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NATURE DU MATÉRIEE DE SÉCRÉTION

cytoplasme pour permettre à sa substance de franchir par osmose la couche limitante de la cellule (et la cuticule décrite par Uenaut); il y a, semble-t-il, seulement conlluence du grain avec la sécrétion contenue dans la lumière. Cette conlluence se comprendrait déjà sans aucune dilution, car il ne s’agit pas ici d’un corpuscule solide dur, mais d’une substance semi-fluide, et quelques auteurs même neveulent employer pour le désigner que le terme de gouttelette (IIeld par exemple dans les glandes salivaires, d’autres à sa suite dans le pancréas). Mais elle doit être aidée par un apport liquide fourni en ce moment par le cytoplasme, puisque les massues sont généralement moins colorées que les grains, parfois d’une autre couleur (L. , 1899-6), et paraissent manifestement plus fluides. Ce ne sont donc plus des grains ; ce sont des grains en voie de dissolution ou de dilution, c’est-à-dire des vacuoles de sécrétion, qui viennent confluer avec la sécrétion encore très dense accumulée dans la lumière. Peut-être cette eau est-elle apportée par les vacuoles claires décrites par Mouret, et que nous avons également trouvées chez le Mouton (1899-6), dans des fragments fixés à l’acide osmique (en dehors de l’emploi de tout excitant artificiel), sans pouvoir aflirmer pourtant que le réactif n’est pour rien dans cette vacuolisation.

Uenaut (1899) admet aussi un « mouvement vacuolaire » ; la fixation brusque dans le sublimé concentré lui a montré des vacuoles dans la zone basale, mais il ne peut assurer que ce ne sont pas des productions artificielles.

Chez le Chien pilocarpinisé, nous avons pu encore observer parfois, aussi bien dans la zone basale que dans l’apicale, des vacuoles ou des boules souvent très grosses, mais assez vivement colorables, contenant évidemment une matière de sécrétion autre que de l’eau. Tous les auteurs se servant de la pilocarpine (Ogata, Melissinos, \'er Lecke), ont figuré des images de ce genre [en partie au moins anormales, nous semble-t-il], et dont ils donnent les interprétations les plus diverses ; certaines ont été considérées comme des paranuclei.

\oici donc le matériel de sécrétion excrété, parvenu dans la lumière de r acinus. A ce moment, observée sur le tissu frais, la lumière paraît distendue par un cylindre homogène, réfringent, d’aspect vitreux rappelant assez celui de la myéline. Cette substance a des léactions assez semblables à celles des grains, qiioiipie un peu moins prononcées sous une même épaisseur. Klle brunit par l’acide osmique. •\près fixation par ce rcactil, par le sqblimé et [>ar les mélanges où

Mouvement

vacuolaire.

La sécrétion dans la lumière do l’acinus :

cyl Indre réfringen Iiomogcne.

NATi nr, i)[ M\Ti;iuKr, dk siiciuVri(i?(

Oue représcntcl-elle?

1 un ou 1 autre sont en quantité suffisante (1), elle se colore vivement par la safranine, le violet de gentiane, l’iiématoxyline au fer, 1 éosiue. Nous avons vu qu on la retrouve à peu près telle dans les plus fins canaux, commençant [lourtant à se diluer un peu, à se colorer moins, et que le suc devient tout à fait différent dans les collecteurs de moyen et de gros calibre, par l’affinx d’une sécrétion accessoire nouvelle.

On sait combien est multiple 1 action du suc pancréatique une fois versé dans 1 intestin ; à rjuels éléments de ce suc correspond la sécrétion que nous venons de laisser dans la lumière des acini ? à quels éléments correspond le qrain de Cl. Bernard ? C’est une question complexe, à laquelle U. IIeidexuaix n’a pas complètement répondu, et dont les données physiologiques nouvelles appellent la révision.

Conlienf-ellc r a m y 1 0 P s i n e C’est

peu probable.

R. IIeidemiaix, dans les expériences que nous avons rapportées plus haut, ne s’occupait guère que du ferment des albuminoïdes. Il a donc surtout établi, jusqu’à preuve du contraire, que le grain de sécrétion représente le trypsinogène, un préstade du ferment trypsique ou protéolytique.

On admet souvent (2) qu’il contient également en puissance le ferment diastasique (amylopsine) et le ferment des graisses (stéapsine). Mais rien n’est moins démontré, et quelques faits permettent d’en douter fortement. Ainsi Dastbe (Noc. de Biologie, 1898, p. 649), a montré qu’une très courte macération (3), de gros fragments dans l’eau salée, chez l’animal en digestion, donne le liquide le plus riche en diastase qu’on puisse obtenir (4), mais qui ne contiendrait point de traces sensibles de ferment protéolytique. Au contraire, des macérations plus longues de glande hachée menu sont riches en trypsine et pauvres en amylopsine. Sur l’animal à jeun depuis plusieurs jours (Porc), cette dernière semble presque disparue : elle ne doit pas être représentée par les grains de Cl. Bernard.

(1) l'arleliiiuide de Honm également. Le mélangc^de Flemming ne suflU en général à fixer ni ce secreliwi ni les grains de Cl. Bernard ; pour y arriver, nous employons un mélange chroino-osmo-acélique plus (brl (liq. J., Voir Lagukssk, 1901).

(2) IlKitiKMiAiN radraeltait lui-même, d'apres la phrase que nous avons reproduile page tio8 [6ttJ, note i.

('3) Une heure à la letnpératuredu laboratoire, quinze minutes à la température de 4«» (l’orc. Chien).

(4) Dans des fragments ainsi traités, nous avons constaté que les acini même les plus périphériques sont encore bourrés de zymogène. Dans certains essais (Lagukssk et Dkiikyhk, i(to5), nous avons obtenu par un lavage de quelques minutes des lagmeiits un liquide riche en amylase, mais imonlrant dépi un leger pouvoir proleol)liqiie sur les tubes de Mette (après addition d’cntérokiiiase).

>\Tl’llE m \l \Ti;iUKI, DE SKCHETIÜN

WERTiiEi.MEn, d’autre part (iSor. de Biologie, 1901, p. idp), montre que chez le Chien, à jeun ou en digestion, l’in jection dans le duodénum d’une solution excitante (acide chlorhydrique dilué, essence de moutarde, etc.), provoque la sécrétion d’un suc pancréatique saccharifiant l’amidon, mais sans action sur l’albumine (i), tandis qu’après repos, chez le même sujet, l’injection intraveineuse de pilocarpine donne un suc présentant à la lois l’action des deux l’ermenls.

Au cours de ces dernières expériences, si l’on fixe avec soin, chez le même sujet, plusieurs petits fragments pris en des points divers de la glande ('NVertiieimek et Lagüesse, 1901), avant et après la première excitation et après la seconde, on constate que la teneur des cellules en grains n’a pas sensiblement varié après l’action de l’acide, même prolongée, tandis qu’elle a évidemment baisse après l’excitation par la pilocarpine : certains acini sont à demi épuisés (2) {fig.iS). De plus, dans les derniers fragments, on constate dans les cavités sécrétantes des signes d’excrétion manifeste (apparition des massues), et, dans les plus petits canaux, une distension par la sécrétion. Au contraire, dans les fragments prélevés après excitation réflexe, ces signes manquent ou sont très peu marqués, mais l’épithélium des canaux moyens et gros est maintenant en voie de sécrétion, et leur lumière est remplie d’un coagulum peu colorable el finement granuleux (à l’inverse de celui qui provient directement de la fonte du grain de Cl. Bernard). Il semble donc que ce soit dans les cellules canalaires qu’est localisée la sécrétion, non seulement de l’eau de dilution, comme nous l’avons vu ailleurs, mais probablement aussi du ferment diastasique ; ce pouvoir sécréteur pouvant remonter jusqu’aux cellules centro-acineuses, peut-être même aux principales (3), mais paraissant surtout provenir des canaux moyens.

Le développement fournit encore d’autres faits à l’appui. En effet, nous avons constaté l’existence des grains de Cl. Bernard chez des fœtus de Mouton très jeunes (65 millimètres) et aussi chez le fœtus humain. Or, d’après les travaux de L.\ngexdürfe, Zvveifee, Korovvix,

(i) ?<ous verrons plus loin que cela ne prouve pas qu’il soit privé de Irj’psiiiogène. D’après M. WenTiiKisiKii, ce suc, convenablement traité, devient i)rotéolytiqiie ; il y a donc dissociation de la sécrétion, en ce sens seulement ([u’on peut obtenir par ces deux procédés deux sucs qui, recueillis au sortir de la canule ont une réaction diirerente.

(a) Nous reproduisons ici la ligure (|ue nous en avons donnée dans le Trailc de Physiologie de .Mouat et Doyo.s, I()o,^, p. 38i, t. I.

(3) Ce serait, dans ce dernier cas. une sorte de sécrétion banale Cournie par tous les éléments épithéliaux de la glande, (ieda n'cni pèche point que la sécrétion diluante, commencée dans les canaux intercalaires où le secreliini pAlit déjii, ait son lleq d’élection dan.s les canaux moyens.

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