuf mois au Tonkin, qui après deux mois de convalescence a dû rentrer à l'hôpital pour récidives d’accès. Ce malade avaitpourtant pris, huit jours auparavant, du sulfate de quinine, mais à faible dose, et néanmoins les mouvements des flagelles étaient fort nets et « formaient une des

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images les plus saisissantes eju’on puisse voii’ au microscope » (Strauss).

3“ Corps en croissant. — Les corps en croissant, dont le nom indique la forme, sont toujours pigmentes et ont une longueur de 8 à 9 o., quelquefois un peu moins, mais jamais ils ne présentent les faibles dimensions de certains corps sphériques. Une ligne ti-ès fine relie les extrémités du croissant.

Le pigment est d’ordinaire au centre, mais on peut le trouver aux extrémités. Canalis attache une certaine importance cà cette mince modilication, lorsqu’il veut distinguer les divers parasites qui, pour lui, caractérisent les formes de la malaria.

4“ Corps en rosace. — Les corps en rosace, régulièrement segmentés et pigmentés au centre, représenteraient, pour Golgi, le mode do multiplication des sporozoaires. Cctie forme est la plus rare de toutes.

Rien de plus facile que la recherche de ces hématozoaires, néanmoins leur observation demande une certaine habitude du microscope, surtout pour voir les flagelles, bien que les mouvements tout particuliers dont ils animent les globules rouges doivent attirer l’attenlion.

Examen du sang. — Nous donnons ici très succinctement le mode de préparation à sec, tout en prévenant le lecteur que jamais l’examen des lamelles ainsi préparées n’atteindra le caractère de suggestivité que procure la vue des parasites vivant dans le sang et mouvant leurs flagelles sous vos yeux :

1“ Recueillir le sang au début d’un accès, autant que possible ;

2“ Préparer d’avance quelques lamelles couvre-objet bien propres ;

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5“ Piquer avec une épingle tlarnbée l'extrémité du doigt, bien essuyé avec un chiffon sec, et faire soi'tir une goutte de sang eu comprimant un peu le doigl ;

4" Approcher de la goutte de sang une des lamelles jusqu’au contact; la goutte de sang adhère à la lamelle; on applique alors siii' la première lamelle une deuxième lamelle, de manièie que le sang s'étale en couche mince entre les deux;

5” Sans ntlendre que le sang sèche, on fait glisser l'une sur l’autre les deux lamelles et on laisse sécher le sang à la surface do chaque lamelle ainsi isolée.

Quand le sang est desséché, on passe chaque lamelle trois fois au-dessus de la flamme de la lampe à alcool, en ayant la précaution de ne pas tourner du côté de la flamme la surface couverle de sang ;

6“ Pour préparer d’autres lamelles, recueillir chaque fois du sang frais.

On peut ensuite colorer ces lamelles soit au bleu de méthylène, soit avec la double coloration éosine et bleu de méthylène.

Multiplicité (lu parasite. —Si nous avons tenu à donner ce court résumé des principales formes de l’oscillaire, c’est que les observateurs italiens en particulier croient à l’existenqe de plusieurs parasites, chaque forme de fièvre paludéenne ayant son hématozoaire.

On se rappelle que Trousseau avait formulé une proposition analogue, car il croyait à l’existence de foyers spéciaux pour chacun des types.

Nous ne nous étendrons pas sur les parasites de la fièvre tierce et de la fièvre quarte, qui seraient différents l'un de l’autre, selon Golgi, Peter Canalis, Antolisei et Angelini, mais nous devons dire un mot du parasite que Canalis,

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Feletti, Crassi, Terni, Giordino disent appartenir spéciale- • ment aux fièvres irrégulières de Timpaludisme chronique. Feletti et Grassi reconnaissent seulement deux types do parasites :

1“ Ceux des fièvres régulières : hémamibes, qui sont les corps sphériques;

2“ Ceux des fièvres irrégulières ou Laveriana, qui ne sont autre chose que les corps en croissant (Ilalbmonde). Mais Ganalis, Golgi, etc., admettent trois formes:

1" Le parasite de la fièvre tierce;-

2“ Celui de la fièvre quarte (la quotidienne en étant une variété) ;

5“ Celui des fièvres irrégulières.

Parasite des fièvres irrégulières . — Par fièvre irrégulière, Ganalis entend les fièvres suheontinues ou subintrantes et ■ les fièvres Irrégulières des cachexies, ce qui de prime abord paraît un singulier assemblage.

Non seulement les parasites seraient différents, mais encore leur évolution ne serait pas la même, et par exemple les corps llagellés provenant des parasites des fièvres tierces et quartes seraient plus grands que ceux provenant des corps en croissant, car pour Ganalis l’hématozoaire spécial de la fièvre irrégulière est, comme pour Feletti, le corps en croissant. Il y aurait en outre une différence dans la topographie du pigment, qui, dans tes corps flagellés issus des demi-lunes, ne serait jamais en couronne.

C’est dans le Fortschrill de 1890 que Ganalis a publié son long et fort intéressant mémoire avec figures donnant le résumé de 58 cas observés à Rome, et de l’observation desquels il a déduit les considérations précédentes.

Pour cel auteur, les corps en croissant ne paraîtraient que dans les récidives d’accès-, jamais,dans les fièvres de

première atteinte; d’ordinaire il faut de quinze à trente

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