ANG
d’une facon régulière en une série de segments, ce qui lui donne l’aspect qui a été désigné sous le nom de corps en rosace où en marguerite.
Les segments s’arrondissent et.se séparent les uns des autres, si bien que le corps segmenté se décompose, en fin de compte, en une série de petits corps sphériques qui deviennent libres. Les corps segmentés s’observent toujours à la première période des accès de fièvre. s
Sur les préparations de sang colorées, on se rend bien compte du mode de formation des corps en rosace. Le karyosome d’un corps sphérique se divise en deux, puis en quatre, huit, seize et quelquefois trente-deux karyosomes ; le protoplasma se divise en dernier lieu et les éléments de nouvelle formation se séparent.
Les corps en rosace représentent le principal mode de reproduction de H. Malari®œ dans lé sang des malades atteints de fièvre palustre. Ils correspondent aux formes de reproduction endogène au asexuée des Coccidies.
4° Flagelles. — Lorsqu'on examine une prépara. tion de sang frais dans lequel se trouvê des corps sphériques, il arrive assez souvent qu’on distingue sur les bords de ces éléments des filaments mobiles ou flagelles qui s’agitent avec une grande vivacité et qui impriment aux hématies voisines des mouvements très variés.
Les flagelles sont si fins, si transparents que maluré leur longueur, très grandes pour des microbes (trois ou quatre fois le diamètre des hématies), il est
presque impossible de les voir quand ïls sont au repos.
Les flagelles sortent des corps Sphériques et on assiste quelquefois à leur excapsulation. Le nombre des flagelles est extrêmement variable quelquefois on n’en chstingue qu’un ; d’autrefois deux, trois ou quatre. Quelquefois ils se pelotonnent de telle sorte qu'il est difficile de les compter. L’extrémité libre des flagelles présente souvent un petit renflement périforme, visible seulement lorsque cet extrémité très mobile se trouve exactement au point.
La nature et le rôle des flagelles a été l’objet de nombreuses discussions ; il est démontré aujourd’hui que ces éléments représentent un stade de l’évolution des parasites.
Cette opinion longtemps soutenue par Laverau a été vérifiée par Schaudinn et Sacklecki et Mac Cailum. Ce dernier, en étudiant le sang de corbeau infesté d’Hœmamæba Danilewski, parasite très voisin de H. Malariæ, a réussi à observer le phénomène de la fécondation. Les flagelles devenus libres se dirigent vers les corps sphériques qui représentent les formes femelles et s’agitent autour ; un flagelle pénètre dans chaque sphère et après une courte période d’agitation devient immobile.
Les flagelles ou éléments mâles sont désignés souvent sous le nom de microgamètes et les éléments femelles sous le nom de macrogamètes.
La fécondation des éléments femelles par les éléments mâles a lieu dans le tube digestif des Culicides qui ont sucé du sang palustre. Tous les Culicides ne
ÉD ee
sont pas aptes à servir au développement de H. Malariæ ; Jusqu'ici on n’a réussi à observer ce développement que chez les anophèles, toutes tentatives pour infecter les Culex ont échoué.
> II — Evozurion DE H. MALARIŒ DANS LE CORPS DES ANOPHÈLES.
Si l’on fait piquer par les anophèles un malade ayant des corps en croissant assez nombreux dans le sang, on voit aussitôt ces corps prendre la forme sphérique et les éléments mâles donnent des flagelles qui féconderont des éléments femelles. Douze à vingtquatre heures après que l’anophèle s’est nourri de sang palustre on trouve dans l’estomac des éléments fécondés ou Zygotes qui ont l’aspect de vermicule de 14 à 18 de long. Les Zygotes qui sont animés de mouvements lents émigrent entre les cellules épithéliales de l’estomac où on les trouve au bout de quarante heures sous forme de corps sphériques ou blastes. Les blastes augmentent rapidement de volume, au 7° jour de l’infection des anophèles leur diamètre peut atteindre 70# . À l’intérieur se forment des éléments fusiformes en grand nombre ; les sparozoïtes, et au & jour les blastes se rompent, mettant en liberté les sporozoïtes qui émigrent vers les glandes salivaires et sont prêts alors à être inoculés avec la goutte de secrétion de ces glandes, inoculée à chaque piqûre.