ACTE TROISIÈME. 8f
Je n'omis pas la regarder de près, ses yeux me donnaient le vertige.
ANDRÉ
Je le crois bien, des yeux longs comme ça! et tm sourire! et des dents! Âhl nom d'un pétard, moi qui aurais tant voulu être aimé d'une femme du monde! seulement faites^ bien attention à votre père, il est bien tendre avec elle, et il se pourrait bien...
FERNAND
Oseriez-vous croire que mon père?
ANDRÉ, riant.
A une maîtresse? ma parole d'honneur I... vous êtes étonnant I... mais tous les maris séparés en ont ! Et ceux même qui ne le sont pas, aussi!.,. Est-ce que vous croyez que papa n'en a pas ? J'ai découvert l'histoire de la façon la plus comique!... Imaginez-vous qu'un n^atin, je rencontre papa, . en voiture fermée, avec une petite dame charmante. Dès qu'il m'aperçoit, il se jette au fond de la voiture... compris!;.. Moi, comme je suis un bonhomme de fils, je détourne négligemment la tête et je fais semblant de ne pas les voir. Mais, un jour, nous nous trouvons tous les trois nez à nez à l'Exposition de peinture... Voilà papa qui devient rouge... la dame qui devient blanche, pas moyen d'éviter la présentation... « Madame, je vous présente mon fils. — André! Madame de Lîgnéull — Madame! » Et je file!... Mais c'est le soir, à table! que la scène a été bonne!... «André? —Papa?— Comment as-tu trouvé celte jeune dame?— Àhl charmante! papa. — Elle. est un peu notre
parente!... — En vérité! — C'est la veuve d'un de nos cousins très-éloignés, qiiî me ]'a presque léguée en mourant. — Ur !eg8, mon pèro, o'est saèrél — Du r^te, oion fils, la vertu môme I — Elle en a bien Tair. — Elle viendra peut-être dtner un de ces jQurs avec nous! » C'était le mot de I4 $itua(ioA.
EHe est venue !
ANDRÉ
Et même revenue. Nous sommea très-bons amis! Je Pappelle ma cousine, ce qui Tenchantel... Elle me cajole ; c'est dans son jeu!... Elle me donne même quelques conseils... et quand je suis à sec elle me fait VQter des centimes additionnels...
FERNAND, indigné.
Comment I , » vous ne comprençt pat ce qtt';l y ft d*iiffr9ttx, . .
AlfPflÉ, riant.
Ne voolezF.'vaas pas que je locinte ^n ehair» ^ qm« je lui dise: Sachez, monsieur mm père, que votre conduit^,. Sci eonduitot... sa fionduitel... ma parole d'bonnoQr, vohs ètee inouï avec votre indignaiieiit on dirait qu'il a'a^td'uiiQ mère!...
FflBNANB.
D'une mère!...
■ ANDRê
San» doute l..é^ oli^} eela, e'ept une autre, i^irel Je ris de bien dea choses, maia je comprenda qw'ûn fila' qui appren** dfait que sa mère... :