MEMBRANE PROPRE
de fibrilles conjonctives enlrecroisées, extrêmement fines, en continuité avec celles du tissu conjonctif lâche interalvéolaire. Elle ne contient nicellulesni noyaux, et n’envoie point de prolongements dans l’intérieur de l’alvéole, mais sa surface interne est tapissée par une couche incomplète de cellules anastomosées (cellules en coin, Keilzellen), s’avançant, en envoyant des prolongements aplatis entre les cellules sécrétantes, et s’unissant aux centro-acineuses. Les cellules en coin ont une existence réelle, mais nous croyons avoir montré, chez les Ophidiens particulièrement (1902-c), que ces éléments appartiennent à l’épithélium, font partie intégrante des centro-acineuses (ou, pour employer un terme plus large, des cellules canalisantes), et n’ont par conséquent avec la membrane propre que des rapports de contiguïté. Certains réactifs, comme l’alcool, causent une assez forte réaction de l’épithélium, qui dans son retrait, cellules en coin comprises, se décolle delà propria. Klein (1882) voit simplement la membrane propre formée par un réticulum de cellules plates doublé par des capillaires et quelques délicats faisceaux conjonctifs.
Récemment, plusieurs auteurs ont retrouvé les formations fibrillaires décrites par Podwyssotski.
Boehm et Davidoff (1896) y voient les analogues de leurs « Gitterfasern » du foie, et admettent en dedans une autre pellicule plus fine, homogène.
Dans le rein, F. -B. Mall avait, dès 1891, soutenu que tout le tissu interstitiel, membrane propre comprise, est fibrillaire, observation confirmée par Rühle {Archives de His., 1897) et par Disse {Sitzungb. der Gesell. zur Bef. derges. lyaturwiss. zu Marbarg, 1898), ce dernier admettant que les fibrilles sont unies par une substance amorphe cimentante, soluble par la pancréatine. F. -B. Mall(i9oi), revenant sur ce sujet, trouve maintenant dans le rein une double membrane ; en dedans une « vraie basale », amorphe, complètement détruite par la digestion pancréatique, mais résistant à la potasse et à l’acide chlorhydrique dilués, de réactions voisines par conséquent del’élastine ; — en dehors une membrane formée de fines fibrilles anastomosées, la plupart transversales, résistant à la digestion pancréatique (membrane réticulée).
Son élève Flint (1902), partant de là, divise les membranes basales en membranes homogènes et membranes réliculées. Les secondes seules seraient constantes. Il les retrouve dans les glandes salivaires , et suit leur développement chez l’embryon de Porc (sous-maxillaire), aux dépens du mésenchyme primitif. Elles seraient constituées par la
ogo
MEMHRA?(E PHOPHE
Double membrane de Rbnaut.
Opinions
j)crsonnelIcs.
Développement.
dirterencialion, à la surface du tube épithélial, d’un « exoplasme fibrillaire o aux dépens des cellules mésenchymateuses qui le tapissent d’abord d’un revêtement continu; à ces premières fibrilles s’ajouteraient de nouveaux apports par apposition, au cours du développement. Ici les membranes homogènes manqueraient. Chez l’adulte, les deux membranes d’acini voisins se fusionneraient.
Plus tard, appliquant ces données au pancréas humain (igoS), par la digestion à la pancréatine, le même auteur trouve des membranes propres réticulées nettement fibrillaires, avec quelques cellules conjonctives aplaties entre elles. Le tissu interalvéolaire est presque uniquement représenté par ces membranes, avec quelques fibrilles et cellules d’union.
Enfin Ren.aüt (igo3-/; et c), dans le pancréas des Ophidiens, décrit, comme M.vll dans le rein, une double membrane: — en dedans la vraie propria ou prima de Saviotti « d’une minceur extrême, à double contour » comparable à la vitrée de l’ectoderme d’un embryon de Poulet des deux premiers jours ; — en dehors une paroi conjonctive « formée d’une série de faisceau.x conjonctifs et de fibres tramulaires fondues en une membrane d’apparence lamellaire, mais dont les feuillets nattés sont indissociables... La dernière assise lamellaire se réduit à une membrane pellucide connective, car elle se teint électivement en bleu clair [par le bleu de méthyle acide], mais homogène, sauf sur certains points où elle est parcourue par de rares fibres tramulaires colorables en bleu toncé ».
Toutes ces dernières observations montrent que l’idée classique qu'on se faisait, avec Boll, des membranes propres en général demande à être révisée (i ), mais de nouveaux travaux sont encore nécessaires.
Pour notre part, nous n’avons encore observé jusqu’ici dans le pancréas qu’une seule membrane propre très mince. Au cours du développement, de très bonne heure (embryon de Mouton de 28 mm., i8g5-c, p. 4g8), nous la voyons, sur les tubes pancréatiques primitifs constituée par une assise continue de très larges cellules aplaties, bien distinctes déjà du tissu conjonctif voisin, quoique reliées à lui par des prolongements. Plus tard, quand les cavités sécrétantes sont formées, elle constitue autour une membrane réfringente, assez élastique, qui ne se rompt que lorsqu’on comprime par troj) vivement le tissu frais. Nous avons môme obtenu, par la dissociation dans le
(O Surtout, nous semble-t-il, parce que la conception delà cellule conjonctive 6>àt élargie (substance amorphe homologuée à un syncytium <i exoplasme.s fusionnes).
MEMBUAMi BUOPBE
sérum iodé ambré de larges lambeaux, corresponclanL à une ou plu sieurs de ces cellules. Nous les relrouvons eL figurons à la surface des premiers îlots de Langerhans. D auti’e pari, nous avons admis depuis longtemps (i8po) (i) que les fibres conjonctives viennent se perdre ; dans les membranes xdlrees, et récemment (igo3) (2), nous avons suivi leur apparition au sein de ces membranes au niveau de la capsule de la rate et du péritoine voisin. Nous n’avons donc aucune difïiculté à admettre 1 existence de fibrilles dans la membrane propre des acini pancréatiques. Mais, nous basant sur ces recherches, et sur la structure telle que nous la voyons cliez l’Homme adulte, nous croyons que les cellules constituantes primitives dont nous avons constaté l’existence dans cette glande subissent d’abord, comme beaucoup d autres cellules conjonctives, une diflerenciation plus ou moins complété en exoplasme amorphe gagnant de la périphérie au centre, ce qui s accorde parlaitement avec la troisième conception de Bon..
j Chez l Homme adulte, en effet, nous trouvons dans la propria des i noyaux aplatis entourés d’une très petite quantité d’endoplasme non
colorable par les réactifs du collagène (et précollagène) ; tout le reste s est différencie en un exoplasme commun, c’est-à-dire en substance conjonctive amorphe, lormant une mince lamelle où sont inclus çà et là ces endoplasmes. Secondairement, l’exoplasme précollagène peut se fibriller, comme nous l’avons montré ailleurs, les fibrilles restai) I incluses dans une mince couche de substance amorphe. Mais, chez 1 Homme, nous ne trouvons que quelques rai'es fibrilles en voie de différenciation dans la plupart des membranes propres pancréatiques, là surtout ou celles-ci se fusionnent deux à deux 01 une li'ès mince lamelle. Ce n est qu en ceitains [loints que ces fibrilles deviennent abondantes, mais elles loi-menl souvent alors une véritable couche de tissu conjonclil interposée (voir chap. XVIII).
(I) Hecherches sur le développement de lu rate... (Jonrnai de l'Anatüinie, i8po). (•J) Sur riiistogéiiése de lu libre colla(çène... (Arrliii'es d’Anai. inicr., t. VI, iyo'3).
Propria constituée d’exoplasmes fusionnés où apparaissent secondairement de rares fibrilles.