ACTE DEUXIEME
noblesse française a de plus illustre ec ce que raristocralie de la gloire a de plus éclatant !
PAUL, la regardant.
Voyez un peu ces regards, cet accent : si qu dirait que c'est une sainte e^i parle ! Elle a tiré de cette union de Tancien réginoe et de T Empire un orgueil à double branche qui lui fait regarder l'héritier de ces deux grands noms... comme un être prédestiné.
LA COMTESSE
Raille I raille I Tu ne sais pas ce qu'il y a de passion et de mystère dans le cœur maternel.
PAUL
Je le devine... Mon pauvre père m'a raconté que, quand j'étais petit enfant, vous m'avez pris un jour dans vos bras en yous écriant : « mon Paul 1 ne me demande jamais un crime, car je crois que je le commettrais !... d
C'est pourtant vrai !
PAUL
Gomment I... vous avez dit cela ?
LA COMTESSE, te levant.
Tu ne le comprends pas ?.. . je ne le comprends pas moimôme I... On vante Tamour maternel comme le plus pur de tous les sentiments, et on a raison, car il est capable de tout ce qu'il y a de plus grand dans le monde... Mais, faut^il te le dire ? il peut être capable aussi de tout ce qu'il y a de plus petit I (Paui se 1ère.) Pour sauver son fils, on sacrifierait sa vie avec ivresse... on irait au martyre en chantant... on jetterait au vent sa fortune... ses passions... ses besoins... Mais, pour sauver son fils, on mentirait, on s'abaisserait. Regarde dans le monde,' combien de fois l'amour maternel veut-il dire vanité et petitesse i... Une mère qui veut pousser son fils, qui veut marier sa fille, dépasse tous les diplomates en manèges et eii intrigues... N'as-tu pas vu des mères presque insensées à force d'idolâtrie pour la beauté de leur fille, la corrompant à plaisir par leurs
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sottes louanges, la perdant par leur faiblesse ! L*amour maternel a son ivresse, sa folie ! notre pauvre coelur humain est si misérable, qu'il trouve moyen de faire un vice avec une vertu.
PAUL
Ohl ne vous confondez pas avec de pareilles mères!
LA COMTESSE, Ini mettant les denx mains snr leff paules.
Moi! moi! Âh! si je te disais ce qui se passait dans mon cœur et dans ma tète... quand je (e voyais chaque jour prendre le chemin de cette fatale rue de Pontliicu..,
PAUL
Ma mère!...
Cette femme t'avait tellement subjugué, fasciné!...
PAUL
Ma mère!...
LA COMTESSE
Pardon!... pardon!... Ne parlons plus de ce passé... (iree fnquiétade.) Car c'est bien le passé, n'est-ce pas?...
PAUL
Je vous l'ai dit!...
LA COMTESSE
Prouve-le-moi en pensant à l'avenir, au bonheur que tu pourrais trouver ici!..,
PAUL
Ici!...
LA COMTESSE
Nous ne sommes pas riches,^ mon fils.
PAUL
Vous oubliez mon majorât... '
LA COMTESSE
Dont tu m'abandonnes la moitié?
PAUL
Dites que vous voulez bien m'en laisser une part, ma mère!.-
Un grand nom ne se soutient qu'avec une grande fortune!...