‹ Le Paludisme du rapatriéChapitre 19 sur 23 · EC RE CN NP ER TT · texte numérisé non relu

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Ce sont, par exemple, les décharges polypeptides insuffisamment clivés’ dans toutes les circonstances où

<e phénomène peut se produire.

2° À quelque moment de la maladie paludéenne qu’on se trouve, on ne peut affirmer le diagnostic de paludisme que par la présence d’hématozoaires dans le sang du malade. En leur absence, pour aussi impressionnants que soient les signes cliniques, le diagnostic n’est que de probabilité, jamais de certitude.

3 Il ne faut jamais oublier combien, à la colonie,

sont fréquentes les associations morbides. Très souvent,

un certain nombre de sujets ont contracté là-bas des habitudes d’éthylisme, une amibiase intestinale. En un mot, on oublie trop souvent toutes les autres causes infectieuses ou toxiques.

- 4° Ne pas oublier que le paludisme‘est strictement un parasitisme du milieu sanguin avec réticulo-endothéliose secondaire et que les répercussions viscérales parenchymateuses sont très rares.

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Ces soi-disant paludéens chroniques, sous quel angle s’offrent-ils à notre observation ? Schématiquement, sù peut les diviser en deux grands groupes : les fébriles et les apyrétiques, ces derniers venant consulter pour trou-

bles viscéraux. : :

1° LES FÉBRILES. — Le médecin est appelé auprès d'un fiévreux. Ce malade peut avoir:tous les âges, maïs fréqueñnment, ce sera un ancien colonial de retour dans la mère-patrie depuis de longues années, et jadis impaludé

ou suspect d’impaludation, Il présente des accès de fie-

vre intermittents. C’est ce caractère de la courbe thermique qui va appéler l'erreur de diagnostic, et celle-ci séra d'autant plus facile à commettre que cet accès revêt parfois l'allure d’un accès paludéen vrai, avec

frisson, chaleur, sueurs. La rate, le foie sont tantôt normaux, tantôt légèrement augmentés. Il peut y avoir une légère anémie. Une recherche : d’hématozoaire au moment de l’accès est négative. : Net AE

En présence d’un tel malade, le médécin averti se rappellera qu'il existe un certain nombre d’affections génératrices de fièvre intermittente, d'accès isolés ; nous

‘allons les passer en revue par ordre de fréquence.

a) L’Infeclion uro-septique est une des. formes lès

- plus communes de ce pseudo-paludisme à type infec- : tieux. Toutes les modalités de cette infection peuvent se.

réaliser : néphrite aiguë fébrile, abcès péri-néphrétique,

tuberculose rénale, accès aïgu de pyélite, de pyéloné-

phrite ou de pyélocystite, etc... En particulier, en pré-

sence d’une jeune femme, il faudra toujours penser à

la pyélonéphrite colibacillaire. Et, d’une façon plus Py P ». çon p

générale, hous nous souviendrons de cette tendance

spéciale de la colibacillose à se manifester par des clochers thermiques plus ou moins isolés ou répétés, «Rien

ne ressemble plus à un grand accès paludéen, dit RrEUx,

qu’un franc accès urineux : brusquerie du début, intensité du frisson, abondance des sueurs, élévation de FPacmé thermique, etc. sont de même grandeur. Mais. la fièvre ne cède pas à la quinisation, le malade accuse de la dou'eur lombaire, parfois unilatérale, de la pollakiurie, de la bactériurie, le plus souvent colibacillaire,

de la pyurie plus ou moins accentuée, de l’hématurie, :

parfois microscopique, quelquefois enfin de Palbuminurie. Le traitement antiseptique appropriété a, le plus souvent, raison de ces symptômes.

b) L’infection bilio-septique est presque aussi fréquente, Ici cependant, frisson, chaleur, sueurs,- sont moins accentués que, dans accès 'paludéen et que dans lPaccès urineux. Il n’est pas rare cependant qu’ils puissent donner le change au malade comme au médecin.

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À part l'hépatite suppurée amibienne, parfois lient chez les amibiens rentrés en France, les affections du foie proprement dites sont rarement en cause. Une part plus large doit être faite aux infections des voies biliaires : angiocholite, angiocholécystite, péricholécystite, enfin, surtout, cholécystite, calculeuse ou non, mais il est rare alors que le tableau clinique ne s’agrémente pas de signes hépato-digestifs langue saburrale, teinte sub-ictérique des conjonctives, douleur au point de Murphy, inappétence, nausées, parfois diarrhée bilieuse, une décoloration des selles ; parfois même coliques hépatiques, qui suffirent alors pour appeler l’attention sur le foie.

c) Affections du tube digestif. — Elles sont assez fréquentes chez les anciens coloniaux et peuvent donner lieu à des accès de fièvre. Il s agit alors le plus souvent d’amibiase.

d) La tuberculose au début, surtout la tuberculose pulmonaire, est susceptible de donner lieu à des confusions.

e) L'endocardite aiguë maligne, surtout dans sa forme pyohémique, peut donner de grands accès hectiques. RIEUX rapporte le cas d’un gardien du cimetière italien de Bligny, en Champagne ; le diagnostic de paludisme avait été fait : « L’autopsie montra la plus belle des endocardites ulcéro-végétante ».

f) La méningite cérébro-spinale à méningocoque. SERGENT, PRUVOST et BARDET en 1920, VAUCHER et ScaMipT en 1922, LEMERGIER et PiepELIÈVRE en 1922, MARQUEZzY et WoLr en 1923, dans les Bulletins de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, en rapportent des cas à type pseudo-palustre. |

g) Enfin il ne faut pas omettre les accès fébriles des septicémies, des pyohémies à streptocoque, à staphylocoque, à pneumocoque, etc: des affections annexielles

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névralgies, polynévrites, paralysie d’origine cérébrale ou médullaire. La rate et le foie peuvent être augmentés | de volume ; mais nul hématozoaire n’est décelable, es =: même après épreuve de la a Que pen-.

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Au chapitre de la D suba Dole nous avons étudié” la genèse des manifestations viscérales imputables au paludisme, dans les rares cas où elles existent. Cela nous permet donc de prendre une position très nette vis-à-vis de cette catégorie de malades : pour eux, le Hédeee à doit écarter d'emblée létiologie malarique et pousser à fond son investigation clinique dans tous les sens. LE DANTEC le conseillait déjà, qui dit (Trait. de Path. Exot., p. 255) : « Lorsque tout signe d’imprégnation palustre fait défaut, notre désarroi est grand, car rien ne prouve que nous soyons réellement‘en présence d’un vrai palu-

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4 F2 à PR Tee 4 . déen, notre devoir est de chercher ailleurs ». Et bien # souvent le médecin dééouvrirà la cause. Mais même si

l'affection demeure par ailleurs cryptogénétique, même si la quinine influence, ou paraît influencer,, certains symptômes, l’étiologie malarique ne peut raisonnablement pas être retenue. D'ailleurs « on ne tient pas assez: compte, nes syndromes viscé- raux attribués au paludisme ne sont pas nécessairement Le «lapanage exclusif de la pathologie exotique, mais sont ; d'observation aussi courante dans nos pays tempérés ».

3° LES CAS COMPLEXES. —— Enfin, il faut dire un mot | d’une catégorie de malades beaucoup plus rarement - vus, certes, mais que l’on doit connaître.- Ce sont , des sujets à très lourd passé colonial, et paludéen

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en particulier, sujets qui, au cours de longues années ___ passées soûs les tropiques se sont mal prémunis, se sont PZ mal ou pas soignés, pour des raisons variables (expéditions militaires par exemple). Souvent ce sont des créoles, c’est-à-dire des individus nés à la-colonie, et qui - affectent parfois un certain dédain de la quinine. On comprend que chez eux le S.R.E. ait été longtemps surmené au cours de leur longue maladie paludéenne.. Ces malagles demeurent par suite des scléreux. Le paludisme qu'ils ont eu jadis n’est plus responsable de leurs déficiences viscérales, celles-ci ne sont pas de nature paludéenne, maïs peuvent être considérées comme des reliquats définitivement fixés de leur ancienne réticuloendothéliose paludéenne. Si on ajoute que beaucoup d’entre ces sujets ont, «en outre, contracté là-bas, amibiase, syphilis et alcoolisme, trois affections bien faites pour méiopragier pas mal de parenchymes et favoriser les infections fébriles surajoutées, urinaires, cholédociennes, de la vieillesse, on comprendra combien cer-

tains de ces cas peuvent se révéler complexes. \

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LES- SYMPHATOSES PALUSTRES. — Aux manifestations

apyrétiques du paludisme, il faut attacher « une série de troubles variés dont le point de départ paraît être dans

le système nerveux, et principalement dans le grand

sympathique » (LAVERAN) et auxquels LE DANTEC a

donné le nom de sympathoses palustres. La théorie:

ancienne du paludisme chronique étânt détruite, on se

trouve vraiment embarrassé pour expliquer la génèse

de ces états, dont nous nous hâtons de dire qu’ils sont

extrêmement rares. C’est là, au point de vue clinique et

physiopathologique, un des aspects les plus obseurs du paludisme. Aucune théorie satisfaisante n’a encore été

‘apportée. Demeurant sur le plan strictement pratique,

proposons-nous seulement de connaître la conduite à

tcnir du praticien : tout d’abord, il se rappellera que le

« paludisme est causé par un parasite exclusif du globule rouge » (MaArcHOUX) et « qu’il ne suffit pas qu’une névralgie ait le caractère intermittent, ni même qu’elle

disparaisse après administration ‘de quinine, pour qu’on

soit autorisé à dire qu’il s’agit d’une fièvre larvée. Des névralgies, des névrites traumatiques même peuvent donner lieu, en dehors de toute influence palustre, à des douleurs intermittentes qui cèdent à lemploi de la quinine. Il sera important, à l’avenir, de compléter le diagnostic de névralgie palustre par l’examen histologique du sang et de constater la présence d’hématozoaire » (LAVERAN, Traité de Paludisme, 1907, p. 270 et suiv.).

EN RÉSUMÉ, la tactique ne varie pas ; en l'absence d’hématozoaire, d'emblée chercher ailleur et à fond, et si l’on ne trouve rien, il est impossible de conclure.

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