‹ Le pancréasChapitre 30 sur 79 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

CELLULES CENTRO-ACINEUSES ET PREMIÈRES VOIES DE l’eXCRÉTION

C’est Langerhans (1869) qui, dans des dissociations de pancréas de Lapin faites au moyen du liquide de Müller, trouva, outre les cellules principales, des éléments fusiformes à corps presque homogène nettement limité, à gros noyau souvent clair, réunies en groupes, souvent adhérentes aussi au milieu d’un amas de cellules sécrétantes représentant un cul-de-sac glandulaire complet ou incomplet. Sur les coupes, il revit deux, trois ou quatre de ces cellules logées au centre du plus grand nombre des sections de cavités sécrétantes ; d’où le nom de cellules cenlro-acineuses [cenlroacinære Zellen) sous lequel il les désigna.

Constance des cenlro-acineuses- — Variation de nombre- — Distribution - — Ces éléments ont été retrouvés par Saviotti (1869), puis LATSCiiENiiERGER (i872)sur le Lapinet le Chien, par Boll (1869- 6), VON Ebneu(i872), Fret (i872)(i). Renaut (1879-a et 6) les étudia chez les mêmes animaux et chez le Poulet, Podavvssotski (1882) chez le Chien, l’Homme, le Lapin, le Rat, le Pigeon, la Grenouille, le Triton. Macai.i.um (1881) les a vus chez les Ganoïdes. Nous les avons décrits nous-meme chez les 1 éléostéens (1891, i8Ç)l\-a), chez les Ophidiens (1901, 1902 a/], et chez les Sélaciens (1902-ù) p2). Pisciiingeu, d’autre |)art (1890), les a trouvés chez des espèces appartenant à toutes les classes de \ertébrés. 11 semble donc qu’ils soient constants, on tout

(i) PiscHiNGEii y ajoute s. Mayeu (i8;o), W. Khause (i8;o), Legouis pour les Téléos- Iccns (i8;î). *

(a) Sans compter 1 Homme (i8y4-c), le Mouton (i8j)5-e)cl les Maiumil'ères en pcncral. Notons encore leur présence chez les Dipnéens tProtoptere).

Les

cenlro-acineuses sont constantes chez les Vertébrés

Leur nombre varie suivant l’espèce.

CIÎI.I.L'I.KS GliNTUO- VClNia’SKS

au moins que les exceptions soient rares. IIvuiiis et Gow (i8jj.'5) n avaient pu certifier leur existence cliez toutes les espèces qu’ils ont examinées. D’autre part, Pi'gxat (189G, 1897), éludiant lepancréasdu Pigeon, du Poulet, du Merle, et de quelques autres espèces, n’a pu voir

les cellules centro-acincuses,et conclut qu’elles n’existent pas chez les Oiseaux.Comme Rexact, OiAxxELLi (1902) les retrouve pourtant (Pigeon, ; Poulet, Frinrjilla dameslica. . .). Tl remarque seu- 1

lementqu’ellessontrares, i

très minces, et peuvent écliapperfacllement, sur- '

tout sur les acini coupés en travers (i). ;

Ma is si les centro-aci- i

lieuses paraissent cons- . j

tantes (2) cliez les Verte- 'j

brés, du moins y sont-elles distribuées en proportion très variable \ selon les espèces. Nous Amenons de voir qu’elles sont peu abondantes chez les Oiseaux, où l’on a pu méconnaître leur existence. Nous les j trouvons également petites et rares chez le Galons canis (Sélacien) j (1902-Ù) et cbez d’antres animaux. Elles sont au contraire assez nom- J breuses chez le Lapin, cbez le Mouton. Chez rHomme(i894-c, 1900-a) |

elles abondent. C’est l’espèce, semble-t-il, où elles sont le plus déx’e- ^ loppées. Aussi nous ne pouvons souscrire à celte phrase de Pischixger: '

(( ces formations sont plus abondantes chez les animaux inférieurs et )

les embryons » . Elle n’est justifiée qu’en ce qui concerne ces derniers. '(

Des variations considérables de nombre, de volume et de forme peuvent .• exister entre des espèces voisines ou peu éloignées (.T).

(1) Nous les voyons également chez le Poulet, mais peu abondantes, petites et sur- 1

tout à noyau très petit, arrondi, colorable presque en masse (hémalnn après lixalion |

alcool). 1

(2) Caractéristiques du pancréas. elles ont été signalées pourtant en petit nombre et 1

le plus souventau col seulement des acini: par Boll (18^1), dans la glande lacrymale, ]

W. EnNKii (18^2), Tehaskikwicz (1835), Fiinv (i8";). Ranvirh (cours 18SO 188;), Laouessk ,* et .Touvhnki. (i8<)9), etc., dans diverses glandes salivaires. ^

(3) I.es ceniro-acineuses étant, en règle générale, plus abondantes dans la partie qui ,

rail immédiatement suite aucanal excréteur. prédominent fatalcmentdans les espèces ■ où celte partie seule existe, e’est-à-dire où les acini sont très courts (Homme par exemple). j

/•V7. 20. — Les nmtro-dcineiises chez le Lapin, d’après Saviotti. — Cliché emprunté au Journal de V Analomie , 1894.

I. cnl-de sac coupé en long, à demi dissocié; — 2, 3, 4. groupes de cellules principales p, — et de centro-acineuses, ca.

CVUVCTKHES DES CEMEO-ACnEUSES

Elles sont plus abondantes au col de l’acinus,

D’après LATSCiiE\nEnGEu, les acini lerminaux seuls scraieni pourvus de ccntro-acineuses, les collaléraux en niaurpicraient. AV. Km use a cru pouvoir confirmer. Nous pensons cfu’il y a là une cxagcralion : les acini collateraux étant souvent très petits, l’assise interne de cellules peut y pénétrer moins loin, et se limite souvent au co’l.

En ce qui concerne la distribution dans chaque cavité sécrétante, dès le début Lvxgeiuiaxs, Svviotti, LtTscitENREUGEu ont fait remarquer leur absence ou leur rareté vers le fond, leur abondance au contraire nnanquent souvent vers le col. L’assise qu’elles forment, continue à ce niveau, tend à deA’enir discontinue plus loin, puis à disparaître. Ninsi, dans les belles cavités sécrétantes en T ou en V du Alouton (fuj. 11), nous les voyons (iQOo) constituer d’abord un tube complet; puis ce tube s’ajoure, les éléments semblent se disposer plus loin en une ou plusieurs files (leur ensemble constituant la lige centro-acineiise de Revaut), puis s’égrener et disparaître bien avant d’atteindre le fond des culs-de-sac. Chez l’Homme (1894-c, 1900-al (fig. 9), ils tendent à former au contraire une couche continue jusqu’au fond ou presque jusqu’au fond de la cavité, d’ailleurs peu profonde (i).

à prolongements filiformes on lamelleux.

Caractères. — Chez la plupart des espèces la cellule cenlro-acineuse Ce sont est assez régulièrement fusiforme, souvent aplatie, rubanée, telle que rrz?. i la décrivent Lavgeriiavs et Saviotti chez le Lapin (Jîg. 26). Elle allongés ou étoilés, s’étend à la surface de l’assise principale, qu’elle sépare de la lumière.

Le corps se continue par de minces prolongements filiformes ou lamelleux. parfois bifurqués (Saviotti). Les premiers peuvent être si fins et si longs, que PiscuivGEn les désigne sous le nom de fibres. C’est un terme qu’on a abandonné avec raison, parce qu’il peut prêter à confusion. Assez souvent la cellule s’étoile; un prolongement se branche sur le milieu même du corps pour s’enfoncer à angle droit entre les cellules principales (comme le font du reste les ramifications des premiers), et peut atteindre la propria. S’il naît par une large base, nous avons une cellule en 1, comme l’ont déjà déci'it et figuré Saviotti ih. ^0), R EXAUT..., et le noyau peut être situé dans la tige même du T. On peut concevoir que celle-ci existe seule; la cellule tout entière .sera alors un coin a bord plus ou moins tranchant, s’enfonçant entre deux cellules à grains. Enfin, comme l’a décrit Podwyssotski, il existe même des coins tournés en sens inverse, c’est-à-dire s’appuyant par leur base contre la membrane propre [cellules en coin de Podavys.sotsri).

(i) \ oyez aussi les fiffures <lo ZiMMun.MANN (reproduites /ic-, ,ïa), de von Euneb de STŒHn.etc. n , ,

Page 1