‹ Le Paludisme Primaire en MacédoineChapitre 44 sur 47 · SR AT · texte numérisé non relu

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La conservation particulière du brillant de l’œil qui n’existe presque en aucun cas dans les infections gastro-intestinales ; l’œil du paludéen, sauf dans certains cas rares du reste, n’est jamais un œil terne, le 1eward est rarement atone.

Enfin, un autre signe est la reprise de l’appétit et cela très rapidement après la disparition des accès ou des cerises ; même après une période très longue de troubles digestifs, l’appétit réapparaît soudain, intense, insatiable. |

3° Diagnostic différentiel. — Le diagnostic du paludisme n’est pas toujours facile, et il y a bien des cas où le médecin embarrassé ne peut rapidement porter son diagnostic. D’autre part, la certitude d’être dans une région où sévit cette infection peut vous conduire à porter souvent le diagnostic de paludisme et à traiter uniquement pour cette affection des malades justifiables de tout autre traitement.

a) Fièvre éphémère des pays chauds. — Rien ne ressemble plus à un accès de fièvre intermittente un peu prolongée que la fièvre éphémère. Le diagnostic est basé sur la motion d’épidimicité, la période endémo-épidémique et la présence de rechute dans le paludisme.

b) L’embarras gastrique avec fièvre. — C’est certainement à côté de l’infection éberthienne ou de la paratyphoïde l’affection qui peut le mieux donner le change avec le paludisme primaire. L’examen bactériologique du sang positif chez le paludéen, l’évolution de l’affection et surtout la guérison rapide par

les doses répétées de sulfate de soude permettent de poser le diagnostic d’embarras gastrique fébrile.

c) La fièvre typhoïide et paratyphoïdé ne peuvent, dans la majorité des cas, n’être diagnostiquées que par la séro-réaction et l’hémoculture, sauf dans le cas d’association toujours possible entre l’hématozoaire et l’Eberth. On a dit que chez le typhoïdique on constatait de la sensibilité à la pression de la fosse iliaque droite, tandis que chez le paludéen il y avait de la sensibilité à la pression dans la région splénique au-dessous du rebord cotal gauche. On a dit aussi que dans le paludisme l’hypersplénie était plus marquée que dans la fièvre typhoïde, ces signes sont tout à fait insuffisants dans la pratique.

d) La fièvre de Malte ou Melitococcie pourrait prêter à confusion, mais la durée moyenne de la fièvre de Malte est de 60 à 70 jours. La fièvre ondulante est caractéristique, et la séro-agglutination du M. Méliteusis permet de faire le diagnostic.

e) La trypanosomiase et la filariose qui règnent dans une grande partie de l’Afrique équatoriale donnent lieu à des accès fébriles et à une anémie comparable à celle du paludisme, mais ces accès sont toujours irréguliers, et surtout l’examen du sang permet de trancher le diagnostic.

f) Le kala-azar dû au Leishmania de Leishmann et Donovan peut à la rigueur prêter à confusion par son hypersplénie. En cas de doute, la ponction de la rate permet de découvrir l’agent provocateur.

g) L’urémie et l’asystolie chez un malade inconnu

Féce

dont on ne sait rien du passé pathologique peuvent être confondues avec certaines formes d’accès pernicieux. En tout cas, dans le doute, il n’y a aucune contre-indication, et mieux il n’y a que des avantages à faire le traitement de fond de l’urémie et de l’asystolie, c’est-à-dire la saignée et à parer aux accidents immédiats en instituant le traitement symptomatologique. L’examen parasitologique extemporané est toujours à même de trancher le diagnostic.

h) Le typhus exanthématique peut souvent prêter à confusion dans les grands accès pernicieux avec forme pétchiale. La forme même de la coupole thermique, l’exanthème, l’odeur précise de souris morte et le peu de symptômes digestifs peuvent aider au diagnostic.

1) Le typhus récurrent peut aussi donner le change. Cette affection, du reste, a longtemps été confondue avec le paludisme et n’est identifiée que depuis 1873, époque à laquelle Obermeier découvrit le spirille qui porte son nom et qui est cause de cette affection.

Le diagnostic se fait surtout par la forme même de la courbe et la recherche du spirille.

j) La dengue, qui ne doit être que la fièvre de «trois jours » ou fièvre à pappataci, prête très souvent à confusion au moins à son début avec le paludisme. Les symptômes les plus frappants sont les douleurs articulaires et musculaires très violentes d’une part, et d’autre part une éruption polymorphe qui, souvent, peut être absente. La température ne fait son apparition que pendant trois jours. Cette affection, due à une piqûre de moustique, le & Phlebotomus pappataci », a été très longtemps confondue avec le palu-

Pro

disme, surtout en 1916 à l’armée française d'Orient.

k) Les dysenteries et en particulier la dysenterie &mibienne par les troubles digestifs provoqués, l’anémie créée et la température qui apparaît quelquefois peuvent donner le change. Un examen des fécés permet de trancher le diagnostic.

Enfin, d’une façon générale, le paludisme par son anémie, par son asthénie et sa splénomégalie peut simuler un grand nombre d’affections. C’est donc au médecin d’être spécialement averti au sujet de cette infection essentiellement simulatrice.

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