ACTE 111. aa
LE MAR^QUIS DE ROUILLÉ
Quoi, VOUS auriez ?.. !
GEORGES
Je n*y avais nul mérite, ma mère est riche; mais ne l*eût* «lie pas été, j'aurais fait de même, car si tous avez l'orgueil des titres, j'ai l'orgueil de la science, moi, et c'est cet orgueil qui me dictera ma vengeance envers vous..»
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
Votre vengeance?. . .
Oui, ma vengeance !... Oh ! vous pouvez bien m*arracher Alice! vous pouvez bien m'empêcher de la rendre heureuse comme je le voulais... à toute heure, à toute minute... mais vous ne m'empêcherez pas d'avoir ma part dans son bonheur !!.. La gloire de ses pères est éteinte dans cette province, c'est moi qui la relèverai ! . . . Je reprendrai leurs travaux interrompus! J'inscrirai leur nom sur mes propres oeuvres, pour qu'Alice soit glorifiée à cause de moi ! adorée à cause de moi ! et qu'elle se dise, en se voyant bénie de toutes parts : Oh ! personne n'a jamais aimé comme lui. , ! Adieu, monsieur le marquis !
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
Arrêtez, jeune homme !
GEORGES
BFarrôter. .. pourquoi ?
LE MARQUIS DE ROUILLÉ, ému.
Pourquoi?... Parce que je ne veux pas que vous .croyîeiz que pour être marquis on n'a ni cœur ni entrailles... et que la peinture d'un amour si pur... si noble... (Avec colère.) Mais, au fait, pourquoi l'aimez-vous?... Qu'est-ce qui vous obligeait à aller à Bagnères pour devenir amoureux fou d'une (il le que vous ne pouvez pas épouser. . . car enfin... ce mariage est impossible... insensé... ^
GEORGES
Dites donc... déshonorant... comme votre lettre I
LE MARQUIS DE ROUILLE
Ëb ! ma lettre !... ma lettre !... S^vez-vous ce que j'ep
ferais de ma lettre, si je l*avais reçue... je renverrais à tous les diables, et je dirais à celui qui l'a écrite...
GEORGES
Yolis lui diriez !...
LE MARQUIS DE ROUILLÉ , avec colère.
NoD, je ne lui dirais rien !... Laissez-moi !... allez vous*
! . . . (n pane k droite.)
GEORGES
Que lui diriez-TOus, au nom du ciel !•••
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
AUez-TOus-^n!...
GEORGES
Au nom d*Alice !...
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
Au nom d*Alice !... Eh bien ! je lui dirais... Vieux marquis de Rouillé... tu n*es qu'un égoïste... Gomment! voilà une enfant qui demain peut-être sera seule au monde... une pauvre fille dont la mère est mourante... un ange à qui tu ne peux donner une dot , car tu es trop pauvre ; à qui tu né peux promettre appui... car tu es trop vieux... Et quand la Providence t'envoie pour elle un homme supérieur, tu le refuses, parce que son nom est fait de cette façon-ci ou de cette façon-là... Eh bien ! nous verrons !... Et puisque tu es assez niais pour ne pas vouloir être mon oncle, je serai ton neveu à ton nez et à ta barbe !..• Voilà ce que je lui dirais !•••
GEORGES
ciel !••. mais vous consentez donc?...
Voyez-vous Thabile homme ! il a deviné cela t.«
GEORGES
Hais les autres !... les autres !...
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
Eh ! parbleu ! les autres... traitez-les comme moi ! t\e tournez-les ! faites-les pleurer !...
GEORGES
Cv6\ «{lie vous avez un coeur ! vous ! Mais eux ! ils fré^ missent au seul nom de Bernard.