AR A ES NA ET PO OS GE UE PL GO OUEN
FE SRE : OBSERVATION 2
Fou ee 23 ans, hospitalisé | le 10 octobre 1942. Rapatrié sanitaire d’A.O.F. après un séjour dé ur an à Koulikoro, pour séquelle d’accès pernicieux. Durant ce séjour ictère, dès l’arrivée.
‘Première manifestation palustre diagnostiquée FFACCES pernicieux comateux en août er (soit au 11° mois de séjour). :- ,
Prophylaxie quinique suivie avec quelques irrégularités durant le séjour. Arrêtée depuis un mois, date de l’embarquement. Pas d’autres antécédents connus.
Examen le 10 octobre 1942 : Etat général assez bon. Pas d’amaigrissement appréciable depuis le début du séjour. Asthénie, fatigab'lité. Teint légèrement ocreux. Coloration conjonctivale normale. Rate largement percutable sur cinq travers de doigt, non palpable. Absence d’hématozoaire dans les frott:s de sang, le jour de l'entrée.
Autres appareils : Normaux. Abdomen souple( indolore.
Foie percutable sur 12 cm. sur la ligne mamelonnaire.
Poumons cliniquement et radiologiquement normaux.
Appareil cardio-vasculaire : Pouls 76. T. A. : 10-6 (Pachon), bruits du cœur normaux.
Urines normales ne contenant ni suére, ni albumine.
Système nerveux : Rien à signaler.
Le 11 octobre 1942, lendemain de l'entrée, accès fébrile avec stades de frissons, chaleur, sueurs.
Hématologie : Présence de PI. praecox dans les frottis de sang. G. R. 4.400.000. G. B. 7.000. Hémoglobine 90 %. Poly 75 %. Polyéosino 4 %. Lympho 10 %. Mono 11 %.
Le 12 octobre 1942, après absorption de 2 gr. de quinine, absence d’hématozoaires dans les frottis.
Le 7 novembre 1942, après une cure de 20 gr. de quinine et de'1 gr. 50 de auinacrine, état général satisfaisant. Reprise de poids : 2 kgs. Apyrexie.
En résumé, reviviscence à P. praecox.
3° Paludisme viscéral évolutif (P.V.E.). — L’Européen peut être rapatrié au moment de la phase évolutive viscérale. Ce sont en général des individus qui ne
ASE
sont pas protégés et qui ont véritablement dû été rapatriés pour cause de maladie paludéenne :
a) Certains, traités en mer, arrivent avec des rates. déjà modérées, encore de l’anémie, mais plus de fièvre.
b) Plus rarement, certains arrivent avéc de la fièvre, une splénomégalie évidente et une anémie en pleine évolution. Cette anémie est le plus souvent hypochrome, parfois hyperchrome. En, outre, leucopénic avec monocytose. $
Dans le premier cas, c’est le diagnostic de toutes les. splénomégalies avec anémie non fébriles. Dans le: second cas, c’est le diagnostic des splénomégalies fébriles. L’hématologie permettra, ici encore, d’emporter la décision. Si ces malades ne sont pas traités, la régression se fera progressivement en deux ans le plus. souvent. S'ils sont soignés, la guérison est souvent spec-: taculaire. Très vite, l’anémie disparaît, la rate régresse.
Voici deux observations de P.V.E: : |
De. Robert, spécialiste radio, officier marinier, 33 ans. Entré à l'Hôpital Militaire le 8 octobre 1942 pour asthénie, fort accès fébrile, syndrome hépato-splénomégalique avec. hyperthermie chez un ancien paludéen. Il s’agit d’un marin ayant dépassé 15 ans de service et rapatrié comme libérable sur s/s « Providence », après deux ans de séjour outre-mer.
Bilan du dernier séjour : Depuis cetobre 1940, a successitement séjourné en Indochine (Saïgon, Madagascar), Diégo-Suarez et en A:O.F. (Dakar), faisant avec son bateau la navette entre ces différentes colonies. A présenté en avril 1941, à Diég®, un violent accès de paludisme, puis. en décembre 1941, en Indochine, un nouvel accès de reviviscence ; enfin, à bord du « Providence » qui le rapatriait, le 3 octobre dernier, en quittant Casablanca, un nouvel évisode brutäi fébrile suivi d’état subfébrile avec clocher vespéral quotidien autour de 39° jusquà son débarquement.
Hospitalisation au cours du séjour : Aucune. Le malade-
s’est traité lui-même par quelques comprimés de chlorydrate de quinine au moment des accès, De même on ne peut préciser d’hématozoaire en cause, car aucune instigation de laboratoire n’a été sollicitée par le malade.
Prophylaxie suivie : Nulle, le malade s’étant tout à fait désintéressé de la question.
Séjour antérieur : I] s’agit d’un marin qui depuis 15 ans a beaucoup navigué. On retrouve à linterrogatoire la notion d’une. première manifestation de paludisme à Beyrouth en octobre 1930, et qui aurait eu sa confirmation ‘hématolog'que. Puis en 1932, 1934, 1936, 1937, 1938, aurait présenté de nombreux accès de reviviscence, avec vraisemblablement de non moins nombreuses réinfestations, étant donné ses stations en pays palustre. Ne s’est jamais fait traiter sérieusement, se soignant lui-même par un peu de quinine buccale quand il était fébrile, et y adjoighant parfois une auto-médication par imb'bition ‘éthylique. Quant
à la prophylaxie anti-palustre, paraît ignorer jusqu’à son existence.
— Etat actuel. - En ce qui concerne le'palud'sme a) Anémie. On est frappé d'emblée par une anémie clinique très importante. Fond de teint spécial : pâleur jau-
nâtre, ocreuse, très particulière. Décoloration des muqueu-
ses conjonctivale, labiale, buccale. Asthénie considérable, qui se traduit même par de la fatigue à parler. Amaigrissement important, de 14 à 15 kgs depuis un an.
b) Rate : hypertrophie modérée, percutable sur 4 travers de doigt, pôle inférieur palpable er fin d’inspiration, légèrement sensible.
c) Thermicité : température à l’entrée : 37°6, dès le lendemain normalisée.
d) Hématozoaires : très nombreux schizontes de pl. praecox, plus rares schizontes et rosaces de pl. malariae. Hématologie :
. G. R. 2.510.000, confirmant J’anémie clinique. . GB. 6.500.
Hémoglobine 60 %.
Polys neutro 60.
Lymphos 4. *
Moyens mono 13.
Grands mono 20.
Métamyélocytes 2.
Plasmocyte 1.
avec polychromatophylie, oo et t poïkilocytose. L'examen somatique est par ailleurs tout à fait négatif. En particulier : foie normal, cœur normal, pouls 90, TA T1-6.07 Conclusion : Paludisme viscéral it Association pl. praecox et pl. malariae.
* de
Qui... Emile, 2° classe, 23 ans. Rapairié d'A. O. F. pour fin de séjour après un an passé à Segou. Hospitalisé le 9 octobre 1942 au débarquement, pour splénomégalie, cachexie; fièvre bilieuse hémoglobinurique à bord du bateau.
Durant ce séjour, épisodes fébriles de courte durée, très irréguliers dans leur apparition, non diagnostiqués, palustres, traités par le malade lui-même par quelques comprimés de quinine. Prophylaxie quinique très irrégulièré pendant tout le séjour. DAME:
Au cours du voyage de retour, dès l'embarquement, le 21 Septembre, malaise général, état fébrile persistant. Les 3 et 4 octobre, devant la persistance de cet état et la constatation d’une splénomégalie, deux injections intramusculaires de quinine sont pratiquées. Le 6 octobre, à deux heures du matin, grand frisson, ascension thermique, sueurs profuses, émiss'on d'urine de coloration porto. Abattement extrême, vertige, soif intense. Dans la soirée du lendemain, les urines s’éclaircissent, la défervescence thermique s’amorce. :
A l'entrée, le 9 octobre 1942, température 38°, pouls 90. Malade abattu, teint pâle un peu bistré, décoloration très marquée de toutes les muqueuses. Rate percutable sur quatre travers de doigt, pôle inférieur palpable à trois travers de doigt au-dessous du rebord costal, légérement doulüureuse.
Autres appareils sensiblement normaux. Appétit conservé. Selles normales. Langue légèrement saburrale. Abdomen souple, indolore. Foie dans les limites normales, indolore à l’ébranlement. Poumons : quelques ronchus
disséminés. Appareil cardio-vasculare : pouls dépressible.
T. A. au Pachon : 11-5. Bruits du cœur normaux. Urines normales ne contenant ni sucre, ni albumine, ni sang. hu # AE tème nerveux. Autres appareils normaux.
Fos de laboratoire.
È Sang : G. R. 2.770.000.
TPS CG B:5400/7"
PS Hémoglobine 55 %.
À F Polys neutro 59.
“240 'HEosino 1%.
4 j Rae Lymphos 30.
‘4 : Monos 10. 2 j
d e Très nombreux schizontes de pl. praecox.
Re En résumé, paludisme viscéral évolutif à pl. praecox chez : un rapatrié d’A.O.F. Bilieuse au cours du voyage de fetour. & 4° Cacherie. Exceptionnellement, il pourra nous.
4 . être donné de voir arriver des paludéens cachectiques. #4 Le diagnostic différentiel est alors très souvent difficile. L’hématologie, ici comme toujours, signe le diagnostic. Fréquemment, le P. praecox est en cause. Le pronostic est guidé par le degré d’anémie : au-dessous de un mil- - lion de globules rouges, la mort est presque inévitable. Au-dessüs, un traitement énergique peut avoir des chances de succès. |