‹ Le Paludisme du rapatriéChapitre 13 sur 23 · EVOLUTION · texte numérisé non relu

EVOLUTION

S'il n’est toujours pas soigné, comment va évoluer un tel malade ? Parfois, l’accès pernitieux va l’emporter rapidement par coma ou forme algide, dans l’adynamie,

Jhypothermie ét le collapsus. Plus souvent, il ne meurt

pas de suite. Sous Flinfluence de lincessant. apport d’hématozoaires dans son sang, il se produit une anémie considérable. Sous l'influence des incessantes ‘décharges de produits de désintégration (pigment, débris d’hématies), la rate, le foie, le S.R.E. tout entier, s’hypertrophient, CHAUFFARD, dès 1908, a insisté sur l’hépatomégalie qui se révèle constamment comme secondaire à Ja splénomégalie, car « le foie, dit-il, parenchyme afférent de la rate, devra recevoir, emmagasiner,s élaborer la majeure partie des déchets d’origine $plénique » ; Cest le syndrome sSpléno-hépatique de CHAUFFARD, En résumé, ce malade présente un état que l’on peut individualiser, par son prolongement dans le temps et la gravité des phénomènes cliniques, dans lesquels prédsminent la splénomégalie, l’hépatomégalie et l’anémie, la fièvre elle-même passant au second plan, On comprend que certains auteurs aient donné à cette forme clinique, vu son prolongement dans le temps, le nom de paludisme chronique. Maïs peut-on vraiment parler de maladie chronique à propos d’un état qui n’est, en réalité,

que la résuïtante d’une série d’atteintes aiguës surajou- .

tées et intriquées ? Il nous semble qu’à ce faux paludisme chronique d'outre-mer, le terme de paludisme viscéral ‘évolutif (P.V.E.) (AuBry), s'applique mieux. Ce paludisme viscéral, dans les Cas peu nombreux où

le sujet n’est pas rapatrié, évolue plus ou moins vite .vers la cachexie. Celle-ci est caractérisée, outre la splénomégalie et l’anémie toujours plus importantes, par la leucopénie, lPhypotension artérielle avec affaiblissement cardiaque, des œdèmes.

Enfin, exceptionnellement, il peut arriver que PME et cachexie brülent les étapes. Alors s’installe rapide”

ment, quelquefois en moins d’un mois, une cachexie

d'apparence primitive, GRALL en rapporte plusieurs cas et note que c’est à KeLcH (Traité des maladies des pays chauds, 1889, p. 586), que-:revient le mérite de lavoir distinguée de la cachexie chronique. Cette cachexie primitive s'accompagne d’œdèmes importants et souvent d’une fièvre très élevée (GRALL).

Nous venons d’envisager sous quels aspects cliniques se présente le paludisme en région d’endémicité. Un fait le domine : c’est la réinoculation, permanente où périodique. L’indigène, du fait de sa prémunition naturelle, lutte relativement. L’Européen, dépourvu de prémunition naturelle, lutte peu. Réinoculation permanente, défaillance du terrain, voilà l’amorce des atteintes faussement réputées chroniques.

Page 1