LES PSEUDO-PALUDEENS CHRONIQUES
Avant d'aborder ce chapitre, il nous paraît nécessaire de faire le ‘point sur cette expression de « paludisme chronique ». Nous avons vu dans un chapitre précédent que le paludisme guérit en France en deux années
au maximum. Donc, le paludisme chronique n'existe pas, si l’on entend par paludisme chronique les mani-
festations pathologiques tardives d'ordre fébrile ou viscéral, observées chez d'anciens paludéens ; (cé qui revient à considérer la malaria comme une maladie évolutive, à la manière de la tuberculose 'ou ‘de la syphilis par exemple). Par suite, voilà une question qui peut sembler très simplement résolue. En fait, il n’en est pas toujours ainsi : en effet, outre les auteurs qui continuent à l’appliquer à ce que nous-ne croyons plus être du paludisme, il en est pour lésquels le terme de paludisme chronique correspond, d’après la nosologie par nous adoptée, soit au P. V.E, soit au paludisme latent. Quelques citations justificront ce que nous avançons.
Tout d’abord, le Professeur CHAUFFARD appelle « vrai paludisme chronique, les formes à accès récidivant parfois pendant de longues années. Dans d’autres conditions, ajoute-t-il, le paludisme perd ses allures fébriles et évolue sourdement sous forme de lésions progressives organopathiques ou viscérales » (Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 1922). Le Professeur LE DaxTEc (Traité de Patho-
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logie Exotique), écrit : « Il faut d’abord s'entendre sur
la signification du mot paludisme chronique. On doit =
\ É comprendre sous ce nom un état pathologique de l’orga- < A
. nisme resté en puissance d’ hémaozoaire à la suite 0e atteintes aiguës du paludisme ».
Et le Professeur RIEUX, dans son ouvrage Paludisme et Pseudo-Paludisme, parle des « paludéens atteints d’un paludisme gravé par suite d'infections répétées ou pluriannuelles, vrai paludisme chronique, le plus souvent avec cachexie ».
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= A 1 . , ; 1 5 La ; confusion est extrême,’ qui résulte du fait que les uns et les autres emploient la même expres-
sion en y attachant un sens différent. Or, dans la noso- “à - logie que nous avons adoptée, une série de termes suf- } fisent à désigner toutes les formes du paludisme sans Ë qu’on ait jamais plus besoin de recourir à celui de palu- à disme chronique. Ainsi, cet inconvénient est évité.
Qu'on nous permelte enfin, toujours en tête de ce chapitre, de rappeler quelques: notions primordiales, que l’on n’a, semble-t-il, que trop tendance à négliger, en présence d’un malade qui se prétend atteint de paludisme chronique.
1° L'accès de fièvre à type intermittent avec ses stades classiques et successifs de frisson, chaleur, sueurs, West pas l'apanage exclusif de la malaria. Il est réalisé chaque fois que le milieu sanguin subit l’invasion d’une. ® albumine de nature étrangère. Il se produit alors ce que WipaL a appelé un choc hémoclasique. Dans le paludisme, c’est l'éclatement des corps en rosaces. Ce sont des décharges microbiennes isolées ou subintrantes dans la colibacillose, la méningococcémie, les septicopyohémies à staphylocoques, à streptocoque, etc...