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VARIABILITÉ OU INVARIABILITÉ DES ILOTS

C'est Lewascheav (1886, élève de R. TTeidenhaix) qui a abordé pour la première fois cette question. Les « amas intertubulaires », dit-il, ne sont pas des formations fixes; ils varient de nombre avec les conditions de vie de l’animal. Tl décrit des transitions qui sont pour lui des formes de passage, non seulement au point de vue morphologique. mais aussi au point de vue physiologique. Dans les acini, à coté des cellules ordinaires, il voit chez le Chien des éléments de même grandeur et de même forme, ne se distinguant des autres que parleur faible affinité pour les colorants, leur corps homogène, clair, un peu brillant, privé de granules. Tantôt ils sont épars entre les autres, tantôt ils forment des groupes ayant la disposition lohulée normale. Dans d’autres groupes, de petits éléments se trouvent mêlés à ces gros. S’ils demeurent peu nombreux, le groupe garde l’aspect d’un cul-de-sac ; s’ils prédominent, il le perd, devient un simple amas de cellules homogènes brillantes ( i ). Enfin, si les grosses cellules disparaissent tout à fait, on se trouve en présence de l’amas typique de Langerhans, où l’on peut même voir les limites cellulaires s’efl’acer à leur tour; il se constitue ainsi une seule masse protoplasmique (syncytium), parsemée de noyaux serrés (2). Ce ne sont que les dilférents aspects d’une même formation aux dilTérentes phases de son évolution. ■ Ce sont des amas de cellules sécrétantes modifiées, épuisées. dont la nulrition a été profondément troublée par une longue et

Lbwaschew(i886) se prononce pour

la première fois pour la variabilité et voit

dans les îlots des

acini transformés.

(i) Cela correspondrait aux amas de la troisième variété de Kûiink et Li:a, que ces auteur» considéraient comme des Ibrmalions palliologiiiues.

(a) .Si plusieurs culs-de-sac sont atteints simultanément, ils se fusionnent peu à peu de même en une seule masse plurinncléée.

VAiUAiui.ri'i: DES ii.ots : théouie dl hxeancement

Recherches personnelles nous faisant admettre, en les modifiant, les vues de Lewasciiew :

Théorie

du Balancement.

<( Chaque groupe cellulaire passerait successivement de l’clat acineux à l’état d’îlot plein et

réciproquement. »

grande aelivite. IjU ellet, sur des animaux laissés à jeun (Cliien, Chat), Leavasgiieav voit le nondue des cellules modifiées rester insignifiant; on les trouve de place en place entre les normales (Chat surtout). Après gavage continu pendant un certain temps ou pilocarpinisalions assez longtemps répétées, les « amas intertuhulaires » se rornieraient de plus en plus abondants. Ils seraient au maximun sur des animaux a jeun trois a quatre jours après une forte pilocarpinisation ; le cinquième et sixième jour ils recommenceraient au contraire à disparaître progressivement. 11 est difficile, ajoute Lewascueav, d’établir comment ; mais comme on ne voit jamais d’images de destruction de la cellule ou de fragmentation du noyau, comme dans les derniei-s jours on revoit les images des premiers, c’est-à-dire des cellules normales parmi les modifiées, il paraît y avoir aux dépens des îlots régénération des acini par un mode inconnu. Il est probable, ajoute l’auteur russe (les caryocinèses n’augmentant pas de nombre, et le mode de régénération décrit par Ogata ne pouvant être retrouvé), que chaque cellule, chaque acinus doit se reconstituer en suivant les phases inverses de sa inodi fica tion p ri mi t i ve .

Nous basant sur les faits que nous avons décrits plus haut chez le fœtus, où la transformation nous semblait bien moins discutable encore que chez l’adulte, nous avons (dès 1898, d) admis que, pendant toute la vie, « chaque groupe cellulaire passerait successivement de l’état acineux à l’état d’îlot plein ( endocrine) et réciproquement, fournissant ainsi alternativement, par 'une sorte de balancement régulier, sécrétion interne et sécrétion externe ». Chez l’homme adulte (189/l-c) nous disions encore, après avoir constaté les mêmes formes de transition (i). les mêmes « reconstitutions » d’aclni, que « les îlots sont des portions de tissu sécréteur transitoirement modifiées pour s’adapter à une fonction nouvelle, qui est vraisemblablement la sécrétion interne ». Puis ( 1896-0) nous allirmions et développions ces idées dans notre mémoire délinitil, en décrivant les nombreux laits qui nous y avaient conduit.

Nous précisions le mode de développement des îlots aux dépens des acini. Nous montrions notamment, lors de la foimalion des [)reiniers îlots secondaires (/iq. 'î''/), les cellules d dot apparaissant isolées ou par petits groupes parmi les cellules a zyinogene, celles-ci egrenant leurs granules dans toute l’étendue de leur cytoplasme, se gonllant, s’arrondissant, puis devenant polyédriques |)ar pression réciproque,

(1) Il s'agit ici aussi bien des images de transition à la périphérie des dots, «pie des images de transformation, c’est-à-dire d’iiots entiersà des stades intermédiaires.

niKOUIF. DU UAI.ANCI'.MFM'

perdant leur ordonnance radiaire autour de la lumière pour lormer celles-là, la Iranslbnualion gagnant de proche en proche. Un peu plus tard nous voyions apparaître les premières translbnualions en sens inverse, les premières reconstitutions d’acini. Nous mettions en évidence les caractères qui permettent de les distinguer des premières images de transition. Les îlots sur lesquels on les trouve, au lieu d etre « gonllés et rebondis », formés de larges éléments bien limités, ont un aspect tout différent, sont « flétris, irréguliers, revenus SAir eux-mèmes ». « En règle générale, on reconnaîtra un îlot en pleine métamorphose régressive : à scs noyaux serrés, irréguliers de forme et de taille, noyés dans une masse |)rotoplasmique c[ui semble unique, — à la présence fréquente, à un stade plus avancé, d’une masse centrale pleine de cellules claires [centro-acineuses] entourées de cellules à grains de zymogène. — enfin souvent, chez desc mbryons plus Agés, à la régularité de différenciation de ces éléments {fig- ^/2). Ils apparaissent, régulièrement ordonnés, presque simultanément sur toute la périphérie de la masse, tandis que, dans la formation des îlots, la métamorphose inverse atteint les cellules principales une à une, et l’on trom'^e souvent, au milieu d’un amas d’éléments troubles non douteux, quelques cellules à grains isolées, dirigées en tous sens, ou cpielques fragments de culs-de-sac qui n’ont encore suhi aucune modification. )) Ces images sont d’ailleurs assez variables selon la disposition, la taille, et probablement les conditions fonctionnelles des îlots. Nous en figurions plusieurs, qui montraient les transitions graduelles, la réapparition des lignes intercellulaires et des grains de zymogène, la réorientation progressive des noyaux en une couronne régulière autour d’une lumière pénétrante, le rôle évidemment directeur des centro-acineuses dans ce remaniement (i) (ipoo-c).

En un mot, nous basant sur de nombreux faits nouveaux, nous émettions sur la A'ariabilité des idées analogues à celles de Lewaschew. Mais nous le faisions sur un matériel bien plus précieux, puisque nous pouvions assister aux premières transformations, et montrer, par leur sériation môme dans le temps, qu’elles représentent les dill'érentes pba.ses d’un même phénomène. Nous suivions en outre ces phases jusrpi’aii bout, alors que Leavasciieav a seulement considéré la recons-

Heconstitulion (i'aciiii aux (lé|jens (les Mois.

(I) Conlro-acineuses (jui semblent en parlic expulsées de l’aciiius au moment delà première transl'ormatioii, en partie rentrées et en partie reformées sur place anx dépens des cellnles d’ilol lors de la seconde. La cellule eentro-acinense nous semble (■■tre.en ce cas comme en d’antres. (( nn uKent essentiel de loua les changements de forme qui s’accomplisseni dans l’intimité de la glande..., nn clément actif, chargé d'assurer et de rètablirsans cesse, an cours des mélaniorphoses multiples, les communications entre la cellule sécrétante et les canaux excréteurs ü.

Le but de ces Iranslormations n’est point celui (|ue leur assignait Lewascheav ; mais c’est la sécrétion interne.

Dogiel: les îlots sont des acini épuisés en voie de disparition

TMKOKIK 1)1' Il \ lancement

lilntion comme probable. Enfin nous nous éloignions de lui sur un ])oinl capital : le bul de cès modificalions. Les ilôts ne pouvaient être essentiellement pour nous des acini épuisés par une longue sécrétion et ayant besoin d’une sorte de régénération, puiscpie les premiers îlots secondaires qui en dérivent se forment de très bonne heure chez le fœtus (87 millimètres), avant 1 entrée en jeu d’une sécrétion externe régulière, — puisqu'ils y sont plus abondants que chez l’adulte, — puisqu’on trouve enfin des îlots primaires bien avant la différenciation des acim (i3 à 18 millimètres). Nous croyions pouvoir leur assigner une lonction toutes péciale : la sécrétion interne.

Ce n’est pas que Lewasgiiew ait commis une erreur capitale en parlant de groupes de cellules épuisées ; l’épuisement a bien lieu comme nous venons de le montrer. Mais c’est bien moins avant la formation de 1 îlot, ou au moment de cette formation, que quand il a liu-môme plus ou moins longuement fonctionné, et excrété la majeure partie de son matériel de sécrétion. La cellule d’îlot en période de formation ne se repose pas, elle est encore en pleine activité. Cette activité va s’atténuant pourtant jusqu’à l’épuisement, suivi d’une régénération lors de la reconstitution.

Il est évident que Lewasgiiew s’est trop laissé dominer par cette idée, juste d’ailleurs, que les îlots sont des acini modifiés. 11 a été ainsi amené à trouver les modifications plus faibles qu’elles ne sont en lealite, [iiiisqu il continue a voir souvent des fentes rappelant les lumières des culs-de-sac normaux, puisque, d’autre part, il méconnaît 1 importance et la largeur des vaisseaux, qu’il croit artificiellement dilatés par l’injection, alors qu ils ont les mêmes caractères sur le vivant.

comme l’ont montré Küiine et Lea.

A la même époque où nous commencions à nous occuper des îlots, et indépendamment, Dogiel (i8q3) les décrivait sommairement chez l’Homme adulte, et, n y voyant pas pénétrer l’imprégnation (méthode de Golgi), y constatant d’autre part la présence de nombreuses gouttelettes graisseuses, il en concluait que ce sont des amas de cellules glandulaires en état de métamorphose régressive, et, « pour ainsi dire, des points morts do la glande relativement à la fonction » (i). C’était admettre, avec la variabilité, la première partie seulement de la théorie de Lewasgiiew, en la poussant à l’extrême. Les mêmes raisons que nous avons données contre Lewasgiiew s’inscrivent contre Dogiel.

Il viuus et Cow (i8(j.''i) admirent, comme seconde hypothèse, que

(i)« •SV) ;ii soffe/i die lodlcn Punhle der f)rüxe in liezu^ aiif die Jùinclion derseWen. »

|)eul-(Hre les ilols servenl à la Ibrinalion de nouveaux aclni. Statkicwrrsai (iSq/i). d’après Jahütskv, a une opinion dill'érenle. 11 voil simplement dans les îlots des acini modiliés sous l’inlluence du jeune.

PisciuNGEH ([SpSj.constalanlles images de transition périphériques, se range à l’avis de Leavascuew sur tous les points, mais d une fa(,'on un peu provi.soire, avec ([uelques réticences. Dtaaiaue (iSp.'j'), dans son [)remier travail, réserve son 0|)inion. mais penche vers les idées de Lewascheav et de Dogiei,.

Pi GAAT ( 1897) est pour la variabilité, en ce sens qu’il croit pouvoir admettre la Formation d’ilots pendant toute la vie aux dépens de l’épithélium pancréatique.

Pnlin, en 1898, nous publions nos premières observations sur la Vipère. Au niveau des points do transition péripliériques, disons-nous, (( la cellule [d’acinus] s’allonge, devient prismatique élevée, le noyau quitte la base et s’élève peu à peu jusqu’au sommet. Il perd en même temps son nucléole, et souvent sa Forme régulière. Le zymogène disparaît et la cellule se vacuolise pour prendre l’aspect alvéolaire ou réticulé ». De petits granules rél’ringents y apparaissent. « Pendant leur apparition nous voyons la cellule changer pour ainsi dire sa polarité, n Car c’est dans la zone basale maintenant-que les grains de sécrétion s’accumulent, au contact du capillaire, tandis que tout à l’heure ils étaient dans l’apicale; inversement, le noyau, voisin de la base, est remonté vers le sommet. « La cellule, ajoutons-nous plus tard (1899-a), regarde vers le capillaire et non plus A^ers la lumière. Les capillaires Forment alors chacun lecentred’unvéritableacmMsin/erac/’d.» {Fig. 5'/. )

\ ers cette époque par conséquent (1898 et premiers jours de 1S99}, il n’y avait guère en Faveur de la variabilité que les observations de Leavascueav et les nôtres; mais plusieurs auteurs l’admettaient en outre en se basant sur les Faits de continuité (Pischivgeiv), ou sur la mauvaise limitation par eux observée (Pugnat), ou sur d’autres considérations (Dogiee).

La plupart des auteurs n’avaient pas abordé ce sujet. Pourtant un courant de sons contraire se dessinait, avec Cianneeu, puis Massaui, courant (piedéchaîua définitivement le deuxième mémoire de Diaaiahe, et (pii Faillit tout submerger. Cianxeeu et Ciacoaiia’i ( 1 896) admettaient bien les transitions;! la périphérie des îlots, mais n’ayant trouvé aucune variation appréciable dans la grandeur et le nombre de ces Formations chez un Naran tué en pleine digestion et clirv, un autre à jeun depuis trois mois, ils se rangeaient simplement d’abord contre l’opinion de Lew ascuew.

Opinions analogues et diverses.

Nous alfirmons tes transformations chez les Ophidiens- (1898).

Gian.nelli, Mass.viu, Diamare surtout, soutiennent au contraire la doctrine de V invariabilité et de la pérennité des îlots.

ni. I.\ l’KUENMTK

Gi.\N>RI,li

Massari,

Diamare,

TiiEolui: ni; i, i> v \iu \mi,i i é et

, 1898. Lin peu plus lard fiiA\>’i;i.Li ( i89(S) ajoute, après von huüw ( i(S()ô), cju il est bien diÜicile d élal)lir avec certitude l’existence de Ibrnies de passage entre les cellules d ilol et les cellules d’acinus, bien difficile aussi, vu leur répartition inégale, de déterminer si ces îlots sont plus ou moins nombreux dans telle ou telle période. L’accumulation de la plus grande partie de leur tissu au voisinage de la rate chez les Keptiles conduit ait. si 1 on accepte la tbeorie de Lewasciiuvv^ à admettre que cette région seule delà glande a une véritable activité sécrétoire. Giv\m;i.u en conclut que 1 îlot ne doit pas être considéré « comme une lormation transitoire, mais comme une formation permanente, qui date des premiers stades de l’évolution du pancréas » ; et, de fait, chez le Seps chalcides, il voit se lormer et persister en ce point pendant toute la vie les gros îlots de l’extrémité splénique de l’organe.

1898. M..\ss.\iu (1898), chez l’Anguille, encapsule l’îlot, souvent sinon toujours. Ln etudiant comparativement des individus récemment pêchés à d’autres tenus à jeun plusieurs mois, ou au contraire abondamment alimentés de viande pendant le même temps, h d’autres encore fortement pilocarpinisés, il n’obtient que des résultats négatifs : aucune modification de nombre, de forme, de structure des îlots, jamais de cinèses, jamais rien qui puisse (aire croire à la possibilité du passage graduel aux acini ou vice versa.

1899. Mais c’est de Di.vM.vnE surtout (1899-a et b) que date l’extension de cette théorie, parce qu’il a examiné un grand nombre d’espèces, donné de belles planches, et aussi parce que son mémoire, ])aru dans une publication plus accessible, a été le seul lu par la plupart des auteurs. Chez les Téléostéens, Diam.vre ne trouve aucune image de métamorphose de (( tissu endocrine en exocrine » et vice versa, aux stades d’activité les plus divers; les deux tissus ont une parfaite « indépendance réciproque » . « La très grande variété de nombre, de distribution, et de grantleur des îlots chez les individus de même espèce doit être rapportée à des causes anatomiques primordiales (embryonnaires) et non à des métamorphoses périodiques .» Les cellules des cordons et celles des acini ont des caractères absolument dilVérents. Les acini trouvés à l’intérieur des îlots sont simplement immigrés du dehors. Chez les Reptiles, si les rapports des deux tissus sont intimes, c’est une compénétration (i). Chez les Mammifères, de jeunes Chats de deux a

(i)« [>(îs mét.iinorptioses décrites parLACiUKssis (i8j)i)7d, dit-il [avec beaucoup do inénanageincnts d’ailleurs |, ne sont que do fausses interprétations dos rapports étroits entre les deux tissus. Les tubes en A'oie de transformation d’un côté sont des tubes iininédiatement contig-us à des cordons comprimes de dilferentes manières dans la coupe. Le li(|uido de Flomming est un mauvais lixant,et contribue singulièromont .à la pro-

trois mois, abondamment nourris on morts de faim, des l^ats tués aussitôt après leur capture ou morts inaniliés, n’ont montré aucune augmentation ni diminution du nombre des îlots, aucune métamorpbose du tissu. Les îlots naissent de l’cpitliclinm pancréalicpie, cbez le fœtus, « et se maintiennent tels dans leur constitution primitive pendant toute la vie ». C’est un tissu spécial, constant et invariable, faisant partie du pancréas, mais étranger à la fonction zymogénique. Nous verrons que, de chaque îlot, l’auteur fait une glandule à sécrétion interne indépendante.

Depuis cette époque, les idées de Giavneu.i, Massaiu et Di\mare sur V invariabililé et la pérennité des îlots ont été assez généralement admises.

Kevait (1899), sans se prononcer nettement sur ce point, semble considérer les derniers îlots formés chez le foetus comme persistants ou capables de persister pendant tonte la vie, séparés delà portion tubuleuse. (\oir le chapitre Histogénèse.)

VoA Ebaer (1899) ne parle pas des formes de transition.

.) AROTSKv (r899, Souris) ne voit aucun changement dans les îlots quel que soit le régime, ou pendant l’inanition partielle et totale, et jamais de formes de transition. Les cellules des acini et des îlots séparées par la capsule de ces derniers, diffèrent autant entre elles que celles du foie et du pancréas.

Stschatsay (1898, d’après Ssoboleav) trouve de même, chez un dément mort après trente-cinq jours de jeûne, les îlots bien conservés, en comparaison surtout avec le reste du parenchyme.

Jarotsky remarque pourtant par places des sortes d’acini constitués de cellules polyédriques à protoplasme transparent, et qui sont probablement, dit-il, (( les formations pathologiques » de Kühne et Lea ; mais il ne sait ce que c’est.

\V. ScHULZE (1900), chez leCohaye, conclut également à l’invariabilité (i), et iiiA'oque en sa faveur la persistance des îlots après ligature du canal et destruction du reste de la glande. Il y voit la preuve de l’autonomie et de l’indépendance des îlots. Mais nous avons montré, avec Coatier de la Koche (1902), que cette indépendance

La lliéorie de Diamaue généralement admise, par:

Renaut, 1899,

Von Ebner,

J AROTSKI, et Stschatsny.

W.Scnui ZE, 1900,

duction de ces iinajîes illusoires.» — Ici, un malentendu : Dia.maiuî nous fait dire ((ue les granules de sécrétion interne apparaissent dans les îlots quand le zyinogene manque dans le tissu exocrine, et s’inscrit en faux contre cette donnée. Nous avons vu sim|)lement que le liquide de Elemming montrait encore les grains des îlots, alors qu’il avait fait disparaître par dissolution ceux des acini. Une phrase peut n’ètre pas claire : mais qu’on s’en référé à l’ensemble et aux ligures.

(1) l’as plus que la majorité des auteurs il n'a pu voir, dit-il, d’images de Iransilion, ou de transformation nettes.

rilIvORII-; l>E I. INV UUAHIUTÉ et de I,\ l’ÉHENM’I'É

Opie, lyoü,

SsOBOI-EW

n est que relalive, puisque IjienlAl, dans ces expériences, on assiste à la Ibrmalion de pseudo-acini et de nouveaux îlots à leurs dépens.

OiME i 1 qoo-a) répété sans succès les expériences de Lewascheav elle/, le Chien : les injections de pilocarpine ne font pas augmenter le nombre des îlots, ne lui montrent pas de formes de transition. Dans ses expériences, il fait des numéiations précises en différents points do la glande: il reproche à Lewasciiean de n avoir pas tenu compte de la cause d’erreur inhérente à cette inégalité de répartition. Opie, comme .1 \HOTSKY, décrit pourtant, nous semble-t-il, des îlots de transition, et prohahlemcnt surtout des reconstitutions. « Dans le pancréas humain normal, dit-il, il arrive de trouver de petits groupes d’acini, composés de cellules dilïerentes du type glandulaire normal, et paraissant une transition des cellules sécrétantes à celle des îlots de Langerhans (1). » Mais il croit que ce sont probablement des groupes d’acini altérés par suite d’une activité fonctionnelle spéciale ; il les a rencontrés seulement dans trois des vingt-sept glandes normales ou pathologiques examinées.

Ssobolew ,1900 à acce[)tc également les idées de Diamare.

Les îlots sont permanents. Leur nombre absolu n’augmente pas pendant le cours de la vie. Tl peut diminuer jusqu’à disparition totale dans les circonstances pathologiques, mais par suite de régression, sclérose, etc. Par l’activité fonctionnelle de la glande, par lapilocarpinisation, par le jeûne (Chien), le nombre des îlots semble bien un peu augmenté; mais ce n’est qu’une augmentation relalive due à la diminution de volume de la partie exocrine. Ssoboleav trouve également, chez le Chien, que le nombre des grains dans les cellules d’îlot est au maximum après un court jeune, diminue quand l’organe est obligé de remanier une certaine quantité d’hydrates de carbone.

(i) « In the normal huinan pancréas, one occasionally linds small groups of acini coraposed of cells dilFering from the typical glandular type, and siiggesting a transition from the secreting cell to that ot the island of Langerhans. » Et les caractères qu’il donne sont bien ceux des cellules d’îlot : le protoplasme devient homogène, réfringent, ne prend plus les couleurs nucléaires, mais l’éosine. Le noyau devient central, sans signes de dégénérescence. Parfois une ou plusieurs cellules de ce caractère font partie d’un acinus qui par ailleurs ressemble aux voisins, mais, généralement pourtant, tout un groupe d’acini est ainsi modilié, et ce groupe correspond en diamètre a un îlot de Langerhans. C’est prohablement, dit-il, ce que Laoi.kssk et PisciiiNOKU ont décrit comme des stades de transition. L’arrangement de cellules plus ou moins columnaires autour d’une lumière centrale est pourtant toujours conservé ; la lumière (?) est ordinairement tri’s visible, et ((uelquelois considérablement dilatée par un produit de sécrétion éosinophile. Ce doivent être des acini altérés résultant d’une activité fonctionnelle spéciale, peut-être d’une hypersécrétion de la glande. Kien ne prouve tout au moins, conclut Oriiî, qu ils représentent un stade de transition. Leur rareté, leur présence dans les glandes généralement malades, le résultat négatif des expériences sur le Chien, l’empêchent daller dans cette voie,

Stangl, if)Oi.

TIIKOIUF, DE l.’lNVAlUAmr.in'; ET DE I.A l'EHEISiMTi:

Stance (iQoi, (^liez l’Ilomine) ne voit pas de varialions. Les îlots, dil-il, sont des formations sui (jciteris, qui, au moins à partir de la seconde moitié de la vie intra-utérine, ne se changent pas en cellules glandulaires, pas plus que celles-ci en cellules d’îlot. Car la graisse apparaît dans les îlots bien plus tardivement f[ue dans les acini, et s’y comporte tout autrement (i). D’ailleurs, les granules fuchsinopliiles ne sont pas de meme taille que le zymogène, se colorent un peu dilTéremment, et l’on ne trouve pas de transitions entre les deux lormes de grains (a).

M.-lî. Schmidt ( 190a) n’a pu obtenir de changements expérimentaux nets dans les îlots, ni par extirpation d’une partie de la glande, ni [)ar injection de sucre dans les veines (Souris, Cobaye) (3). Il y voit donc des formations permanentes, et incapable de reformer des acini (/!)•

Hichter (190a) y voit des « organes constants n.

Renme (1908), et Kuügeu ( 190/i), chez les Téléostéens, s’inscrivent également contre la variabilité.

b'iCHERA (igoS) voit les grains abondants à la seizième et à la quarante-huitième heure après le repas, chez le Chien, — fort diminués de nombre et avec des cellules plus petites, des capillaires plus larges, à la sixième heure, en plein épuisement de la glande endocrine; les îlots ont donc diminué de volume.

Pe.nsa (190/i) pense que les vaisseaux et les nerfs des îlots (quoique non indépendants de ceux du parenchyme) ayant des caractères spéciaux, c’est peu en faveur des transformations alternatives.

Saüerbeck (igo4-6) déclare que notre théorie du « Balancement » lui semble « quelque peu fantastique », et il l’accuse d’avoir considérablement nui à la théorie jumelle de la sécrétion interne (5). Pour-

ScHMîDT, 190a.

Hichter, 1902.

Rennie, Krüger.

Fichera, igo3.

Pensa, igo4.

SAtERBEck, igo4.

(1) Voyez au chapitre : Cellule d’ilot.— Il croit donc ù la pérennité de la gouttelette de graisse pendant toute la A’ie? Nous avons montré, chez la Salamandre, combien lacilement varie la teneur en graisse des acini (chap. A'Il).

(2) Nous en avons pourtant montré (Voir au chapitre des grains).

(3) Jusqu’à 4 grammes de sucre en huit heures, üans un cas seulement les îlots paraissaient plus gros.

(4) D’après Winkler, de Vienne (discussion à la suite de la communication de von IIansp.maxn, i(ji>i), il y aurait accroissement considérable du nombre des îlots chez les Chiens dératés. S’il en est bien ainsi, nous dirons que probablement la rate emmagasine normalement dans ses cellules une partie de la sécrétion versée par les îlots dans le sang et la garde en réserve.

(5) .Après le travail de Laouesse (i8i)3), dit-il, le moment était venu pour les palho* logistes de tenir compte des îlots dans la théorie du diabète; ce qui les en a surtout empêchés, « so inag das in dem etwas phantastischen Zug des Bildes seinen Grund haben, das Lagukssk von der EntAvicklung der Inselii und ihrem weiteren Schicksal entworlèn bat, den dieser Autor übrigens selbst herauseinpfunden bat. Dieses « Balancement » der /ellcn zwischen zwei ganz verscliiedencn Verrichtungen, verbunden mit nictil uiibetnechllichen morphologischen lîinlagerungen mussLe be. freinden ». Ce (|ue nous avons reconnu notis-méme. c’est <|ue « celte évolution

(Quelques rares auteurs persistent à admettre les

transformations.

igoo-1901.

liinl, il lui tc.sle f|iiclcjiic.s doutes. Il avoue en ellelfiue l'augmenlalion de volume des noyaux (noyaux géants) ne se comprend pas i'acilenient dans les théories qui lonl de l’ilot une formation permanente et constante. Ce serait un signe de dégénérescence ou de division, et il faut admettre au moins une rapide consomption ( Verhraacli) des éléments. Il est encore obligé de reconnaître par [ilaces, comme nous l’avons vu, l’existence de transitions péri[)liéricjues ; mais s’agit-il d’une réelle transformation d’une variété cellulaire en une autre? On ne peut l’admettre qu’en vertu de ce principe, trop souvent appliqué en histologie (i), qui consiste à conclure du voisinage de deux éléments à leur dérivation l’un de l’autre ; il faudrait des recherches expérimentales pour résoudre cette question. Il ajoute qu’elle est « à peine discutée dans la littérature pathologique » {‘2).

Mais elle le sera, répondrons-nous, car c’est une question de fait, plutôt qu’une question de théorie, et les faits finissent toujours par triompher.

Pourtant, en face de la phalange serrée des défenseurs de l’invariabilité, bien peu nombreux jusqu’ici sont ceux qui, depuis la publication du mémoire de Diamaue, se sont engagés dans la direction contraire, et leur foi n’est pas toujours bien vive.

Le plus ardent est Maxkowski (igoo-1901), qui accepte le « balancement )), mais en le comprenant à sa manière, et se fait une place à part entre Lewasciiew et nous. Pour lui, les îlots « sont des lobules [acini] du pancréas modifiés temporairement » (1900-a). Ils représentent un stade de l’activité de la glande auquel doit arriver chaque acinus à la fin de sa période d’activité sécrétoire. Ce stade représente morphologiquement le plus haut degré d’épuisement ou bien la plus énergique activité de l’acinus (1902) (3). Le nombre et le volume des îlols varient (( chez un même individu suivant lesétapes delà digestion ». On peut les modifier à volonté, « sous l’inlluence des irritations diirércnles, et surtout par l’introduction de dillérentes substances dans le tube digestil (acides, alcalis, albumines, hydrocarbures, graisse, par l’irritation élcctri-

.assez inattendue, a paru a quel(|ues personnes un véritable roinan, et (lye nous ne nous sommes décidé à y croire que devant les preuves accumulées » (igoS-c). S’il y a quelque chose d’ « un peu fantastique », ce sont les faits eux-mêmes, et c est pour eux que M. Saurhbeck doit réserver toutes ses sévérités.

(t) Nous pensons aussi qu’on l’emploie souvent à tort ; tout dépend des raisons et des faits qu’on peut donner à l’appui.

(2) Bhaitmaykh (iSHd, d’après Oi-i-el), chez le Piffcon, ne trou ve éKalement aucun changement dans les Hots.

(3) 11 semble bien rpie, dans la pensée de l’auteur, ces modilications soient exclusivement liées à la sécrétion externe.

onsKiivvnoNS i:n l••A\l•;^’n dk i.\ \ muaiiiuti-;

(|iic, etc.) » On peiil les « considérer coiiimc coeflicienls de l’acLivilc glandulaire », car leur nombre diminue pendant le repos. Cenesonldonc pasdes formalions permanentes, desorganes indépendants, « des espèces de glandes à sécrétion déterminée placées dans l’intérieur du pancréas», comme on le soutient avec Diamaiul. Ce sont des formations éminemment teni|)oraires et variables, et l’on voit partout des transitions, des états intermédiaires entre la cellule d’acinus et la cellule d’îlot. Mankowski enlin admet le retour des îlots à l’état acineux, « non seulement comme possible, mais comme nécessaire » (1902) (1).

Nous avouons qu’ici la A ariabilité nous .semble plutôt exagérée, et la liaison avec l’acte digestifun peu trop intime. Cependant, l’une et l’autre peuvent être augmentées dans certaines espèces où les échanges nutritifs sont très actifs. Nous regrettons fort d’être incapable de lire le mémoire complet en langue russe.

Tout récemment, Dale (igo^) apporte des faits plus nets encore. Il retrouve chez les sujets normaux (Chien, Chat, Lapin, Crapaud) la formation d’îlots, avec toutes les stades intermédiaires décrits par Leavaschew. Chez le Crapaud, il constate en ouirela multiplication des cellules au stade îlot, et des reconstructions évidentes d’alvéoles sécréteurs à leurs dépens. Dans une série d’expériences, consistant essentiellement en injections répétées de sécrétine dans la jugulaire (pendant six à douze heures, (^hat. Chien), l'eirct de l’épuisement a été la conversion du tissu sécréteur en larges îlots de forme irrégulière, retenant des traces de leur structure alvéolaire primitive, et contenant de nombreuses formes intermédiaires. La majeure partie d’un lobule chez le (Jhien, la majeure partie du panci’éas chez le Crapaud, avaient subi cette transformation. L’inanition prolongée (Chat, Crapaud) a donné des résultats analogues, mais moins marqués.

Les autres auteurs sont bien moins affirmatifs. Gextes (1901) se prononce en faveur de la variabilité, mais sans grande conviction; il semble que ce soit une simple concession qu’il nous fait. Chez 1’ 1 lomme, dit-il, « il y a indépendance complète des deux substances » ; puis il fait des restrictions chez l’Homme meme. Les « rapports entre les deux substances, indiquant leur filiation, ajoute-t-il, sont bien plus évidents chez certains animaux ». Et il parle de quelcpies images de transition périphériques. Puis il rappelle l’îlot qu’il a trouvé nettement suspendu à l’extrémité d’un fin canal chez un Hat blanc d’un mois, et qui occupait exactement la place d’un acinus. « 11 résultait évidem-

Dale, ujo4.

Allirmations moins nettes :

Gentes, 1901 ;

K A >■ T O R O \v 1 c Z ; Orru Efisio.

(i) Camiei.o .ScHNEinKR (lyos) a admis sans nouvelles preuves les données de Man

KOWSK I .

OliSIvKV ETIONS KM l'AVEl H DK l.\ \AIU\HII,ITÉ

(Quelques auteurs n’admellcnl pas le cycle évoliilif complet.

Peudrige.st et Tuiuomdeau,

'J’sc H A SSO \V N I KO \V ,

Schmidt,

admettent seulement, à l’état normal ou à l’état pathologique, la transformation d’acini en ilôts.

luenl de lui [lar Iranslonnalion. n II dil ailleurs que peut-être au contraire il « redevenait cavité secrétante ». Mais, plus loin, conslalant renca|)sulement el la diminution de nombre des îlots avec l’Age, il semble hésiter de nouveau.

Chez le Cheval, K amtohoavic/. (lî'qj)) croit voir des formes de transition, et tend à se ranger à l’opinion de Lew \scuksv.

Üium Li'isio (1900), en soumettant le (joiKjylus à un long jeûne, a augmenté le nombre des îlots et vu plus nettement leur continuité; il croit donc à leur variabilité, sans se prononcer sur tes détails.

D’autres auteurs penebent plus ou moins pour la variabilité, mais dans un seul sens; c’est-à-dire qu’ils ne veulent pas entendre parler du balancement, du cycle complet. Les uns admettent seulement, pendant toute la vie, la formation possible d’îlots aux dépens des acini; les autres sont exclusivement pour la transformation inserse d’îlots préexistants en nouveaux acini.

Dans le premier groupe, nous devons ranger d’abord Pehdiugeat et TaiiiOMUEAU (1900, Ophidiens), qui, après vérilication de l’existence de transitions ménagées (court canal de transition) entre tubes sécréteurs el cordons dont la lumière « s’efface », considèrent seulement comme démontré que les îlots dérivent d’acini. lis admettent implicitement aA'ec nous que cette transformation peut continuer chez l’adulte. Mais l’existence de deux stades fonctionnels (cellules vides et cellules en charge), dans les cordons, les amène à « croire à une spécialisation permanente le retour de l’îlot endocrine à l’acinus exo-

crine n’existe pas ». A ces auteurs il faut ajouter Ischassowmkoav (1900), pour qui les cellules d’îlot naissent des cellules a zymogene épuisées, en plus grand nombre après une sécrétion énergique (i)> mais sont incapables de reformer des acini.

D’autre part, tout en restant plus ou moins attachés en principe à la théorie de l’invariabilité dans l’îlot normal, les pathologistes, chez l’Homme, ont commencé à faire des réserves, \insi, M.-B. ScHMiirr (1902) voit des transitions périphériques, et conclut qu’exceptlonnellement, dans les étals pathologiques graves, on pourrait admetire la néoformation d’îlots aux dépens des acini. La vérification de ces tiaiisitions est l’origine des doutes de Saleiuieck (\ç)o'i-b). Enfin, GLrrMvxN (iqo.'i) décrit et admet aussi des transformations pathologiques du parenchyme en îlots. Ceux-ci, conclut-il, (( ne sont pas des formations aussi autonomes et constantes qu’on le pense généralement »,

(I) .liisqii'ici. Il conlirinc ihinc )(■!' iih'-i-s de MA^Ko^vsKt.

l■lu:l vi'S DI II \i. \m:i;mi;\i'

l n autre patliologisle. K vu akasciikit (i()o'i), représente, à lui seul jusqu’ici, le second groupe. 11 constate de la façon la plus nette, dans les onze cas de diabète examinés par lui. des transitions graduelles entre dots et acini. 11 croit voir ces îlots généralement augmentés de volume et en voie de croissance. 11 décrit ailleurs leur dissociation en cordons ou en groupes cellulaires, séparés par des acini ; il y voit des cellules à deux noyaux indiquant des amitoses. 11 trouve chez le nouveau-né. à la périphérie de nombreux îlots, les mômes transformations en acim. lit d conclut, a 1 inverse des auteurs précédents, ipie (( les ilôts ne lepiesentent donc pas des organes definitivement achevés, mais des préstades du développement des acini glandulaires. On peut pai conséquent, dans une certaine mesure, les considérer comme le matériel de réserve destiné, lors de la destruction du parenchyme, à remplacer celui-ci » (i).

Citons encore l’opinion de F.vnozzi (igoS), qui, dans le cancer primaire du pancréas, voit la néoformation en continuité sur de nombreux points avec les îlots, dont elle dériverait à peu près exclusWement. Cela tend, pour nous, à montrer que l’îlot est une portion de la glande à un état un peu spécial, un peu instable, et particulièrement prêt à la prolifération pathologique.

Tout récemment, enfin, nous avons pu montrer à Cürtis et Gellk les formes de transition que nous décrivons plus loin chez l’Homme sam, et entraîner leur conviction définitive sur la variabilité. Nous

verrons (cbap. WIll; qu’ils ont pu en tirer des conclusions pathologiques du plus haut intérêt (igo5).

Nous pouvons résumer cet exposé en disant ((ue, depuis 1899, nion de Giaxxelli, Mass.ari et Diamare sur V invariahilité et la pérennité îlots règne à peu près en maîtresse„et que, à part les travaux deM.vxKOwsKietde Daee, on ne trouve guère contre elle que quelques résistances timides et hésitantes.

Pourtant c est un point sur lequel nous ne pouvons faire que très peu de concessions. Nous les avons indiquées au lendemain même du mémoire de Diamare (L., 1899-e et/). Giaxnellt et lui ont attiré avec raison l’attention sur les réserves qu’impose la localisation permanente d énormes îlots en certaines régions déterminées de la glande c ez les lieptiles, les Oiseaux (lkNAUï),et les Poissons osseux. Cette localisation, nous la connaissions, puisque nous l’avions signalée en

théorie dans une phrase de lUun, « reconstituer des alvéoles ‘ ^ ‘ I’®“t.-0tre pour but d^

IvMVAKASCHEri-' admet seulement la

transformation d’îlots en acini.

Opinion

de Fabozzi, igoS.

Opinion de Cübtis et Gellé, igo5.

Résumé.

Nouvelles

recherches

personnelles.

Nous affirmons le Balancement, tout en reconnaissant que certains îlots primaires peuvent persister.

Interprétation des îlots persistants ou

de longue durée chez

les Ophidiens.

iG;? l■lu■.l;vl■;s m |33G]

1890, chez le Crénilabre (i), puis chez la Vipère {2). Vous savions fort bien, d’aulrc pari, rpie tous les îlots ne deviennent pas acini, puisque nous avions décrit chez l’embryon de Mouton (iSqu-c) la destruction de la plupart des îlots primaires ; tout en considérant comme vraisemblable la persistance de certains d’entre eux. Aussi la publication de Di.xmarc nous a l'ait modifier une phrase de nos conclusions (i Sgfi-c), qui pouvait être mal interprétée et faire croire que, chez tous les Vertébrés, tout acinus doit fatalement pour nous se transformer en îlot. « Par un balancement régulier (disions-nous en i8g5), toute cavité secrétante, après avoir fourni un certain nombre de fols une sécrétion externe, se transformerait temporairement en îlot plein endocrine. » En 1899 nous modifions ainsi : « est capable de se transformer)) (3).

Chez les Ophidiens (1901 , 1902-d), nous avons admis ensuite que les gros îlots constituant la région juxta-splénique et les pancréas accessoires peuvent être des îlots -primaires permanents, puisque dès les premières phases de la différenciation bistogénique nous les retrouvons au même point (comme Giaanelli chez le Seps), à l’extrémité de l’axe de végétation de l’ébauche dorsale. Mais là, comme ailleurs, nous rencontrons des images de métamorphose; là, comme ailleurs, nous trouvons (jusque dans les pancréas accessoires les plus séparés) le « tissu endocrine», toujours accompagné, et plus ou moins complètement entouré par un peu de « tissu exocrine », comme si 1 association de ces deux formes était une condition presque indispensable (/|). Aussi, nous ne pouvons nous empêcher de faire des réserves ; « Certains dots juxta-spléniques peuventdonc, croyons-nous, persister toute la vie, mais c’est la forme de l'îlot qui est permanente, plutôt que sa substance. Celle-ci passe, en partie aju moins, par le même cycle évolutif qu ailleurs, mais de plus longue durée probablement. La permanence relative de quelques-unes des plus grosses masses arrondies semble assurée

(i) (îonstance des gros îlots au centre seulement des amas pancréatiques principaux, leur absence dans les fines coulées intra-hépatiques (iSqj).

(a) 6 janvier 1899. Association des Anatomistes. Séance de démonstration : bande juxta-splénique.

(3) Mais nous persistons à croire que la plupart se transforment.

(4) L’amas endocrine primaire terminal du conduit pancréatique ‘‘'î

outre, chez l’embryon. « pur de tout élément acmeux. 11 est donc

a ses dépens, en partie au moins, que se forment les ac.ni ou portions d aemi qu l’entourent plus tard, quand il est isolé sous

tion de GiANNiiLLi, chez le Seps, est toute en faveur de ceci » ”

téens (Truite), nous voyons de même la masse

lées périnhériques qui s’en détachent se creusent a mesure; la modification gagne vers Te œntrèTirgms îlot central semble être le reste de la masse pleine primitne.

iMu:i'\ i;s i)i; iui,\m;kmi;\t

l-’Tl

iGo

par leur laillemême; tandis qu’elles sont en régression par un de leurs points, il est bien dillicile qu’elles ne s’accroissent pas par quelques autres. » (u)02-d.) Autrement dit, la figure de l’îlol a persisté, mais sa substance, en tout ou partie, peut se renouveler incessamment aux dépens des acini voisins, et incessamment aussi en reconstituer. On peut la comparer à un de ces feux qui couvent sous la mousse sèche ; la zone d’incandescence se déplace sans cesse sous forme d’onde, avance ou recule, change de forme pendant longtemps sans sortir d’une aire déterminée. On peut comparer encore l’îlot permanent à ces grosses taches sombres dues au jeu des amas de chromoblastes sur la peau de la Pieuvre, et qui sans cesse aussi changent de place et de forme, tout en persistant pendant longtemps dans la même région.

Enfin il ne faut pas oublier qu’il s’agit chez ces animaux de dispositions un peu particulières, qu’ils ont un genre de vie spécial, avec de longues périodes d’hibernation, avec long espacement de repas copieux. Chez les Mammifères, c’est à peine s’il reste des traces de la localisation primitive dans la tendance de la queue de l’organe à être plus riche en îlots. Mais les très gros sont rares, jamais aussi volumineux que chez les Reptiles, et épars dans toute la glande. Dans le lohule (ou lobulin) il persiste simplement une prédilection plus ou moins marquée des îlots pour les parties centrales. Nous y voyons seulement l’expression de ce fait que certains acini (à cause peut-être de leurs rapports avec les terminaisons artérielles) sont vraisemblablement sollicités plus facilement que d’autres à la transformation. La persistance d’îlots primaires permanents, à substance renouvelable, nous parait moins probable (i). Elle 1 est d autant moins que nous avons plus d’une fois saisi (chez les suppliciés par exemple) de très gros îlots en train de revenir à la forme acineuse).

Ces concessions faites, nous continuerons à croire à la variahilité des îlots, et cela d autant plus que nous en trouvons sans cesse de nouvelles preuves. C est d ahord 1 existence des transitions ménagées que nous avons signalées plus haut entre les cordons et les acini, transitions localisées généralement a la périphérie, mais souvent intérieures aussi. C est ensuite 1 existence d îlots entiers, qui, par leurs carac— tcies, représentent des formes de passage entre l’îlot normal et un groupe d’acini chez l’adulte.

Les premières nous paraissent avoir une importance toute spéciale la ou il N a une cellule d dot enebassee de toutes parts entre des

Preuves en faveur des

transformations;

1“ Images de continuité.

(i) Klle est néanmoins possible.

l'IlKIi VKS DP II U, WCEMI AT

de mélange des deux sortes de cellules, avec éléments de

transition.

cellules d’acinus, ou réci|)roquemenl (i). Nous (>u avons donné des exemples chez les Opliidiens h*.ô) ; nous en relrouvons jusque chez rilomme. De deux choses l’une, ou ceL engrènemenl, ce mélange est l’indice d’une transformation de l’un des deux tissus en l’autre, ou bien il faut le supposer persistant depuis l’époque lointaine du développement embryonnaire. Peut-on encore admettre cette dernière supposition en ayant sous les yeux les figures précédemment données { fit). 63 à 63)? Pour nous, cela nous est impossible. Nous avons une toute autre conception de la vie; la vie, c’est le mouvement; la vie d’un grou])e cellulaire, c’est le changement incessant de sa forme

Fif/. ()6. — l^incréas du Xaja. Varinbililé des 'dois. — (h., \8i)9-e, /Uhliographie

analomique.)

Un petit îlot entier, forme de transition à cellules endocrines et exocrines mêlées. — Fixation au liq. de Zenker, coloration à l’hématoxyline au fer. (Zeiss, apochr. hom. i,4o, caméra.) — a. cellule endocrine bourrée de lins granules, à noyau relégué au sommet, sans nucléole, sans paranucleus; elle est intercalée entre deux éléments exocrines b,c. à noyau basal,. à grains de zymogene, agros paranuclei; — 6 et c sont déjà d’ailleurs en voie de transformation ; et c’est en e, f seulement qu’on retrouve la cellule à zymogène typique et bourrée de grains; — in, n, cordons pleins endocrines en période d’état, et en continuité parfaite avec le reste de l’acinus; — e, vaisseaux: — ac, place des acini normaux qui entouraient de toutes parts ce petit îlot de transition.

et le renouvellement de ses molécules. Supposer, dans une glande si active, tel acinus figé dans sa forme depuis quarante a cinquante ans, telle cellule d’îlot encastrée entre deux cellules acineuses depuis la même date, cela nous paraît aussi invraisemblable que supposer la vie dans les tissus d’une momie d’I'igyple (2).

(1) Sans la moindre interposition d’une membrane propre (méthode de coloration de IIanskn, de Cuhtis, de Maixouy. etc.).

(a) Quant à la possibilité d’une erreur pouvant provenir Flemming (comme le croit Diamaue), rappelons que depuis douze ans que nous nou^ occupons de la question, nous avons employé les fixants f^u* espèces animales les plus variées, et que nous obtenons toujours les nu mes re.ulta . .

ODCONS I ULCI IU-N liT IIIICONS ITI'L' l lnN

1 (iT)

l’.nlin cela nous paraît plus invraiscmhlahle encore en présence tle certaines cellules mixtes dont nous n’avons pas encore parlé ici, et (ju’on rencontre parfois aux points de Iransilion chez les Ophidiens, cellules où nous trouvons parfois côte à côte les deux sortes de grains (de z\ inogène. et endocrines), et un noyau avec des caractères intermédiaires, où la translormation, en un mot, est prise sur le fait (ipoa-d); puis a coté de ces éléments, ce sont des cellules à zymogène pauvres en grains, désorientées, a paranucleus en voie de disparition, et offrant manifestement elles aussi le caractère d’éléments de transition (y?^. 66).

Ces éléments se rencontrent presque exclusivement dans les îlots que nous considérons comme étant en voie de formation ou d’accroissement, et que nous appellerons encore déconsiriiclions à’ &cin\ (igoô), d’autres, un peu diflérents de lorme, conduisant à la reconstitulioii d’acini (iSgS-c).

Ce n est pas qu il soit toujours lacile de distinguer ces deux états. Pourtant on trouve des caractères assez analogues à ceux que nous avons déjà montrés chez l’embryon de Mouton. Chez les Ophidiens adultes (igoi, igoa-c/), nous avons indiqué de nouveau les caractères des déconsti'iiclions. Autour d’un ca])illaire comme centre, ceux des éléments de deux, trois ou quatie acini- voisins cpii louchent à ce capillaire subissent l’interversion, se remplissent de petits grains, s’irradient autour du vaisseau. Ils sont généralement gonflés, tendent a déprimer les autres éléments. De là, la transformation gagne de proche en proche. Ou bien le vaisseau semble refouler graduellement la paroi d’un acinus en voie de tiansformation, et s’en coiffer pour former un acinus inlerverti.

Lors delà reconstitution, on trouve des masses avant déjà plus ou moins nettement la forme acineuse, mais massives, irrégulières, dans lesciuelles ce sont au contraire un certain nombre de cellules d’îlot restantes, reconnaissables à leurs petits grains, qui. « éparses, isolées ou réduites à de petits groupes, sont irrégulières, aplaties, refoulées à la périphérie ». Les éléments ne sont plus régulièrement orientés autour des capillaires, et pas encore autour de la lumière, qui commence à peine à reprendre son volume et sa place. « Les centroacineuses sont abondantes et larges. » Parfois une partie des éléments sont détruits et rejetés par suite du remaniement. Certains îlots semblent môme ici subir une régression totale, se détruire, ou revenir à l’état embryonnaire, et se transformer en tubes pancréatiques primitifs capables d’une nouvelle évolution. D’autres probablement subissent un simple morcellement (îlots à disparition scalariforme), destiné à

a® Formc.s de

passage entre acini et îtots

(déconstruclion d’acini), — entre îlots et acini {reconslilulion d’acini.)

Leurs caractères chez les Ophidiens.

Acinus inlerverti.

iii;co>srnrc:no.\ kt nl;co^sTn I Tl(l^

f.Vio]

(jaraclcrcs les (iêcrmstructions

renouveler el à niulliplier leurs surfaces de conlacl avec le tissu voisin. Mais ces deux dernières sortes de inodHicalions, qui demandent une nouvelle étude, paraissent une |)arlicularitc du pancréas des Heptiles.

Chez l'IIonune, nous avons dit des iSg'i (c) (jue nous trouvions toute une série de « formes de transition » entre l’acinus et niot, et

h'ig. f)7 . — Pancréas humain (supplicié). — /loi en vote d’accrotssemeni :

déconslruclion d'acini.

Inférieurement, il est limité par un vaisseau v, d’où part un vaisseau pénétrant r’. encore relié au premier par la gaine amorphe avec ses noyaux: — en c”, un autre vaisseau inclus; — oc, acini ; — mp. membrane propre. Sur les côtés et en haut, l’ilot est entouré par un 1er à cheval d’acini, qui tous, sauf/. sont plus ou moins gagnés par la transformation endocrine, l/’îlot s’étant loriné vers le centre de la petite grappe qu’ils constituaient, cette transformation s’étend en suivant leurs émissaires; acini et canaux se fusionnent peu à peu en une seule masse. Autour de l’ilot, nettement réservée en clair, on voit une zone de transition constituée par des cellules de caractères intermédiaires. De l’acinus a ne persistent plus que deux cellules principales nettement reconnaissables, de l’acinus ù quelques éléments analogues, qui viennent se continuer pres(|ue sans transition avec le cordon inférieur. (Alcool; van Gicson. — Zeiss. Ob. ap. imm. honi. a niillmi. .\p. 1,40. Oc. 4, caméra.)

DKCOXSTUL’GTION ET nECO^ST^rüTIO^

lO-

d’aiilres, « dilVércnlcs des premières, conduisant de l’ilol typique à la reconstitution de nouveaux acini ». Mais nous n’avons pas donné de details. Nous avons récemment complété (if)o5-c). Le premier caractère dilTérentiel entre les déconstniclions (îlots en formation, y?ry. 6‘7, 6H) et les reconstilulions d'acini {fi^. GO), c’est que, dans les premières, le

Fi(j, H7 bis. — Décalque de la précédente, pour utettre en relief, d’une façon schématique : 1“ l’îlot en clair; — 2° la zone de transition, grossièrement ponctuée; — 3" les acini, finement ponctués. — On a fait rentrer dans la seconde les cellules canalaires des acini e, /', g, plus ou moins impliquées dans la transformation.

processus est graduel, gagne en faisant tache d’huile. Un petit îlot commençant peut être réduit à un simple acinus interverti, dont les éléments, tous semblables et au premier stade, sont comme refoulés par une anse capillaire {fiij. GS). Mais dans les formes plus grosses eu

cl des

reconstilulions

chez

riloiiime adulte.

Déconslructions.

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