‹ Le Paludisme Primaire en MacédoineChapitre 30 sur 47 · IV. — SYNDROME D’INSUFFISANCE SURRÉNALE · texte numérisé non relu

IV. — SYNDROME D’INSUFFISANCE SURRÉNALE

Paisseau et Lemaire, en taillant une large part à l’insuffisance’ surrénale, ont bien mis en valeur un des symptômes certainement le plus important de l’évolution du paludisme, avec la rate et le foie, c’est la surrénale qui est le plus fortement touchée et réagit le plus violemment. C’est l’attaque de la surrénale qui, très certainement, est la cause de cette asthénie violente, de cette pigmentation caractéristique, des douleurs abdominales et de la majorité des symptômes intestinaux : diarrhées et vomissements. Aussi laisserons-nous une large place dans ce travail à l’étude du syndrome d'insuffisance surrénale.

Grall, dans son Traité de Pathologie exotique, com. mençait déjà à soupçonner le rôle que pouvaient avoir les troubles des fonctions des glandes surrénales dans certains accès pernicieux. Ceci n’est point fait pour nous surprendre étant donné tous les accidents des glandes surrénales que nous sommes habitués à renconter relativement souvent dans nombre de maladies infectieuses, telles la diphtérie, l’érysipèle, la fièvre typhoïde.

On peut ramener à trois types les accidents surrénaux

a) Syndrome d'insuffisance surrénale subaiguë.

b) Syndrome d'insuffisance surrénale aiguë.

c) Syndrome d'insuffisance surrénale.

ci He

a) Syndrome d'insuffisance surrénale subaiguë. —

1° Accès algide. — Je ne peux rien faire de mieux are rapporter l’histoire suivante Un homme, après la bataille de. P , vint au poste

de secours se plaignant de maux de tête intenses, d’une lassitude extraordinaire, il peut à peine se trainer. On le recoit au poste de secours immédiatement, la température est de 39°, le pouls est rapide, mais facilement dépressible, l’hypotention artérielle est frappante.

Quelques heures après le malade tombe dans un coma profond, la température alors monte à 40°. Le pouls est de plus en plus dépressible. Le facies est d’une pâleur extraordinaire, les yeux ouverts révul-

ia température tombe, le malade est en pleine hypothermie 36°, il est froid, respire difficilement, il est couvert de sueurs et le pouls de plus en plus faible malgré l’administration d’huile camphrée et d’adrénaline.

Tous les organes sont en bon état, le cœur ne présente pas de bruits anormaux. La rate seule est hypertrophiée. Le ventre légèrement balonné. De plus, le malade a deux selles diarrhéiques involontaires. Très sarpris et inquiet de voir apparaître brusquement un. tel état chez un homme que je n’avais vu que très rarement à la visite pour des affections banales, j’appelle lo médecin chef du régiment qui était à peu de distance.

Nous sommes très inquiets, car dans le bataillon

Er

voisin il s’est produit la veille deux cas analogues. Deux hommes sont morts en quelques heures, après -’assaut d’une côte élevée, et en présentant les mêmes phénomènes. Nous avions cantonné trois jours auparavant aux abords d’un village bulgare particulièrement sale, où deux habitants étaient morts dans des circonstances suspectes et un peu analogues la veille de notre arrivée : dans des crises tétaniformes d’après les vagues renseignements recueillis par notre interprète.

Nous ne savions quel diagnostic porter en présence des symptômes aussi diffus et aussi complexes, et ce n’est que dans la suite, recevant des médications venues des hôpitaux de Salonique que nous pûmes porter le diagnostic d’accès pernicieux de paludisme.

2° Accès comateux. — Il se produit dans les mêmes conditions que l’accès algide à la suite de grandes fatigues et de surmenage intense. Le malade tombe rapidement dans le coma avec température élevée et meurt en quelques heures avec les signes d’une hypotension artérielle profonde. Nous eûmes l’occasion d’en voir un cas pendant que nous étions en traitement à Salonique.

3° Accès cholériforme. — Dans ce cas, les symptômes digestifs passent au premier plan. La diarrhée est profuse et incoercible, les vomissements incessants, les crampes sont particulièrement intenses et fréquentes. Ces signes s’ajoutent aux phénomènes d’algidité, réalisant le tableau des cas graves de choléra (Paisseau-Lemaire).

Ces types peuvent être considérés comme apparte-

Page 1