‹ Le panache d'Henri IV, ou les phalanges royales de 1815Chapitre 6 sur 28 · LA BRETAGNE · texte numérisé non relu

LA BRETAGNE

Potiùs mori quam fœdaril

« Pl utôt mourir que de s'avilir ! »

Telle est la devise des armes de la

Bretagne; tel fut, en i8i5, le cri de

ralliement des Bretons ; tel sera toujours

le sentiment des braves habitans de *

TArmorique.

D. • Senliraens

epuis vingt-cinq ans cette province de< Bretonf

fournit au Roi de courageux défenseurs.

En vain les fureurs sanguinaires de la

ed by Googl

tyrannie frappèrent - elles plusieurs de leurs chefs intrépides, elles ne firent qu'exciter la haine des Bretons , sans lasser leur constance ; toujours ils surent combattre avec gloire % et mourir avec honneur.

Ceux qui échappèrenr à la proscription, et au sort qui leur étoit destiné > parcoururent le Morbihan et les départemens adjacpns dès les premiers jours de mars i8i5. Ils parlèrent encore au nom de la légitimité , et bientôt la Bretagne fut sous le6 armes.

Description La partie inférieure du pays est pau-

du pays

insurgé, we ; son sol est couvert de landes in-> cultes , dont l'aridité ne laissait au soldat breton ni l'espoir dune ressource, ni la certitude d'un gîte. Les huttes éparses à de longues distances les unes

des autres » fournissait k peine un abri à leurs habitons; leur dénuement est tel, qu'il rend souvent la générosité sans effet, et leur bonne volonté stérile; mais le courage supplée à tout. Le Breton ne se laisse pas rebuter par les obstacles, lors même qu'il ne les a pas prévus; il s'attache seulement à les vaincre.

Sans attendre d'être secourus, sans s'informer de l'opinion de leurs voisins, si ce n'est pour s'unir à eux ou pour les combattre , couverts des dépouilles des animaux dont ils purgent leurs forêts, sans autres armes que le bâton qu'ils manient avec taftt d'adresse et une agilité entretenue par un exercice journalier, les Bretons quittent leur butte natale- A la garde de Dieu , ils se répandent sur leur terre sauvage, presque sans espérance,

mais avec la volonté du succès; et privés de tout appui, se fortifient contre le péril , en répétant leur cri de guerre :

« Plutôt mourir que de s'avilir I »

Formation C'est dans le Morbihan que se forma d'aprèHe l arm ^ e royale de la Bretagne. Les commode des mandans de paroisses furent les premiers

premières

guerres de à organiser l'insurrection sur les bases

la Bretagne. u . n > • î

de 1 ancienne guerre. Ils reunirent les hommes qu'ils trouvèrent capables de servir le Roi. S'ils eussent demandé tous ceux qui en avaient le désir , il n'est pas un hameau qui ne fût demeuré désert dans cette province fidèle, tant l'ardeur des Bretons était sincère et unanime.

Obstacles Buonaparte redoutait l'énergie des anvaincus par ^ . ,

ie zèle ciens chels bretons ; aussi , un des pre-

courageux • • , c% P C

des Bretons. m i ers actes de son autorité, en ioi5, tut

de les proscrire. Des espions, chèrement payes, étaient chargés de les découvrir et de les livrer : ces mesures et les dangers auxquels elles exposaient ces braves, ne firent qu'en augmenter le nombre. Les poursuites actives, dirigées contre eux, ne purent étonner leur courage; au travers de mille embûches, ils parcouraient la nuit tous les lieux où ils espéraient réunir les amis de la monarchie en état

de la servir et de la défendre.

Assurés du bon esprit des Bretons , les généraux et les officiers supérieurs s'assemblèrent pour former les divisions, et déterminer le moment des hostilités.

Le maréchal de camp, comte de Sol Commftnde -

ment en chef

de Grisolle, prit le commandement en confié nu

f 9 comte de Sol

chet de 1 armée. Les généraux Bernard dc Grisolle, de Marigni (cordon rouge) , le comté de

de son armée

Floirac , et le marquis d^ Laboissière, commissaire du rai, unirent leurs efforts aux siens.

Les droits d'ancienneté n étaient point

invoqués pour obtenir la préférence. Sans

ciers bretons obéissaient ou commandaient , selon quiïs pouvaient servir plus utilement la cause du Roi.

Des chefs recommandables et investis de la confiance générale , furent appelés au commandement des divisions.

Division La légion d'Auray 9 composée en partie de marins , qui avaient £»R leurs premières armes sous le général Georges Cadoudal , fut oonfiée à Joseph Cadou-

dal , TÛm de «es frères.

L'autre Frère 4u général Georges ,

Louis Gûdoudal, eat le commandement

L'ancieiHie division du comte lie Sdi de Grisolle (Redon) fut faûse sôus te commandement du chevalier de Secil*.

Celle de Bignan > Mûs celui de 4fe

Le Ridant ^ ancien aide de camp du général Georges Cadoudal, fut |>laoé à la têtte de la iégioti de Vannes : il «voit sous ^ses ot^es le brave Gatnbert.

Le Mentiër de Lehelec , eoromand* cette de Josselin ;

<iuiiietooit ( Jiïliett), fils du fameux général Guâtemo^ «umôtomé le de Bignan*, celle >àe Pdnlivy;

Et le Dfcuafiraia de Leimtt* iafc de Ploermel. :t ;

Dans la même unité d'action , mes* sieurs Pillet , de Boishamon , Bouteville de Reraramais et Duval , organisaient , dans Ille-et-Vilaine, d'après les ordres du chevalier de Busnel, ancien, adjudant-général du grand état major des armées de Bretagne.

Le comte de Gornouailles ( descendant des ducs de Bretagne) , et Coroller, armaient* dans le Finistère.

Le comte de Coislin opérait entre la Loire et la Vilaine, él le comte de Corson, dans les Côtes-du-Nord.

La plupart de ces chefs avaient servi dans la première guerre de la Bretagne.

Une foule d'officiers distingués par leurs talens et par leur zèle, se. joignirent à eux , et donnèrent , sous leurs ordres , des preuves d'un brillant courage.

Tous avaient souffert des violences de Proicription

des ancien!

l'usurpateur. chef*.

. La Comte de Sol de Grisolle gémit dix ans dans les fers.

Le Ridant, le Thiez, de Sécillon et plusieurs autres, subirent également la

plus dure captivité.

Gambert fut excepté de toutes les amnisties; et sa proscription fut permanente.

Tout ce qui portait le nom de Cadou- . dal devint l'objet constant de la haine de Buonaparte : Georges fut immolé juridiquement ; le plus jeune de ses frères , à peine âgé de seize ans, déjà connu par plusieurs actions courageuses, fut arrêté chez son père. Dans sa translation à Lorient , il reçut la mort de la main des

gendartries diaffgës de ¥y conduire *. Les deux autres, Joseph et Louis 1 Cadoudal , ayant ttortopé fa vengeaiide du despote,

* Ainsi finit ce jeune guerrier, dont les premiers pas dans la carrière cfes armes donnaient? dte si briHantes espérances. ........ ... f

Il n'avait que seize ans , et son frère Georges refusait de l'admettre dans l'armée à cause de sa trop* grande* jeunesse. Mais ce que ftw itefàsait la prudénce du généraj, il l'obtint par, sou coulage.

Auray était occupé par les républicains ; le jeune Gadoudal se présente seul à la porte de cette ville , arrête deiix gentkff hUs* à tfhêVal , éri Wè un , fait l'autre prisonnier, et te conduit avec: Ses' chevaux à Vital major de son frère , qui récompensa sa bravoure en lui permettant d'exposer sa \ie dans les r*angs des Bretons four h? sefVice ; dûftoi. : * ! :

Cette acfiôh d'éclht fut le pttfhfcte de beaucoup d?âu~ ttes'i H. vei>g>a le-^ftéral de T,ittU*»jac , en immolata* à ses mânes le soldat qui venait de lui donner la mort , et dans tout le cours de la guerre, on le vit toujours

au poste le plus périlleux.

feu &fc dérobaiit à ies côwf>s , Içur- pèrë

earltoil

mèie* *;è WfyectaMê vfeiBarâ', âgé d4 s^xëtttè-douzë dii$î et il fut as$a&iiië à

îfclàtao, cdnlmunè de Bi-ecti , à là {jdrtè

Tfctëmë ft# sdh habita ttttftJ " s ; '

Se$ rhetif-frîérs , sigiiàië» à ratttbHtë |>2| r r M; cferfatféuf plûbli^e ' ■ toent atthés pôtir- 1# ferait , ët rèlfiëhë# peu àé jottfs

après, &irejugeiherit Avant cë< àtssàs^ ^inat, ce^ttfiiërablës étaiettt des marins

sans fdrtttiiè* 'BfeÏÏtôt ils actjliirëTil des propriétés..;; : . . « : JdsepW dt L(^is? Câdôiidiil avâiërit à Conduire

..; . , Wf ., . f v • • -rr^i généreuse

venger IeUtS« ffereS et leitr peîè sacntifcs. des frères Cepfchdàttt ittrttim éxcèg <îê èouillà lcWS ca^dlT

que , par suite des chances de la guerre, ils furent, en i8i5, maîtres des assassins de leur vieux père , ils les respectèrent comme leurs prisonniers, et les sauvèrent du ressentiment de leurs soldats prêts à les frapper, en s écriant « qu'ils n'avaient pas pris les armes

« pour venger leurs injures personnelles, « mais seulement pour servir le Roi. »

C'est par de tels sentimens que les fidèles soutiens du trône de Saint Louis se montrèrent dignes de le défendre.

ira ttklte ^ jes a P^ tres de la légitimité faisaient des Bretons, chaque jour de nouveaux prosélytes ; les rangs de l'armée royale se grossissaient, et les Bretons ne souffraient plus qu'avec impatience les retards apportes par la prudence, efles sages combinaisons de lejurs chefs. Leur élan ne pouvait plus être

contenu; ils demandaient à combattre, et tous ambitionnaient de porter les premiers coups. •

Joseph Cadoudal eut cet honneur , iï Premicr

* engagemeuk

balaya la côte des douaniers et des colonnes mobiles , et prépara ainsi le succès des débarquemens d'armes et de munitions , que de fidèles mandataires avaient été chargés de demander au gouvernement Britannique.

Le mouvement général de la Bretagne Mouvement

. . général

était organisé. de , w#

Dès le 23 mai , le premier rassemblement se fit à Auray ; il était juste que cette ville fidèle vît se form er dans son sein cette armée qui allait défendre la cause sacrée de la légitimité si chère à ses ha bi tans.

Ce premier rassemblement fut de huit cents hommes : les braves chefs de

du Morbihan*

bataille de Margadel , Çaanp**t , GaJ|ps, Rohu, Laine, et les trois frères ftpjjleijaot, proportionnant leurs levées au jaonafrrp des aruaes qu'ils aArajept; pu réunir, furpnt lespremiprsà mobiliser les hommesqp'ils avaient enrôlés.

Dispositions

généraux ^«1 ' ^ flimt ^llt

ennemis. <Je LWMSpt 1?S YGgimÇW 4$ l*gJ?£ , r<£*l-

nirent les fédérés, et lçs dirigèrent , U jq mai , sur les points menacés. Les trompes ennemies, se flattant de réduirp d§$ payons quelle* croyaient fac£lem$ri* iauraider, s'avançaient avep ponftance sur Sainte- Anne.

Arc,;te Non loin de ce lieu , est un champ

«le Sainte-

ad^. consacré par le souvenir ; les Bretons

Vont uoittwé le Pré-des-Moriyrj , en mémoire 4es. victimes de Quiberpo, im-

moleps à fl»tte place ^ vingt ans auparavant. Chaque apnée, par tfopjeu?: péleri-,

nages Causraa-pieds, Jes. Rr<^rendeni

u& hoflimagR retfgiejx* l^rs^nes rf*

^jnstUc^divinp^^ty^v^çftn-

dnit tes «nfans d^e teins npurreanx

y s«Jwr IfidtftiMSDt, que werii^ntleurç

crimes. , . , ' '/

yenmemi ^'avança par Auray, ï# légion le Tni^ (Sfait placée an* *¥ftn**pQtaes , sur 1a rotrte qui conduit à

cetto ville? * f t ,.^ i:f .,.

U» bataillon da cette légion » cpm^ mandé par Gn*U#, fu*. vivement attaquai un fen *err« rftÇft» l'ennemi. -Jo-

seph (fondai, v^>ya»H ice pataiUon gagé , &'apppoc^a à pas de sonjse à Ja de sa légion. >, ;

Les braves Gambert , de Margadel et Galles prennent les rebelles snr leur droite , tandis que le général de Sol , avec une partie de la légion d'Àuray, les attaque de front et sur leur flanc gauche.

L'ennemi était en force et abondamment pourvu d'armes et de munitions ; il comptait dans ses rangs des soldats vieillis dans les camps.

Les royalistes, en petit nombre, n'étaient pourvus que de cinq cartouches par homme ; mais ils avaient pour guides des chefs courageux. Us étaient Bretons, et se battaient dans les mêmes lieux où leurs frères d'armes périrent pour la cause sacrée qu'ils défendaient comme eux.

Les soldats royaux, après plusieurs fèux de pelotons, foncent à la baïonnettcf :

au premier choc l'ennemi est entamé

dans son centre ; chaque pas que font les Bretons dans ce champ de douleur où repose la cendre des martyrs de la royauté, les anime davantage; chacun d'eux sent doubler sa force et brigue le poste le plus dangereux. Vincent Guillemot , que son courage y plaçait toujours, aborde seul une brigade de gendarmerie, tue le brigadier, s'empare de son cheval, et fait prisonnier les trois autres gendarmes.

L'affaire fut des plus vives j malgré l'avantage du nombre, les rebelles, enfoncés sur tous les points, cherchent à se replier.

Ils ne pouvaient effectuer leur retraite que par un seul chemin , sur lequel une habile disposition du comte de Sol avait placé une réserve, dont.le feu croisé joncha bientôt de morts ce passage.

Le combat de Sainte-Anne, donné sur

le Prérfes*ftfar4frf , forint un sacrifide «Spfotoine de h sanglante journée de Quiheron , les rebelles forent écrasps ; de tout hnv bataillon , si«iquante Jiomraes seulement rentrèrent à Vannes. Des deux officier» supérieurs qui les commandaient , Tun fut tué; l'autre blessé grieyement., fut fait prisonnier par le eonw mandant de bataillon Galles : c'était le fameux Josse , avocat à Lorient , chef des fédérés ou libéraux aptifs.

Modération Amené à Joseph Gadoudal , il se jeta

des Bretons

après à ses pieds en fondant en: larmes , et loi

le succès. 1 i i • 1 /»

demanda la vie au nom de ses amans.

« Lès poyalistes ne font pas la guerre « aux prisonniers (répond le brave Ca- « doudal), asseyez-vojis à ma table et « buvez à lasanlé du Roi , je vous rends « la liberté en son nom.» !

Il le renvoyé, exigeant delui pour toute rançon de rendre cômpto aux fédérés > à son arrivée k Vannes, de la générosité

des brigands m* leurs prisonniers.

Josse le promit, et tint parole.

Ainsi, dès les premiers instans des hostilités, les Bretons dpnaèrent la preuve, que, terribles dans les combats, ils n'étaient plus qu'humains après Faction»

Leur soumission à la volonté du Roi fut telle qu'ils ne se permirent ni violences, ni représailles. Les chefs de 1W* Tfiéû bretonne, presque tons dépouillés par la révolution , se trouvaient au milieu de ieurs spoliateurs ; ils disposaient d'une armée victorieuse : e* pourtant les propriétés et les porpcnanes furent inspectées. Quelle noWe et puissante réftUatiea des calomnies qui servirent de prétexte à une révolte criminelle !

Immédiatement après l'affaire de Ste.-' Anne , l'armée royale s'avança sur Pioermel par Plaudren et Serrant ; son effectif était alors de douze cents hommes > non compris le bataillon Francheville qui , par le zèle et l'exemple de cet officier , prenait chaque jour un nouvel accroissement.

Le comte de Sol détacha quarante hommes du bataillon Galles , commandés par le Vigouroux, capitaine, de Baden, ancien officier des voltigeurs du général Georges, et les dirigea sur port Navalo , pour s'emparer des munitions renfermées dans le fort, afin d'en approvisionner l'armée qui avait épuisé les siennes.

Le premier combat qu elle avait si vaillamment soutenu, indiqua aux Bretons le point où ils pouvaient se rallier à l'éten-

£ard royal; ils accouraient en foule: ceux que le défaut d'armes empêchait d'admettre dans les rangs , en conservaient le

désir et l'espoir j chacun cherchait à servir le Roi, et la volonté en donnait les moyens. Le trait suivant peint le caractère des Bretons et le sentiment qui les animait. \ L'armée royale marchait sur Ploermel Pri,e

de Ploermel.

dans le moment de la foire qui s'y tient annuellement ; elle avait passé la nuit à Serrant, distant de deux lieues seulement de cette ville. Les généraux avouaient hautement le dessein d'entrer à Ploermel, et il était connu d'un grand nombre d'habitans des bourgs voisins, qui avaient traversé les cantonnemens de l'armée pour se rendre à la foire, où se trouvaient plus de six mille ames.

Là , des gens de tôtates les op iûiôds , et notamment lefc féâém dé ht viîlè, étaient

réiiûis. Un Seul mot pouvait contrarier

les projeté des loyalistes 1 . La discrétion dès paysans fut telle , qdë stir pkts de cîhc( cents persouties qùî étaient instruites, il ne s'ërt trouva pus une sèiflèd'indiscrète. Les hommes, les femmes , les enfàns même, par un sfentimenfrtrhanime, ne laissèrent échapper ni une parole > ni aucun signe qui les trahis : fottt observèrent le plus pro&ynd silencè thème envers •cetti dont les principes étalent conformes au* létà* ,' dans la craînteque Tèiprèssion involontaire de leur contentement, en éveillant fatterition , né donnât l'atar'irie à lennerfH. • ; ""■ •'-»•■>•■

Cette- prtidencé eut son effet; les rebelles surpris, ne furent informée de l'ar-

rivée àç Vannée royà$e, tpie parle bruit

dé la fôsîlïadé,-qtii s'engagea àu± portes

la tltlel ; - •

Lë Wve Latinefc, qui x'êli&i àteûiigùê

par son èbttf âge citons les'éiïiÊienntes guer*

rè8, pltfcé à Patëtft-gatfdè ,- s'aVdncè seul

sous les murs de Ploenôèti Reçoit tmé

déèbtfrgé à on*e f as , ée : ¥étéWrhe vers

ses s*>Wàts *tt tilt , sàtfs énttrtibn':' << Èti

« avant, camarades, l'ennemi pdfraît df&i

« po^é à se défendie z II dorifré? le jfre-

nriery ctftàpagnfe fe ëù?t ; trois £eif

siens sent blessés ? leS Frétons se 1 pre'éï'J

p4tè¥rf, onié 'rébelles son* mïsbors àé

Cëttiiki, k ^Mà\vtéé',^èé-pQ^ son*

enlevés , et bientôt le cri libérateur Aë

<t*Ht té-JWjHk&tïtàifàis ëèiie Viàé, ; où

*aguèrë «efei ^e ' fe teMfflorf feultdiî

anS sèHtiWiëqs ife ses> MBîtàft» fictèïes. :

orcupatirti Le a8, le comte de Sol se porta à

de Josselin» ^

Josselin. Là ,1e commandant de Francheville réunit à l'armée un bataillon de neuf cents Bretons : déjà ces braves avaient chargé l'ennemi à Noyalo , et lui avaient fait éprouver une perte de plusieurs hommes.

La jonction des forces décida le gé-* néral en chef à marcher au-devant de l'ennemi.

Le premier juin, l'armée royale revint sur Ploermel , et s'avança par Malestroit sur Redon, pour repousser un bataillon de rebelles sortis de Rennes, dans l'intention de fédérer le Morbihan.

Ce bataillon fut forcé de rentrer dans cette ville, sans avoir pu effectuer son - projet : rencontré dès ses premiers pas

par la légion Sécillon , il fut attaqué et défait.

Partout les royalistes recueillirent les secours vœtix et recurent l'appui des Bretons. A p ™ mîs p "

* 4 * 1 amiral

cette époque > MM. Renaud et Duhan- Hotham.

lay , riches propriétaires , qui donnèrent constamment des preuves de leur attachement à la cause légitime , bravant tous les dangers et la surveillance des gardescôtes, se rendirent auprès de l'amiral Hotham , pour cautionner de leur fortune les secours réclamés au nom de l'armée royale ; ils les obtinrent.

L'armée doubla les étapes et marcha Marche pendant neuf lieues sans s'arrêter pour de v *™&

snr Redon.

se rapprocher de la côte; elle traînait après elle ses blessés , qu'elle ne Voulait pas laisser à la merci des rebelles. Le temps était affreux; les chemins fangeux , II. il

même dans la belle saison , étaient alors presque impraticables : le trajet était long et pénible, et le dénuement des Bretons si grand, que la plupart manquaient* de souliers ; mais ils marchaient toujours, et rien ne lassait leur courage : enfin l'armée arriva , le 4 juin , sous les murs de Redon.

• Le comté de Sol donna Tordre au major Penhoët de s'emparer du faubourg Saint- Pîicolas et du pont d'Auquefer, et se disposa à attaquer la ville.

Gambert marcha en avant, culbuta l'ennemi , et fraya le chemin à l'armée.

Lainé , commandant de bataillon , entre sur ses pas ; un officier rebelle veut s'opposer à ses progrès , il le saisit ; une lutte corps à corps s'engage , l'officier

succombe , et Lainé rapporte à son chef

de légion (Joseph Cacloudal ) , Pépée de son adversaire.

On se bat dans les rues , les rebelles se replient sur la place, pour gagner la tour crénelée de l'église , qui joint l'hôtel-deville. Le comte de Sol apercevant ce mouvement, fait approcher ses divisions; la mêlée la plus vive s'engage, les royalistes cherchent les points J es plus rapprochés de la tour ; les fenêtres , les toits des habitations,^ faîte des édifices occupés, sont bientôt autant de postes avantageux aux Bretons.

Le combat devient des plus meurtriers.

MM. de Corson 3 de Breteché, Piogét, Hervieux et le Car, officiers de Tannée royale, se signalèrent particulièrement; ils furent tous blessés dans cette action.

Le jeune Guillemot, âgé de 17 ans,

se fit aussi remarquer par son courage :

il combattait auprès de son frère, et reçut

deux blessures , sans quitter le champ de bataille , où se distinguaient à l'envi huit braves de son nom.

L'ennemi pressé continua à se précipiter vers la tour , le passage qui y conduit est jonché de rebelles*, c'est là que l'intrépide Langourla, dernier rejeton d'une j ancienne et noble famille , fut atteint de deux balles, et expira sur les corps de plusieurs ennemis tombés sous ses coups.

Le petit nombre de rebelles qui pénétra dans .la tour, suffit pour la défendre * 5 les Bretons, dépourvus d'artillerie et de munitions, ne purent forcer cette.

forte position protégée par plusieurs pièces de canon,

* Buonaparte accorda k croix d'honneur à tous les officiers <iui avaient défendu ce poste.

Le général de Sol , maître du reste de la ville, l'occupa jusqu'au lendemain, 5 juin , et , ainsi qu'il l'avait résolu , se dirigea sur le point où devait s'opérer un débarquement.

L'armée royale passa l'Oût près de Peillac, s'arrêta un jour à Rochefort, et par Questembert se porta sur Muzillac , où elle arriva le 9.

Le général Rousseau, de concert avec le préfet du Morbihan , entretenait une police active; la surprise de Ploermei avait éveillé la vigilance des autorités rebelles ; les progrès des Bretons y l'accroissement de leur armée , le courage qu'ils avaient déployé dans les combats , faisaient craindre alors cette poignée de brigands que l'on avait «d'abord regardée comme si peu redoutable.

Combat de Muzillac.

Averti de la marche de Farinée royale sur la côte, le général Rousseau sortit de Vannes , dans la nuit du g au 10 juin , avec une nombreuse infanterie et des escadrons de grosse cavalerie : cette réunion de forces ayant pour but principal de s'opposer au débarquement projeté, il s'avança sur Muzillac»

Quelques cavaliers royaux, envoyés en reconnaissance , furent enveloppés par l'avant-garde ennemie.

Le général Rousseau profita de cet avantage , et tomba sur les postes avancés des royalistes.

Son attaque fut si prompte qu'elle eût pu faire éprouver le plus grand échec à l'armée royale. Mais le comte de Soi et le marquis de Laboissière avaient reconnu d'avance la position , et assigné à cha-

que corps les points qu'ils devaient occu* perea cas d'alerte.

Malgré l'attaque inattendue des rebelles (la seule de ce genre qu'aitéprouvée l'armée royale , dans toute la campagne de i8i5 ), Tordre et la discipline y étaient si bien observés , que chacun se trouvait sous les ^rmes quand l'ennemi se montra,

Joseph Cadoudal gardait la tête du pqnt de Penesclus; le générai Rousseau tenta vainement d'en forcer le passage.

Après des efforts répétés , il disposa ses tirailleurs dans les jardins qui couvrent la rive droite, et protégé par leur feu, chercha , pour traverser la rivière , un endroit guéable dans le marais*

Repoussé encore sur ce point par les bataillons le Thiez et Margadel, qui gar-

nissaient les hauteurs du coteau opposé , le général Rousseau fit placer son artillerie à mi-côte , et la pointa sur la crête

du coteau occupé par les Bretons.

H réussit alors à faire passer une colonne sur le pont d un moulin.

Cette colonne gravit la montagne, et la fusillade la plus vive s'engagea; elle se soutint long-temps , mais le feu des royalistes s'éteignait par degrés, faute de munitions : les habitans de Muzillac, atten-

tifs au combat , s'en aperçurent ; alors les femmes se mirent à fondre leurs couverts, leurs plats d'étain, tous leurs ustensiles de ménage; elles en firent des balles , et pendant la durée de Faction , ne cessèrent d'en porter sur les points les plus menacés. Ce secours ranima le feu des Bretons. La division le Thiez résistait

avec opiniâtreté, quoique avec désavantage. '

Un paysan qui combattait pour la première fois , chargé par deux voltigeurs, fuyait devant eux. Le chevalier de Margadel l'aperçoit , arme son fusil ,.

couché en joue les deux soldats, les tue de ses deux coups , et se retournant alors froidement vers le fuyard : « c'est ainsi « lui dit -il, qu'on reçoit l'ennemi. »

Le paysan rassuré par cette action, retourne au feu, et se bat à merveilles.

Dans ce moment , le bataillon de Margadel, dont les élèves du collège royal de Vannes formaient la première compagnie, appuie la division le Thiez, et déborde les rebelles. Cette attaqiie contraignit l'ennemi à prendre la défensive.

La. confusion se met dans ses rangs; il

plie , et repasse en hâte la rivière ; les Bretons s'y précipitent après lui. Rien ne saurait donner une ide'e de la bravoure de cette jeunesse ardente ; sous le feu des canons, dans Feau jusqu'à la poitrine, élevant leurs fusils au-dessus de leurs têtes, ces braves continuent à faire sur Vennemi un feu roulant.

Déroute Bretons et rebelles abordent ensem-

de l'enuenii»

ble sur Vautre rive; le jeune Nicolas, capitaine de ces intrépides élèves, reçoit la mort en s'élançantun des premiers sur le rivage ; deux de ses compagnons Lethiec et Questel tombent à ses côtés * , et bientôt après, MM. de Guerri , officier distingué , et le brave Thomas, fils d'un chef de paroisse, eurent le même sort. Ce dernier

* Le Roi, par son ordonnance du 2 7 juin 1816, a répandu ses bienfaits sur les familles de ces braves élèves.

fut trouvé étendu sur la terre, tenant entre ses dents sa cartouche qu'il déchirait, au moment où il reçut le coup fatal.

Vivement poursuivis, les rebelles fuient en désordre ; leur général cherche à les.

rallier, et veut passer un gué ; il y trouve le commandant Galles, une action s'engage. Cet officier , quoique blessé , reste à la tête de son bataillon , et repousse l'ennemi.

Forcé sur tout les points, le général Rousseau veut opérer sa retraite, mais elle lui est coupée par Gambert, qui l'attendait sur le revers de la route de Berric.

Le fils de Gambert, âgé de seize ans, placé en avant dans la plaine , se trouvait à cinquante pas des rebelles; son père lui ordonne d'essuyer leur feu, sans riposter, afin de ménager ses cartouches ; de

laisser approcher l'ennemi à cinq pas, de tirer alors , et de fondre ensuite à la baïonette.

Ce jeune homme courageux exécute cet ordre avec sang froid et précision ; il attend l'ennemi, tire à cinq pas, se précipite et démonte deux cavaliers.

Les paysans, transportés d'admiration , le proclament leur capitaine.

Non loin de là , le brave Gambert répétait à son bataillon l'ordre qu'il avait donné à son fils.

Ce bataillon soutint, sans se laisser entamer, une charge de cavalerie des plus vigoureuses, dans laquelle les rebelles eurent trente hommes mis hors de combat , et vingt chevaux tués.

Les Bretons, maîtres du champ de bataille , repoussèrent l'ennemi jusqu'au

bourg de Tbeix. Dans ce moment, de Francheville, à la tête de son bataillon , déboucha sur l'ennemi, et arriva assez à temps pour partager la gloire de ses compagnons d'armes.

Un nouveau combat s'engage sur ce point; la route est bientôt couverte de morts et de blessés. Dans cette journée, dix officiers de l'armée rebelle furent faits prisonniers; la colonne ennemie aurait été entièrement détruite, si les royalistes l'avaient poursuivie; mais leur but était de se porter sur le point du débarquement , et cette poursuite les en eût éloignés.

La victoire que remportèrent les Bretons fut complète ; elle leur donnait plus de facilité de s'approcher de la côte, pour recevoir les secours attendus.

Cet avantage était précieux pour Far-»

inée royale, dont les munitions se trouvaient entièrement épuisées, jonction Le .comte de Sol s'avança sur la division Roche-Bernard, où la division du comte , c r ,in de Coislin devait se réunir à lui. Déjà

a l'armée '

royale. ce tt e division avait affranchi soixantedix communes , et soutenu un engagement des plus vifs sur la lisière des bois de Quessillac , où , après avoir mis cinquante rebelles hors de combat , elle était restée maîtresse du champ de bataille.

Dans cette action , le comte de Coislin , en recevant le premier feu de l'ennemi, donna l'exemple d'une brillante valeur.

Richard Provengères, commandant la cavalerie, le comte de Chevigné, Lesquen , de Courson , Lescly, le vicomte

de Soussai et Fleur - d'épine # se distinguèrent particulièrement. Ces deux derniers furent blessés en combattant à la tête de leurs bataillons.

Huit cents hommes partis de Nantes se dirigèrent sur les derrières de la division Coislin, sans pouvoir arrêter sa marche.

Questembert était occupé par une colonne rebelle qui s'était grossie de la garnison de Vannes.

L'armée royale se trouvait placée entre ces deux corps; néanmoins sa bonne contenance imposa à l'ennemi, et le débarquement, protégé sur la rive gauche de la Vilaine, par la division Coislin , et sur la droite , par le général de Sol, s'effectua le n juin, à Foleux.

Débarque- Les Bretons reçurent trois mille fu-

ment de

mnnitions sils , neuf cent mille cartouches, et deux à Poicux. pièces de canons., Ainsi approvisionnée, l'armée royale se dirigea sur Roche-

fort, où elle arriva après deux jours de marche , pendant lesquels elle eut à sou-»

tenir plusieurs engagemens.

Quoique barrasses par une longue route, et la privation de tout repos, les Bretons oubliaient leurs fatigues en acquérant de nouveaux moyens de servir le Roi.

Le i4, les vedettes signalèrent une colonne ennemie au moulin de Letrehec, distant d'une lieue de Rocbefort*

Le Comte de Sol marcha de front sur cette colonne. Le commandant de Francheville eut ordre de se porter sur

son flanc, tandis que le chevalier de Sécillon attaquerait ses derrières.

Ces dispositions rendaient inévitable la défaite des rebelles.

Le général Rousseau, redoutant un engagement , rentra , précipitamment à Vannes, après une légère escarmouche qui eut lieu seulement entre les éclaireurs. #

Le comte de Coislin repassa la Vilaine à Foleux, et rentra dans ses cantonnemens , pour y faire la distribution d'une partie des objets débarqués.

L'accroissement de l'armée royale, Reunion

des corps

celui qu'elle allait acquérir par de nou- ennemis veaux débarquemens , sollicités tour à MorMhiii. tour, en Angleterre, et dès le mois d'avril , par MM. de Laboissière, le Ridant , Brèche et Louis Cadoudal , fit sentir au

lieutenant-général Bigarré, commandant, au nom de Buonaparte, la i3 me division militaire, la nécessité d'augmenter encore ses forces ; il fit avancer de Brest sur le Morbihan, des bataillons de canonniers de la marine et des matelots , organisés

en colonnes mobiles. Il donna Tordre aux régimens qui se trouvaient à Nantes , aqx marins* en dépôt à Lorient, ainsi qu'aux troupes disponibles, cantonnées à Rennes , de se porter sur Ploermel , e% de s'y concentrer, le 18 , avec les garnisons de Vannes J de Pontivy, et les escadrons de libéraux actifs ou fédérés.

L'armée royale, campée au château de Serrant, occupée du soin important de diviser les objets débarqués à Foleux, et de les mettre ainsi à l'abri de toute surprise, ne put s'opposer à

ta jonction des différens corps ennemis.

Le comte de Sol fit marcher l'armée par Plaudren sur Auray.

Le lieutenant-général Bigarré combina sur ce point une attaque de quatre corps à la fois.

Le premier, qu'il commandait en per- Bataiii©

d'Auray.

sonne, marchait de Ploermel sur Grand- Champ ; le second , de Pontivy, par la Motte et Pluvigner ; le troisième , de Lorient, par Landevant;et le quatrième, de Vannes > par Pontsal.

L'armée royale, placée entre la mer et quatre routes occupées par des corps ennemis, devait nécessairement recevoir ou livrer un combat. Le comte de Sol n'hésita pas ; il donna l'ordre, le 20 juin, au bataillon de voltigeurs, commandé par Louis et Alexandre Dubot,

de se porter sur Sainte-Anne, où Ton avait signalé l'arrivée d'une première colonne ennemie.

Pendant ce temps, Joseph Cadoudal, avec une compagnie de tirailleurs, se porta en avant, et harcela l'ennemi toute la nuit.

Le lendemain 2 1 , l'armée rebelle gagna le pont de Breck, pour tourner la position d'Auray.

Le pont de Breck était gardé par le Thiez et Guillemot, qui n'avaient qu'une partie de leur légion, et se trouvaient tellement inférieurs en nombre , que malgré la courageuse résistance qu'ils opposèrent à l'ennemi, ils ne purent s'y maintenir; ils se battaient en se repliant avec ordre.

Le bataillon Dagorn soutint le premier choc; ce brave chef, ferme à son

poste, fut tué en défendant la tête du pont. A ses côtés , un paysan du bourg de Biibry, tomba percé de vingt -trois coups ; laissé pour mort , il se traîna pendant Faction, se cacha parmi les corps restés sur le champ de bataille, et parvint la nuit à se sauver *.

Les divisions engagées se rallièrent au bataillon Francheville , qui attendait l'ennemi au débouché du bourg. Les légions Cadoudal et de Sécillon , les bataillons Gambert et Galles étaient rangés en bataille sur la lande de Poublaie. .

La totalité des corps royaux n'était pas de seize cents hommes. Les forces de l'ennemi étaient de trois mille,

* Ce brave paysan rejoignit sa légion trois semaines plus tard, et s'est signalé dans tous les combats qui se sont succédés.

appuyés par de la cavalerie et dès pièces d'artillerie.

Ces ressources manquaient aux Bretons ; cette circonstance détermina le générai de Sol à faire retrancher son armée derrière les fossés et les haies qui bordent cette lande.

Ce mouvement fait croire aux rebelles que les royalistes fuient ; ils s'avancent.

Joseph Cadoudal se montre seul sur la lande , à trente pas en avant de sa légion, qui étoit repliée dans un fossé : cinquante . cavaliers courent sur lui et le chargent ; Cadoudal les entraîne sur ses pas jusque sur le bord du fossé , le saute , et se trouve au milieu des siens.

Ils se lèvent tous , et montrent aux cavaliers ébahis uue division entière servant de rempart à son chef.

Le plus grand nombre de ces cavaliers est tué j ceux qui échappent au feu des Bretons , fuient en désordre.

. L armés ennemie s'ébranle , une partie des bataillons royaux donne.

L'intrépide du Gouédic , dont la bravoure téméraire néglige toute précaution, armé d'un simple bâton, s'élance au milieu des baïonnettes , et reçoit la mort qu'il affronta si souvent. Le succès se balance; tour- à -tour chaque parti semble prêt à l'emporter.

La mêlée devient si meurtrière, que les généraux des deux armées donnent à la fois l'ordre de la retraite.

Dans la chaleur de l'action , cet ordre ne fut pas entendu d une partie des rebelles. Un corps s'avance sur le poste que les Bretons s'étaient choisir. Le géné-

rai Bigarré s'y porta alors avec toutes ses forces , mais il ne put le forcer. Il ordonna une charge de cavalerie.

A demi - portée , les Bretons dirigent un feu si bien nourri, qu'il ne resta que quatre hommes du premier escadron.

Le général Bigarré; furieux de cette perte, fait marcher l'infanterie en bataillon serré, lui ordonne d'avancer à trente pas des Bretons , sans tirer un seul coup.

Pendant ce mouvement, qui s'exécute avec précision , le feu des royalistes fait de grands ravages dans les rangs ennemis.

Parvenue au point désigné, l'infanterie rebelle se déploie , et fait un feu soutenu ; les Bretons ripostent. Les haies et les fossés qui les couvrent , les garantis-

sent , tandis qu'aucun de leurs coups ne porte à faux.

Le général Bigarré, en parcourant les rangs , est grièvement blessé , ainsi que ses deux aides de camp. Ses troupes, étonnées , plient ; elles faisaient un mouvement rétrograde, lorsque leurs officiers, indignés, les rallient, et leur faisant honte de céder à un nombre inférieur , les ramènent à la charge.

La fusillade recommence avec une nouvelle vigueur; on se bat avec acharnement; les Bretons redoublent d'efforts.

À chaque poste, les commandans de paroisses donnent et reçoivent les premiers coups.

L'un d'eux (Bido), dont le père avait combattu à Quiberon , exalté par ce souvenir, traverse les rangs ennemis; at- 4

teint de trois balles et de neuf coups de baïonettes , il combat toujours , refuse de se rendre , et n'abandonne qu'avec la vie la volonté de vaincre.

Ce sentiment était celui de la majorité des soldats royaux. Us résistaient avec intrépidité, lorsque, dans ce moment décisif, les cartouches manquent.

L'ennemi dut à cet incident ce qu'il n'avait pu obtenir de la supériorité du nombre. Les Bretons plient à leur tour; ils sont soutenus , dans leur retraite , par le bataillon Gambert , et par les légions Sécillon et Gadoudal , placées sur les hauteurs qui dominent le champ de bataille.

Les royalistes gagnent la position de la Chartreuse, défendue par le chevalier de Margadel, à la tête de son bataillon.

La vigueur de l'attaque, celle de la

défense , animaient également les deux partis ; on se battait depuis trois heures du matin -, sans qu'aucun des combattans sentît le besoin du repos.

Cette fois encore, les deux armées paraissaient tour à tour prêtes à saisir la victoire , Tune par le nombre , l'autre par l'intrépidité, et toutes deux par une égale résolution de triompher.

L'ennemi s'avance au pas de charge , sous le feu de la mousqueterie , serre ses rangs à chaque vide, gagne du terrain, et malgré la perte qu il éprouve , deux fois plus nombreux encore, il emporte la position.

Plusieurs braves périrent à cette place.

Rio , ancien soldat breton , qui comptait, par ses blessures > les nombreux combats des premières guerres de la Bretagne,

reçut plusieurs coups de baïonette; ils attestèrent encore, dans cette journée, sa présence et son courage au champ d'honneur , et remplirent le vœu de ce guerrier, qui , en reprenant les armes , en i8i5, s'écriait : « Je ne demande, pour « toute récompense , que l'honneur de « mourir sur une lande, en servant mon « Roi. »

Les Bretons , résolus de vendre cher à l'ennemi l'avantage passager qu'il venait d'obtenir, se replièrent sur Auray.

Le commandant de Francheville, placé, avec deux cent cinquante hommes, à l'entrée de la ville , soutint la retraite de l'armée, et arrêta l'ennemi pendant une demi-heure.

Cet officier déploya, dans ce poste périlleux , le talent et le courage dont il

n'a cessé de donner des preuves pendant tout le cours de la campagne.

La nécessité de couvrir le faubourg du Lok, obligea le comte de Sol à dégarnir la droite de son armée.

L'infériorité de ses forces ne lui permettant pas de garder tout les points à la fois , l'ennemi en profita pour pénétrer dans la ville.

Cette manœuvre coupa l'armée royale, dont une partie était déjà passée au pont de Saint-Constaqf;. Dans ce moment, le bruit de la mort de Joseph Cadoudal se répandit ; les rebelles l'accréditèrent à dessein. Cette nouvelle était fausse ; mais le jeune Boussi (d'Auray ) , saisi de désespoir, se précipita sur le pont, et s'offrant seul aux coups de l'ennemi ,

s'écria : « Puisque mon colonel est mort, « frappez. «

On ne respecta ni son courage ni sa douleur ; il tomba percé de mille coups , et périt, dans la fleur de la jeunesse, victime de son erreur.

Les rebelles tentèrent en vain de forcer le passage du pont de Saint-Constant; les Bretons le défendaient avec intrépidité; et tandis qu'un combat opiniâtre se soutenait sur ce point, le général de Sol donna Tordre d'attaquer la ville , en la tournant , et en' marchant sur la même route que l'ennemi avait parcourue.

Ce mouvement s'exécuta; le commandant de Francbeville traversa la rivière au pont de Tréauret , et réuni alors au commandant Galles , tous deux à la tête de leurs bataillons, s'avancent sur Auray .

. Retranché dans la partie basse de la ville , le chevalier de Margadel s y défendait avec une bravoure remarquable. Il avait reçu deux blessures, et s'y maintenait toujours.

Les Bretons reviennent à la charge; alternativement maîtres et repoussés de plusieurs rues, les combattans se les disputent pied à pied. De Langle , officier distingué , dont les deux frères avaient perdu la vie au service du Roi , fut tué en luttant corps à corps avec un grenadier rebelle.

La perte d'un de leurs chefs ajoutait encore à l'ardeur naturelle des Bretons; l'ennemi s'en ressentit, et s'en vengea par des cruautés. ' *

Un vieillard d'Auray , âgé de quatre- Cruauté

j. r . -i ..de l'ennemi.

vingt-aix ans, tut massacre dans son lit;

il employait le reste de ses •forces à faire des vœux pour le succès des royalistes :

on l'entendit, et des barbares terminèrent, par un lâche assassinat, ses jours vertueux que le temps avait respectés.

Une femme, effrayée de cette atrocité, courut au-devant des bataillons de fédérés , et crut se sauver en criant Vive l'empereur; sans l'écouter, ils tirent sur elle , persuadés qu'il ne pouvait sortir de la bouche d'uohabiUp.d Auray.quW cri d'amour pour les Bourbons. 4

De malheureux royalistes, dont l'opinion s'était plus énergiquement prononcée , furent saisis et attachés à des trains d'artillerie. Ainsi, par un raffinement inhumain , on voulait les faire servir d'instrument à la perte des leurs.

Ces horreurs , en indignant les Bre-

Retraite de l'armée

tons , les rendaient plus terribles ; ils faisaient des prodiges de valeur qui ranimaient leur espoir. Le combat durait depuis douze heures ; quand on signala une nouvelle colonne, venant de Vannes, au secours de l'ennemi.

- Le comte de Sol qui allait se trouver

, — de l'armé

attaque sur ses derrières par des troupes iwicne fraîches, donna Tordre à son armée de ' 8 r t . PiUm "* se replier sur Plumergat. ' ■ Un des officiers supérieurs ( de Molien) qui soutenaient la retraite , attaqué seul au débouché d'une rue par un sergent ennemi, évite le coup, l'ajuste et le manque à son tour. Eh rechargeant , son pied porte à faux , il tombe, dix soldats s'élancent sur lui.... Parvenu à se relever , il se dispose à vendre chèrement sa vie, ' *<

Sa sœur , attirée à une fenêtre par le son de sa voix, fre'mit de son danger, et supplie en vain ces soldats d'épargner son frère qui , épuisé par ses blessures , allait succomber.

Ses prières , perdues pour ces furieux , sont heureusement entendues d'un officier de l'armée ennemie. U s'approche, et pénétré d'admiration , à la vue de la bravoure de l'intrépide de Molien , l'arrache à ses soldats, et lui sauve la vie, en le faisant son prisonnier.

Le courage , n'était pas donné seulement aux guerriers qui avaient combattu ; il se montrait dans toutes les

classes et dans toutes les professions.

Les ministres des autels exerçaient leurs fonctions dans ce qu'elles ont de plus touchant; leurs soins s'étendaient

à tous indistinctement. Sur un lit de souffrance, la charité ne distingue plus d'ennemis.

Le vénérable curé d'Auray (Deshays), après la prise de cette ville, écrivit au général Rousseau, et lui demanda la per-f mission d'exercer son ministère. Ce général accompagna son consentement de la menace de mettre la ville à feu et à sang, s'il arrivait malheur à ses blessés.

Le curé répondit, courageusement:

« que la religion ordonnant de secourir « ses ennemis, ses soldats Savaient que.

« de bons offices à attendre de ses minis- « très.

Quoique maître d'Auray, les rebelles ne purent se regarder comme vainqueurs*

Leur perte , dans cette journée, fut triple de celle des Bretons.

Les hôpitaux regorgeaient de leurs blesses, et les routes étaient couvertes de fourgons qui les y transportaient.

Précédé de ce triste appareil, le général

en chef Bigarré fut ramené presque mourant à Vannes.

L'entrée de l'armée ennemie dans cette ville eut plutôt l'aspect dune pompe funèbre , que l'appareil d'un triomphe, propositions Aussi, immédiatement après l'occuepa x * pation d'Auray, les autorités rebelles cherchèrent -elles à entamer des négociations tendantes à pacifier la Bretagne , et ne négligèrent -elles aucun moyen pour y amener le comte de Sol , qu'elles crurent entraîner, en lui citant l'exemple de quelques généraux, dont les services ne permettaient pas de suspecter les intentions.

Toiltfcs les propositions furent réjetée!? Repome

du comte

avec noblesse et fermeté par le comte de soi. de Sol : « dites à ceux qui tous: envoiehty (répondit ce géùéral aux parlementaires ) > cf qu'ils trouveront dans ma car*-* « touche les bases de ndtte! traité; » .

L'attitude de l'armée royale dévériait situation

# . de l'arroci

imposante , l'issue de la bataille d' Auray royale, eut rin avatftage réel pûùr les Bretons. : '

Tandis qtie les forces rebelles s'étaient réunies sur ce point dans les départémëns cirCon voisins/ les royalistes en avaient profité pour mobilijser leurs: légions.

De tous côté* ils redoublaient de flèle, et assuraient à l'armée royale \ek moyens de repreàçlre l'offensive.! ;

Le Morbihan était lé cèntrê au ve* Baient aboutir les efforts de toute: ht Bretagne, Des combats jrair&els dvsriçirty

dans diverses contrées, constaté la présence des bataillons royaux que plusieurs débarquemens avaient mis en état d'agir.

La jonction générale des diverses légions pouvait fournir dès ce moment une armée formidable •

' Eh ! que ne devait *on pas atteiidre de Funiondeced phalanges , d après ce que le courageux dévoueme&t de quelques Chefs leur avait fait opérer séparément !

Indépendamment de ceux qui sont déjà connus , plusieurs exemples s'of-

frirent à l'admiration.

Légions On vit le comte de Côrnouailles se TanV'îe j eter seu l dans le département du Fi- Fmistere. n i st è r e, enrôler trois paysans, les armer comme lui de fusils de chasse, et avec cé faible secours soumettre une brigade de gendarmerie, surprendre un village,

réunir les habilans à ses premiers compagnons , et par des succès gradués , porter sa légion à trois mille hommes.

Non loin de là , et sur les limites de ce département, on reconnut le même sentiment à un semblable résultat.

Le brave Coroller , avec autant de dangers et aussi peu de ressources, parvint à compléter une excellente légion.

Dans Ille-et-Vilaine, Pillet (simple la- sam/ires

des chefs de

boureur) , vendit son champ nourricier , iwiTtc-

■î -I • i • • tion dans

et, du produit de son patrimoine , arma u, e . eN les paysans, dont le dénuement eût, sans vi,aine ce secours , paralysé le zèle.

Ceux qui par leur naissance et leur fortune, avaient sur lui tant d'autres avantages, lui envièrent celui d'aVoir donné ce généreux exemple , et s'hono-

rèrent de le suivre.

Le courage inné chez les Bretons , lextr

faisait saisir avec avidité les occasions de se montrer : de tous côtés les royalistes se

signalaient par quelles traits particuliers.

Heurtel , et les lieutenans Kiamo et de Thoury, s'élancer sur les flots dans de frèles nacelles, et braver un trépas presque certain , pour s'emparer du fort Lalatte.

Cette entreprise hardie excita l'admiration de la flotte anglaise , qui ne put les secourir , et força même celle de l'ennemi.

Le général Fabre envoya des troupes pour reprendre ce fort : ces intrépides jeunes gens s'y défendirent vaillamment, et voulaient périr plutôt que de se rendre.

L'un d'eux fut arrêté frappant la'pierfe de son fusil, et cherchant à en faire jaillir

Pris© du fort kalatte.

les étincelles sur des barils de poudre pour faire sauter le fort.

Accablés sous le nombre ils furent faits

prisonniers , à l'exception de leur capitaine Heurtel , qui peu de temps après , vint délivrer ses compagnons.

De son côté ; le comte de Courson, Affaires

partielles

avait agi efficacement, dansic*

T /» 1» vi y C6tes-dtt-

Laconiiance et l estime quil s acquit NonL dans la guerre de 1799, aidèrent puissamment ses efforts en ï8i5, il s'adjoignit vingt officiers, ses anciens compas gnons d'armes, parmi lesquels on comptait MM. de Pont-Briand, Couttia, Dubourn de Préval et de Lourmel \ par leurs soins, une légion non moins valeureuse que fidèle , se .forma dans le département des Côtes-du-Nord.

Comme les autres bataillons royaux ,

cette légion eut à lutter contre les obstacles que lui opposèrent les troupes de ligne et les colonnes mobiles; elle réussit néanmoins à protéger plusieurs débarquemens si utiles au succès de leurs armes.

Le village de Lamalout , près de Lambaie, fut témoin du premier engagement qu'eut à soutenir le comte de Courson, et du premier avantage qu'il remporta.

Les fureurs qu'exerçaient les fédérés dans ces contrées , se trouvaient réprimées partout où les royalistes étaient en force.

Plestin fut affranchi de ces hordes

impies qui excitaient le scandale de ses vertueux habitans , par la profanation des

temples saints.

L'un de ces fédérés, nommé Gaigneux, dont le frère avait été tué en combattant

contre l'armée royale, jura de s'en venger sur le premier royaliste qui s'offrirait à ses regards: il sortait toujours armé d'un poignard... Il le plongea dans le sein d'un malheureux que son état d'infirmité rendait l'objet de la charité publique.

A Guemenée, les royalistes eurent une nouvelle occasion de donner une preuve de leur bravoure; M. de Couttia s'y distingua et fut blessé, mais il vit fuir l'ennemi.

Poursuivis jusque sous les murs de Saint-Brieux, les fédérés ne purent opérer leur jonction avec l'armée rebelle.

Comme dans les autres parties de la Bretagne , la présence des royalistes dans les Côtes-du-Nord, paralysa les ressources de l'usurpateur : aucune levée d'hommes ne put s'effectuer ; les jeunes gens refusaient de marcher , et préféraient les

cachots au malheur de servir èontre le Roi .

Ne pouvant vaincre la légion royale des Côtes - du - Nord , on essaya de la gagner par des propositions d'amnistie; mais fidèles aux principes de leur général en chef, les Bretons qui la composaient , répondirent par l'organe de leur commandant :

« Que l'amnistie était faite pour les « coupables qui seuls en avaient besoin. ».

Bientôt la soumission des rebelles plaça la force militaire des Côtes-du-Nord, sous le commandement du comte de Courson, et le département cessa d'être compridié.

options C'est ainsi que cette légion belliqueuse

•MieTrifes P a ^ a son con ^ D S eat ^ e succès à Far- <* e ia mée royale do. Morbihan.

Vilaine*

Le comte de Coislin avait aussi fourni

le sien sur les rives de la Vilaine. Sa mar-

( ao5 )

che ne s'était pas ralentie : Pont-Château lui dut sa délivrance.

Les rebelles après avoir rançonné la ville , Tévacuèrent à son approche. Sa légion, réunie à celles de Cœur^de-Lion et dû comte dè la Roche-Thierry, s'était portée au passage des Roches sur la Vilaine, et après y avoir protégé un nouveau débarquement s'était avancée sur Guérande.

L'ennemi retranché dans cette ville , à Attaque

# deGuéraad©.

labn de ses tours formant bastions, et des fossés profonds qui l'entourent, était encore défendu par de l'artillerie.

Cependant le comte de Coislin , n'hésita pas d'ordonner l'attaque de la ville.

Les efforts des royalistes se dirigèrçnt sur la porte principale du Château et sur celle du Croisic.

( so6 )

Deux pièces de canon furent disposées de manière à soutenir les assaillans.

On se battait depuis six heures, quand le commandant de Lesquen s'avança à la tête de quelques braves, et saississant une hache en frappa la porte à coups redoublés : il commençait à faire brèche, lorsque l'ennemi fit écrouler la partie supérieure d'un mur ; deux sousofficiers furent écrasés à côté du commandant de Lesquen , qui reçut lui-même une blessure grave.

L'action devint alors plus vive, officiers et soldats royaux se mirent en tirailleurs ; le vicomte de Soussai , Lemaître et de Courson furent blessés en cherchant les points les plus favorables à l'escalade.

Lemaigneau et Biosiat reçurent deux coups de feu j et dans le même moment, un

vi^ux militaire du bataillon de Lesquen qui avait.perdu une jambe dans la guerre de 1799, eut l'autre emportée; il s'écria gaiement: «Je marcherai droit maintenant.» Quelques minutes après il expira...

La vigueur de l'attaque , aidée du moindre secours intérieur, eût décidé la reddition de la ville.

Déjà les habitans s'apprêtaient à opérer un mouvement , quand les officiers rebelles firent publier Tordre démettre le feu aux maisons des premiers qui se prononceraient pour les royalistes : cette menace n'eut pas retenu les habitans ; mais pour prévenir de funestes résultats, et par le désir de ménager la ville, le comte de Coislin leva le siège et se rapprocha du centre de l'armée royale.

Le colonel Berthier et plusieurs offi-

ciers de la maison du Roi , envoyés de Gand, se réunirent aux Bretons, pour partager leur gloire et leur danger.

Accroisse- L e comte de Sol secondé par tant d'ef-

ment «Te

rarmce forts , etque deux débarquemens suo ,OJR,e * cessifs avaient mis à même d'armer un plus grand nombre de bras , av.ai t porté à

quinze mille homrae$ l'effectif de ses

forces.

Ce n'étainpas seulement ceux qui par leur rang et leur fortune défendaient leur existence civile et politique en servant là cause de la monarchie , qui coururent aux armes. De simples laboureurs , destinés à une vie obscure et paisible quittaient leurs foyers ; vendaient leur modeste héritage et se vouaient aux dangers , non pour relever une origine illustrée par de nobles aïeux ; mais

pour combattre et mourir pour le Roi , ignorés mais fidèles.

Tels sont ces Bretons , toujours prêts n^he à marcher à la voix de l'honneur. Le ^paVîTs™ comte de Sol- leur offrit de nouveau le Bretou8 ' péril et la gloire , ils se pressèrent sous sa bannière. Ce général était digne de les guider, et les Bretons se montrèrent dignes de le suivre. Avec leur concours, il reprit l'offensive , battit l'ennemi à Plescop, et le resserra dans les places de Vannes , Lorient et Pontivy.

La rentrée du Roi dans sa capitale , n'avait pas mis un terme aux prétentions des rebelles, dont l'opiniâtre persévérance j forçait les royalistes à conserver une attitude hostile.

Les généraux ennemis se tinrent en observation pendant quelques jours encore.

soumission j jes f ac ^ €UX renonçaient avec peine à

des rebelles. 1

l'espoir dont Buonaparte avait flatté leur trahison; ils cherchaient à prolonger une

guerre désastreuse , en répandant le dou-

te sur Theureuse restauration dont la nouvelle comblait les vœux des amis du trône et de la patrie, et faisait succéder l'alégresse au deuil <jui couvrait la France.

Mais enfin la résistance des rebelles céda à là constance des Bretons, et la force des événemens leur apprit qu'il ne leur restait plus qu'à se soumettre.

Retour Un Te Deum en action de grâces fut de 1 ordre et solennellement à Van nés : le tem-

de In paix. '

pie du Seigneur offrit alors le spectacle le plus imposant, celui de deux armées, l'une constamment fidèle , l'autre entraînée dans la rébellion, s'inclinant devant

un Dieu de paix , et reconnaissant une puissance au-dessus de celle des armes.

Le dernier soupir de la révolte s'exhala dans des vœux unanimes pour les fils de Saint Louis , soit que ces vœux fussent le cri du cœur ou la voix du repentir.

SOMMAIRE

Invluencb du doc d'Aumont en Normandie. — Caractère des Normands. — Dispositions infructueuses .pour supposer h l'invasion de la FrarJfce par Buonaparte. — Moyens préparés par le duc d'Aumont, avant de quitter son gouvernement. — Passage du duc d'Aumont en Angleterre. — Intelligences entretenues entre la Normandie et les Etats Britanniques. — Efforts des chefs royalistes pour rallier les Normands. — Ordres du Roi , au duc d'Aumont. — Départ du duc , de Portsrnouth. — Arrivée à Jersey d'un détachement de la maison du Roi. — Formation de l'armée royale de Normandie. — Délégués dirigés sur les côtes delà Manche.

— Réunion de l'armée à Grouville.— Bénédiction du drapeau donué par S. A. R. Madame. — Embarquement. — Dispositions hostiles des rebelles sur les côtes. — Transports d'alégresse des royalistes à la vu» de la France. — Dangers que courut la flotte. — Dispositions habiles du duc d'Aumont.

— Débarquement à Arromauches. — Prise des canons qui défendaient ce fort. — Marche du duc d'Aumont surBayeux. «-Réunion des forces ennemies commandées par le général Vedel. — Envoi successif de parlementaires à Baveux. — Esprit des habitai**. — Entrée du duc d'Aumont à Bayeux*

— Attitudes des armées. — Surprise et arrestation de sept officiers de l'armée royale. — ^ Ruse militaire. — - Traité violé par les rebelles. — Ensemble d'opérations des chefs de l'insurrection. — Accroissement de l'armée Toyafe. — Conditions imposées aux rebelles. — Affranchissement de la Normandie.

ARMÉE ROYALE

DE

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