ARMAND
- LÆ PALUDISME MACÉDONIEN
antipjTine, qui, pour O^^r. 50 de quinine, contient 0 gr. 30 ' d’antipyrine, expose à faire injecter chaque jour 1 gr. 80' d’antipyrine à des sujets dont le rein est fragile et dont le * système vasculaire est en hypotension. Par suite de l’hypertoniè de ces solutions, leur absorption est certainement plus incomplète et plus lente que par la voie gastrique ; et ce ‘ reproche suffit, à notre avis, à condamner une méthode précisément destinée à permettre une absorption plus rapide ‘ du médicament. Enfin, chaque injection est souvent l’origine d’une nodosité inflamrâatoire douloureuse, où la quinine séjourne parfois indéfiniment ; avec la répétition des piqûres, l’action caustique de cette dernière expose à des nécroses, véritables abcès aseptiques plus ou nioins étendus, toujours ; profonds, et qui, une fois ouverts, se cicatrisent avec la plus grande lenteur.
Il faut faire visage de solutions étendues de quinine, réduisant ainsi au minimum la causticité du produit et perinettant son absorption très rapide. Dans la pratique des injections, la seringue de Roux doit remplacer la seringue de Pravaz. L’un de nous a préconisé^l’emploi des deux solutions sui- : vantes ; "
1“ Chlorhydrate de quinine. 10 gr.
Antipyrine. 1 gr. 50
Eau distillée .. 200 gr.
2» Chlorhydrate de quinine.' 10 gr.
Uréthaiie. 3 gr.
Eau distillée. 200 gr.
D’après l’expérience de M. le médecin inspecteur général Grall et de M. Castellani, il y aurait un réel avantage a sté- î; rihser les solutions de quinine par tyndallisation ; la stéri- •. lisation à 120° serait un des principaux facteurs des accidents nécrotiques obser.vés à la suite des injections. j
En outre, afin de combattre l’action déprimante de la j quinine sur le système cardio-vasculaire, nous faisons ajouter ' aux solutions précédentes, au moment d’en faire l’injection, i le-contenu d’une ampoule d’un milligr. à’adrénaline pour i 30 centimètres cubes de la solution ;
TRAITEMENT
b) Technique. — L’injection de quinine, qu’elle soit intramusculaire ou sous-cutanée, nécessite les plus grandes pré- ; cautions d’asepsie. Un grand nombre des- accidents consécutifs (abcès, escharres), sont dus à l’oubU de cette règle élémentaire. Le matériel (seringues, aiguilles), ser£(. stérilisé ) soit à l’autoclave, soit par ébullition prolongée. L’aiguille,
i.' longue au moins de 6 'céntimètres, sera stérilisée après
chaque injection. Les mains de l’opérateur seront soigneuse- ; ment lavées ; la peau du malade sera stérUisée à la teinture U d’iode ; celle-ci n’agit que quatre à cinq minutes après son ( ' ' application. *
r a) Injections intramusculaires. — L’injection intramus-
I culaire ne sera faite qu’au siège d’élection, c’est-à-dire en une région où le nerf sciatique ne peut être ni traumatisé directement, id atteint par l’inflammation. Cette région est limitée en haut par la crête iliaque, en bas par une ligne horizontale passant par l’extrémité supérieure du sillon inter-
L’aigüille, longue au moins de 5 centimètres, sera enfoncée f seule d’abord, verticalement et profondément, en plein (V muscle ; l’injection sera poussée très lentement ; une fois terminée, l’aiguille sera retirée d’un seul coup. t ~ On devra s’abstenir de répéter les injections dans des régions qui sont le siège de nodosités ou de tuméfaction inflammatoire ;
b) Injections sous-cutanées. — L’injection sous-cutanée ne doit être faite qu’avec des solutions diluées isotoniques de quinine.
Elle ne doit être pratiquée qu’en des régions d’élection : la région postérieure du thorax, les parois latérales des flancs et de l’abdomen.
Elle doit être faite exactement dans le tissu cellulaire sous-cutané, la pénétration du liquide dans le derme étant 'Susceptible de provoquer de la nécrose. L’aiguille, longue de ' 5 centimètres au moins,, sera enfoncée seule, d’abord ; ce n’est qu’après s’être assuré de sa mobilité parfaite dans le
j/SAîE MACÉDONIEN
[ngue est adaptée et que l’injection donnons, sans hésiter, la préfécutanée ; pratiquée avec soin, elle complications.
2oT»l«BifiBi^ii^l’adminîstration de la quinine. — Les
3 grammes de quinine seront administrés en deux fois : 1 gr. 50 matin et soir, quand on fait usage d’injections intramusculaires ou sous-cutanées ; en trois fois (1 gr. le matin, 1 gr. vers midi, 1 gr. le soir), quand on emploie la voie buccale.
Nous ne tenons donc aucun compte, en agissant ainsi, de la loi de l’heure. C’est que cette loi est inapplicable au paludisme de première invasion, tel que nous l’observons en Macédoine : les données biologiques qui lui servent de fondement ne se trouvent pas réalisées chez nos malades ; les données pharmacodynamiques, qui la légitiment peutêtre quand il s’agit des méthodes classiques de traitement, sont inexactes, quand on fait usage d’injections de solution isotoniques. Chacun de ces deux points mérite d’être déve-, loppé.
Des expériences incontestables ont établi que la quinine est surtout active sur les mérozoïtes, issus de l’éclatement des corps en rosace (notion biologique). Cet éclatement coïncidant avec le début de l’accès fébrile, il y a donc intérêt à ce que la quinine se trouve à ce moment précis dans le sang, à son maximum de concentration.
Des recherches, d’ailleurs déjà ancieimes, et destinées à établir le cycle d’absorption de la quinine, ont montré que cette absorption avait son optimum au bout de s’x heures (notion pharmacodynamique). En rapprochant les deux notions précédentes, on a établi la loi suivante : la quinine doit être administrée de six à huit heures avant le début de l’accès. C’est la loi de l’heure.
Elle n’est apphcable qu’à des cas exceptiomiels. Par suite de la multiphcité habituelle des piqûres infestantes, les paludéens sont porteurs de plusieurs générations de plasmodes, qui évoluent simultanément dans l’économie,
TRAITEMENT
chacune suivant son cycle déterminé. Il en résulte, et c’est ce que démontre effectivement l’examen hématologiq'se, qu’il existe, à un moment donné, dans les organes et le sang, des parasites d’âges très différents. I^a loi de l’heure, applicable aux cas où n’évoluent qu’une et au maximum deux générations alternantes de parasites, ne peut donc et ne doit pas être observée dans les cas que nous avons à traiter. '
En second Ueu, la donnée pharmacodynamique de l’absorption optima de la quinine au bout de six heures est vraie peut-être quand il s’agit de l’administration du médicament par la voie buccale ou de l’injection de solutions hypertoniques ; mais elle est absolument inexacte, lorsqu’on-utilise l’injection sous-cutanée de solutions isotoniques. Leur absorption est extrêmement rapide. Moins d’une demi-heure' après l’injection, le malade ressent les effets de l’ivresse quinique ; en moins d’une heure, la destruction des plasmodes circulants, même des formes adultes, est déjà manifeste, comme il est aisé de s’en rendre compte chez les sujets atteints d’accès pernicieux, dont le sang fourmille httéralement de parasites de tout âge.
Enfin, il n’est pas possible de tenir compte d’une loi de l’heure, dans- une maladie dont les attaques fébrüès sont caractérisées par une hyperthermie continue ou subcontinue, sans piériodicité aucune dans l’évolution des paroxysmes.