‹ Le panache d'Henri IV, ou les phalanges royales de 1815Chapitre 5 sur 28 · II · texte numérisé non relu

II

Les Vendéens suivaient dès yeux le panache de leur général, qu'il agitait, et leur montrait, en élevant son chapeau; il dirigea la manœuvre, et , à la tête de ses compagnons dévoués , repoussa trois charges à la baïonette.

Ces nobles défenseurs de la royauté soutenaient, sans plier, le feu et les attaques multipliées de forces quintuples des leurs.

Sur le point des Matts, entre les deux Marais, à onze heures du matin, le brave, l'intrépide La Roche-Jaquelein , se précipite à la tète du petit nombre de Vendéens échappés à trois jours de com-

à s'exposer. Carlaux l'entendit , et répondit , relevant la tête : « Si je me suis battu , c'est bien volon- « tairement , car je ne désire guérir , général , que pour * recommencer. »

bats opiniâtres, et charge , en*- répétant ces mots sublimes, devenus 1 la devise de sa famille et le cri de guerre vendéen :

« Si j'avance , suivez -moi; si je fuis, « tuez-moi; si je meurs, vengez-tnoi. »

L'ennemi est attaqué avec impétuosité dans toutes ses positions, la vie-

balancée.

leiiu

O destinée !.;... Cette colonne qui Mort

. , -, , j i . • de La Roche

avait échappe au danger de sa position s u à Legé , dirige tous ses coups sur le héros vendéen; à quitte pas il reçoit à la fois la décharge entière d'un feu de peloton :

ce guerrier, Tespérance des braves > ïWgueil de la Vendée , tombe, et ne voit pas la fin de cette journée , dont il avait préparé le succès qui resta aux armes vendéennes. • - : <•

Auguste deLaRoche-Jaquetein s'avait

^as quitté sou frère ; toujours à ses côtes pendant Faction , il fut grièvement blessé de l'un des coups qui termina la vie du f çhçf de cette noble famille de guerriers.

<■. Les Vendéens se surpassèrent en courage, et restèrent maîtres du champ de .bataille': c'était là les honneurs dignes des mânes de leur général; son corps, recueilli par ses inséparables compagnons , fut porté dans l'église duPerrier, et déposé au pied de la croix , vraie place

rr

h simple pierre qui couvrit sa tombe ,

l'amitié inscrivit son nom. Un

juste orgueil n'eût pu mieux faire. .'

jM Ue Lucie de La Roche- J aquelein , qui ignorait encore le funeste événement, accourait, à la tête de cinq mille hommes, à la défense de son frère; elle s'avançait

à marche forcée ; plusieurs 'chefe se» fériP saient honneur de se ranger sous ses baiiH nières ,- comme soldats : cfe; ce : notn&re étaien* Fadjttdant - général comte dt A«fglars, le coJooefi Bôetton / ehëv'àlier dfe- Saint-Louis, et le général ï)uperrarç e£ dernier refusa le commandement que lui offrit l'héroïne. \ < « r - ^ Brûlant d'arriver , déjà Fe$pé*ânce animait tous les coeurs. Cette troupe fidèle apercevant rm courrier, s'écrie.: ftNous « allons secourir nos frères , avec notre « général M Ue de La Roehe-Jaquelein...»

Hélas ! il n'était plus temps ! ce courrier , dépéché par le général de Sapineau , apportait la nouvelle fatale. ........ On!

voulait en douter encofe, et Fon a van-

çait toujours; mais bientôt Famvée d!e quehjues officiers du 4 me corps , confirma

l'i.rréparaiJtf i^èutf ! V. ; w Quel pinceau pourrait peindre là douleur d'une sœur, perdan/un frère chéri, et des bra-

Mes Yendéens perdant à la fois un chef adoré , ' et l'éspoir de sauver le trône par leurs armes?. ■ . .

Douleur Les soldats désespérés faisaient reten-

profonde des . m

Veudéens. tir 1 air de leurs sanglots ^ jn 'écoutaient rien , et sourds poijr h première, fois à la voix de leurs chefs , ils refusaient de les suivre, et rentraient chez, eux en tirant leurs cartouches en lair. > , Les mêmes regrets. éclatèrent dans tous les corps; les paysans ,les offjciers étaient inconsolables :LaRoch*Jaquelein n'était pins! . . . . .Un cri de douleur s'éleva dans toute la Vendée ; ce. fut son oraison funèl^re !..,.,.,

L'ennemi avait repris plus de con-

fiaDce : Il crut le moment de la consternation des royalistes favorable pour les surprendre. ■ . . .

Mars , si la fortune semblait les abandonner , sur une des deux rives , bientôt ils la ramenaient sur Tautre.

Le Mans, la Flèche et Sablé furent Avantages

mis par les rebelles alarmés , en état de aélls^ur ia défense. miroite.

Le comte d'Ambrugeac voulut profiter de leur terreur pour s'emparer de la Flèche ; cette ville , quoique bien fortifiée , pouvait être enlevée par surprise. Une fois maître de ce poste important, et au moyen de la réunion de ses forces à celles du déptfrtèment de la Mayenne, le comte • d'Ambrugeac se fût emparé d'Angers, et alors la jonction des armées des deux rives eût pu s'opérer. Ce plan était sage-

xae^t conga ; pour parvenir à son eiéçu-.

tjon r le çomte d' À n^br u ge ac douna l'ordre à M. Bernard de se porter sur Lucbé avec sa division , et de se disposer à, marcher le 9 juin sur la ville du Lude.

Pour y pénétrer il fallait s'assurer du Pont du Loir.

Le precpier détachement de sou avantgarde s'en empara.

prîj?e Le corn te d'Ambrugeac s'avance sur la

d> la ville

du Lude. ville, lennemi feint de n'opposer aucuns résistance jles Vendéens entrent au Lude ^ TXtfiis à peine s'y étaient-ils engagés, qu'ils furent assaillis par une vive fusillade.

Les fédérés , retranchés dans les rw x

dirigcut* leurs coups à bout portant.

Le comte d Ambrugeac, à la tête de Favant-garde , s'avance au pas de charge^ à ses côtés le capitaine Baudrier (deI>ur->

tat ) , eut un œil emporté au eommencement de l'action; pressé par ses soldais de se retirer : » je vois encore l'ennemi-, h s'ecrie-t-il : en avant ! »

Il se bat avec un courage augmenté par la souffrance qu'il éprouve 5 u» coup mortel atteint cebrave, qui tombe en répétant encore : « avancez y mes amis / »

Le reste de l'année donne , ks retranchemens sont enlevés , et les Vendéens restent maîtres de la ville.

Dans cette affaire, plusieurs officiers forent blessés, et tous se distinguèrent.

Le comte d'Ambrugeac se tint toujours à la tête de sa troupe j il avait , pendant Faction , traversé la ville au milieu du feu croisé des retranchemens placés aux deux extrémités , et d'une grêle de balles, parties des habitations. Les soldats vejo-

déens étaient exaltés par, la perfidie de l'attaque qu'ils avaient essuyée -, mais le comte d'Ambrugeac ne se rendit pas moins recommandable par sa modération après la victoire , qu'il ne s'était fait admirer par son intrépidité pendant le combat.

Ses proclamations respiraient lessentimens d'une noble générosité: par de sages précautions il préserva la ville de tout ressentiment; et afin de prévenir de nouvelles trahisons,!! sefitremettre des otages.

Le lendemain , 10 juin , la liberté leur fut rendue au nom du Roi ; il appartenait aux Vendéens de faire adorer sa bonté en même temps qu'ils faisaient respecter ses

armes. i tes succès du comte d'Ambrugeac étaient dus en partie à Tordre et à la discipline qui régnaient dans son corps; il

était parvenu à supprimer la coutume si pernicieuse aux Vendéens, d'aller après chaque affaire chez eux changer de chemise; ce qui laissait dans leurs rangs, un vide dont l'ennemi savait profiter.

Le comte d'Ambrugeac paya régulièrement sa troupe , la fit mettre en uniforme, etiui conserva*une tenue militaire.

Il forma deux corps d'officiers ; l'un de cavalerie, sous le commandement de MM. de Maussabré et Dubourg-Neuf ; et l'autre d'infanterie, sous celui de M. de ïilly :ces dispositions faites, il passa là Sarlhe le 12 à Parce, afin d'imprimer un mouvement à tout le pays jusqu'au Mans, par l'exemple et le zèle de cette troupe d'élite.

Les avantages partiels des Vendéens avaient porté au comble l'ardeur et la con-

fiance des paysans : ils attendaient avec impatience une augmentation de forces qui leur perjnît de marcher de nouveau au devant de l'ennemi , et de donner , en se partageant les combats, plus de chance de succès aux armées royales des deux rives.

Promotion À cette mémeépotpie, et six jours après

kmort marquis de La Roc Wa r»-

«u commaii- \ein y les généraux qui commandaient sur

dément eu

dief des ht rive gauche s'étaient réunis à Montfau-

corps de la n < i • * . • J>

«ré gauche can P our procéder a ia nomination dun général en chef; plusieurs pouvaient prétendre au commandement général , soit par les titres qu'ils tenaient du Roi, soit par leurs services et leurs talens militaires. Auguste de La Roche Jaqueiein avait déjà été nommé, le 6 juin , à Legé, par la majorité de l'armée \ mais il se dé-

sista du commandement, et les suffrages se réunirent sur le général de Sapineau; l'ancienneté de ses services dans les armées vendéennes, justifiait ce choix.

Le même ]%ur , Auguste de La Roche* Jaquelein fut proclamé major général, en remplacement du brave Cannuel, qui , après s'être couvert de gloire comme officier supérieur, déclara ne vouloir plus servir que comme simple volontaire, et persista dans cette résolutiou.

Le général de S\-Hubert fut promu au commandement du 2 mc corps; le Comte de Suzannet conserva le commandement du 3 me , et le 4 mc fut confié au général Duperrat, l'ami et le compagnon d'armes du marquis de La Roche-Jaquelein.

Le moment était pressant : le général Lamarque , commandant l'armée de la

Loire , et les généraux divisionnaires sous ses ordres, Hogecdorp et Charpentier, après une revue générale de leurs troupes , se préparaient à marcher en force de Nantes sur les Vendéeès.

Nouvelles Le général en chef de Sapineàu fit ses disposiuoDa. dispositions, sur la rive gauche , pour se porter sur le Marais , afin de recueillir les armes et les munitions débarquées dans les premiers jours de juin.

On les trouva toutes enfoncées dans le sable , ou masquées par d'épaisses fougères, ainsi que les canons que le Marquis de La Roche- Jaquele in avait aussi dérobes aux recherches de l'ennemi.

Les rebelles n avaient pas encore quitté

leurs positions , il fallait les en débusquer.

Le i er corps eut ordre de se porter

sur Vieille-Vigne , le 2 me vers Palluau , et le 3 mc à Roche-Servière.

-Le 2 me corps effectua son rassemblement r>près de Basoges,et marcha sur Saint-Depï$:de-ChevasseetBeaufou; l'ennemi opposa ses nombreux bataillons au passage de ce corps d'armée + mais les Vendéens , électrisés par la vue des lieux où ils combattaient, s'efforcèrent de ren-r verser cette barrière: le brave Dulandroz , chef de division, soutint, sans se laisser entamer, une charge de cavalerie des plus vigoureuses. Par une manœuvre particulière aux Vendéens, que la nature de leur pays, et la connaissance qu'il en faut avoir, ne permettent qu'à eux d'employer, ils traversèrent l'armée ennemie en louvoyant, expression par laquelle ils désignent celte sorte de marche, qu'ils '

exécutent en se glissant , ployés le long des fossés qui séparent leurs champs, et dont les détours sinueux ne sont praticables que pour les habitués du pays.

Malgré la difficulté de l'entreprise , ils effectuèrent leur jonction avec le I er corps, à Vieille» Vigne, en dérobant leur mouvement à l'ennemi.

Pendant ce temps, le 3 me corps s'était rassemblé à Maisdon; les premiers Vendéens armés marchèrent en toute hâte sur Saint-Philbert , pour mobiliser la division de cet arrondissement qui était en retard ; ils se portèrent ensuite sur la Limouzinière , et dé là sur Saint-Etiennede-Corcoue, où ils établirent leur quartier-général, combat Les premières divisions arrivées s'au Groii% vanc è ren t sur la Grolle. C'est près de ce

lieu que fut livré , le 18 juin , et le même jour où le sort de l'Europe se décidait dans les plaines de Waterloo, un des combats les plus remarquables qui aient illustré le sol vendéen en 1 8 1 5.

La division du i cr corps, commandée par M. Dudoret, engagea l'affaire; elle fut vaillamment secondée par M. de Kersabiec, commandant la cavalerie.

Le i cr et le 3 mc corps soutinrent cette division dans le mouvement qu'elle fit pour s'emparer des hauteurs occupées par Tannée rebelle.

En vain la i re brigade du général Travot, réunie à la division Brayer, reçutelle l'ordre du général en chef, Lamarque, de se porter sur Vieille -Vigne par les landes de Roine ; elle ne put y parvenir.

L'ennemi, attaqué avec une valeur ren-

due irrésistible par le désir d'honoter la mémoire du marquis de La Roche- Jaquelein , dans le premier combat livré après sa mort , sur la rive gauché , fut débusqué de sa position avantageuse. Forcé de ï abandonner, il tenta d'effectuer sa retraite; elle lui fut coupée par le 3 Ae corps.

Le combat s'engage de nouveau avec acharnement. Le succès fut long-temps indécis , mais les Vendéens remportèrent; leurvictoire fut complète.L'ennem^battu sùr tous les points, fut poursuivi Tépée dans les reins, et repoussé jusqu'à Roche- Servière.

Emportés par leur ardeur , les royalistes dépassèrent ce village, et prirent position entre la forêt de Roche-Servière et le bois du Coin , dansVarrondissement de Saint-Etienne-de-Corcoue.

Chaque journée amenait un trait de

bravoure remarquable ; dans les rangs tehdéens , à celle dè la Grolle , trente paysans du village de Bouffray, soumirent quatre-vingt-deux soldats du47 me de ligne , et leur firent mettre bas les armes : cette action , leur courage et leur fermeté constante dans le danger, les firent nommer les Romains Vendéens; l'un d'eux portait sur ses armes : Respect h la Royauté , ou la mort.

La modération des Vendéens fut telle que plusieurs de leurs prisonniers s'étant permis de crier: Vive V Empereur , ils ne leur firent éprouver aucun mauvais traitement.

. Cette conduite généreuse; et la bravoure qu'ils déployèrent dans le combat, attirèrent dans leurs rangs plusieurs sol-

dats rebelles , qui devinrent , à leur exemple, aussi fidèles qu'ils étaient courageux.

Le combat de la Grolle coûta cher à l'ennemi, dont la perte fut, à cette époque, soigneusement cachée dans l'intérieur du royaume.

Les journaux, soumis à la censure de l'usurpateur, si prompts à augmenter les avantages des rebelles , si habiles à parer leurs défaites du nom de succès , gardèrent un silence absolu sur ce combat : un tel silence est le bulletin le plus glorieux pour l'armée vendéenne.

L'armée rebelle } renforcée par de nouveaux bataillons , vint camper à la vue de Bataille Roche - Servière , dans les landes du

de Roche-

Servière. GrOS-Collet.

Le lendemain , 19 juin , le comte d'Autichaxnp prit le commandement des corps

réunis à RochenServière ; l'armée royale, sur ce point, s'élevait a douze mille hommes.

Le 3 me corps en tête , le 2 mc appuyant sa gauche sur la forêt , eut ordre de suivre le mouvement du S 1 **.

Le i er corps , formant le centre, occupait les hauteurs de Roche - Servièrè ; ainsi disposée , l'armée vendéenne formait le triangle. '

La masse des forces ennemies , commandées ; par les généraux Lamarque Travot , Bràyer et Estève , s'avança sur le 3 me corpis vendéen j un feu vif et bien nourîi se soutint également de part et * d'autre, fv:

L'avan,g»rde ennemie, composée dn 8 mc Léger, soutenu par deux bataillons de Voltigeurs et de Tirailleurs de la jeune

garde , était qorofnandîfe en partie par les officiers Wiqlard, Charcellay et Rotuner.

Le gapéral Brayer dirigeai* ^premières colonnes. ;

Les Vendéens se montrèrent dignes de leur nom et^elacaufe qu'ils «.ervaiept) en vain ljeaaemi çkercka à déboucher sur le centre du 3"? corps -, h $pa rigoureuse résistance fut opposée à ses tefforts répétés. : < > ? YVi ~, r >

, Aux avant^t«5V«iid^s ? Içikèi^4« commandant de la ipuroî^ 4p JL#k$B4t { Menu ) , fut fiai* prûtfimfr- $ i'Àaflwgio* i|u'e*erçait ce détour awte»f>3jœ3tfô»le rendant redoutable aux rebelles, i|s lui offrirent de lui rejrçetty-e y ç'il yogdait pofer les arn>ep , sou ,fcèçe -qui allait èt,ve fn- Cel»*ve répondit: « que î» vie de

( xo3 )

« son frère et la sienne appartenant au « Roi, ilne pouvait le sauver à cette con- « dition; mais qu'il saurait le racheter aif « champ d'honneur. » Eu effet, peu d'heures après il fit vingt-ciuq prisonniers, les renvoya pour prix de la vis de sou frère, et dans le même joûr f quinze autres devinrent celui de sa liberté.

A chaque instant le combat devenait Mort plus terrible et plus meurtrier ; les Ven- aês^wt. déçns firent et soutinreui les charges les plus brillantes; pn combattait corps à corps. Dans cette mêlée sanglante le comte de Swauuet reçoit un coup mortel *, il chancelle j un Vendéen s'en

* he Roi wrivaU , le 18 juillet x$i5 , en parlant 4e M me de Suzannet ; « Je partage viyement 5a douleur; « elle perd un excellent mari , et moi un serviteur « aussi fidèle que distingué ; je ne sais lequel de nous « deux doit donner le plus de regrets a eette perte. »

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aperçoit, s'élance sur la croupe de son cheval et le soutient dans ses bras, en s ecriant : « Mon général, les Bleus ne vous « verront pas tomber. »

Le comte de Mornac prit le commandement du 3 mc corps, dans le moment où il venait d'être entamé.

Le général de Saint-Hubert, à la tête du i me , vint alors s'opposer aux progrès de l'ennemi , et protéger le mouvement des divisions engagées sur le centre de

l'armée royale , qui s'était maintenu à Roche-Servière.

Les corps vendéens, en se repliant sur ce point, firent éprouver à l'ennemi une perte si majeure, qu'elle équivalait pour

eux à un succès.

Des forces imposantes, augmentées de troupes fraîches, attaquèrent les Ven-

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déens dans leurs retranchemens ; la bataille devint générale , les Vendéens soutinrent , avec leur bravoure accoutumée , le choc de Tannée rebelle , et disputèrent pied à pied le terrain.

On connaît le courage des troupes françaises , on connaît l'héroïsme vendéen ; qu'on juge des prodiges de valeur que durent faire ces derniers pour résister si longtemps , un contre dix.

Leur énergie croissant en proportion du danger, étonna l'ennemi, qui ne put

les vaincre qu'à la faveur du nombre.

Enveloppés de toutes parts , ces braves Vendéens balancèrent la victoire , qu'ils méritaient de fixer; plusieurs de leurs officiers se distinguèrent par une rare intrépidité.

Le marquis de Beauveaù, pour exciter

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ses soldats f s'empara du drapeau de son corps , et, au milieu du feu le plus meur-

maintint quelque temps : forcé par deux blessures d'abandonner le poste périlleu* qu'il s était choisi , resté un des derniers sur le champde bataille, ijdéfendit enpore l'étendard jroyal , et le sauva de l'outrage d'être mêlé w trophées de la rébellion.

S'exposant avec le même courage , mais moins heureux, MM. Magniot, Darreau et de Villers , officiers supérieurs , pleins de mérite } furent mortellement blessés.

La retraite des Vendéens, protégée par les divisions de M. Dudwé et du marqué de Labretècbe, s'effectua en pairie par te po&jt de RocWServière.

L'ennemi tenta en vain d'en forcer le passage, q^4omiae un vieux château,

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dont les avenues étaient occupées par les Vendéens: il fut obligé de traverser la ri* vière de la Boulogne. £

lie içhef de bataillon, La fosse j à la té te du 47 me i «t le capitaine Boulinois , commandant la gewdaruaerie , se portèrent au IVIoulin-Neuf pour passer la Boulogne , taudis que le ay" 16 çt un bataillon de la jeune garde la franchissaient sur un au-

ire point; ayant de l'eau jusqu'à la ceinture .j d*ns ce t^ouveinçnt 9 l'ennemi prouva une perte considérable.

Çe n'étaient pas seulement àes divisons entières, pwis encore de simples .mUA*!* V4md#erçs qui se signalèrent par des actions d'éclat.

Un^aysan , de la paroisse 4e R/M*ssay* excita l'admiration générale par un trait vrsMiwmt remarquable- C'est en cep ter-

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mes qu'il m'a été transmis par le marquis de Labretèche , sous-chef de division , si bon ju§e du courage vendéen. • /

« Jean - Baptiste Subillot , poursuivi « par six soldats rebelles , ne fuit point à « leur approche ; armé d'im fusil de chas- « se a deux coups il les attend de pied ce ferme, essuie le feu du plus avancé, «riposte et le tue, recharge prompte* « ment , et de ses coups en fait tomber « deux autres. Il se saisit alors de l'arme « du premier qu'il avait mis à mort, pour « faire usage de la baïonnette : les trois « soldats restés font feu , le manquent , « et se précipitent sur lui à l'arme blanw che. Subillot enfonce sa baïonnette dans « le corps du premier qui s'avance , l'en « dégage en toute hâte pour soutenir Tat- « taque des deux derniers , dont il a Ta-

« dresse de ne se pas laisser envelopper.

« II évitel'un, se jette sur Vautre, les blesse « tous les deux, et triomphe ainsi de ses

c< six adversaires. Une colonne ennemie

« arrive j Subillot épuisé succombe sous « le nombre : c'en était fait de ses jours si « l'officier, du peloton , frappé de son hé- « roïsme, ne l'eût pris sous sa sauvegarde, « au moment où il recevait sa treizième « blessure. »

La Vendée n'a pas perdu ce brave, il vit pour servir encore son pays et son Roi.

Les généraux ennemis, maîtres deRo- violences

des rebelles.

che-Servière , ordonnent ce qu'ils appelaient une battue. Leurs soldats se livrer rent au pillage, ils chargèrent 29 charrettes du fruit de leurs rapines, dont la

majeure partie fut enlevée du château du

marquis dtf Goulaine, maréchal de camp.

Sa courageuse épouse avait grossi l'armée royale des habitans de Roche -Servière, enles haranguant avec énergie.

Les rebelles firent souffrir aux vaincus leurs violences accoutumées; trente -six prisonniers furent égorgés : parmi les officiers qui tombèrent sous leurs coups, on compte MM. Camboux et de Villiers.

Ce dernier s'était réfugié chez des métayers pour se soustraire à la vengeance de ces furieux; aperçu et craignant d'exposer ces hommes hospitaliers , il vint se mettre entre les mains des soldats; mais insensibles à cette loyauté ils n'épargnèrent pas leur victime.

Partout on persécutait les Vendéens ;les autorités civiles, de concert avec les généraux rebelles , prirent des arrêtés qui prononçaient le séquestre des biens de leurs

( rîI J

familles , et les prisons de Nantes remplissaient de tous ceux que des affaires particulières avaient appelés datts cette villé.

La douleur de leur défaite et l'indignation des excès commis sur les Vendéens , inspira à l'un d'eux, nommé Le Lasseur , une résolution désespérée : il se posta sur la route que devaient parcourir les géné-* raux ennemis , tira sur eux avec un fusil chargé de sept balles; l'une d'elles attei-* gnit et blessa grièvement un aide de camp du général Lamarque.

Un détachement de gendarmerie courut sur le Vendéen , qui déjà s était élancé dans la rivière de Layon , qu'il s'efforçait de franchir à la nage, lorsqu'il fut saisi et frappé de neuf coups de sabre : sanglant et mutilé il fut traîné nu -pieds dans lds prisons de Clisson.

La perte de Y armée royale fut de quatre à cinq cents hommes , celle des rebelles plus que triplée : malgré son triomphe r les journées de Roche - Servière furent aussi fatales à l'ennemi que glorieuses aux Vendéens.

Prise Pendant ce temps , les généraux Aude Thouaw. g USte j e L a Roche-JacjUelein , Gannuel et

Duperrat, s'avançaient sur Thouars; leurs corps, divisés en deux colonnes, devaient opérer une surprise sur cette ville et en garder les issues.

La plus forte colonne , soutenue par la cavalerie , aurait débouché par le poût de Vrinne, à une demi-lieue de Thouars , et l'autre par la route de Partenay , afin de couper à l'ennemi la retraite sur cette ville.

Ce plan était sagement combiné ; mais

une erreur dans l'expédition des ordres, en empêcha l'entière exécution, et les deux colonnes se trouvèrent réunies sur le même point. . ' : -

Leur marche avait été si rapide que les autorités de Thouars n'en furent averties qu'à l'arrivée de la cavalerie vendéenne , qui précédait le reste de l'armée.

L'alarme se répand , les fédérés s'arment et se rassemblent; ils parcourent la ville , forcent les habitans à marcher, et sonnent le tocsin sans relâche , pou* . avertir de leur danger les cohortes de partisans qu'ils avaient réparties dans la

campagne.

Les autorités expédient des ordonnances , et réclament les secours des généraux rebelles.

Néanmoins l'armée royale était arrivée

à la vue de Thouars ; l'aspect de cette cité rappelait de glorieux souvenirs aux Vendéens , et sm^ut à M. de La Roche-Jaquelein.Son frère Henry s'en empara jadis en montant le premier à l'assaut, et en détruisant de ses mains la barrière qu'opposait à son courage le vieux mur qui lui servait de rempart. U y planta l'étendard royal , que le digne héritier de son nom et de sa valeur y ramenait encore.

Avant délivrer une attaque, un émissaire fut député pour sommer , au nom du Roi, la ville de se rendre.

Les autorités, ne pouvant opposer dans le moment des moyens hostiles, feignirent d'y consentir.

Les conditions d'une reddition volontaire furent stipulées.

On convint d'un délai , pendant le-

quel les gardes nationaux , et tous ceux qui Auraient pris une part active k la rébellion , seraient libres de sortir de la ville.

Il fut également arrêté , que les caisses des receveurs généraux et particuliers seraient remises au général vendéen , et que l'armée royale ferait son entrée dans la ville, le lendemain , au point du jour.

Auguste de La RocheJaquelein fit faire halte à son corps d'armée , et observa scrupuleusement cette convention , qui n'était qu'un piège tendu à Sa loyauté.

Les autorités éludèrent la remise des fonds, en donnant des arrêtés de compte à tous les receveurs , et firent avancer secrètement des troupes pendant la

nuit.

Les Vendéens occupèren t la ville à huit

heures du matin. A peine M. de La Roche- Jaquelein avait-il pris quelques hèures de repos , qu'il fut prévenu que le général de Laage venait d'être aperçu sur les hauteurs de Saint-Jean, tandis que des détachemens d'infanterie et des gardes nationale^mohiles , réunies à la gendarmerie à cheval , après avoir tourné la ville , s'étaient déjà emparés du pont de Vrinne

pour couper la retraité à l'armée ven-

uyvuuv»

; Cet avis fut confirmé par deux Vendéens, qui ayant été attaqués par huit partisans* fédérés , èn avaient tué trois et mis les cinq autres en fuite.

Auguste de La Roche -Jaquelein donna l'ordre à son avant-garde de se diriger vers le pont , où le petit nombre de Vendéens restés à ce poste , surpris par

l'ennemi , combattaient en désordre.

A la première charge de l'armée royale , un ancien commandant de paraisse fut tué.

La mort d'un chef produit toujours un moment de découragement chez les paysans , ils reculèrent.

La position des Vendéens était des plus critiques-, un instant pouvait perdre Tannée ; il fallait s'ouvrir la retraite avant d'être accablé par l'ensemble des forces ennemiesqui s'avançaient sur tousles points.

Les officiers jugent le danger, rallient les paysans , et s'élancent sur le pont.

Les vieux Vendéens les suivent à pas Combat de course, la baïonnette en avant : dans le de v ri - nn moment de cette charge , l'ennemi attaque les derrières et met l'armée royale entre deux feux ; Auguste de La Roche-

Jaqueleîn se porte, de sa personne , «m le danger était le plus pressant. Son avantgarde était composée ea partie des bahi* tans de Trémentines et de Courlay, q.ui 9 fiers d'avoir fai t leurs premières armes sous l'Escure et Henry de La Roche-Jaquelein, avaient à soutenir hw réputation , dans ce passage où jadis ils remportèrent une éclatante victoire. Ils étaient encore guidés par un La Rocke-J aquelein , et dans lenrscangs combattait, comme simple volontaire , le fils du célèbre Cathelineau :

pouvaient ils ne pas faire des prodiges de valeur î Aussi ce scumnir et la vue de Iwr intrépide chef, amenèrent - ils le même résultat

Tout ce qui s'offre à leurs coups est renversé , ils forcent le passage et voient fuir l'ennemi.

( ll 9 )

Les Vendéens poursuivent leur avantage, attaquent les troupes de ligne placées en réserve sur les hauteurs de Ligron , les en débusquent et s'en emparent

Un détachement de cavalerie s'avance alors sur les derrières de l'armée royale qui achevait de défiler; six cavaliers vendéens , dans lesquels se trouvait le brave Mayence? gendre de Cathelineau , font volte-face , se placent à la tête du pont , essuient sans reculer une décharge de mousqueterie , protègent le passage de leur arrière-garde , et rejoignent, toujours en se défendant, les Vendéens qui se rangeaient en bataille sur les positions qu'ils venaient d'enlever à l'ennemi.

Mayence, qui s'obstina à ne pas quitter le pont qn'ii n'eût vu fuir le dernier re* belle , tomba dans leurs mains.

Des hussards de Chamborant et un régiment de dragons, traversent la ville au galop et se portent sur le pont ; des gardes nationales actives et des paysans fédérés , s'y trouvaient déjà en éclaireurs.

Leur costume , semblable à celui des Vendéens, trompe la cavalerie rebelle, qui dans la chaleur de Faction ne distinguant pas les couleurs de la rébellion , les charge vigoureusement et .les met en déroute.

Les Vendéens, postés sur les hauteurs , voyaient cette mêlée, et jugeaient les coups des vainqueurs 9 que leur erreur venait de rendre leurs auxiliaires.

Dans leur malencontreuse méprise, ces escadrons rebelles blessèrent à mort le chef des fédérés , le fameux Bridier , le commandant de la garde nationale d'Ar-

gentan , et plusieurs des leurs ; la confusion se mit dans leurs rangs. L'attitude des Vendéens était imposante; le général de Laage ordonna la retraite.

La victoire des Vendéens au pont de Vrinne fut complète, et d'autant plus glorieuse qu'ils forcèrent un passage regardé compie inexpugnable, et triomphèrent de la perfidie, du nombre et de l'expérience des troupes aguerries.

Les factieux se vengèrent de leur défaite sur les royalistes qui tombèrent en leur pouvoir. Le général de Laage fit tous ses efforts pour les soustraire à leur rage homicide ; il rendit la liberté à six prisonniers vendéens , et sauva lè brave Mayence , qu'il fit conduire secrètement hors de la ville.

M mc le Maignant dut aussi à ce géné-

rai un asile sûr, où elle fut traitée avec les égards dus à son caractère et au malheur ! Cette respectable épouse, qui avait suivi M. le Maignant au pont de Vrinne, eu fut séparée pendant l'action , et courut les plus grands dangers Manœuvre Cependant , l'armée rebelle de la rive

«Je l'armée . ( , %

>eiddenne droite , qui s était grossie dg nouveaux sur ia nve ren f or t s marchait de Sainte-Suzanne

<uo»lc. 7

sur Brnlon»

Déjà plusieurs de ses détachemens s'avançaient sur la Sarthe, et par ce mouvement , le comte d'Ambrugeac se voyait au moment d'être enveloppé.

Dans cette position critique, et n'étant pas assea fort pour résister contre la réunion des colonnes rebelles, il, prit le parti d'attirer l'ennemi sur la forêt de Jupille , frontière de la Touraine , afin

d'opérer la division de ses forces, et en l'attaquant alors avec plus d égalité, de donner aux Vendéens plus de moyens de vaincre, et de revenir occuper 4e pays qu'ils étaient forcés d'abandonner.

Cette manoeuvre avait encore pour but de placer l'armée rebelle dans l'alternative d'évacuer le pays, ou de soutenir un engagement sur un point qui l'eût placée entre le corps d'armée du général d'Andigné et celui du comte d'Ambrugeac.

La position difficile où se trouvaient les Vendéens, ne fît qu'ajouter une nouvelle énergie à leur dévouement; tous jurèrent de périr les armes à la main.

Appuyés par de nouvelles colonnes , venant de la Flèche, les rebelles s'avançaient et gagnaient le Lude.

Le comte d'Ambrugeac se rendit â Courcelles , où il campa , et feignit ensuite un mouvement qui porta l'ennemi sur la route dê Luché, tandis qu'en lui dérobant sa marche, il gagna la forêt de Jupille, où il avait résolu de prendre position.

Affaire Sans perdre un seul instant , le comte Jupiiie. d'Ambrugeac se porta, au pas de course, sur le bourg de Jupille, et s'en rendit maître au cri de vive te Roi f

En vain les fédérés tentèrent - ils de s'opposer aux progrès des royalistes, ils furent repoussés vigoureusement.

C'est à l'affaire de Jupille que le lieutenant Rermel, fils d'un gentilhomme breton , père de douze enfans , fut grièvement blessé au commencement de l'action; il combattit à côté de deux de ses

frères, qui ee distinguèrent, ainsi que lui, à la tête de Vavant-gardé , qu'ils suivirent toujours à pied.

Les royalistes se conduisirent avec la plus grande modération. En quittant Jupille, pour se porter en avant, le comte d'Ambrugeac prit des otages pour la sûreté de M. de Rermel, qui ne put être transporté, et il les rendit en échange de cet officier , après sa guérison.

Les Vendéens attaqués la nuit dans leurs bivouacs par des fédérés, courent sur eux , les enfoncent, et font plusieurs prisonniers.

Après cette affaire, le comte d'Ambrugeac jugeant nécessaire de rassurer les habitans du Mans , et d'entretenir leur confiance dans les efforts des armées

royales , revint s'établir à deux lieues de celte, ville»

p^age Dans cette marche , les Vendéens sou-

<îc la Sarflie* «

tinrent deux attaques successives, et après avoir fait trente-huit lieues en quarante-trois heures, ils repassèrent la Sarthe à Fillé, le 25 juin, et se portèrent sur le château de Viré, situé sur une hauteur, entre Brulon et Sainte-Suzanne, dont un pont très- étroit est la seule avenue.

La position de ce château étant des plus avantageuses,le comte d'Ambrugeac s'y retrancha, s'approvisionna, et attendit l'ennemi.

De son côté ; le général d'Andigné avait rassemblé au village des Anges les divisions du corps d'armée qu'il commandait en personne 5 elles s'y trouvèrent réunies

le 28 juin, au nombre de trois mille hommes , et tandis que le général Achard, commandant les forces ennemies sur la rive droite , se dirigeait, avec une partie de sa troupe, sur le corps du comte d'Ambrugeac, dont les progrès l'inquiétaient, Moustache , à la tête de cent cinquante hommes, forma le projet hardi d'attaquer Laval.

Cette ville était fortifiée et défendue par de l'artillerie < rien ne l'arrête, il s'élance sur les retranchemens,et succombe au moment où il les franchissait. Brave jusqu'à l'excès, il trouva, sur la brèche, la mort qu'il avait affrontée tant de fois, et ne vit pas le mouvement de la division, qui sg replia sur le centre, après la perte de son intrépide chef.

Les Vendéens s'apprêtaient à revenir,

avec des forces plus égales , pour venger ce guerrier, dans le lieu même témoin de son courage audacieux.

Les succès et les revers enflammaient également les Vendéens de la rive droite ; tous eussent versé avec joie jusqu'à la dernière goutte de leur sang pour la défense du trône.

suipcnsion Mais le grand œuvre de l'Europe était des bostih consomm ^ et | e j^ 0 - établi dans l'héritage de Saint- Louis* .... La guerre devait cesser en France quand le retour de Louis-le-Désiré rendait la paix aux nations ; on put sans crainte suspendre les hostilités, occupation Le général d'Andigné fit son entrée à vemic^us Laval ; une escorte de gendarçaes alla au- ^ùu Mal**.* devant de lui. L'un d'eux était décoré de la croix de la légion d'honneur, il l'avait

obtenue, eu combattant contre lès Vendéens dans l'affaire de Cossé , où te chevalier d'Andigné pas^a pour avoir été tué.

Ce général fut reçu à Lavai avec les acclamations de l'alégresse ; : les bons habitans ne pouvant la faire éclater aux yeux du Roi , en adressa^ impression à celui qui les avait guidés . ep son nom.

Le comte d'Ambrugeac fut accueilli au Mans avec }e$ mêmes transports} 1$ ville lui décerna une épée d'honneur, avec ces, mots gravés sur la poignée : « La ville « du Mans reconnaissante , au comte.

« d'Ambrugeac.»

Sur la rive gauche, les différens corps restés armés dans le Bocage, où les troupes rebelles craignirent toujours de s'engager, avaient aussi suspendu toute agression.

Une partie des généraux se réunit à la

Traité de paix.

Toussaille , pt>dt disétii** ®a trâité d«

Influenre Les Ve&dééns Vétâiétatt rendùs redtitii %2Tll «w-'ltt^ete rives de fci Lèire ; leur

rouest. attitude militàirè acquérait chaque jotir plus de cortsistànce , e t îà diversion tju'îls épérèreût^ir là ïhassedeè fontes rébeHeà,

eut la plti$ gvkùèè infltren'ëe sùrïès évétïe-

Ctes A côttfâgêtti hàbitâùs de Ttmest, inaccessibles à la crainte , msèiisîHes âux privations, endurcis à la fatrgtte, durent éétte fois à lutter, nôn coriime *n 1 7^2, contre des troupes indisciplinées , Composées àe recrues , naais contre «une armée aguerrie par vingt années de côtnbats et de succès; et pourtant ils triomphèrent

* Ce traité fut signé à Chollet , le 26 juin i8i5 t et rendu officiel peu de jours après.

souvent de ces vétérans de la victoire.

L'armée vendéenne était un but ^espérance pour les amis delà cause légitime, un su^el permanent d alarmes pour ! usurpateur, : .

Vendéens! peuple généreux et fidèle, qui combattiez par sentiment et par devoir , qui cherchiez au poste le plus périlleux, non la célébrité, mais le bonheur de faire davantage pour la cause sacrée du trône ; vous, cpri sans ambitionner 4a gjoi-

re, occupâtes toujours la renommée; qui n'aspiriez point aux distinctions , mais à l'honneur de servir DIEU ET LE ROI; après avoir acquis pendant la guerre une si juste réputation , vous forçâtes vos ! ennemis, en traitant , 4 céder à l'ascen* dant que vous <lonne votre couTage , et surtout vo-tre inaltérable constance ; vous

pûtes dicter des conditions , il ne vous en fut jamais imposé ! . . . . Et quand la force des événemens permit de devenir avare du sang français, alors, comme toujours, vous montrâtes cette élévation , sublime dans sa simplicité, qui vous caractérise ! . . . ,

La paix , qui partout ailleurs fut reçue comme un bienfait , ne vous sembla qu'un pénible sacrifice et l'immolation de Fhon-

neur des armes vendéennes Pour la

première fois depuis vingt-cinq ans, votre abnégation de vous-mêmes vous coûta un regret !. . . .

Quand le vertige révolutionnaire exila du reste de la France la religion, la morale et les antiques institutions de nos pères, elles se réfugièrent dans la Vendée ; repoussées jusque - là , elles s'arrêtèrent

aux limites des provinces de l'ouest, ét s'y trouvant dans leur véritable patrie , elles se conservèrent dans les ames des Vendéens, sortis purs du creuset de l'adversité.

C'est particulièrement dans le Bocage; dont le nom seul , en rappelant tout le charme de la nature , ramène à des idées d'innocence et de simplicité, que le naturel vendéen se montra dans toute sa beauté. v

Ses heureux habitans, soumis aux lois qui protégeaient leur bonheur depuis tant de siècles, ne furent point tentés d'acheter , aux dépens de leurs vertus , des biens qu'elles seules pouvaient leur assurer 5 ils étendirent à tous les objets de leur respect et de leur amour, le principe sacré de la légitimité; ces sentimens qu'ils gardent

à leurs anciens suzerains , devinrent les bases les plus solides de leur inviolable attachement au monarque.

Chrétiens résignés, ils souffrirent sans murmure d'être appelés Brigands par ceux à qui tous les crimes étaient devenus familiers.

Sujets dévoués, ils affrontèrent la mort pour le prouver, et rien n'arrêta leur devouement.

Dépourvus d'armes , l'outil destiné à féconder le champ nourricier de leurs enfans, leur servit à défendre la tombe de leurs pères, l'autel, et le sceptre de nos rois.

Victimes des horreurs de la guerre, ils n'eurent du soldat que le courage ; aucune violence, aucun excès ne deshonora leurs défaites , et ne ternit leurs succès. »

La désertion est sans exemple parmi* eux; la trahison ne souilla jamais les pages de leur histoire , elles sont pures comice

leure cœurs!.... Elles consàcnent cette vé-

, ... »■"*•*» ■• rite, que les principes religieux , source

consoUdentlesempires ; et , comme leurs contemporains , la postérité dira des Vendéens : « Ils furent «toujours fidèles, payçç qu'ils restèrent « toujours vertueux. »

SOMMAIRE

Sentimeks des Bretons. — Description du pays insurgé. — Formation des corps d'après le mode des premières guerres de la Bretagne. — Obstacles vaincus par le zèle courageux des Bretons. — Commandement en chef confié av comte de Sol de Grisolle. — Division de son armée. — Proscription des anciens chefs. — Conduite généreuse des frères de Georges Cadoudal. — Ardeur impatiente des Bretons.—. Premier engagement. — Mouvement général de l'armée du Morbihan. — Dispositions des généraux ennemis.-— A flair» de Sainte-Anne. — Modération des Bretons après le succès.

— Prise de Ploertnel. — Occupation de Josselin. — Secours promis par l'amiral Hotham. — Marche de l'armée sur Redon. — Attaque de cette ville. — Combat de Muziltac.

— Déroute de l'ennemi. — Jonction de la division Coi si in à l'armée royale. — Débarquement de munitions , effectué à Foleux. — Réunion des corps enuemis dans le Morbihan.

— Bataille d'Auray. — Cruauté de l'ennemi. — Retraite de l'armée bretonne sur Plumergat. — Propositions de paix.

— Réponse du comte de Sol. — Situation de l'armée royale.

— Légions mobilisées dans le Finistère.— Sacrifices et actions des chefs de l'insurrection dans IUe-et-Vilaine. — Affaires partielles dans les Côtes-du-Nord. — Opérations militaires sur les rives de la Vilaine. — Attaque de Guerande.

— Accroissement de l'armée royale. — - Reprise de l'offensive par les Bretons. — Soumission des rebelles. — Retour de l'ordre et de la paix.

ARMÉE ROYALE

DE

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