‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 17 sur 312 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

même, mais, j'ai une mère, je ne serai jamais cause qu*un fils outrage sa mère; vous ne signerez pas, madame la marquise.

HENRI

Isabelle!

LA MABQUISE,»eejoie.

Ainsi, vous me promettez que jamais?....

ISABELLE

Non, madame, jamais !

LA MARQUISE, avci>pff«fti«i.

Eh bien!... eh bien! venez, Isabelle, venez, ma (ille! { EUe

l'cnbrasse.)

' HEJSRI.

Ma mère !

LA MARQUISe, & IteDri.

J^étais bien sûre, ingAt, qu'elle Taudrait mieux que toi!

ISABELLE

Que dites-vous?

LA MARQUISE

Je dis... je dis... que je suis la plus heureuse des mères... je dis que ce dernier trait achève de me désarmer...

ISABELLE

Comment, madame?... Mais c'est un rêve!... qu'ai-je fait pour tant de bonheur ?

LA MARQUISE

Ce que vous avez fait?... ce qu'elle a fait !... J'ai longtemps déploré l'amour de mon fils pour vous comme un malheur, et, il y a un mois encore, j'étais résolue à opposer une invincible résistance à votre union, quand tout à coup un témoignage aussi étrange, qu'irrésistible a commencé à m'éclairer.

ISABELLE

Quel témoignage ?

LA MARQUISE

Celui... je vais bien vous surprendre... celui du plus mauvais . sujet de Madrid, de notre jeune parent don Guillen.

HETCRI.

Guillen !

LA MARQUISE

C'est lui dont la voix s'est élevée la première pour elle : « Vous )i repoussez cette jeune fille, me dit-il avec énergie ; vous ne sa- » vez donc pas que, sans elle, Henri ne vaudrait peut-être pas » mieux que moi ?... je le perdais, elle Ta sauvé !

HENRI, vivement.

C'est vrai !

LA MARQUISE

» Qui lui a donné, ajouta-t-il, la force de marcher sur les traces » de son père? c'est elle!... qui Ta fait rougir de m'imiterî » c'est elle ! Je voudrais la haïr... eh bien ! je la respecte et je la » vénère!...»

HENRI

Brave Guillen!

LA MARQUISE

Un tel éloge me fit une impression profonde. Alors, j'observai Henri plus attentivement ; je remarquai que chaque fois qu'il vous quittait, ses sentiments étaient plus nobles, plus élevés ; je le vis devenir sous vos regards le fils que je rêvais. Dès ce moment, mon cœur fut vaincu... je vous aimai, je vous bénis!

Et tu ne me l'as pas dit ?

LA MARQUISE

Ah ! je n'étais pas seule, je ne le suis pas encore; don Aguilar, le chef de la famille... mon frère, me répètent sans cetse : « At- » tendez ! attendez ! vous verrez ce que deviendra toute cette vertu » à la première épreuve ! » Eh bien ! cette épreuve ! je viens de la tenter : je puis leur dire maintenant : Voilà ce qu'elle a fait*!... Et s'ils résistent encore, je leur résisterai à mon tour. Je passe dans votre camp, et nous combattrons ensemble.

HENRI, lui baisant les mains.

ma mère ! ma bonne mère ! ^

LA MARQUISE, soariaot.

C'est cela... baise^moi les mains... Ah ! vous me le devez bien! (a iMbeiif.) Avez-vous entendu avec quel accent de colère il me parlait tout à l'heure?... (Riam.) Il me détestait ! (Moqvmem de h- nn.) 'Je te pardonne... Voyons, mes enfants, portons un grand coup.

HËNRIei ISABELLE.

Ke(iuel?

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