I. — LA COURBE THERMIQUE DE LA PÉRIODE DES RECHUTES ET DES RÉCIDIVES
Un paludéen, arrivé à la période des rechutes et des récidives, sorti de la phase sUencieuse où on pouvait le croire guéri, présentera une série d’attaques fébriles de t}rpes différents, et les diverses formes de fièvre peuvent se ren-
contrer chez un même sujet, soit en se succédant immédiatement sans intervalle d’apyrexie, soit qu’une période non fébrile plus ou moins longue les sépare.
Les types de fièvre que nous avons observés le plus eommunément sont les suivants
1° Lafièvrecontinue rémittente ;
2° La fièiu'e intermittente quotidienne ;
3° Des accès uniques, isolés ;
4° Dés accès groupés en tierce d’un caractère un peu spécial ;
5° Une fièvre, en apparence irré~ ’gulière et impossible à classer.
10 La continue rémittente
est du même type que celui rencontré habituellement dans la période d’invasion et que nous y avons décrit. Dans
cette fièvre la température est en plateau, oscillant très peu, les rémissions quotidiennes sont très faibles la courbe présente fréquemment les deux cassures classiques vers le
Fig. 7. — Continu€
EECHUTmS ET RÉCIDIVES DU PALUDISME PRIMAIRE 27
sixième et le douzième jours, cassures qui se traduisent par une défervescence qui, quelquefois,'dure moins'de vingt-
quatre heures. Cette fièvre continue s’est généralement établie par quelques oscillations ascendantes et la défervescence
définitive qui survient à la fin du premier, du deuxième ou plus rarement du troisième septénaire se fait habituellement en lysis.
2° La fièvre intermittente quotidienne se traduit par des accès quotidiens à grandes oscillations qui se répètent pendant plusieurs jours consécutifs : l’ascension thermique commence dès le matin ; vers midi, la température maxima est atteinte, 39°, 40 même 41° ; elle se maintient à ce niveau pendant quelques heures. La défervescence débute vers la fin de la soirée mais n’est jamais complète, le thermomètre reste généralement au-dessus de 37,5. La fièvre intermittente quotidienne débute souvent brusquement par une ascension à 40°.
3° Les accès isolés surviennent au milieu d’une phase d’apyrexie plus ou moins parfaite. Le matin, la température était souvent au-dessous de 37°, dans la première partie de l’après-midi elle atteint 40°, le lendemain matin la défervescence est complète ; il peut même y avoir une certaine hypothermie.
4° Accès groupés en tierce. — Des accès de fièvre peuvent se grouper au point de donner a la courbe les appa-
Fig. 10. — Intermittent© quotidienne.
BECHUTES et BÈCIDIVESDV PALUDISME PRIMAIRE 29
rences d’une fièvre du type tierce. La courbe fébrile^semble, en effet, constituée par une série d’accès séparés par un jour d’apyrexie. Mais en l’étudiant de près, on voit que l’apyrexie ne dure pas trente-six ni même vingt-quatre heures comme dans la fièvre tierce de la période secondaire du paludisme. Elle est plus courte et douze heures à peine après la défervescence la fièvre reprend, la réascension est rapidement progressive, la température maxima est atteinte trente-six heures après la minima et quarante-huit heures après l’acmé précédent.
5° Fièvre irrégulière. — Enfm, dans certains cas, la courbe thermique a une allure irrégulière qui semble impossible à analyser et à classer. Il s’agit souvent, en réalité, d’accès quotidiens qui ne s’inscrivent pas sur la courbe parce que les maxima se produisent loin des heures habituelles où l’on prend la température.
Ces différents t3q)es de fièvre peuvent se succéder sans intervalle d’apyrexie ; on voit ainsi souvent une continue rémittente céder immédiatement la place à une intermittente quotidienne. Mais habituellement les attaques fébriles sont séparées par une phase d’apyrexie de durée très variable. La plupart du temps les périodes apyrétiques sont de longueur inégalé, si bien que l’on ne retrouve aucune pério dicité dans le retour des accès de fièvre ; mais cependant, dans un grand nombre de cas on observé une périodicité relative. Il s’agit alors généralement d’accès unique ou couplés survenant tous les six ou sept jours ou tous les douze ou quatorze jours. C’est le r3rthme septane ou biseptane, l’accès peut même avorter à la biseptane et la période apyrétique dmer près d’un mois.
Entre les accès, la courbe thermique n’a pas toujours le même aspect. Après l’accès, il n’est pas rare d’observer une hypothermie souvent légère, la température oscille autour de 36°, puis dans les jours qui vont précéder l’accès suivant, eUe remonte d’un degré. La phase d’apyrexie semble donc constituée par deux stades : un premier d’hypothermie qui
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suit la défervescence d’une attaque fébrile ,et un second où la température oscille autour de 37° et qui est prémonitoire d’un nouvel accès.