‹ Le Paludisme Primaire en MacédoineChapitre 31 sur 47 · ORNE · texte numérisé non relu

ORNE

nant au type syndrome surrénal aigu en raison de l’hypotension artérielle poussée au maximum de l’asthénie et des troubles digestifs. Il n’y à rien, à notre avis, qui ne ressemble plus à ces cas décrits par Lœper et Openheim, dans les états infectieux ou dans la fièvre typhoïde par Netter, Hutinel et Roger.

Paisseau et Lemaire ont, du reste, eu l’occasion de pratiquer des nécropsies sur des sujets morts d'accès. algide ou comateux. Ils ont constaté que dans tous les cas ces sujets présentaient les lésions caractéristiques des surrénalites dégénératives ou hémorragiques.

La surrénalite peut être uniquement dégénérative dans ce cas, la glande n’apparaît pas atrophiée ni congestionnée. À la coupe, elle est presque uniformé: nent grise ; la substance corticale a perdu sa teinte jaunâtre qu’elle doit à ses lipoïdes normaux, et la zone pigmentaire est, par contre, plus pâle, si bien que toute la corticalité prend une teinte jaunâtre presque uniforme. La médullaire est blanchâtre, elle ne semble pas non plus atrophiée ni congestionnée.

L’examen histologique montre dans la couche corticale la disparition complète des cellules du type spongacytaire ; tous les éléments nobles ont leur protoplasma granuleux.

Les cellules de la reticulée ont vu également diminuer leur surcharge pigmentaire. Partout les cellules cnt non seulement perdu le caractère histologique de leur activité sécrétrice, mais elles ont de plus subi un processus de dégénérescence plus ou moins accentué ; ji n’y à guère d’éléments qui ne présentent un certain degré de cytolyse ; le noyau est soit homogénéisé,

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soit pygmotique, soit vacuolaire et le protoplasma qui entoure est en voie de plasmolyse. Les cellules de nombreux cordons cellulaires sont à ce point dégéné rées que ceux-ci ne sont plus représentés que par une traînée de tissu amorphe. On peut assurer qu’une travée sur trois de la zone trabéculaire est réduite à un tube vidé de ses cellules glandulaires et dont les parois sont constituées par les cellules de la travée conjonctive.

À la jonction des couches corticales et médullaires, on à constaté une très légère infiltration embryonnaire. <

Ces lésions correspondent à celle que l’on a décrit sous le nom de surrénalite aiguë dégénérative.

Paisseau et Lemaire ont aussi rencontré dans les formes aiguës du syndrome surrénal le type histologique de la surrénalite hémorragique. ;

À l’examen miscroscopique, ces glandes sont recouvertes de sugillations veineuses et à la coupe elles présentent de petites hémorragies du volume d’une tête d’épingle ; la coloration est gris rougeâtre dans toute l’épaisseur.

L’examen histologique montre que les vaisseaux de la médullaire sont congestionnés et thrombosés. La zone réticulée est le siège de nombreux foyers hémorragiques.

Les cellules nobles de la substance corticale sont pour la plupart en voie de dégénérescence. Elles présentent un certain degré de cytalyse et semblent plus fortement lésées que sous la forme dégénératrice

pure,

Dans ces deux variétés de surrénalites aiguës, nous avons constaté la présence de nombreux hématozoaires dans la glande. Ils semblent même infecter les capillaires de l’organe.

b) Syndrome d'insuffisance surrénale aiguë.— TI se rencontre souvent chez des sujets d’impaludation récente. Les manifestations sont généralement larvées, se traduisant par des malaises, de la céphalée, le tout accompagné d’une anémie considérable, mais l’accès est caractérisé surtout par l’asthénie profonde, la baisse de la tension artérielle, les douleurs abdominales, la diarrhée intense et pénible, des pigmentations anormales et quelquefois on peut constater le phénomène de la ligne blanche.

Ce sont des cas que l’on a l’occasion de rencontrer assez fréquemment et nombre d’hommes de mon bataillon présentèrent ces accidents qui motivèrent l’évacuation rapide. Nous n’eûmes jamais de décès à déplorer au moins à notre connaissance, ayant pu suivre nos hommes dans les hôpitaux de Salonique, où nous parvenions malgré les difficultés, à ne pas les perdre de vue.

c) Syndrome d'insuffisance surrénale subaiguë. — C’est le phénomène courant presque constant, ma conviction personnelle et les auteurs n’ont point assez insisté sur ces faits, c’est que la majorité des paludéens primaires font de l’insuffisance surrénale plus ou moins marquée, et que beaucoup des symptômes du paludisme peuvent se rattacher à un syndrome d'insuffisance surrénale, souvent heureusement très atténué.

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Paisseau et Lemaire classent les faits de ce genre en deux catégories distinctes ; chez les uns le synarome d’insuffisance surrénale reste purement glandullaire, chez les autres il s’accompagne de la pigmentation addisonienne. Je n’ai jamais rencontré de différence aussi marquée et généralement on se trouve en présence de symptômes vagues, quelquefois marqués dans la plupart des cas d’infection paludéenne, et 1l existe deux faits fondamentaux qui se rattachent aux atteintes de la surrénale.

1° L’asthénie. |

2° Les douleurs lombo-abdominales accompagnées de diarrhée et de vomissements.

À ces deux phénomènes permanents chez l’impaludé vient s’ajouter la baisse de la tension artérielle, inoins fréquente, mais qui toutefois peut être notée très souvent.

J'ai déjà eu l’occasion au cours de ce travail d’insister -sur l’asthénie et les douleurs lombo-abdominales, les vomissements et la diarrhée accompagnés d’hypotension. Je me contenterai donc de terminer ce chapitre, un des plus importants à mon sens, en me demandant si, étant donné la netteté et la fréquence des accidents surrénaliens, la glande surrénale ne vrésente pas vis-à-vis de l’hématozoaire et plus spécialement du P. falciparum une sensibilité particulière et si ce n’est pas l’infection et l’attaque de cette glande par le protiste incriminé qui ne dominent pas tout le tableau symptomatologique du paludisme primaire ? Ne pourrait-on pas dire que le paludisme est

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