RAPPORTS DE CONTINUITÉ DES ILOTS AVEC LE PARENCHYME ENVIRONNANT
Jusqu’ici nous n’avons guère étudié les îlots qu’au point de vue morphologique. Nous allons être amené à examiner les opinions émises sur leur signification et leur fonction. Mais, pour préparer le terrain, deux questions doivent retenir d’abord notre attention : — I® les îlots sont-ils dans le pancréas des formations isolées P sont-ils au contraire en rapport de continuité avec le parenchyme voisin ? — 2" les îlots sont-ils des formations invariables ?
Nous avons déjà vu, dans un chapitre précédent, qu’un certain nombre d’auteurs enclosent les îlots d’une capsule conjonctive, d’aucuns disent fibreuse. D’autres les décrivent nettement (Kühne et Lea) ou très nettement (Dogiel) séparés du tissu voisin. Pour eux par conséquent il ne saurait être question de rapports de continuité. Les cellules respectives des îlots et des acini, dit Jarotsky (1899), sont aussi différentes que celles du foie et du pancréas, et Massari (1898) : ce sont deux tissus bien différents et bien indépendants.
Rappelons d’autre part que Pearce (iqoS), au cours du développement chez le fœtus humain, verrait à un certain stade (ii5 à i3o millimètres) les îlots en train de se séparer complètement de l’arbre glandulaire qui leur a donné naissance. Küster (190.'’!) soutient une opinion analogue. Von IIansemann les fait dériver du tissu conjonctif. Pour tous ces auteurs encore, il ne peut être question de continuité chez l’adulte.
Pourtant, en 1879, déjà Rénaux disait : « les cordons pancréatiques du lobule semblent à leur voisinage s’ordonner autour d’eux en
Pour la plupart des auteurs, les îlots sont nettement séparés des acini et des canaux.
Première airirmalion d’une
CONllMilTK ENTIIU COUIJONS ET ACIM
conlinuilc :
Renaut, 1879.
Elle est soutenue surtout par Eewaschevv, 1886,
par Laguesse,
Observations relativement rares des auteurs suivants en faveur de la continuité (1895-1899).
s empclolonnanl en spii’ale, avant de communiquer avec eux ». C elait admellfc implicitement la continuité.
Lewascuew (1886) vint raffirmer avec plus de force et plus de détails. Pour lui, chez le Chien, ces « amas » sont reliés aux lobules normaux j)ar toute une sérié de transitions; beaucoup ne sont pas (( interlubulaires », mais mêlés aux cellules normales; d’autres ont nettement garde la forme de culs-de-sac. Nous y reviendrons plus loin, car pour lui celle question ne saurait être séparée de la suivante.
Plus tard (1893-d), nous affirmons de suite la liaison, la confusion pour ainsi dire des îlots avec les acini au cours de rhislogénèse (voir chapitre X), montrant les cellules d îlot mélangées aux cellules acineuses ; nous confirmons dans notre texte définitif et nos figures en 1895-C. Pour nous aussi cette question se lie intimement à la suivante.
Mais peu nombreux sont les auteurs qui ont suivi la même voie. P1SCHIXGEU (189b) dit avoir constaté souvent sur les côtés des îlots les transitions au parenchyme signalées par Leayasciiew ; mais il n’en donne qu’une figure peu nette chez le Brochet. Il trouve parfois en outre un cul-de-sac en plein îlot.
GIAlN^ELLt et Giagomini ( 1 896 , RcptUes) rencontrent dans les îlots des tubes qui peuvent se continuer avec les tubes ordinaires du pancréas, d’autres revêtus en partie des cellules caractéristiques, en partie des cellules pancréatiques ordinaires. Pugnat (1897), chez les Oiseaux, voit des limites peu précises entre les deux tissus, et par places « des formes de passage insensible» entre eux. Pour Kolossow (1898), l’existence des ponts d’union, qu’il figure par sa méthode non .seulement entre les cellules d’îlot, mais entre celles-ci et celles des acini aux points de continuité, est la preuve que les premiers sont des éléments de la glande. Pour Giaxnelli, chez le Rat (1898), les cordons se continuent à la périphérie avec les tubes ordinaires. Sur une coupe isolée la connexion peut manquer, mais en poursuivant une série régulière, on trouve toujours la continuité en quelque point. Par places, on voit une à deux cellules d’îlot encastrées dans un tube à zygmogène, ou tout un côté du tube occupé par un groupe de ces éléments. ,\ la môme époque et indépendamment (1898, puis 1899-a), nous signalions précisément la même disposition chez la Vipere. Chez le Seps adulte, Gi.x.nnei.li (1899-c) retrouve la continuité 1res nette ; tantôt les cordons se détachent du contour de tubes pancréatiques normaux, tantôt, mais plus rarement, au point même ou se détache le cordon, la lumière du tube est tapissée non par les cellules pancréatiques ordinaires, mais par celles du cordon. L’auteur italien constate enfin la
[31.”)] COM INtJlTK ICNTUE COUDONS r.'l' ACINI l \ \
continuité en 1902 chez les Oiseaux. Uenaut (1899) décrit comme précédemment les îlots intimement liés au parenchyme, mais avec des rapports « difficiles à saisir, incertains ». Chez le Poulet, même ordonnance en spirale des tubes voisins ; « partout ailleurs, les tubules abordent tangentiellement le pourtour du point (folliculaire), et on les voit toujours séparés des rubans cellulaires par des cloisons minces du stroma ». Von Ebner (1899) admet en certains points un contact direct sans interposition d’une membrane propre.
Diaaiahe (1899-a) pourtant, bien qu’il voie des rapports intimes entre les deux tissus, admet leur indépendance réciproque. C’est chez les Reptiles, reconnaît-il, que ces rapports sont le plus étroits (strettissimi). Parfois les îlots, très irréguliers de forme et comme ramifiés, y constituent de véritables « champ racémeux » non capsulés, « se dissociant au milieu du tissu pancréatique », dont on trouve d’autre part des traînées incluses en leur intérieur. Les connexions à la périphérie sont telles quelles peuvent tromper même un observateur prévenu ; des fixations incomplètes, des rétractions, augmenteraient l’illusion. Mais ces rapports sont seulement un vestige de communauté d’origine embryonnaire, et montrent « que les îlots ne sont pas quelque chose d’absolument étranger au pancréas » ; en réalité il n’y a pas continuité, mais engrènement, compénétration réciproque des deux tissus.
Vous avons donc dû reprendre et continuer cette étude chez les Ophidiens, en variant fixations et colorations, en passant d’une espèce à l’autre, en employant toujours les coupes sériées (i899-eet/’, 1901 et 1902-d); mais nous avons retrouvé partout et toujours la continuité la plus manifeste en de nombreux points de la périphérie des îlots, sans interposition, non seulement d’une capsule, mais même d’une simple membrane propre. Nous en avons décrit et figuré de nombreux exemples dont nous rappellerons les plus typiques seulement. C’est d’abord, à chaque instant, la présence de cordons périphériques que la coupe transversale ou longitudinale montre être des cordons par une de leurs moitiés seulement, un peu plus ou un peu moins, jusque vers la lumière ou jusqu’à la lumière même, tandis que leur autre moitié a la structure acineuse typique 65, 7/). Et la disposition des cellules dans chacune d’elles est si bien respectée que l’on obtiendrait la même impression si l’on avait pu couper en long un cordon et un acinus, et si 1 on s était trompé en recollant les deux moitiés (1901, pl. V, fig. G et '/•/). Ailleurs ce sont, à la périphérie de l’îlot {iç)o-2,fig. S du texte, et pl. XI, 7j des cordons que le rasoir a sectionnés suivant leur axe
Diamare la nie :
compénétration
Nouvelles preuves de la continuité chezles Ophidiens.
Recherches personnelles (1899-1902).
CüNTINLMTK liNTKF. COHOONS ET ACIM
|3iü]
et qui se continuent chacun, lumière à lumière (puisqu’ils en ont une ici), tige centro-acineuse à tige centro-acineuse, assise sécrétante à assise secrétante (et môme, jusqu’à une certaine distance, membrane propre à membrane propre), avec un cul-de-sac sécréteur à zymogène qu’il est impossible de ne pas reconnaître comme tel. De sorte que si ce cul-de-sac est peu profond, ce (|ui arrive fréquemment, chaque
Fig. 63. — Pancréas du Naja. Continuité des acini avec les îlots (L., 1902-d, fig. 8 et 9 des Archives d' Anatomie microscopique.)
Cordon coupé en long en, pourvu d’une belle tige centro-acineuse ca, avec
lumière t, — qui, arrivé à la périphérie de l’îlot, est coiffé d’une véritable lunule de cellules à zymogène cz-, — v, capillaires.
Q. — A la périphérie d’un îlot, cordon, en, à tige centro-acineuse, ca, rejetée à la périphérie, — et qui, d’un côté, se coiffe d’une rangée continue de celluies à zymogène, ca; — V, vaisseau, centre de l’acinus interverti le plus périphérique.
(Pour les deux coupes, iixation au liquide de Flemming, coloration à i’hematoxyline au fer.)
cordon est coifi’é, à son extrémité distale, d une calotte exociine rappelant à s’y méprendre le croissant de Giannuzzi des glandes salivaires
Mais le mélange est encore souvent plus intime. Ici ce sont deux a trois cellules à zymogène incluses en plein cordon, vers la périphérie , ailleurs au contraire des cellules d’îlot incluses en un acinus {fig. 6V/) [Naja)) parfois même c’est un élément absolument isolé, mais si difle rent des voisins par tous ses caractères chez ces animaux, (|U il est absolument impossible de le méconnaître {Jig- b‘.0) : gros giains de
CONTINUITÉ F.NTlli; COUDONS FT ACINI f /| 3
zymogène, gros nucléole, paranucleus très net d’un cote (r), — line poussière de grains endocrines, nucléole petit ou absent, paranucleus absent, situation dillérente du noyau, cytoplasme plus clair de l’autre (2).
I’erdiugf.vt et Tuibondeau de leur côté (1900) apportaient des faits analogues, et décrivaient même un très court canal de transition entre certains cordons et acini.
Nous considérions donc, et nous considérons encore comme défini-
Fig. 64. — Pancrmx du Naja. Continuilé des acini avec les ilôts. — (L.,1902-d, fig. S, G, 7 des Archives d’ Anatomie microscopique.)
5" Petit îlot de Langerhans bien limité, complètement entouré d’acini, et contenant en cz deux cellules à zymogène incluses; — en, éléments endocrines.
6. — Acinus dont les cellules terminales (en) viennent de subir, au contact d’un capillaire, la transformation endocrine; — mp, membrane propre.
"j' bord d’un ilôt, un petit cul-de-sac acineux ou calotte acineuse, ac, en conti-
nuité avec le tissu endocrine, en-, en /, sa lumière contenant un coagulum de suc pancréatique; lumière et coagulum se rétrécissent pour se continuer dans le cordon.
(Pour les trois coupes, fixation au liquide de Zenker, coloration hémalun-éosine.)
tivement acquise la notion de continuité défendue depuis longtemps chez les Oiseaux par Renaut (3), chez les Mammifères par Lewascheav et par nous. Depuis, nous avons eu l’occasion d’en signaler de nouveaux exemples chez le Cobaye (Lagüesse et Gontier de la Roche. 1902), chez l’Homme (1905).
-Mais m les figures précises que nous avons données chez les Reptiles, ni les descriptions antérieures ne semblent avoir entraîné la conviction générale.
Ainsi W. ScHui.zE ( 1 900), Ssobolew (1901-1902) n’ont pas vu de
(I) Le paranucleus est très net après fixation aux liquides de Zenker ou de Plemminir moins avec des liquides lorlement osmiés.
(2) Voyez aussi par exemple la figure i3 de Giannku.i (1898), chez le Rat.
(3) Abandonnée pourtant depuis par lui, chez le fœtus humain notamment eu itkw saufau niveau des points folliculaires incomplets.
Elle est confirmée par Peudrigeat et Triboxdeau,
Les auteurs récents
continuent a la repousser ou ne radmettent qu’avec réserve
i/|/i coNTiNurn': f.ntuk coudons et .vcini
continiiilc nette chez les Mammifères, où, il est vrai, elle est moins fréquente que chez les Reptiles. Rennie (igo3), Kuügeu (190/1) n’en voient pas davantage chez les Téléostécns. Von Hansemann (1901), chez
end, ca
Fi(j. 65. — Pancréas du Naja. Continuité des acini avec les ilôts. — (L.,1902-</, fig, 10, 11, 12 des Archives d' Anatomie microscopique.)
10. — Acinus coupé transversalement, qui, au contact d’un îlot, a subi partiellement la transformation endocrine, end \ — ca, deux centro-acineuses; — mp, membrane propre, seule marquée d’un trait noir très net, et faisant le tour de l’ensemble; NK, paranucleus au milieu d’une vacuole de retrait; — 2, zymogène; — l, lumière avec coagulum.
JJ. — Acinus coupé obliquement, en transformation endocrine partout son côté droit, end, au contact du vaisseau v. — l, lumière avec coagulum; — ca, centroacineuses.
ja. — A la périphérie d’un îlot, autour du vaisseau p, coupé obliquement, se sont groupés les éléments de l’acinus interverti. — De la cavité sécrétante primitive reste tout un côté, formant une sorte de large lunule, cz, avec centro-acineuses, lumière et coagulum; mais une cellule à zymogène, a, a échappe jusqu ici a la transformation, et reste incluse entre les éléments endocrines, end, de 1 acinus interverti
(Four les trois coupes, lixation au liquide D, coloration à l’hématoxyline au fer.)
les Vertébrés en général, Richter (1902), citez les Amphihlens, s’inscrivent résolument contre. Von Hansemann ajoute pourtant t[U il n est
pas démontré qu’elle n’existe jamais.
Ceux mêmes qui croient la constater ne le font que sous toutes réserves, ou parfois, senible-t-il, comme a regret. Ainsi Opie (1900,
CONTINU ITI-: ENTHE COUDONS ET VCINI
Mammil'Ères) voit parfois au milieu de l’ilol des cellules ayant uii arrangement acineux, avec lescpielles les colonnes de l’ilot paraissent en continuité, .\yant une origine commune^ ajoute-t-il. il n’est pas inconcevable que les doux tissus puissent rester parfois continus dans l’organe adulte. Il reconnaît que. dans la syphilis congénitale, les îlots, chez le lœtus Agé, gardent nettement leur continuité avec les formations sécrétantes. Cientes (1901, Souris) trouve le contact, et quelquefois « une véritable zone intermédiaire qui sert de passage insensible do Tune à l’autre substance » ; chez le Cobaye, le Chat, il voit intrication, mélange des deux tissus; chez le Mouton, la limitation étant peu marquée. l’acinus lui a paru nettement en continuité avec l’îlot ; chez le Lapin, le Chien, il n a pu en trouver; chez l’Ilomme « il y a indépendance complète des deux substances », et pourtant, ailleurs : « chez I Homme même, dit-il. on peut voir en certains points cette continuité de substance ». Orku Efisio (1900, GongyUis) constate une continuité nette au niveau de sa seconde variété (îlots non lymphoïdes). Tourneux (1900) l’admet dans son Précis.
Ci TMANN (190/1, Homme) trouve également des îlots, qui par des cordons de transition périphériques allongés, spéciaux, semblent se continuer avec les acinl. Mais ce seraient là des formes « anormales » et caractéristiques de certains états pathologiques (1).
IxAR.vKASCHEEK (i9o4),de SOU côté, volt CCS transitions très évidentes dans lediabete; il les retrouve chez le fœtus, et leur donne unesignilication spéciale sur laquelle nous reviendrons.
Parmi les auteurs récents, trois seulement en somme admettent sans réserve la continuité normale. C’est d’une pari MvNivOwsia (1900, Mammifères), qui adopte les descriptions de LE^vvsclIEw, et dans une certaine mesure ses idées. C’est, d’autre part, M.-I3. Schmidt ( 1902). Ce dernier décrit dans la règle une fme capsule, mais parfois incomplète, avec transitions absolument nettes entre les deux tissus, transitions pourtant qui seraient peu fréquentes chez l’Homme. C’est enfin Dale (190/i). (Voy. ch. XYH.)
Pourtant Sauerheck (190/i-à) finit aussi par s’v rallier. Pour lui, chez l’Homme, « le contour de l’îlot n’est pourtant pas toujours fermé » ; souvent en un ou plusieurs points de la périphérie, une travée insahnrc (Inselhalken) se change (übergelil) ou un acinus du voisinage », soit brusquement, soit par une transition graduelle. A l’intérieur môme de l’îlot, un cordon peut changer d’aspect, et revêtir
Seuls, M.^îUvowski, Schmidt, Dale, raclmettenl pleinement
Sauehueck finit par s’y rallier
(I) Un cas d’anémie pernicieuse avec pancréutilc interstitielle diabète, etc.
modérée, un cas de
Conlinuitc cliez rilonimc.
Conlinuitc des îlots avec les canaux excréteurs.
Elle est
généralement niée.
i ^|(> covriM ni-: i:\tiU'; îi.ois ici canujx K.vcuii ricuiis
l)ienlùt les caraclèics d’un admis, l.c nombre de ces images de Iransilion {[Jeherfjanysbilder) subit de grandes variations individuelles. Dans telle glande presque tous les îlots sont nettement limités, dans telle autre il laut chercher longtemps pour en trouver un (pii le soit.
Ces images, cliez l’ Homme adulte, nous paraissent en ell'et aussi indiscutables que chez le fœtus de Mouton ou chez les Reptiles. Dès I(Sq4 (c), nous avons dit qu’il existait « toute une série de transitions entre les acini ou utricules sécréteurs normaux et les Ilots ». Nous les avons observées maintes fois depuis. Nous devons nous associer dans une certaine mesure aux réserves des deux auteurs précédents sur leur fréquence. Mais nous ajouterons qu’elles peuvent échapper facilement à un premier examen. Si l’on persiste, on trouvera çà et là des portions de la glande où elles abondent sur les îlots de toute taille, ou, tout au moins, on les apercevra un peu partout à la périphérie de beaucoup de petits îlots, dont on avait d’abord négligé l’étude à cause de leur faible taille, et souvent aussi à cause même de leur plus mauvaise limitation.
Nous n’avons parlé jusqu’ici que de continuité avec les acini. En existe-t-il avec les canaux ?
Saviotti (1869) tendait à annexer les îlots aux canaux, ou à les confondre avec eux, mais après des observations évidemment très rapides. N Ox Euxkr (1872, Grenouille) a remarqué le premier qu’ils manquaient de lumières, et qu’on ne pouvait y faire pénétrer les injections poussées pax les canaux, bien que les acini voisins lussent remplis. Ivüiixe et Le.x (1882) répétèrent la meme observation chez le Lapin : il n’existe pour eux aucun rapport avec les conduits. Dogiee (i8g3), contre Lewaschexv, arrive aux mêmes résultats (Homme) par la méthode de Golgl. Diamare (1899-à) s inscrit en laux, meme chez les Reptiles, contre la pénétration des canaux (contre Giaxnei.u etGiAcoMiM, 189G). Vox Ehxer (1899) ajoute à sa première observation que les îlots ne sont en connexion intime avec le reste de la glande que par les vaisseaux pénétrants. Les canaux n y entrent pas. L îlot ne fait donc pas partie intégrante du parenchyme exocrine. AV. Sciiueze (1900), Ssoiioi.EW (1901-1902), Pexsa (190/1), IxRÜGER ( 1 9o'i ) oiit clierclié en vain des connexions entre les îlots et les canaux. Pearce ( 1 9o3). Küster ( 1904) croient voir au cours du développement les dots [lerdie tout rapport avec ces derniers.
l*ourtant d’autres auteurs ap|)Oi tent une note un peu dilléienU dans la règle, les canaux ne pénétreraient pas dans les dots, mais les
co.MiM in': WKc u;s (:\.\ai\ lAciuVrKrHS
ahordeuiioiil, pourraicnl y pousser une pointe, cl, dans certains groupes de Nerlébrés, |)oiirraienl iviènic les traverser.
\insi Lkw.vsciiew (i88(i) rappelle, tpie déjà Puuwvssot.ski, Küiine, ont signalé, lors des injections par les canaux, des exlravasats siégeant de préférence dans les îlots. Chez le Chien, bien (pic ceux-ci ne soient généralement pas pénétrés, il rencontre pourtant quelquefois des images d injection, et même de petits canaux non douteux. Chez le fœtus de Mouton 1^1893, 1895-0) nous avons montré plus haut que niot a généralement comme pédicule un des fins^ canaux, dont la lumière disparaît a son contact ou ne pénètre qu’à une très faible distance. Chez 1 Homme adulte ( i8r)4-c), « de fins canaux abordent les îlots de Langerhans, y pénètienl, mais sous la forme de cordons pleins grêles, et s’y perdent bientôt ».
Dans quelques occasions depuis (Homme}nous avons pu voir un reste de lumière, bientôt disparu. Le plus souvent, un ou plusieurs canaux (segments intercalaires) s’accolent tangenliellement au tissu des coidons périphériques et s’y fusionnent bientôt; on reconnaît parfois encore leur trace a des files ou a de petits amas irréguliers de novaux allongés superficiels. De même Gextes (1901), mais une seule fois, chez un Rat blanc d’un mois, a vu a qu’un canal excréteur de petit calibre, canal acineux (intercalaire), se terminait brusquement au contact d’un îlot, au niveau d’un point de sa périphérie. 11 existait entre ces deux parties le rapport normal qui unit le canal à l’acinus, avec cette diflérence cependant que le canal, dont la lumière était très visible, portait a son extrémité, d’ailleurs ouverte, une masse épithéliale pleine au lieu d’une cavité sécrétante. » Mwkowski (1901-Ô. Mammifères) admet pleinement une communication constante avec les canaux excréteurs.
Mais c est surtout chez les Reptiles que les rapports avec ces conduits sont de toute netteté. Pisghinger déjà (iSqô) avait cru voir par places des noyaux de canaux et même une lumière chez la Couleuvre (et aussi chez un Oiseau : le Moineau), mais ne pouvait l’affirmer.GiANNELn et Gi.vcomim (1896) au contraire décrivent sans hésitation, dans certains îlots, la coupe de canaux très nets. Giaxxet.ei y revient en 1S98. Chez le Varan, il voit un îlot « traversé par un conduit excréteur dont les cellules sont en continuité sur beaucoup de points avec celles des cordons », Il montre les mêmes faits chez le Seps [i8gç)-a). Plus tard (1900-0, 1901, i902-r/) nous rencontrons également ces images. Parement un large conduit moyen traverse d’outre en outre un gros îlot et y donne dos ramifications (1902-d, Couleuvre); plus souvent
Ob.servalioii.s de conliiuiltii.
Elle est nette chez
lesUeptilessurtoul
hésumé : la continuité avec les canaux existe, quoique parfois dilFicile à constater
Preuve
expérimentale.
des canaux plus petits abordent l’îlot à la périphérie, présentent d’abord rpielques cellules exocrines ou endocrines « en bordantes »
( 1 900-c, Vipère), puis se continuent avec les cordons. Par places même d’assez larges conduits (.Va/a, i()0‘2-d, Jig. 4 du texte) viennent buter contre l’îlôt, et se résolvent en un bouquet de cordons à lumière cHacée.
PicuTKu (1902) a signalé chez les Ampbibiens (Cryplobranchus et Bufo surtout) les mêmes canaux pénétrants, capable de traverser d’outre en outre. Il admet leur continuité avec les cellules propres, bien qu’il la rejette en ce qui concerne les acini.
Diamare (1899-a) a également décrit des canaux traversant les gros îlots des Téléostéens, mais sans contracter avec eux, dit-il, aucun rapport de continuité.
Malgré le petit nombre d’auteurs qui admettent la continuité avec les canaux, nous croyons pouvoir conclure ainsi : En général les canaux ne pénètrent pas dans les îlots, ou s’y perdent bientôt ; mais le plus souvent, un ou plusieurs fins canalicules de dernier ordre abordent l’îlot et viennent lui servir de pédicules. Assez souvent, surtout si l’îlot est rétracté, ces pédicules très grêles (Homme particulièrement) peuvent être difficiles à trouver ou même rester introuvables. Mais la rétraction peut les avoir brisés. Peut-être aussi sont-ils capables de se rompre temporairement (et même définitivement sur certains îlots destinés à disparaître). Mais, d’après nos dernieres observations sur l’Homme adulte, dussions-nous rester seul, nous ne pouvons admettre que ce soit la règle. Dans certains groupes (Reptiles), la continuité avec les canaux est de toute évidence, et des conduits moyens peuvent non seulement aborder, mais pénétrer de gros îlots pour s’y distribuer ou même aller au delà. Chez les Mammifères, des conduits d’un certain volume ne pénètrent qu’exceptionnellement et disparaissent bientôt ( 1 ).
Ajoutons qu’il existe une preuve expérimentale élégante de la continuité entre canaux et îlots. Sur un pancréas de Cobaye, liez un gros canal ou plutôt une coulée pancréatique en masse. \u bout de quarante-huit heures, les fins canaux sont très dilatés, ectasiés, plus faciles à suivre par conséquent, et on en voit qui viennent indubitablement s’accoler aux îlots et s’y fusionner. Plus tard, au bout de huit à quinze jours, quand les acini ont disparu, la continuité avec les tubes restants redevenus indilférents est encore plus nette (L. et (>. i.v Roche, 1903).
(I) Nous avons pourtant trouvé une fois, chez l'ilqinine. un
loutre un îlot en voie <lc reconstitution, pour penetrer dans u , , .
ot formait la pointe. Dans un autre cas, il y avait continuité nette de deux biaiicn
'un canal avec les cordons.