NATURE DU MATÉRIEL DE SÉCRÉTION
Contient-elle le trypsinogène?
On peuten douter.
Données
physiologiques
nouvelles.
(iii.LET (cités (1 apres IIedon, iqoi), le ferment amylolylique manque encore dans le pancréas de l’enfant nouveau-né, et n’apparaît qu’entre le deuxième et le troisième mois. \n contraire, la trypsine apparaîtrait au commencement du dernier tiers de la vie intra utérine d’après Alrertoni, au commencement du cinquième mois fœtal d’après Lan- GENDORFF. Ajoutons tou tefois qu’il paraît y avoir des variations assez considérables selon les espèces, puisque chez le Porc^ Langendorff constate l’existence de l’amylopsinc dans le pancréas fœtal d’embryons de 90 à 100 millimètres. Il faut enfin rapprocher de ces faits l’expérience de Liveridge (cité par Mathews), montrant qu’après que tout le ferment diastasique a été enlevé du pancréas par un long lavage, on peut, en hachant le résidu, l’exposant quelques heures à l’air, obtenir de nouveau un ferment diastasique actif.
L’amylase n’est donc probablement pas contenue en puissance dans le grain de Gu. Bernard. En serait-il de même pour le ferment des graisses (stéapsine), qui semble souvent marcher de pair avec elle? Rappelons simplement au passage les gouttelettes d’une substance de nature évidemment graisseuse, que nous avons trouvées dans les expériences avec M. Wertheimer, et sur lesquelles nous avons attiré plus haut l’attention à propos des canaux intercalaires. Il y a lieu de se demander s’il n’y aurait pas un rapport entre ces gouttelettes et le ferment des graisses? Ajoutons qu’en plusieurs cas elles nous ont paru exister au maximum d’abondance avant toute excitation.
Le grain de Cl. Bernard, qui a paru un instant contenir sûrement les trois ferments associés, est donc peut-être réduit au seul trypsinogène. Nous allons voir dans un instant que celte donnée même n est plus, à l’heure actuelle, aussi absolument inattaquable qu’elle en avait l’air, et que de nouvelles études sont nécessaires pour la confirmer.
En elTet, laissons de côté le grain, et revenons au suc pancréatique tel qu’il existe dans les canaux collecteurs. En partant des ex]iériences d’IlEiDENHAiN, on admettait, il y a [leu de temps encore, qu il contient, au moment où il va être deverse dans 1 intestin, le ferment Irypsique à l’état achevé et prêt à l’action, tout au moins sur l’animal en digestion ou pilocarpinisé : le trypsinogène aurait été transformé en trypsine lors de sa dissolution, de son excrétion cellulaire, ou |)lus loin dans le trajet. Or, nous nous heurtons ici a deux découvertes physiologiques récentes (sécrétine, entérokinasc) dont nous sommes obligé de dire quelques mots, car elles peux eut amener un remaniement des données classiques léguées jiar IIeideniiain, et par ceux qui ont a|)profondi le même sillon.
I3NTKK0KINASK
Gl()
A la suite des recherches de 1’a\\ cow sur la digestion, son élève CiiEPOAVALMKOFF (iSqq) a luonlré que le suc intestinal a la propriété de renforcer d’une façon très intense le pouvoir protéolytique du suc pancréatique, et, comme réhullilion détruit cette propriété, il en conclut qu’elle est due à un ferment soluble, qu’avec Pa-wlow il appela entérokinase. On peut le retirer des macérations de muqueuse intestinale. Delezenne (1901, Soc. de Biologie), Camus et Gley (id.) confirmèrent ; et le premier de ces trois auteurs surtout accumula les preuves ; on ne saurait plus douter que l’entérokinase ne soit un ferment soluble capable d’agir sur un autre ferment. Delezeyne (1901 à 1904, Soc. de Biologie) trouve en outre que les leucocytes contiennent une kinase (kinase leucocytaire) possédant des propriétés analogues à celles de l’entérokinase, et croit pouvoir admettre que les leucocytes de la muqueuse intestinale (follicules, amas lymphoïdes) sont les producteurs ou tout au moins les porteurs de cette dernière.
Pour Pawlow encore, le suc pancréatique contenait tantôt du trypsinogène, tantôt de la trypsine, ou un mélange des deux; l’enlérokinase, à l’arrivée dans l’intestin, convertissait tout le trypsinogène inactif en ferment actif ou trypsine. Deuezexxe et Frouix établissent que le suc pancréatique recueilli directement dans le canal à l’aide d’une canule est toujours inactif, si l’on a soin pourtant de rejeter les premiers centimètres cubes, qui, pendant leur stase dans le canal, sont souillés de microbes capables de fabriquer de la kinase. Heidexiiaix admettait qu’une macération de pancréas ne contient d’abord que du zymogène (trypsinogène) qui, par l’action prolongée d’un acide, par une sorte d’oxydation, se transformait en trypsine. D’après Delezexxe et de nombreux expérimentateurs, on tend à admettre aujourd’hui que la macération de pancréas, faite et conservée aseptiquement, reste toujours inactive; une macération active ne peut être obtenue que si on y laisse pénétrer des microbes ou des leucocytes fabricants de kinase, ou si l’on y ajoute de l’entérokinase. 11 semble donc, pour Delezexxe, qu’il n’y ait plus lieu de parler d’un trypsinogène qui ne serait que le préstade du ferment, et qui serait obligé de subir une transformation chimique. Le suc pancréatique, la macération de pancréas même, contiendraient d’emblée le ferment protéolytique, mais à l’état inactif, et capable seulement de devenir fictif par son mélange avec un autre ferment (kinase), jouant le rôle de substance sensibilisatrice.
D’autre part, les recherches de eutiieimeu et Leuage [Soc. de
Découverte de l’enlérokinase .
Découverte de la sécrétiue.
SÉCHIÎTINU
Révision nécessaire des travaux d’histopliysiologie.
Biologie) [i), complétées parcelles de BAvussel St.vkmsg (Journal oj Physiology, 1902) amenaient ces derniers auteurs à la découverte de la sécrétine. Lne macération de mur|ueuse intestinale dans l’acide cldorliydrique à 4 p. 1000, injectée dans les veines, produit un Ilux abondant de suc pancréatique (Bayuss et Staulinc). La simple injection d acide dans l’intestin produit môme résultat. Il existe donc dans la muqueuse une substance (sécrétine) qui sons l’action de l’acide est mise en liberté, peut-être modifiée, passe dans la circulation, et arrive par là au pancréas (pi’ellc excite, lille semble agir directement sur la cellule. IjMuquez et I Lu, lion donnent une preuve plus élégante de cette excitation purement Immorale, en montrant qu’on obtient le même Ilux sécrétoire sur un second Chien, si on lui transfuse simplement, pendant l’expérience, le sang chargé de sécrétine du premier (Soc. de Biologie, 1902). La sécrétine paraît, d’après ses caractères, être un second ferment soluble, différent de l’entérokinase, une sécrétion interne de la muqueuse intestinale, alors que l'entérokinase représente une sécrétion externe (2).
On comprend que, dès à présent, la découverte de ces deux substances jette un certain trouble dans des résultats que l’on considérait comme définitivement acquis depuis IIeidexhaix, et demande la révision des travaux antérieurs. En effet, les recherches d’histopbysiologie étalent toutes basées sur l’activité ou l’inactivité constatée des macérations ou du suc recueilli. Or, on nous dit actuellement qu’au point de vue protéolytique, ce suc, aseptique, doit être ioiijours inactif en ’absence d’une kinase entérique, leucocytaire ou microbienne, et que
(1) On savait que l’introduction d’acide clilorhydrique dilué dans l’intestin accélère beaucoup la sécrétion pancréatique, et l’on croyait cette accélération due à une action réflexe. I'opielski, montrant qu’elle persiste après section du pneumogastrique, avait cru pouvoir localiser le centre réflexe dans le pylore. Wkiitiikimkii et Lbcack démontrèrent successivement que l’action de l’acide persiste : — « !• malgré l’ablation du pylore; — a° malgré la destruction des ganglions solaire et mésentériques supérieurs; — 3* malgré la destruction de la moelle ; — 4° malgré l'anesthésie la plus profonde; — 5* malgré des doses massives d’atropine » (Weutuei.meu, Soc. Biol., 1902, p. 4“^)- b’ensemble de ces données avait fuit douter un moment les deux auteurs que la réaction sécrétoire fût sous l’action du sytème nerveux, et ils avaient fait dans ce sens deux séries d’expériences : injection directe dans les veines: — i’ de la solution acide; — 2“ de la même solution après séjour dans l’intestin, i>our vérilier si l’acide n'agirait pas par lui-même mais par l’intermédiaire d’une substance nouvelle produite dans l’intestin. Malheureusement, ces deux sortes d’expériences avaient donné des résultats négatifs qui arrêtèrent un moment \\'ki\tiiki.meu et I.KrAGK. Or, la substance nouvelle existe bien en effet, mais elle se forme dans la muqueuse même. C’est ce que Uayi.iss et Staui.inu montrèrent : une macération de la mut[ueuse dans l’acide leur donna, après injection dans la circulation, un flux abondant de suc pancréatique.
(2) I-AU.NüY (iyo4-d) a publié un résumé plus complet de tous ces travaux dans la IlioLogie médicale (t. Il, juin 1904).— Voyez encore la Physiologie de MoiiAxet Doyon. I.e manuel de Hkoo.n (1901) a été écrit antérieurement a la plupart des recherches nouvelles, mais donne un excellent résumé des anciennes.
LE CHAIN’ EST-ll, ZVMOCÈm;!*
son inacliviléne prouve nullemenl qu’il ne conlienl point de trypsine. Si une faible addition d’entérokinase lui donne un |)ouvoir protéolytique bien évident, c’est qne’cetle trypsine y existait déjà (Delezenxe), mais à l’état inactif. Et dès lors, dans les sucs d’abord inactifs, mais modifiables par la kinase, le zymogène d’IlEioE.NiiAix [Irypsinoyène) n’existerait plus, il n’y aurait que de la « trypsine inactive » (Delezenxe).
Existe-t-il davantage dans le grain de Cl. Bernard.^ C’est encore très probable, pourtant il importe de poser la question. Le grain mûr pourrait en elTet être déjà formé de trypsine inactive. C’est peu vraisemblable, car le broyage dans l’acide acétique étendu, qui dissout les grains, devrait donner presque instantanément les extraits les plus actifs (après addition de kinase), ce qui n’est pas (Laguesse et Debeyre. iqoS). An contraire, il n’est pas absolument impossible qu’il ne contienne pas plus de trypsine ou de préferment que d’amylase.
En effet, rappelons que nous avons trouvé après excitation par l’acide (Wertheimer et Laguesse, 1901}, c’est-à-dire par la sécrétine, la zone des grains intacte ou à peu près, tandis que la pilocarpine la faisait notablement diminuer. On peut dire aujourd’hui que l’absence de pouvoir j^rotéoly tique du premier suc prouve uniquement qu’il ne contient pas de trypsine active. Additionné de kinase, il devient actif, comme M. Wertheimer a pu s’en assurer depuis. Notre examen histologique reste en faveur de l’indépendance de l’amylase, qui proviendrait plutôt des canaux. Mais on s’explique difficilement, en partant des données d’HEiDExiiAix, comment le premier suc pouvait contenir une quantité notable de trypsine, puisque l’excrétion des grains de « zymogène (trypsinogène) » n’était guère plus marquée que sur la glande au repos, où il est rare qu’elle cesse complètement. Pour expliquer ce fait, il faut admettre : ou que la très petite quantité de grains rejetée a sulli à rendre le suc suffisamment riche en trypsine ; — ou que la trypsine est plus ou moins indépendante du grain. Si étrange que cette dernière supposition puisse paraître au premier abord, il faut se rappeler que, dans la parotide par exemjile, l’excrétion de grains très analogues par leurs réactions à ceux du pancréas est évidemment en rapport avec le degré de viscosité et la teneur en albumine de la salive, mais ne semble pas l’être avec la teneur en ferment, en ptyaline. C’est du moins l’opinion actuelle de la plupart des physiologistes.
Ne pourrait-il dès lors en être de même dans le pancréas ? Le grain de sécrétion représenterait peut-être une substance albuminoïde
Premiers résultats de Launoy.
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