VOLUME, NOMBRE, RÉPARTITION
Constance. — Les îlots de L.\>’gerhains représentent des formations constantes dans toutes les classes de Vertébrés craniotes (i).
Découverts chez le Lapin par Langerhavs (1869), ils sont signalés par Revaut dès 1879 comme constants chez les Mammifères (Cheval, Chien, Lapin, Rat). Kühve et Lea (1882) les décrivent, et les figurent en outre, chez le Chien, le Lapin, le Singe macaque (Macaciis cynumolgiis) ; et, peu à peu, ils sont cherchés et trouvés chez un nombre de plus en plus grand de Mammifères. Harris et Gow (189/i), Pischivger (1890), VON IIansemann (1901) ont particulièrement contribué à accroître le nombre des espèces examinées.
Chez l'Homme, c’est Kühne et Lea (1882) qui semblent avoirpour la première fois constaté leur existence (un seul petit, sur une coupe achetée isolée). Ce sont évidement les mêmes formations qui furent revues ensuite par plusieurs auteurs sous le nom de follicules clos, ou « points lymphatiques » (Lemoine et L.vnnois, 1891). Elles sont signalées de nouveau simultanément par Dogiel (1898), Laguesse (1893-1/) et décrites particulièrement par L.vguesse (1894-c, 1900-0, 1906), par Harris et Gow (1894), Diecriiofe (1894) qui en donne la première figure (2), VON Erner (1899), St.\ngu (1901), VON Hansemann (1901), Schmidt
Les îlots sont constants dans
tous les groupes de Vertébrés ; Mammifères.
Homme.
(1) C’est-à-dire chez tous les Vertébrés, sauf chez l’Amphioxiis. Quelques auteurs mettent en doute chez les Cyclostomes, non seulement l’existence des îlots mais celle d un véritable pancréas.
(2) Dogiel les avait représentés dans des coupes d’ensemble du pancréas, mais sans en dessiner les cléments.
(’.ONST \NCK OKS ît.OTS
Oispaiiv.
Vertébrés dits à sang froid.
Hepliles.
Ainphibieiis.
Poissons.
'iS
(1902), SujiouuECh ( I9<).'i), etc... K VSAIIARA Peul ( 1890) a douté de la constance des îlots chez l’Homnie. ne les ayant trouvés (|ue chez trente-huit sujets d’autopsie sur cpiatre-vingt-trois examinés (bien qu’il ait constaté leur présence chez trois diabétiques). Dieckhokk (1894) ne les trouve absents que dans trois cas d’autopsie sur dix-neuf (dont un seulement diabétique). 11 est probable que les organes examinés par ces auteurs étaient dans de mauvaises conditions de conservation, car, depuis, ce n’est que d’une façon exceptionnelle qu’on a pu constater leur absence totale, môme dans les cas de diabète.
Chez les Oiseaux, Henaut les déclare constants dès 1879; il les étudie chez le Poulet particulièrement. Harris etGow ( 1894), Piscmx- OER (i8g5), PuG?i.A.T (1897), Gi.AîixELu (1902) leur ont depuis consacré quelques lignes ou quelques pages.
Chez les Vertébrés à température variable, leur existence a longtemps paru douteuse ; Lewascheav dit qu’il n’a jamais pu les rencontrer. En 1872 pourtant Ebner les avait sommairement décrits chez la Grenouille, mais Harris et Gow n’avaient pu les retrouver que chez cet animal (grands mais rares), et les avaient cherchés en vain chez les Meptiles. Ces lacunes ont été comblées depuis.
Chez les Reptiles en elfet, Pischinger les signale en 1895 chez « toutes les espèces examinées » Orvet, Lézard, Couleuvre, Tortue), et en figure un petit chez la Couleuvre. Indépendamment de lui, Giannelli et GiacoMiNi (1896) (i) les décrivent chez plusieurs Ophidiens, Sauriens et Chéloniens. Sans connaître ce travail, nous les étudions nous-même chez les Ophidiens en 1898 et 1899-a (2). .\vec Harris et Goav, vox Haxsemann (1901) est le seul à ne pas les trouver chez ces animaux (Python).
Chez les Amphibiens, outre la première description de von Ebxer (1872,, les quelques mots d’IlARRis et Gow (1894), Pischinger (1890) déclare les trouver chez tous les animaux examines sauf la Salamandre (3) .Nous avons' pourtant pu les étudier chez cet animal (1898). De nombreux auteurs les ont signalés depuis, et A. Richter (1902) a consacré à cette classe un Important travail d ensemble.
Chez les Poissons Téléostéens,\\s sont en 189b sommairement étudiés (simultanément et indépendamment) par Diamare (4), pai' Pischingeh
(i) Comptes rendus de l'Académie de Sienne.
(a) Chez les Crocodiliens, nous venons de constater leur existence sur des fragments I.V Alligator lucius dus à l’obligeance d’AuousTK Pettit.
(3) Un seul sujet. . , . , , 1 , .
(4) Dans un travail sur les capsules surrénales {Bulletin delà Société desnaturalis es
de Naples, 1895).
CONSI' \NCE DES II.OTS
ot par nous (iSpoo/) (i). Depuis ils y onl élc souvenl signales, el Di.vmahe Uenme (igoù) leur onl consacré un cliapilre ou un
luénioire spécial. Nous jiouvons al'lirmer leur existence chez les Dipnêcns (Ih-oloptère). Diamaue (iSpp-a) a décrit le premier chez les Sélaciens des formalions cpidl hésite beaucoup à en rap[)rocher, puis qu’il semble en éloigner complètement (1899-6), mais qu’après une nouvelle élude (L. , 1902 a et 6) nous avons cru pouvoir considérer, ainsi qu’OppEE, comme des îlots légilimes. Giacomim (1900) croit les retrouver chez les Cyclosloines.
Ln résumé, a I heure actuelle, les îlots de Langerhans ont été cherchés chez les N ertébrés cranioles dans la plupart des ordres, et trouvés dans toutes les espèces examinées, sauf très rares exceptions probablement imputables aune observation trop superficielle {Pylhon, d’après
vox ITaXSEXIAX'n).
Constants dans les différentes espèces, ils le sont également chez différents represenlants d une meme espèce aux divers élats physiologiques et même pathologiques, comme cela ressort notamment des expéidences de Lewaschew (1 886), de JAiiorsicY ( 1899), de Ssoboeew (1902), etc. . et de nombreuses constatations anatomo-pathologiques. Il n'y a guère qu en ceitains cas rares de diabele (Homme el animaux) qn’on a cm pouvoir affirmer leur complète disparition.
La constance des îlots avec 1 âge est évidente. Apparus chez 1 embryon dès les premiers stades du développement de la ramification pancréatique (L., 1895-6 et c. Mouton), ils se retrouvent jusque chez les individus les plus âgés (chez une femme de quatre-vingt-dix ans, d’après Gextes, 1901).
On les rencontre même dans la plupart des véritables pancréas surnuméraires. Letüli.e (1900), Bize (1904), Sauerbeck (1904) ne les voient pas dans les cas qu’ils ont étudiés. Mais Cohex,' Gaxdv et Giuefox (1901), Aebbeciit(i9oi), Schmidt (190.3), Heixmanx (1 908), InoBEi. (1903) les y retrouvent. Ce dernier autour fait simplement . remarquerqu ils sont inconstants et généralement peu nombreux; mais la structure typique de la glande est souvenl altérée d’autre façon, si bien qu’on a décrit souvent comme pancréas accessoires des sortes’ de tumeurs qui sont loin d’en avoir la structure.
Les îlots sont par conséquent des formalions conslanles et caraclénslirjnes du tissu pancréatiijue.
(]onslance au.x clillérents élats physiologiques et pathologiques.
Constance avec 1 ’ âge ,
Et dans la plupart des vrais pancréas surnuméraires.
(1) Uoouis (i8:3), CuKr,vN (iS31. Brochet) y ont signalé de P oidrs, dont une partie peut être correspondent aux Mots.
nombreux amas lyin-
Aspect et propriétés générales. — Lo lissu des îlots se recomiaîl assez racilemenl an niilien du parcncliyme pancréatique, grâce à quelques propriétés générales (jui le mettent en reliel' ^i5). Aspect des îlots. Après simple traitement par le liquide de Müller, il apparaîl nettement sous l'orme de taches d’un jaune intense (La>gi:iui.\ns, i8Ü(), voa Ehm:k, 1872).
. IviiiAE et Lea (1882) aperçoivent déjà les plus gros îlots chez le vivant (Lapin) comme de petites places plus trouhles, rappelant l’aspect des grains de tapioca. Chez certains animaux même (Ophidiens),
Fi(j. 45. — Puncréas d'un suicidé de vingt ans^ d’après von Edner (1899, hœlli
her’s llandbuch).
Alcool absolu : grossissement : 112 — L. « amas cellulaire de Langerhans » , a, canal ramilié dans le tissu inlerlobulaire ; — av, « alvéoles » avec cellules glandulaires ; — c, veine.
ce peuvent être, à certains stades fonctionnels surtout, des points opaf|ues, hianchàtres ou jaunâtres très tranchés, vu la présence de
granulations spéciales (L., 1899-a).
Sur les coupes colorées, les îlots tonnent des taches plus claiies (IIenai.t, 1879, Küiine et Lea, 1882, etc.) qui attirent de suite l’attention, leurs cellules constituantes étant bien moins colorahles que celles des acini ( 1 ).
Ce sont des ladies plus claires sur les coupes.
(,) Pourlanl il y a. comme nous le verrons, de grandes d'' genres n selon le mode de lixation. Ainsi, cbc/. cerla ns jl* ‘ f '' f
les îlots peuvent au contraire, après certaines lixalions cl pai de granulations spéciales, plus résistantes <pic le /.yinogeiie (L iS. l-n). D’autre part, cbe/. de nombreuses esi.éces, les oMiiiés font colorer plus forleinent les îlots «lue les fixations au su 1 uni
VSI’IÎCT (.•|':\KU \l, DKS îl.OI'S
On a recoiiiinand(“ un cc'rlain nombre de méthodes de coloration pour exagérer ces ditlérences et (aire trancher les îlots. Nous ne pou- \ons toutes les citer. Happelons seulement cpie par riiématoxyline (a[nes liquide de Hemming) les dots se colorent non seulement en plus clair, mais prennent souvent, par métachromatie, une teinte lie de vin caractéristique (L., i8()5-n), que l’addition d’éosine fait encore virer davantage au rouge. D’une façon générale, ils sont reconnus plus éosinophiles que le tissu voisin. Yo^ Ehxuii (1899) recommande l’érythrosine de préférence à l’éosine. La méthode de v.\n Gieson est souvent employée, principalement par les anatomo-pathologistes, Sauerbeck par exemple (190/1); elle met assez bien en évidence les îlots, jaunes sur fond rouge brun. Graxo-Moursei, et Triboxdeau (1901) préconisent la thionine phéniquée, qui les laisse presque incolores, ou même la thionine phéniquée suivie de xylol picriqué (Per- DRIGE.AT et Iriboxdeai), 1901). Pour Maakoavsri (1901-6), c’estla safranine suivie de picro-indigo-carmin qui les différencie au maximum : les cellules étant alors remplies de très fini granules de substance safranophile, les îlots tranchent en rouge sur le fond jaune vert de la glande, (fixation au liquide de Flemming). Nous employons encore,^ apres fixation à l’alcool, rhémalun suivi d’eau faiblement picnquee, ou la safranine suivie de vert d’iode, — après fixation aux mélangés osmiés, le mélange safranine-gentiane-orange, etc.
P apres Maxkowski (1901-6', le tissu des îlots aurait un pouvoir réducteur tout particulier vis-à-vis du nitrate d’argent. En injectant une solution a i p. 100 dans le canal pancréatique d’un Lapin qu’il vient de tuer, cet auteur voit, au moment même de l’injection, apparaître de nombreux points blancs. Après durcissement à l’alcool méthylique et coupe à la paraffine, la réduction s’est achevée, les îlots apparaissent comme des taches gris foncé sur un fond gris jaunâtre clair, leurs cellules contenant un dépôt abondant de particules noires.
Mais Rossi (1902), qui a repris ces expériences (Chien, Lapin) arrive a un résultat tout différent. Les points blancs opaques que l’on pit apparaître pendant l’mjection n’ont rien de commun avec les l ots ; ils marquent simplement les premiers points de diffusion et d action du nitrate d’argent, augmentent et finis.sent par confluer si
voisin lanl „„e los
Ainsi, chez l’einbryori de Mouton (après lixation' n**!. caractéristiques,
a la safranine), nous les trouvons ' KlemminK. coloration
voisins, et même que certains acini (iSc, Chez le ,
adulte, ils se détachent au contraire Use/ i ^ le Mouton
nient, très nettement après (ixation par i.,,ieool ' P'"’ 'e même traile-
Action lies réaclils.
KOllME l)i:s II.OTS
[22(il
l’on augmenlc la pression el la durée de l’injeclion. Qiianl aux précipités, on les évite en |)ienanl les précautions d’usage; ou bien on les obtient, mais dans la parotide comme dans le pancréas, en employant une solution d’argent commençant à se réduire, et en la laissant agir assez longtemps. Los zones alors teintes par ce précipité n’ont rien à faire avec les îlots.
Les injections artérielles au nitrate d’argent chez la Couleuvre, les fixations au nitrate par la méthode de llamon y Cajal ne nous ont pas davantage donné de réduction au niveau des cellules d’îlot.
Forme variable des îlots :
le plus souvent arrondie ou ovalaire.
Forme. — Les îlots de Langerhans sont déformé variable, le plus souvent arrondie (L.v>geiuia>s, 1869, — von Euneu, 1872, — Henaet, 1879) (1) ou ovalaire, quelquefois allongée (IIauius et Gow. 189''!), à contour assez régulier, assez nettement limité (IvÜiine et Lea, 1882).
Mais ces caraclères n’ont rien de constant. Us varient souvent d’es- })èce à espèce; ils peuvent varier d’îlot à îlot chez le même individu.
Vinsl, chez l’embryon de Mouton, à côté des îlots arrondis, nous signalons l’e.xistence de masses en train de se loher, de se ramifier (189.3-cf), et qui finissent j)ar former des îlots composés extrêmement irréguliers (1890-0) {fig. 39). Ainsi, chez les Ophidiens, Pisciiixgeu (1890, Couleuvre) les trouve souvent sous forme de longs et assez larges rubans, Diamaue (1899-a) les y montre comme dissociés parfois entre les acini sous forme de « champs racémeux » (2), images que nous trouvons de notre côté (1899 à 1902). Diamaue les décrit encore irréguliers, souvent en sablier, chez les Téléostéens (i8g5), parlois très allongés et contournés chez le Lapin ( 1899-a). Uenaut les voit arrondis, ovoïdes ou lobés chez le Poulet (1899). Chez le Chien, dit Centes, ils se glissent entre les tubes sécréteurs, dans les fissures dont ils épousent les lormes irreguheres; aussi, chez cette espece, le nom d’amas intertuhulaires est-il plus justifié que partout ailleurs. .\u contraire les formes globuleuses dominent chez la Souiis, le l\at, le Cobaye, le Hérisson (Diamaue, 1899, — (ientes, 1901); le Hat montre quelquefois des formes en boudin (Centes). Ils sont très iiiéguliers encore chez le ’l’riton pour Hiciiteu (1902). Mais, chez la plupart des
itérons, propos de chaque détail, que le nom du premier, ou d rs qui en ont parlé, ou de ceux qui ont le plus fortement insiste s
(1) Nous ne ci premiers auteu ce détail.
(2) Nous ntf retrouvons pas, dans
des
sur
la
note de Oianneli.i et de Giauo.mim cette
cx'pressron'izolie raccnnise)’ (pie Diamare emploie qu’il semble leur Tous leur avionsattribuée à sa suite en qpa.Ils absent si.nplement que le^ mal limités, et que leurs tubes peuvent se continuer a la penpbiiie a\tc les tube.
sécréteurs.
l'unMic i)i;s Îlots
animaux, on renconlre mêlées aux autres Ibrmes ties formes arrondies plus ou moins abondantes, assez généralenicnl prédominanlcs (y^y. 47
et s U IL'.).
(liiez \ Homme niliille, les îlots sont généralement assez réguliers, arrondis ou ovalaires (Dociicr,, i8g3, — Uein, 1900, — Staxgl, 1901, — Saueiuieck., 190/1). iMais nous en rencontrons parfois aussi de très irréguliers. Un grand nombre dos plus gros sont très allongés, en boudin, parlois en sablier, ou même plus compliqués. Ce doivent être, souvent au moins, des îlots composés résultant de la soudure de plusieurs voisins, comme chez l’embryon de Mouton. Il arrive en elfet de rencontrer des îlots jumeaux, c[ui fatalement se souderont s’ils ne cessent décroître. S.vieiuieck (190/1-/1) admet aussi cette confluence. Les petits sont le plus souvent réguliers ; le vaisseau ou le jilus gros des vaisseaux pénétrants leur constitue une sorte de pédicule, entrant, comme le dit Gentes, par une sorte de hile déprimé; d’oîi un aspect réniforme. plus marqué encore quand il y a retrait, après fixation par l’alcool. C’est dans ce cas surtout que von ILvnsem.vnx (1901), Gentes (1901) ont pu les comparera unglomérule de Malpighi. Mais, contrairement à ce que pense le dernier de ces auteurs, l’espace périinsulaire est uniquement dû au retrait, et n’existe pas sur le vivant, comme l’avaient montré depuis longtemps des fixations plus précisés (1).
H.vnuis et (jow (11894) ont fait remarquer c]ue les îlots de l’Homme ont cette parlicularilé d’être, très souvent au moins, composés, lobulés, par la pénétration de cloisons conjonctives. Nous verrons, en éludiant le tissu conjonctif, que cette lobulation n’existe que dans quelques gros îlots, qu’elle est plus apparente que réelle dans la plupart des cas. Pourtant le contour des îlots d’un certain volume est parfois lobé, non seulement chez l’Homme, mais chez d’autres espèces(REN.vuT, Poulet). Le retrait exagère cet aspeci, et peut sullire seul à le produire quand il y a de nombreux vaisseaux ; il cause en elfet une dépression plus marquée au niveau du point de pénétration de chacun d’eux. Gentes décrit encore dans la plupart des espèces une « lobulation », qu’il
(I) Il se foi-nie, par fixation dans i’aicool et divers autres réactifs, les mêmes espaces autour des aciiii. L’espace péri-insulaire est plus large parce que le retriil est plus marqué, les cellules d’ilot étant plus délicates, et la masse totale étant nhi« considérable. Gkntks y voit à tort « une véritable séreuse », avec, sur son renille) pariétal, des cellules conjonctives aplaties représentant une ébauche d’endothélium ce sont pour nous les cellules de la membrane propre, rares d’ailleurs. Diam auk ,i„i avait d’abord admis (189.')) l’existence d’un véritable espace péri-insulaire elle/ le« leleosteens. s’est rallié .a l’idée d’un simple retrait admise par Massaiu (isiiS) remarquons chez l’Homme que le liquide de Millier gonfle les cellules d'ilot hue celles d’acinus: le retrait est bl!m moins marqué, autour des îlots qulau&^^
Forme
assez régulière chez l'Homme.
Lobulation
apparente.
VOIXMK UES îl.OTS
Volume des îlots.
Il est très variable.
.Yiiimau.x à grands et à petits îlots.
comprend dans un aulre sens encore, et par laquelle il faut siinplemenl entendre une division en plusieurs cordons cellulaires, du fait des vaisseaux.
La loriue des îlots est parlois mal arrêtée, parce que leur limitalion. est loin d être toujours nette. C’est une question qui se ratlaclie d’tine part à la présence du tissu conjonctif, d’autre part aux transitions avec le tissu voisin, et sur laquelle nous reviendrons.
Volume. — L wGEitu.vxs ( i86q) assigne aux îlots un diamètre de t à 2 dixièmes de millimètre; et ce sont en effet les dimensions le plus souvent observées depuis, bien qu’il en existe de plus |)etits et de plus gros. Ils sont donc en général plus volumineux que les acini, souvent beaucoup plus.
Mais, comme pour la forme, il n’y a pas de règle constante, et les variations peuvent être considérables, non seulement d’espèce à espèce, mais d’îlot à îlot chez un même individu, comme le fontdéjà remarquer ILvmus etOovv (189/i), Pisciiixgeu (i8q5), etc.
Ainsi, les auteurs s’accordent généralement ])onren attribuer ; — de r/ra/if/s àrilomme (L. 1898, H.vkhis et Gow, 189/1, Cextes, Ssoholew,
S. vuerbeck), aux Singes (Ivühxe et Lea, 1 882, vox I Iaxsem.axn, 1901 )( 1), à l’Ours (II.viuus et Gow), au Cobaye (Harius et Gow, Ssobolew), et aux llongeurs en général (Diamare, i899,Genïes, 1901) (2), au
T. émur (Levi, 1904), à la Grenouille (Harris et Gow), au Crapaud (Diamare) (3), au Cryptobranche (Richter, 1902), aux Oiseaux (Hena ut, 1899, SsoBOEEw, 1 902), auxOphidiens (PiscHiNGER, 1895, Gianselu etGiACOMiiM. 189b (4), L. 1898 a 1902), aux Téléostéens (Diamare 1895 et 1899, L. 1895, Massari, 1898, Rexxie, 1 9o3), — de petits an contraireau Chien (Harris et Gow, Diamare, Gextes), au Chat (Diamare), au Tatou (Harris et Gow) (5), au Protée, ;i la Salamandre, aux Am[)liibiens en général (Hiciiter, 1902), au Hérisson (vox Haxse-
(I) CV.sl chez, le .Macaque que KOunk et Eka disent avoir rencontré les plus '>ols (|u’ils aient vus; ils en ligurenl un volumineux qui avait certainement plusieurs dixiémes de millimètre.
(a) Chez le Hat pourtant, Gian.nelli (1S98 H) leur attribue entre 80 et uoo l-*- seulement.
(3 .A côte de nombreux très petits, il y en a de « très gros » (?J (alteignant jusqu’à 1/10 de millimètre), corrifçe Hichtkh; c’est donc une grosseur toute relative. i ous n’avons jamais vu de très gros îlots chez les Atnphibiens.
(4) Chez le Lézard, les îlots sont petits, d’après ces auteurs, constitués de quelques cellules seulement : pourtant Huacukt en signale de gros au niveau de la queue comme chez les Ophidiens.
(.I) Ce seraient les ])lus petits : une denii-douzaine de cellules bien distinctes sui chaque coui>e, disent-ils.
vol.uMK m;s 11, ors
oo
M\NN, i<)Oi), ù la Taupe (L.), — de moyens au l)nMi(', au Mouinn ( I I UUUS cl Gow , SsOUOLKw), ClC.
Mais il faiil seulement comprendre [lar là, ou bien que la majorité Vai-iîiMliu;
des îlots ollVc CCS caractères, ou tout au moins cpic de e;ros îlots par chez
. la moine espece.
exemple se sont présentes assez nettement et en nombre assez consulerable pour attirer particulièrement l’attention des observateurs (i). Car on trouve facilement entre ceux-ci des divergences, parfois plus apparentes que réelles. Ssououîav, par exemple, semble en contradiction avec IIaruis et Cow. Diamaue, Gentes, quand il dit que chez le Chien les îlots atteignent et dépassent 3/io de millimètre. Cela signifie évidemment que cet auteur a rencontré chez le Chien un certain nombre de gros îlots, et non que la majorité de ces îlots étaient gros. Ssoboi.eav ajoute que le volume est à peu près constant pour chaque espèce. C’est fort vrai si on l’applique seulement à la majorité des îlots; autrement c’est une loi qu’il faut bien se garder de prendre à la lettre. Toutes les espèces que nous avons examinées possèdent de nombreux petits îlots, qui échappent facilement à un premier examen. Riciiïeu, chez la Grenouille et le Crapaud (1902), Krüger, chez les Téléostéens (190/1), en signalent de très petits à coté de très gros. Chez le Lapin, Kuhxe et Lea relevaient déjà, à côté d’énormes amas, la présence de petits groupes cellulaires embrassantune seule anse capillaire élargie. Rexaut en montre également de très petits à côté des « follicules géants n du Poulet. Ce qu’il y a de certain, c’est que bien des espèces, de Mammifères et d’Amphibiens notamment, n’ont point de gros îlots ou n’en ont que très peu.
Ssorolew (1901, 1902) croit pouvoir avancer qu’ils sont plus développés chez les petits animaux à échanges actifs (Pigeon, Cobaye), plus petits et plus rares chez les gros (Rœuf). Ge.ntes (1902-6), trouvant les îlots petits chez le Lion, après avoir constaté leur volume chez les Rongeurs, chez la Souris notamment, conclut de meme que les petites espèces ont un pancréas relativement plus riche en îlots. Tl semble en ell'et qu’il y ait un minimum indispensable de parenchyme insulaire, dont la proportion augmente quand le volume total du pancréas est très faible; mais il serait exagéré de vouloir établir une proportionnalité quelque peu rigoureuse avec la taille, d’espèce à espèce. La grosseur et l’abondance des îlots cbez l’Homme, la faillie dill'ércnce existant
(I) C’est évidcininfinl ce fini est arrivé chez les Ophidiens (et chez les .Sauropsides en (général) où nous trouvon.s de nombreux i)elils ilôts qui onl dil écha])per .à I observation d’IlAHHis et Cow et de von IIansk.mann (les îlots inaiKpient pour eux chez les Ophidiens), et seulement eu certains points limités de très ki'os, (pii sont au contraire tombes d’emblée sous les yeux de I’iscuinohh, {jiannki.u et (îiaco.mini, etc.
VOLLMIi UES il.OTS
Présence par places (le 1res gros ilols,
Chez
les Ophidiens surtout.
Chez
les Téléostéens aussi.
entre la Souris el le Lapin, le Clial et le Lion, la (Irenonille et le Crvptobranche, sï*l(jvc contre celle niani('‘re de voir.
Quant aux très gros îlots, on peut les trouver dans toutes les classes de Vertébrés, niais principalement dans certains groupes de Verlébi(;s inférieurs. Ainsi KÜiim: el Le.v (kS82) signalent déjà chez le Lapin même, aucpicl se rapportent surtout les cbill'res de L.wor.un \.ns, la présence d amas.de i à 2 millimètres de largeur, qu’ils peuvent distinguer à l’œil nu sur le vivant comme des places plus troubles, cl même isoler par dissection. Chez de jeunes embryons de Mouton (65 millimètres), nous signalons demême (i8r)5-c), à l’œil nu cl sur les coupes, a coté des 1res petites masses arrondies, la présence d’énormes îlots composés allcignant plus de 2 millimètres de longueur (i). IIev.vut ( i8()9) en retrouve de très gros chez le Poulet (dans le petit pancréas), auxquels on [)eut donner avec lui le nom de (jéanls.
Mais c’est surtout chez les Ophidiens et chez les Téléostéens que ces Uols fjéants ont été rencontrés. Dans le premier ordre, Piscuixgeii (1896) les signale chez la Couleuvre, Ci.\n.\elli el Ci.vcomini ( 1896) en voient de i à 2 millimètres chez [’Elapliis, et aussi chez le Varan (Saurien). Chez la Vipère (1898), nous en trouvons de 2 mill. 1/2 de longueur, se détachant merveilleusement à l’œil nu comme des taches jaunes, d’aspect crétacé, sur le fond gris rosé translucide de l’organe (animal inanilié). Dans la même espèce, Di.vmaue en montre un énorme, formant un halo interrompu en un seul point, sur tout le bord antérieur du pancréas, autour de la rate. Pehdiugeat et Tiuijoadeal en ont vu qui dépassaient 3 millimètres. Chez la Conlenvre, nous en trouvons également de plusieurs millimètres de longueur (i902-r/).
Dans le deuxième ordre (Téléostéens), on note comme diamètre 4 dixièmes de millimètre (L., 1895-^/, Crénilabre), ou la taille d’un pois (Diamare, 1890, Lopliius), ou 2 millimètres et plus (Massari, 1898, .Vngnille). Chez VOrtIuxjorisciis, Diam.vre (1899-a) rencontre en un cas une dizaine de masses de la grosseur d’un grain de cliènevis, disposées en chapelet à peu do distance l’une de l’autre, dans un autre cas une mas.se de 10 millimètres adhérente à la vésicule biliaire. Enfin Uenme (1908) voit, chez de gros Cyclopleras et Loplims, des masses considérables, dont la plus grosse atteignait i4 millimètres de long sur 5 de large. Ce sont là des exceptions tenant a des dispositions s[)éciales sur lesquelles nous aurons à revenir.
. (pCe sont (1rs ilolx priwairt’s ; che.x \e .Mouton .ndulle, ci-s kfossos masses ont disparu, sauf peut-être en certains yioints. I.es. i)lus grosses (j ne nous y ayons rencontrées jusi|u'ici avaient 4‘*5 et 4.’)0 ;z, la plui)arl des îlots ayant loo u cuNiron, les plus i>ctils, .■)().
Nous lorons en tcrminanl quelques réserves sur les cT[)[)récialions tic volume à l’œil nu sur le vivant, y ayant été trompé nous-meme sur la (iOuleuvre. Le diamètre des masses opaques qui représentent bien réellement les îlots est souvent augmenté par la présence autonr d’elles de zones dacini particulièrement riches en grains, que nous étudierons plus loin sous le nom de zones péri-insulaires (i). Le chillre de K.üii.\k et Lea, donné plus haut, et certains autres pourraient s’être trouvés exagérés de ce fait.
Rappelons enfin qu’il y a des variations de volume avec l’àge, puisque 1 embryon de Mouton nous a montré en grand nombre des masses bien plus considérables que celles de l’adulte.
La taille des îlots de l’Homme doit particulièrement nous intél'csser. (Nous avons vu qu’on le range parmi les. espèces à grands Ilots.) Laglesse les trouve « volumineux » (i8g3-d), « mesurant fréquemment 1 à 2 dixièmes de millimètre », Haiuus et Goav (iSg./i) grands et lobules, Gentes (igoi) « particulrerement développés », Ssouolew (igoi, igo2) grands, atteignant parfois i millimètre, Saueubeck. (igo4-fe) « a peupresla grosseur d unglomérulei’énal » (environ 200 y. de diamètre ). \ox Lbner (i8gg) donne des chiffres plus préci.s, O mill., 07 a O mill., 3 (supplicié). 11 faut donc ajouter, avec Dogiee ( i8g3) et la plupart des auteurs cites, qu’ils sont de taille très variable.
Dans de nouvelles recherches sur plusieurs pancréas de suppliciés (L. igo5), nous les divisons, pour faciliter les recherches, en : très petits (au-dessous de 100 g dans leur plus grand diamètre), petits rie 100 à i5o U-), moyens (de i5o à 200 g,), (//'a/ir/^ (au-dessus de 200 a, ou O mill., 2), géants (au-dessus de 4 dixièmes de millimètre). Les plus abondants de beaucoup sont les petits, puis viennent les moyens, enfin les très petits et les gros (2). Malgré cela, ces derniers sont encore plus abondants chez l’Homme que la totalité des variétés chez de nombieuses es[)eces, et 1 on en trouve encore généralement un ou plusieurs dans chaque lobulin. D’où l’impression persistante que, parmi les Mammifères, on peut continuer à ranger l’espèce humaine parmi celles caractérisées à la fois par le grand nombre et parla grande taille de leurs îlots.
Dimensions des ilôts chez l' Hoiiiine :
I à 2 dixième.s de millimètres.
Classification d’après la taille.
(1) I) autre p.irt. on a pu confondre un îlot avec un {groupe d’acini riclie en Rraiiis
Gcsl ce que Kuii.vn et I.UA reprochent a U 11 kidenuai.n.
lobule coupe en série (Va,..)(/?^. v), nous comptons (i gros
de 2 eeniim . ‘ "a ’’ l'elHs ou moyens. Sur une coupe
merne supplicié, nous complons, outre les petits et les fi dVni''' P'"s de 200 par conséquent), assez régulièrement répartis'
î m réasl'i." 4"- “ (îlo'« fù’anls). Sur ces points pa.%onsé,,uent t.He d,:
P uertas). Il y avait environ un cinquième de gros îlots, un trentième de géants.
NOMIlItE UES lEOrS
Ilots géants, atteignant I millimètre environ.
Nécessite
(les coupes sériées.
Dill’érences
iiulividuclles.
Les îlols géants y sont relativement rares (Levi, 190/i, assigne O mill., 3 aux plus gros de l’Homme), pourtant on en trouve encore assez facilement de f\ à 5 et même 8 dixièmes de millimèlie (1). SsoHoi.Ew (1901, 1902) dit en avoir observé rpii atteignaient i millimètre, et étaient alors visibles à l'œil nu sur la glande fraîcbe comme des points blancs demi-transparents. Nous ferons ici les mêmes réserves que plus haut sur les dimensions mesurées dans ces conditions.
Ajoutons que c’est par l’examen de coupes rigoureusement sériées que nous avons pu établir les cbitTres précédents. C’est seulement dans ces conditions qu’on pourra faire, dans chaque observation anatomopathologique, un pourcentage exact des dilVérentes variétés ; car tel amas qui dans une coupe isolée serait noté sous la mention petit, s’enfle soudain dans les suivantes pour mériter le nom de moyen, puis de gros. L’erreur est encore plus facile avec une masse allongée attaquée transversalement par le rasoir.
Les dilTérences individuelles, sur ce point comme sur les autres, peuvent êtres considérables (entre deux suppliciés d’aspect sain par exemple). H en est de même entre des points très voisins de la même glande, où les proportions entre les dill'érentes variétés peuvent varier dans d’assez larges limites.
Meme variabilité rlans le nombre.
Kspèces les plus riches et les moins riches en îlols.
Nombre. — Disséminés entre les acini (LxNGEKnAMs, 1869. Henaüt, 1879, IxÜHAE et Lea, 1882, etc.), les îlots pleins sont naturellement beaucoup moins nombreux qu’eux. Alais ici il existe des dilTérences très marquées, non seulement spécifiques ou individuelles, mais encore locales, c’est-à-dire entre les différentes parties de l’organe. Opie (1900) a insisté tout spécialement sur les deux dernières sortes.
Les îlots sont parLiculièrement abondants chez. l’Homme (L.. 1 898-1/ et 189^-0, Dogiei., 1898 (2), Opie, 1900, Gentes, 1901» Saeeuheck. u^oh-b), — le Tatou (Harris et Gow, 189/1), — la Souris (Gextes içjoi) (3) — le Hat (Gextes), — le Lémur (Levi, 190'!), — l’Anguille (\I assaiu, 1898) ; — bien plus rares au con/m/Vc chez le Porc(HAiuu.s et Gow, Gen'i'es), — le Bœuf (Ssohoeew, 1901-1902). chez
(i) I.e plus «ros que nous ayons rcnconlré chez l’Homme adulte avait en ellel 8<x) iJt (le loiieueur, était en l'orme de boudin irrégulier. 1 n autre, de 4(j<> très irre- Kulicr. a surlace mamelonnée, était évidemment formé par soudure de plu.sieurs masses.
(a) l)oGiKi.dit simplement (pt’il lesirouveen plus ou moins Krand nombre sur prestpie toutes les coupes.
(3) C’est la qu’ils sont, i)oiir lui, le plus abondants.
XOMHHl' DES ILOTS
beaiicotip d’Ampliibiens, nolaiiinienl la Salamandre, le Triton, le Protée (Richtek, i<)0.) (i).
Mais ici les divergences entre auteurs sont très accentuées. Ainsi, dans le premier groupe, Diamake et Gentes mettent le Chien, — Diamaue, Opie, CIentes le Chat, — Centes le Cobaye; — alors cpie Harkis et Cow avaient placé ces trois espèces dans le second. Ces divergences peuvent tenir à la technique employée, les îlots petits ou assez fortement colorables pouvant facilement passer inaperçus, si la coloration n’est pas assez élective (2). Elles tiennent aussi probablement aux très grandes dilTérences qui ont été souvent signalées entre les individus (par S.vuerbeck notamment, 190/1-6), et entre les différents points de la glande si les observateurs ne l’ont pas examinée tout entière. Nous verrons bientôt que c’est indispensable.
11 faut faire dès maintenant une mention toute spéciale de « l’immense extension..., du nombre extraordinaire » des îlots que rencontre Levi (190/1) chez le Eémur. La majeure partie du parenchyme sécréteur en est formé. Nous reviendrons plus loin sur cette disposition toute particulière, mais qui, d’après l’auteur même, pourrait être individuelle, puisqu’il n’a pu examiner qu’un seul sujet.
Les variations ne sont pas moins considérables avec l àge qu’avec l’espèce. Dès 1893 (d), nous avons signalé que chez l’enfant nouveauné les îlots sont beaucoup plus abondants que chez l’adulte, et plus nombreux encore chez le fœtus. Nous avons montré ensuite (iSqS-c) la place prédominante qu’ils tiennent dans la glande chez l’embrYon de Mouton. Remaut (1899), Ssoboeem' (1901 , 1902), Stangl ( 1901), Pearce (i9o3), Küster (190/1) ont confirmé chezl’embryon humain. Kasaiivra (1896) les trouve de même extraordinairement abondants chez des enfanis de quelques mois. Opte, Sgueesinger ont des observations analogues.
Il faut ajouter que la plupart des auteurs considèrent cette diminution du parenchyme insulaire avec l’âge comme relative, et plus apparente que réelle, puisque pour eux les îlots sont des formations invariables ; constitués avant ou pendant la diüérenciation graduelle des acini, ils 1 emportent d abord sur eux en nombre et en volume, mais peu à peu, à mesure que se développent ces acini, leur masse et
(I) CIicz la Orenouille, IIaiuiis, et Gow les déelarenl très rares, tandis que Hiciitku les trouve en nombre très variable. D’après Dia.mauk, ils seraient nombreux chez ie OrapHud.
HAysKyAN.v (1901) lait aussi remarquez que le contraste entre le pareucbvuu et les Ilots étant plus (fraud en étal d’activité du premier (quand il est bourré di Krains), il y a la une source d’erreur a éviter : les îlots paraissent moins uombreu.v au repos, a un examen superliciel.
Variations avec l'àge.
il,
Numérations.
RéparlLlion un peu inégale des îlots.
Légère tendance à suivre les vaisseaux.
“’O Itl'il’AHTITIOX ni;s ÎI.OTS
leur nombre lelalil dimimienl. C’esl ce qu’a soulenu notamment Küstkii ( 190^1). AsourcmenI il y a tl abord citez l’embryon diminulion rclalive due au dévelojtpement [tlus [>récocede.s îlots, mais nous croyons que cela ne sulfit pas à expliquer l’énorme dilVérence qui persiste entre le nouveau-né et l’adulte. Il est probable que, dans le jeune âge, les exigences de l’organisme sont plus considérables, et que de nouveaux îlots SC (orment plus souvent et plus facilement, que le balancement dont nous avons déjà parlé est plus actif. D'ailleurs, pour ceux qui ailmettent le rôle endocrine de ces amas, il suffira de rappeler que, d’une façon générale, toutes les glandes à sécrétion interne sont plus développées pendant la période de croissance.
Chez l’Homme, on ne s’est pas borné à constater le grand nombre des îlots, la variation évidente de ce nombre d’individu à individu (Saueiu!eck notamment, 1904-^), on a voulu en outre se livrera des numéralions plusprécises, et capables de servir de l)asc aux constatations anatomo-pathologiques. Mais nous rejetons au sous-chapitre suivant cette question, qui est intimement liée à celle de la répartition dans l’organe.
Répartition. — Les « amas cellulaires », dit L.wgebu.ws (uStiq), sont « régulièrement disséminés » dans le parenchyme glandulaire (i). C’est la première impression ; mais les recherches ultérieures ont > montré pourtant moins de régularité. Nous avons à examiner successivement la répartition : 1° par rapport aux autres parties glandulaires, lobules et cloisons lobulaires, vaisseaux, conduits; — y" de lobule à lobule ou de région à région ; — 3" dans les grandes divisions de la glande, tête, corps et queue; ébauches embryonnaires.
1. — Cextes (1901), chez la Souris et la plupart des Mammilères examinés par lui, place les îlots en général au voisinage des gros vaisseaux ou même à leur contact immédiat, « échelonnés » ou « en chapelet le long des paquets vasculaires ». Nous ne trouvons pas jusqu’ici cette disposition aussi évidente; ils nous paraissent» peu près aussi nombreux à distance de ces vaisseaux. Nous les voyons plutôt en majorité à l’extrémité ou vers l’extrémité des fines artérioles.
(I) KüiiNKell,KA{i882)ajoulpnt qu'ils sont répatulus dans toute l’étendue de l’organe, êine sur de petits lobules sans conduits iin[)ortants. l.nw asuiikvv (i.S8(î) les trouve
inêine sur de pet
de inèine en toutes les parties de la glande, .à la surlare conune au centre, au voisinage ou loin des canaux. (îianm'.u.i et Giaco.mi.m (tSyl)) les disent repartis sans
règle.
(a) Une phrase de von Kiink» a fait supposer qu’il les place au voisinage de gros
vaisseaux veineux. Conune il l’explique, depuis (rrndc de Kœi.i.ikkii), et comuie devait
du reste le Caire comprendre le mot employé (Uingebung), il s'agit des vaisseaux propres des ilôts (capillaires élargis).
umrioN dus îi.ots
(il
■ioo
souvcnl appcndiis à elles par une ou |)Iusieurs petiles liraiiclies collalérales (pancréas luiniain injeclé). La facililé loule spéciale avec laipielle leurs vaisseaux s’injeclcnl par les arlères, bien avant la majeure partie des autres ca|)illaircs, a été d’ailleurs signalée dès i8S;^ par Kl n\E et Li;a; et Kenai r (iSpi)) a particulièrement insisté sur ce lait cpie ce sont surtout des formations artérielles, (j’est un point sur lequel nous reviendrons en parlant des vaisseaux.
Gevi'es (iqoi), Saüeubeck (iqo/i-6) les voient aussi voisiner assez fréquemment avec les canaux excréteurs. IjEwaschew (1886) s’était d avance inscrit contre. Dieckiioff (i8q,'i) précise, les place près des points de bifurcation des conduits. C’était, comme nous l’avons montré chez 1 embryon, la position des ilôts primaires; mais ce rapport, bien qu ayant tendance à persister en certains points, nous paraît avoir de moins en moins d’importance avec l’âge.
Il est assez intimement lié avec le suivant. Dans un lobule en général. Tendance ou plutôt dans un lobulin, l’ilot s’il n’y en a qu’un, la plupart des îlots ou les plus gros s il y en a plusieurs, se trouvent plus volontiers vers Icsparties centrales le centre. En tout cas d est rare qu ds ne soient pas enveloppés par lobnlins.
les acini.
Ce rapport est assez frappant, chez certains animaux surtout. Dès 1882, Kühxe et Lea, chez le Lapin, font remarquer la rareté des amas sur les bords de la glande. Leavasciiew pourtant (1886) les voit à la surface comme au centre. Chez l’embryon de Mouton (1895-c), nous montrons qu’ils manquent généralement à la périphérie de la glande en voie de croissance, tandis que les plus nombreux sont rassemblés en une ou plusieurs traînées dans la région axiale. Chez le Crénilabre (L., i8r)5 (/), « étant donné un amas de pancréas formant lobule, ils en occupent la partie centrale a, fait confirmé et généralisé depuis chez les léléostéens par Diamaiif. (1899) et par Rexinte ( 1908). Cr \xxEu,i et CiacoMiM chez les Reptiles ( r89fi), Diamaue chez les Mammifères (1899), les trouvent disséminés sans règle. Rexaut, en 1879, les voyait simplement sur un ou plusieurs points du lobule (Poulet, Cheval,
Chien, Lapin, Rat). En 1891) il précise : il en existe un au moins par (( lohide cunéiforme » (Homme, Mammdcres, Oiseaux), plus souvent un par « îlot pancréatique n (lohulin), et, parmi eux, un déplus grande taille ré[)ondant au lobule entier. La plupart des gros, dans le moyen et le polit pancréas du Poulet, se succèdent presque au contact en une longue (rainée dans l’axe de la glande. \o\ Euneu (1899) les voit à I intérieur des lobules, [ilus rarcmenl à la [lériphéric.
C’est surtout (Joie (1900) qui a insisté (et pliilôt trop insisté) sur
itKi'AiniTioN dks îi.ors
(iu
Tendance de l’ilol à être
entouré d’acini.
Répartition chez l'Homme (supplicié).
Nombreux îlots en chacjue loliulin.
celte position clans le lobule. D’après lui, chez le Citai, où la distribution serait parliculièrenienl scbéiiialicpie, on trouverait « l’îlol » vers le centre du « lobule » (lobulin). Au niveau de la cpieue tout au moins, cbacpie lobule en contiendrait un dans celle position centrale. Citez l’Ilottime, bien cjue l’îlot soit souvent de même au centre du lobule (moins clairement défini), cette situation ne serait pas constante. Quelcptes auteurs (vo\ IIansëmann par exemple) ont adopté cette description comme un schéma général invariable.
Mais depuis, on a lait plus de réserves sur celle situation centrolobulaire chez les Mammifères, et nous pouvons dire que chez eux, sauf exception, c’est seulement un lieu de prédilection. Ainsi Gextes (igot) dit seulement, ce qui est plus vrai, que les îlots sont généralement entourés de toutes parts par les acini, mais il arrive aussi qu’ils touchent à la surface ; on pourrait même les trouver dans l’espace in terlobulaire (r). Ceux-ci seraient particulièrement fréquents chez le Cobaye (2), la Souris, le Rat. Chez le Chat, les amas « endocrines » se cantonneraient mieux dans le centre du lobule, au nombre d’un ou de plusieurs.
Chez i Homme, Staxgl ( 1 90 1 ) les trouve « épars », Sauerbeck (igo/i-ù) le plus souvent vers le centre des lobules, mais parfois aussi à la périphérie et même dans le tissu interstitiel, particulièrement au voisinage des canaux moyens. Malgré Opie, leur nombre lui semble plus grand que s’il n’y en avait qu’un par lobule. D’après FLixT(igo3), il en existe un presque en chaque lohule [lobulin], dans la queue seulement, et il le figure au centre ; ailleurs ils .sont plus irrégulièrement distribués.
Dans de r'écenles recherches chez (les suppliciés (igo5), voici ce que nous trouvons. La plupart des lobules cunéiformes de 2 à 6 millimètres de diamètre moyen sont profondément lobés ou incisés en lobulins de T à 2 mill. 1/2 en général. Deux lobulins de 3/4 de millimètre sur 2 mill. 1/2, pris au hasard dans la tête du pancréas, nous ont montré, sur la lolalilé des coupes sériées, l’un treize, l’autre dix-sepl îlots.
D’une façon générale chaque lobulin de taille moyenne, même dans
(i) Il ajoute qu’en ([uelques points, chez la Souris, le lobule peut en majeure partie être constitué i>ar un îlot géant ; mais il semble (pie cette description ne se rapporte pas a des coupes sériées, ii’ait par conséquent qu’une valeur toute relative. S’il s’agit d’une seule coupe prise au liasard, nous pouvons conlirmer le lait chez l’Homme.
(u) Chez le Cobaye nous les trouvons souvent aussi superliciels, et même saillants a la surl'ace (dans la graisse là où elle abonde). Il l'aut remarquer ((u’une coupe tangentielle de pareils îlots les ferait paraître iiidépendanls et interlobulaires.
[•ioy] iu':i’\itrm<»>' dks îi.ots
la tète, montre de meme plusieurs îlots, si l'on peut examiner la série complète des coupes qui l’intéressent. Sur une section isolée de chacun de ces lobulins, le plus souvent on rencontre encore un ou plusieurs îlots; pourtant ils peuvent manquer. 11 en est souvent ainsi par exemple sur les coupes tangentielles, car il est relativement rare que les îlots affleurent ou proéminent à la surface. La plupart (petits et gros) sont dispersés en plein tissu, dans toute l’étendue du lobulin, avec une certaine prédilection pour les parties centrales, où ils sont assez volontiers tangents à un canal, quelquefois à une artériole (les gros surtout). Tl existe donc une simple prédilection pour le centre, et en outre une certaine répulsion pour la surface, vu la tendance générale des îlots à s’entourer de tissu exocrine. Mais on en trouve de très excentriques, môme parmi les très gros. Nous avons vu cpielquesuns de ceux-ci faire saillie à la périphérie, représenter même quelquefois la pointe d’un lobule. Il en résulte qu’une coupe isolée tangentielle a pu faire croire (à GENTEs)à leur isolement dans l’espace interlobulaire, alors qu’une série les montre rattachés à un lobule voisin. L’isolement véritable existe pourtant dans les cas de lipomatose môme très circonscrite ; la graisse ronge pour ainsi dire le- lobule, en respectant longtemps les îlots. Quand ceux-ci viennent faire saillie à lasurface, c’esten général dans la graisse qu’ils proéminent.
D’après ce que nous venons de dire, le nombre total des îlots dans chaque lobulin ijobule de la plupart des auteurs, îlot pancréatique de Revaut) dépasse donc de beaucoup les cbilYres donnés (i), tout au moins dans les points lâcbes de la tête que nous avons particulièrement étudiés. Chaque lobule cunéiforme pouvant contenir de six à vingt de ces lobulins, et plus, nous arrivons à un total considérable |)our l’ensemble. Le plus petit lobule que nous ayons pu isoler {fiq 2,E) assez exceptionnellement petit (i millimètre X 2,62 X 3 millimètres), et assimilable à un gros lobulin devenu indépendant, contenait déjà trente-quatre îlots, dont six gros.
Chez le Chat, môme à l’extrémité de la queue du pancréas, nous trouvons en général dans chaque lobulin bien individualisé non seulement un, mais plusieurs îlots, qui sont loin d’être toujours centraux. La description d’ÜPiE nous paraît donc trop schématisée. Contrairement à lui, nous voyons le pancréas humain plus riche en îlots que celui du Chat, probablement parce que nous avons examiné des sujets normaux, tandis qu’il étudiait des sujets d’autopsie.
(I) Oi-IK parle bien pourlant. de coupes en série, chez le Chai tout au moins, puisqu Il dit que, dans une coujie isolée, on ne voit jias lalalemenl « l’îlol », mais qu’on le retrouve toujours en suivant la série.
Simple prédilection pour les
parties centrales.
UKi'xuTmoN iMÔn u.ic np.s ît.oTS
Rcparlilion
inégale
en des clianips 1res voisins.
Réparlilion
inégale
dans les dlirérents segments de la glande.
.Vccumulalion toute particulière des îlots à l’extrémité juxta-splénirpie du pancréas chez les Ophidiens.
11- — delà répaiiilion vis-à-vis des vaisseaux, des conduits et dans le lobule, nous passons à la rcparlilion en des régions voisines de quelque élendue, nous conslalons, chez l’ Homme au moins, d’assez grandes varialions, peu c,\[)lical)lcs jusqu’ici, et indépendantes de la silualion du fragment dans l’ensemble de la glande. A côté de larges plages où les îlols abondent (l’une ou l’autre variété pouvant être plus parliculièrement le siège de celle augmentation), on en trouve de beaucoup moins riebes. D’où la nécessité, pour faire des numérations précises, d’examiner des coupes larges cl des fragments pris autant que possible en des [toinls très différents.
111. — Ü ne autre raison vient y obliger. C'est la réparlilion inégale dans les dilfércnls segments de l’organe ; tète, corps et queue chez l’Homme, — queue, portion horizontale et portion verticale chez le Cbien, le Cbat, elc.
(biand nous montrions (i8c)5-c) le pancréas de l’embryon de Mouton (Go à 70 millimètres) constitué par plusieurs grappes partant du canal de Sanlorini, dont une principale, et les plus gros îlols formant une traînée dans l’axe de cette grappe conique, il était par cela même évident que le tissu endocrine prédominait au point le moins large, vers l’extrémité de la grappe. Nous n’avions pas attiré spécialement l’attention sur celte disposition; pourtant nous signalions dès le début, sur l’embryon de i5 millimètres, l’existence d’un énorme renllement plein terminal (o milli., 3) « au voisinage immédiat de la rate ».
Mais c’est chez les Reptiles que l’inégalité de distribution est le plus marquée, persistante chez l’adulte. C’est là qu’elle dexvail surtout frapper tout d’abord. Dès 1896, Ciaxnelli et Giacomini font observer que les îlots, chez les Ophidiens adultes, sont parliculièrement ramassés au voisinage de la rate, c’est-à-dire à l’extrémité dislaïc du pancréas. qui estici la plus épaisse et ne mérite plus le nom de queue. Ibi.AciiET (1897) (1), chez le Lézard, dit que le pancréas dorsal (c’eslà-(bie celui qui s’élend jus(pi’à la raie) lui semble formé de cordons pleins, le ventral au contraire surtout de tubes creux. Cixnxei.u (1898) retrouve chez les Sauriens adultes [Lacerla, Seps) les îlols gros et nombreux au même point, très rares et très petits dans le reste de l’organe. Plus lard (1898-Ù, 1899-c) étudiant le développement du Seps Chalcides, il voit de bonne bcurc le pancréas dorsal de plus en plus riche en îlots à mesure qu’on s’approche de 1 extrémité de la
(1) Dispussion à la suite de notre commun
ication (Anatoniisclie GesrUscha/t).
[■.<3()| lu';i‘AimTl()\ INKOAI.K DKS îl.OTS ()f)
queue, et terminé par un volumineux amas plein, qui persiste chez l'adulte, engainé d’une mince couche de tissu glandulaire.
En 1899 (a), nous montrions une bande de tissu « endocrine » au contact de la rate chez la Vipère (séance de démonstration). Un peu plus tard, Diamake (1899-a), chez le même animal, voyait dans un cas les îlots former à ce bord, autour de la rate, un « halo » blanchâtre, visible à l’œil nu, interrompu en un seul point. Il constate même abondance localisée chez Elaphis et T ro p ido no tas. \ ers la même époque (1899-e, y, puis 1900-c), nous constatons de nouveau l’abondance et la grosseur des îlots, généralement confluents (sauf chez Naja), en une ou plusieurs larges traînées « au bord juxta-splénique », chez tous les sujets examinés (trois Vipères, huit Couleuvres) (i), et nous retrouvons chez l’embryon des dispositions analogues dès l’origine du développement (2). Perdrigeat et Tribondeau (1900-a et 6) confirmaient bientôt [Vipera aspis et V. ammodyies). Enfin nous montrions plus récemment (1901-1902), tout à l’extrémité du canal de Santorini, chez la Vipère et la Couleuvre, l’existence presque constante de pancréas accessoires presque exclusivement endocrines (voyez chap. X).
D’autre part, chez les Oiseaux (Poulet), Revaut (1899) a signalé des faits analogues, c’est-à-dire l’abondance et le volume tout spécial des îlots dans le moyen et le petit pancréas, tandis qu’ils sont plus clairsemés dans le grand. Giannelli (1902) fait l’a même constatation chez Fringilla domestica : le segment splénique est presque exclusivement constitué par des îlots (3).
Chez les Sauropsides donc, d’une façon générale, la région juxtasplenique du pancréas, qui correspond comme la queue de l’organe chez 1 Homme, a l’extrémité de l’axe de végétation Santorinien, a une tendance toute particulière a former des le début du développement de nombreux et volumineux îlots, et à en conserver pendant toute la vie un grand excès.
Chez les Mammifères adultes, c’est Opie (1900) qui a fait les pre-
(i) Vipera aspis et Tropidonotus natrix.
I Glas, il est curieux de constater que. dès i8s7. Mattko
avaT délia n. Accad. delle Scienze di Torino, I. 3i, et Isis, i8W p 5/!)
Ophidiens. 11 les avait pris^poiir îsoe^ “nnR ^ spléniques (des lobules analogues à ceux auxquels la rate doi7son
reste dr/a raTe Jans le pancréas, et qui fourniraient, comme le
ste delà rate d ailleurs, un suc venant se mêler au biliaire et au pancréatique
Chez les Oiseaux également.
HKl'AllTl'I ll )N ni'.S îl.O I S : M MKH \TIOAS
üiMiî l’ait ime constalalion analogue cliez les Mammifères adultes :
plus grande richesse en îlots de la queue.
Différence pourtant moins accentuée.
îNuméra lions méthodiques chez l’Homme.
Opie : le nombre des îlots serait
presque double dans la queue.
(iC)
mièfos conslalalioiis de même ordre : mais ici l’incgalilé de dislribulion est infinimcnl moins marquée. ( )i>ie trouve les îlots prédominants dans la queue chez le Chat, le Chien et l’ilomme, sans faire d’ailleurs aucune tentative d’explication, et sans rapprocher ces données des faits d’embryogénie ou d’anatomie comparée précédemment signalés. Chez le Chat, comme nous le disions plus haut, il voit au niveau de la queue un îlot central dans chaque lobule, tandis que sa présence serait inconstante dans les lobules de la tête, et surtout de la portion verticale descendante. Chez le Chien, il compte les îlots sur 6 animaux (3 soumis à des expériences par la pilocarpine, 3 sujets témoins) ; sur chacun d’eux un fragment est examiné dans la queue, un dans la tête au contact du duodénum, un dans la portion descendante, et les îlots y sont comptés dans une aire donnée. L’auteur ne trouve pas de différences bien notables entre la tête et la queue ; dans quatre cas le rapport est même inverse ; mais, en revanche, il constate de cinq à dix fois moins d îlots en moyenne dans la portion descendante (i). Vox H.a.xsem.\xx (igoi) se range tà l’avis d’OpiE. 11 donne une bonne figure du tissu de la queue du pancréas chez le Chimpanzé : les îlots y sont presque au contact les uns des autres.
C’est surtout c/tez l’Homme qn on a compté les îlots, sans précautions d’abord, puis en tenant compte de la répartition. Nous avions donné une première évaluation chez un supplicié (Wa...e, 189/i-c). Sur un fragment pris à plusieurs centimètres de l’extrémité splénique, nous pouvions « en compter plus de i5o dans certaine coupe d un centimètre carré » et d’un centième de millimètre d’épaisseur.
Mais Opie (1900-a) a fait les premières grandes numérations méthodiques, en prélevant des fragments dans différentes régions. Sur dix sujets d’autopsie (sur l’état desquels il ne s’explique d’ailleurs pas davantage), il lrouve> sur une aire de section d un demi-centimètre carré, une moyenne de i8,3 dans la tête, 18 dans le corps, 34 dans la queue. Son tableau (2) décèle en outre de très grandes variations individuelles, de 44 dans la tête sur le sujet IX, à 4 au meme point sur les sujets 111 et IV, — de 61 dans la queue sur le premier, à 19 et
(0 Par demi-centhnèlre carré il compte : dans la portion de ^6 sur les animaux sains, et de 6,6 chez les animaux en Vhez le^^^
de 6:,6 chez les premiers et 67,6 chez les seconds, - dans la queue, de 5o chez
premiers, et 56,6 chez les seconds.
(.) Op.«,Sxük..beck, Laguesse ont en effet donné des tableaux numérations. Il sera bon à l’avenir, dans ces tableaux, de noter a quel "ë^^reinité on a pris les fragments de queue, car es
dVccord sur la lonîçueur à donnera celle région (rcduile presque a I nueue et Charpy par exemple). Nous prenons toujours maintenant es ragi dans le dernier centimètre, ou au moins dans 1 avant-dernier.
REI>AHrni().\ DES 1IA)IS
numeuatiows
i3 sur les seconds. Chez certains (VI) le nombre dans le corps (27) peut dépasser celui de la queue (26), à peine supérieur lui-même à celui de la tete (sô). Opie conclut que le nombre des îlots est à peu près égal dans la tete et dans le corps, mais presque double dans la queue. En ramenant ses cliilTres au millimètre carré, on trouve une moyenne de o,366 par millimètre carré dans la tête, — o,36o dans le corps, — 0,68 dans la queue.
Saüerbecr (1904-6) examine en général vingt champs différents, de 3 1/2 millimètres carrés, dans chaque portion. Il donne un tableau de douze cas d’autopsie de non diabétiques ; mais l’une des glandes est infiltrée de carcinome, trois sont fortement lipomateuses, une faiblement; deux sont faiblement sclérosées, deux plus faiblement encore. Il ne reste en somme que trois pancréas normaux seulement, et deux à peu près normaux. Sauerbeck trouve dans ces cinq derniers, de 2 à 9 1/2 îlots par champ de 3 1/2 millimètres carrés. Dans trois cas seulement il a fait une double numération de la tête et de la queue; les chiffres sont peu différents : - 8 (queue) et 8 1/2 (tête), - 7 1/4 (queue) et 8 (tête),
4 (queue) et 2 (tête), — et deux fois en faveur de la tête. Dans certaines glandes moins normales l’écart'est plus grand ; chacun des deux chiffres s’est exagéré, l’un en plus, l’autre en moins (exemple, cas VII, lipomatose légère: queue, 1 1 ; tête, 3 1/2). C’est surtout entre les differents champs que les écarts sont considérables, même chez les sujets sains (de o à 22 par champ). Sauerbeck conclut de tout ceci que le nombre des îlots est plus grand que s’il n’y en avait qu’un par lobule (comme le pense OPiE),quele nombre est extraordinairemLt variable, puisque entre deux glandes normales il y a souvent plus de différence qu’entre une normale et une malade, — que dans un champ circulaire de 2 millim. 3 de diamètre, c’est-à-dire de 3 millim 7 de surface, le nombre ordinaire est de 3 à 4 (exceptionnellement de moins de 3 à plus de 10), ce qui fait environ i îlot de La.xgerhans par millimétré carre ( i). Il conclut également, avec Opie, que les îlots sont « notablement plus fréquents « dans la queue que dans la tête, mais peuvent pourtant être très abondants en cette dernière région, leur nombre pouvant égaler ou surpasser celui de la queue.
A l'époque où Sauebbeck publiait cette statistique, nous étions en
ram de compter les Ilots sur un second supplicié(Va...l). Sursoixanle-
deux champs carrés de /, millimétrés de surface, différents et non sénés, pris régulièrement et sans choix J la suite l'un de l'autre dans
Sauekbeck.
Heclierches personnelles .
nÉl'AU'IlTION DES î t.OTS : NUMÉKATIONS
de larges coupes, nous trouvions, dans des fragments adhérents au duodénum (région des caroncules), une moyenne de 4,07 par champ en laissant de côté les formes douteuses au faible grossissement, et de 4,64 en les englobant. Sur seize champs pris dans un autre fragment adhérent au pylore, nous obtenions une moyenne de 3, 06 et 3,68, — et sur vingt champs pris entre 5 et 10 centimètres environ de l’extrémité splénique, 3,5o et 4>o5. Ce qui fait, pour une surface totale de 3()p. millimètres carrés (ou près de 4 centimètres carrés), prise en dilTérents points, une moyenne de 3,54 à 4, 12 par champ, soit 0,88 à i,o3 par millimètre carré, selon que l’on compte ou non les formes douteuses (c’est-à-dire peu nettes, de transition, etc.) (i).
Depuis, nous avons complété par l’examen moins complet de fragments provenant de trois autres suppliciés, et d’un tuberculeux dont le pancréas, prélevé dans d’excellentes conditions, pouvait être considéré comme sain et bien fixé (igo5-a). iNous arrivons ainsi à une moyenne générale de 3,44 (îlots certains au faible grossissement) et 4 (formes douteuses comprises) par champ, ce qui fait 0,80 et i par Un îlot millimètre carré (2). Ces chiffres ont forcément une plus grande
par millimètre valeur que ceux d’OpiE et de Sauerbecr, puisqu’ils ont été obtenus sur
^ des sujets presque tous sains, et où la glande avait été fixee de vingt minutes à une heure après la mort. Ils concordent d ailleurs finalement avec ceux de Sauerbeck. Nous croyons donc pouvoir dire que, sur le pancréas humain normal, la moyenne est d’un îlot par millimètre carré ou très peu au-dessous (3). Pour être certain qu il y a diminution dans une glande pathologique, il sera nécessaire de faire les numérations sur des coupes non sériées, prises en différents points de la tête, du corps et de la queue. Quand le chiffre descendra au voisinage et surtout au-dessous de o,5 par millimètre carré nous croyons qu il ne sera plus téméraire d’affirmer cette diminution. Un seul de nos suppliciés (De... te) descend au-dessous de 3 par champ (o,4i a o,56 par millimètre carré), mais il ne peut être considéré comme absolument normal, car il avait eu dans sa prison la fièvre typhoïde (4)-
(1) Pour les procédés, voir L.. iQoS-a (compteur d îlots).
(a) Nous n’avons pas tenu compte dans ce total de notre ^
Wa ..e, laite avec des procédés dilTérents, et nous en a donné des chilfres un peu inférieurs. Cette prem.cre évaluation ( i a carre), faite dans un point dont la richesse nous aval d’exagéré, puiscpie nous retrouvons i,4 chez II. aj dans la queue p q sujets de Saukuhkck ont plus de 2.
(3) Chez le Mouton adulte, nous trouvons également un peu plus de i par mi 11
(4) D’autres fragments, plus nettement colorés, ont
moyenne; de petits îlots avaient pu nouséchapper.les coupes n étant po n p
nÉPAnTiTioN niîs îi.ots : numérations
fin
A la suile de ces numéra lions, nous évaluons le nombre des îlots à dix par millimètre cube. Comme chacun d’eux a généralement plus d’un dixième de millimètre de diamètre, leur volume total peut être considéré comme égalant la centième partie du millimètre cube. C’est dire que, pour nous, sur un pancréas de loo centimètres cubes, il y aurait approximativement en moyenne i centimètre cube de substance endocrine, et qu il y aui’ait vraisemblablement déjà un degré notable d’insuffisance insalo-pancréatique (les îlots étant supposés sains), quand cette quantité tombe au-dessous de 1/2 centimètre.
En ce qui concerne la répartition, c’est seulement chez le tuberculeux (H. 27) que nous avons pu examiner comparativement un fragment de la tête et le dernier centimètre de la queue. Nous trouvons pour la tête 3,o5 et 3,4o; pour la queue, 5,i5 et 5, 60. Mais, chez un supplicié ('\Aa...e), l’extrémité de la queue ne donnait que 3 à 3,/|0. Chez deux autres, des fragments pris à quelques centimètres de l’extrémité splénique étaient bien moins riches que ceux de la tête. C’est vers 1 embouchure même des canaux dans l’intestin que nous avons trouvé (Va...l) le chiffre le plus élevé (4,07 et 4,64) après celui de la queue plus haut cité (H. 27) (r).
Nous dirons donc simplement que, chez les Mammifères examinés en général, et particulièrement chez l’Homme, il reste quelque chose de la tendance ontogénétique et phylogénétique primitive qu’ont les îlots à abonder particulièrement dans la queue, mais que ce fait, dont il faut tenir le plus grand compte dans les évaluations, n’a pourtant rien de constant, et que les différences sont moins marquées que ne tendaient à l’indiquer les premières statistiques d'OpiE.
(I) Contrairement à ce que prétend von Hansemann, ce n’est donc pas fatalement parce qu ils ont examiné des fragments de la tète que certains auteurs ont trouvé diminution des îlots dans le diabète. — D’autres éléments doivent encore, d’ailleurs entrer en ligne de compte dans les évaluations. Quand un pancréas est assez atrophié pour que sa section transversale soit réduite de moitié en surface, ou pour que cette moitié soit remplacée par de la graisse ou du tissu conjonctif, le nombre des îlots aura beau être normal par rapport au parenchyme glandulaire restant, il sera en réalité diminué de moitié par rapport à la surface primitive.
Les îlots tendent à être
plus abondants dans la queue, mais ce n’est pas une règle absolue.