‹ Le pancréasChapitre 68 sur 79 · Preuves physiologiques · texte numérisé non relu

Preuves physiologiques

Mode d’action de la sécrétion interne.

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admettre aussi une action sur les albuminoïdes (hémoglobine i* globn-linc!*), soilcju il s agisse de combinaisons où le glucose joue un rôle ( ij soit que la sécrétion interne exerce sur le sang ou sur les tissus des actions multiples qui nous sont encore inconnues. Ssobolew tend dans le même sens.

CoHMiEiM, DE Meieu (voir plus liaut) font du produit de la sécrétion inteine une substance sensibilisatrice, qui, pour le second, agirait sur les leucocytes producteurs d’un ferment glycoly tique. Celui-ci serait au contraire d’origine musculaire pour le premier.

O. Lombroso (190/1, rgoS) conclut de ses expériences (Chien) que, chez les animaux dépancréatés, « le pouvoir d’utiliser les graisses » diminue également, et attribue ce pouvoir à une fonction interne de la glande permettant cette utilisation, car il persiste chez les animaux à fistule.

Quoi qu il en soit, la seule action de cette sécrétion qui soit bien évidente aujourd’hui est l’action régulatrice sur les transformations du sucre, et l’on sait que si cette action vient à manquer (extirpation totale du pancréas), le diabète s’établit et conduit rapidement à la mort. L’expérience cruciale consisterait donc à obtenir du suc d’îlot pur, et à l’injecter en très petite quantité dans le sang d’un animal dépancréaté. Si l’on réussissait à arrêter ou à diminuer la glycosurie, il serait bien démontré que les îlots possèdent une sécrétion interne; il serait démontré qu’ils la possèdent seuls, si le suc d’acinus ne produisait pas le même résultat. Mais s’il le produisait, on ne pourrait en conclure que normalemenl les acini versent aussi une partie de leur sécrétion dans le sang ; cela prouverait simplement que le matériel de sécrétion des îlots est du zymogène analogue à celui des acini ou à peine modifié. Cette expérience, que nous n’avons pu réaliser (voir Goxïieb DE LA Roche), ne semble pas avoir encore été tentée; elle est entourée de difficultés de tous ordres.

Élude des grelTcs. La conclusion en faveur de la sécrétion interne des îlots serait encore plus nette s’il était démontré que la petite greffe pancréatique sous-cutanée de IIédon, qui suffît à elle seule à préserver du diabète un Chien dépancréaté, est uniquement constituée de tissu d’îlot (2). Malheureusement l’étude de ces grelTes n’a ]ias donné jusqu’ici tous

(1) Pour être rendu plus assimilable par exemple, et moins facile à lillrer au niveau du glomérule rénal. I.a glycolyse dans le sang ne peut-elle être, non une véritable destruction du sucre, mais une combinaison de la molécule sucrée avec la molécule azotée ?

(2) 11 est extrêmement probable, « de fait presque certain », disait Scii.uKKa dés (pie les îlots en question ne participent pas à l’alropbie de la glande.

l*Ui;UVKS PinSIOl.OGJQUES

les résullats qu’on en pouvait allcndrc; celles qui furent faites en 1892- 1893 par llÉnov ont été examinées par Mouar/r (iSpB-c/), qui considérait les îlots comme des formations lymphoïdes sans importance, et ne les mentionne même pas dans ses examens; il suit seulement l’établissement progressif de la sclérose et la disparition des acini (grelfes de plus d’un mois à canal spontanément oblitéré).

Mais SsoBOLEW (1901, 1902) a pratiqué deux greffes de ce genre (Chien), sans ablation du pancréas abdominal. L’occlusion de la fistule et la cessation de la sécrétion ont eu lieu du trentième au quarantième jour. Au cinquantième, dans la première greffe, on ne trouvait plus que quelques nodules épithéliaux, gros comme des petits pois, constitués par des « lobules » [acini] fortement atrophiés, et « des îlots assez bien conservés ». Au cent trentième jour, la deuxième greffe était réduite à de petits nodules grisâtres consistant en restes de canaux excréteurs, en un petit nombre d’îlots et de ganglions nerveux modifiés. Ssoiiolew en conclut que les îlots sont les éléments les plus résistants, et qu’ils eussent été seuls capables de sécréter, par conséquent d’empêcher le diabète, si la glande abdominale eût été enlevée. 11 est même probable qu’en ce cas, ils eussent été mieux développés, leur persistance devenant plus indispensable pour l’organisme.

Go.vriER DE LA Roche (iqoS) a examiné une greffe encore suintante (six semaines). Elle commençait à être envahie par la sclérose, les acini s’atrophiaient ; les îlots étaient petits, irréguliers de forme, plas nombreux que dans le pancréas normal.

Nous avions nous-même examiné une autre greffe (à fistule tarie) de trois mois et deux jours (1902-c), réduite à son canal et à deux maigres grappes de petits nodules. Nous n’y avons pas trouvé d’ilots nets, mais des cordons irréguliers qui peuvent en représenter les vestiges, et de véritables tabes pancréatiques primitifs porteurs d’éléments endocrines dispersés, mêlés à des sortes de pseudo-acini rudimentaires. Nous ne pouvons donc être aussi affirmatif que Ssobolew dans nos conclusions. C’est une étude à reprendre.

Mais si l’installation de greffes chez le Chien est pénible, et si leur élude est dillicile, n’obtiendrait-on pas plus facilement des résullats d’égale valeur en liant simplement ou en sectionnant, soit le canal pancréatique, soit l’une de ses branches? On placerait la glande entière ou les portions ainsi exclues dans des conditions sinon identi(|ues, du moins assez analogues à celles de la glande à fistules tarie et fermée. C’est ce qu’ont pensé à peu près simultanément W. Sciiulze el 8so-

BOLEXV.

Ex()cricnccs de ligature du canal excréteur

pniîuvES l'HYSioi-or.iQiiES

SsonoLEW, igoo.

W . ScHULZE, igoo.

Persistance des îlots; destruction des acini.

Recherches personnelles avec Goî«tieii DE LA. Roche.

SSOHOI.EW a le [Hernief (i) (1900) annoncé brièvement dans une communication préliminaire qu’il avait obtenu la persistance des îlots, et des grains dans les dois, chez le Lapin, au vingtième jour après la ligature du canal pancréatique à son embouchure (plus lard il les a retrouvés (1902) au bout de quatre cenls jours).

W. Sciiui.zE, très peu de temps après (1900), publiait un mémoire détaillé sur le résultat d’expériences analogues. Il excluait, chez le Cobaye, des lobes entiers de pancréas par une ligature en masse, mais de façon à ce qu’ils restassent bien vascularisés; il retrouvait les îlots intacts et sans changement, quarante, cinquante et quatre-vingts jours après; alors que, du reste du pancréas, ne persistaient plus que des vestiges. L’auteur en conclut que les îlots ne prennent aucune part au processus atrophique si marqué sur les autres éléments de la glande, que ce sont des formations autonomes, indépendantes de l’arbre glandulaire [Gaïujsystem) ; l’extirpation totale du pancréas produit le diabète, l’atrophie qui suit la ligature (ou celle de la grelTe) ne le produit pas : ce sont donc les parties du pancréas résistant à cette atrophie qui influent sur l’utilisation des matières sucrées,

ÎNous avons, avec notre élève Gontieh de la Roche (1902) (élude complétée plus tard par Goxtier, 1908), repris les expériences de SciiüLZE, mais en faisant l’exclusion complète, c’est-à dire non seulement en liant, mais en sectionnant entre deux ligatures les coulées pancréatiques rétro-stomacales. Nous avons obtenu les mêmes résultats avec quelques légères diflérences. Les acini ont complètement disparu au septième jour; et, de là jusque A^ers le quatorzième, la portion exocrine de la glande n’existe plus; le fragment lié représente un véritable pancréas endocrine pur, au milieu d’un tissu de sclérose 71). En effet, sauf quelques lésions disséminées attribuables à la sclérose environnante et au brusque changement de leurs conditions d’existence, les îlotss ont parfaitement conservés, ont gardé leur volume et leur forme; ils paraissent même plus nombreux, probablement à cause de la raréfaction du tissu interposé. Puis, à partir du quatorzième jour, et surtout au bout d’un mois, le processus devient plus complexe. Peu à peu la sclérose se complète, puis le tissu filjreux tait place à du

(1) Katz et Winki.kr (i8i)8) îivaienl déjà moiilré accessoirement, qu'apres ligature du canal pancréatique chez le Chien, les îlots persis-tent un certain temps; mais leurs animaux n’avaient pas survécu plus de huit jours (d après SciifLZK). Aiinoza.n et Vaillaud, dès 1884, avaient étudié avec le plus grand soin les modilications du pancréas après ligature du canal ; et certaines parties de leurs descriptions semblent se rapporter à des îlots conservés. Malheureusement, ils ne savaient pas encore distinguer sûrement ces formations, et n’avaient pas idée de leur importance: ils n’en ont pas môme fait mention.

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