‹ Le Paludisme du rapatriéChapitre 15 sur 23 · L’ACCÈS PALUDÉEN · texte numérisé non relu

L’ACCÈS PALUDÉEN

Cet accès de fièvre intermittent, qui est le -type. de l'accès paludéen, est régulièrement rythmé. Si PI. vivax est en cause, le clocher thermique se produira tous les trois jours avec un jour intercalaire d’apyrexie (accès

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tierce). Si c’est le PL. malariae, la fièvre fera son appa-

rition tous les quatre jours avec une période apyrétique intercalaire de 48 heures (Accès quarte), IL faut aussi savoir que si plusieurs générations de parasites évoluent concurremment dans le sang d’un même individu, celuici pourra présenter une fièvre intermittente quotidienne comportant un clocher thermique, par exemple tous les midis ou tous les soirs (accès quotidiens).

L'accès tierce est celui que l’on rencontre le plus fréquemment ; aussi, choisissons-le Comme type de description. ; |

a) Prodromes ::

Quand le malade nous raconte sa crise de paludisme, il n'omet jamais de nous parler de ‘certains signes annoncCiateurs qui l’ont frappé. Très souvent ce sont des algies musculaires diverses, des courbatures, une asthénie physique généralisée. Et cette asthénie contraste avec une agilité de lidéation. Parfois, c’est. une série de baïllements. Quelquefois aussi, il semble que la faculté du goût soit momentanément pervertie : le vin; le tabac, ont perdu leur saveur hebituelle ; celleci est remplacée par de l’amertume. Enfin, il n’est pas rare que le patient soit incommodé pee des HOUR volantes.

b) L’acces

D'une facon brusque, alors que le sujet est au milieu de sa vie physique normale, en plein travail par exemple, un violent frisson va apparaître. Il commence. en général au niveau des masseters : le malade se met à claquer des dents. Rapidement, ce frisson s'étend à tous les muscles de l’économie, Il est solennel : le paludéen est obligé de s'étendre. La durée de cet état de frissonnement est variable. Elle peut aller de quelques minutes à quelques heures. Une sensation de froid

a" chaleur. \ en Fe PL pe

‘au eu de LS FRA 0 te Celles-ci ne profuses, mouillant

Te Re ne se produirat que dia Ja fin de la crise sudorale. Puis, tout rendre Du brutalement. Le sujet s'endort. Cette brüsquer rie -fin, comme celle du début, sont de : caractéristiques de accès paludéen. se LE D EN E STE Le lendemain, rien ne se passe. Le surlendemain, aux * on . 54 mêmes heures, Ja même suite de phénomènes va se T dérouler imimuablement. Nes CR Ent ER Ajoutons que, non rarement, Set un état saburral | des voies digestives, des Se une légère gène dans l’hypocondre nes FA “Si la rate est peu percutable, si ou est minime, lé diagnostic différentiel de l’accès paludéen peut être difficile. En pays d’endémie, certes, en présence d’un fiévreux, c’est la première des choses à laquelle on pensera. Mais, en pays salubre, on n’y pense peut-être pas toujours suffisamment. Dans tous les cas, c’est YhématAage qui tranche la question. Mais il faut bien saxoir qu'on ne doit pas hésiter à répéter les examens à chaque

PE Lu ap x

acmé fébrile, car on ne trouve pas toujours le parasite au premier ou au deuxième accès.

GE volution : ë

Si le sujet n’est pas soigné, les accès vont se répéter au nombre de six ou sept, puis tout rentrera dans l’ordre pendant quelques mois. Ils réapparaîtront alors, pour disparaître à nouveau, et ainsi de suite. Mais, à mesure que passe le temps, les phénomènes vont s’estompani, de telle sorte qu’ils disparaissent presque toujours en deux ans.

Dans ce paludisme de reviviscence en pays tempéré, la perniciosité est exceptionnelle.

La reviviscence continue. — Certains rapatriés font quelquefois, immédiatement dès leur arrivée, un accès de fièvre continue, qui dure cinq ou six jours. Le PI. precox est alors en cause. Non traitée, cette variété clinique évolue aussi très bien vers la guérison. En outre, la quinine mordraiït moins bien ici que dans le cas de PI. vivax, contrairement à l'opinion classiquement admise! |

Causes adjuvantes de l'accès rythmé. — Le froid, le soleil, un bain de mer, tendent à réveiller la fièvre intermittente paludéenne. La contraction de la rate, à la suite d’une injection d’adrénaline, peut également provoquer l'apparition d’un accès. Signalons enfin que le traumatisme, au sens Le plus large du mot (traumatisme obstétrical, chirurgical, par exemple), est également un facteur de révélation pour le parasite.

Voici deux observations de paludisme de reviviscence (Hôpital Militaire de Marseille)

Sar… Louis, 2° classe, 22 Ans. Rapatrié sanitaire d’'A.O.F. après 14 mois de séjour à Segou, Bamako, Koulikoro, pour amibiase hépatique. Durant ce séjour, chancre

Fat 0e

syphili tique de la ver ge en ee 1941, correctement traité

depuis (cyanure, Novar, Bi). Première atteinte palustre

-diagnostiquée en août 1941. Depuis cette date, accès

bi-mensuels ou mensuels malgré Jes traitements répétés et une prophylaxie quinique qui aurait été régulièrement

appliquée à la dose de 0 gr. 40 par jour.

Première atteinte dysentérique amibienne aiguë en eu 1942. Guérison clinique après traitement émétinien.

Trois mois après, en juillet 1942, rechute de dysentérie

(mixte). Nouveau traitement amibien, nouvelle amélioration, suivie après 15 jours environ d’une réaction Der

que qui motive le rapatriement.

Aucun traitement émétinien depuis juillet 1942.

lat actuel (10-10- 42) AGE général médiocre. Amai-

grissement de 10 kgs durant le séjour. Asthénie .impor--

tante. Apyrexie. Teint ocreux. Légère décoloration des muqueuses conjonctivales. Apnétit conservé. Selles : normales. Fosse iliaque gauche très douloureuse à Ia palpation. Corde colique paraissant plus œdématiée que spasmée, de consistancé cartonnée.

Foie : Hauteur 15 cm. Sur la ligne mamelornaire, bord inférieur débordant de deux travers de doigt le rebord costal. Masse hépatique douloureuse à l’ébranlement. Rate percutable sur 4 travers de doigt. Pôle inférieur palpable au niveau du rebord costal. Les autres appareils sont normaux.

La T. A. est de 11 — 8 au Vaquez.

Les urines ne contiennent ni sucre; ni albumine.

Quelques ganglions sus-épitrochléens, axillaires inguinaux petits, indolores, fermes et mobiles

Examen de lahoratoire. -. Sang : G. R. 3.230.000. G. B. 5.800. Taux d’hémoglobine 85%.-Polyneutro 54 %. Polyéosino 1 %. Lympho 27 %. Mono 19 %. B. W. négatif.

Selles : Recherche de kystes amibes, parasites, négative.

Le lendemain de l'entrée (11-10-42), accès fébrile avec stades de frissons, chaleur, sueurs. Présence de PI. falciparum dans les frottis de sang.

En résumé, paludisme de reviviscence à- PI. falciparum. Amibiase intestinale avec retentissement hépatique.

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