I.SSy
Mais on peut sui)poser aussi que c’esl sous l’incilalion premièiT venue d’un capillaire voisin, et grâce à une substance excitatrice (glu cose simplement peut-être), transsudée à travers ses parois, que certains éléments acineux siibissenlla transfoimation plus haut décrite, et cela est même d’autant plus vraisemblable que c’est l’organisme entier, que c’est le sang surtout, qui a besoin de cette sécrétion particulière ( i).
Même en ce cas, on peut encore admettre que les éléments incités ne sont pas absolument passifs, que certains seront plus aptes à répondre que d’autres, vu les conditions particulières, de fatigue ou autres, dans lesquelles ils peuvent se trouver. 11 semble donc y avoir une action réciproque des vaisseaux sur l’épithélium, et de l’épithélium sur les vaisseaux, et il nous parait assez difficile, à l’heure actuelle, d’établir à quel élément revient l’initiative première de la transformation, initiative qui varie peut-être selon les cas (embryon ou adulte) et selon les espèces (2).
Mais si la formation de grains endocrines dans un élément isolé peut être très précoce et autonome, le rôle directeur et prédominant du vaisseau devient indéniable dans l’édification architecturale de 1 îlot luimême chez le Vertébré supérieur adulte. C’est alors qu’on peut voir, s’il s’agit d’un très petit îlot, un seul acinus s’intervertir, ses cellules s’irradiant autour de l’anse vasculaire qui refoule sa paroi, et délaissant la lumière qui disparaît ; ou bien le vaisseau est situé entre deux ou trois acini ; à son contact les cellules deces acini, peu à peu ordonnées autour de lui, subissent ou continuent à subir la transformation, qui gagne de proche en proche, englobant les trois cavités sécrétantes, s’étendant parfois bien au delà, et formant toute une série d’acini intervertis anastomosés et continus.
Chez l’Homme on observe très nettement ces deux modes de lorination ; on voit de la même façon s’accroître les îlots déjà constitués. Vers
Hôte modelant du vaisseau dans l’édification de
l’architecture de l’îlot.
Accroissemcnl de l’ilol.
devenir l’origine d’un ilôt ou y être englobées. Peut-être alors reviennent-elles à leur état primitif ou dégénèrent-elles; mais il est vraisemblable qu’elles peuvent d’abord excréter leur materiel de sècrét ion dans le capillaire voisin Nous admettrons donc volontiers que, chez certaines espi ces parliculiéiement, la cellule d’acinus peut devenir temporairement endocrine sans être obligée de faire partie intégrante d’un îlot. Ce parait être rare chez l’Homme.
(1) Cela n’empêcherait pas que. chez l’embryon (Mouton), des inlluences héréditaires ne [missent provoquer dés le début et d’emblee des bourgeonnements é|)ithéliaux s[)éciaux, même en l'absence d’une incitation nettement localisée de tels ou tels vaisseaux.
(2) S’il n’y avait pas à cha([ue instant des groupes de cellules particulièrement prêtes a la sécrétion interne, comment expliquer qu’on trouve côte à côte, dans le même lobule, des reconstitutions .à côté de ces dêconstructions ? Si la crase sanguine agissait seule, elle agirait également sur tous les éléments du pancréas, ou bien il faudrait admettre une première action sur la paroi du vaisseau, une modification locale de cette paroi. Mais fiuelle serait la cause de cette localisation
KVOl.l riON DE I, il.OT ENDOCIU.M-,
Translbrmation
graduelle
des
cellules d’acini en cellules de cordons.
Période d’état caractérisée surtout
par l'excrétion.
Les divers stades de la
reconslitulion des acini.
riajcanissemenl.
la périphérie par exemple, on verra un cordon déjà ancien, formé de cellules pcliles. fincmcnl vacuolisées, à limites peu nettes, à noNau.x de volume très irrégulier et souvent considérable, sc continuer peu à peu en un cordon i)lus régulier, à grosses cellules nettement limitées, gonflées de secietion, tendant vers la forme prismatifjue, rangées en palissade le long du capillaire, à noyau.v tous à peu jtrès égaux et réguliers, rejetes loin du vaisseau. Enfin ce cordon lui-memc viendra tout à coup en continuité avec l’acinus aux dépens duquel il s’accroît, très reconnaissable à tous ses caractères, et renfermant des amas de zymogène apicaux. 7\u point de contact, on pourra trouver quelques éléments plus foncés que les cellules du cordon, mais n’ayant plus de zone basale sombre, et criblés dans toute leur étendue de petits grains réfringents salraninopbiles (i). L’est dans les grosses cellules prismatiques qui précédaient, qu’on trouve, souvent au moins, des grains mats gentianopbiles, plus irréguliers. Pour nous, par conséquent, ces deux dernières sortes d’éléments représentent chez l’Homme les cellules d’îlot de la deuxième variété [o.) , et deux stades successifs de la transformation du matériel de sécrétion. Cette dernière achevée, nous ne trouvons plus que la fine vacuolisation qui caractérise la cellule d’îtot normale {première variété). Celle-ci est manifestement un élément en voie d’excrétion, d’appauvrissement; elle devient déplus en plus petite; ses limites de moins en moins nettes. Elle se maintient assez longtemps sous cet as[)ect (Homme), puisque la plupart des îlots sont exclusivement constitués de tels éléments, et ont perdu leur continuité avec les acini. C’est leur période d’état. Elle dure longtemps, et manifestement la sécrétion interne est versée normalement dans le sang d’une façon continue, mais en quantité très minime. Plus tard, nous trouvons des formes où le cytoplasme diminue de plus en [ilus, semble se fusionner par places en un SMicyliuui bourré de noyaux irréguliers de toutes tailles. Ces îlots épuisés sont manifestement contractés, resserrés. C’est à eux parfois qu’on trouve une enveloppe assez nette, et il est possible que quelques-uns d’entre eux dégénèrent complètement.
Mais le plus souvent il y a reconstitution d’acini. Le reste des fines vacuoles disparaît complètement; le jirotoplasme redevient peu à peu foncé; les limites cellulaires réapparaissent; mais les éléments sont encore petits et mal ordonnés. Ce n’est que progressivement, par les
(i) Quelquefois, sur les bords, un ou plusieurs acini entiers ])euvcnt avoir subi celle transformalion, ou une analogue, en conservanl, encore un peu leur forme priinilive. r.e processus n’est donc pas absolument uniforme : il y a de légères variations.
(a) I )e la deuxième variété, parce que ce sont les moins abondantes ; elles son! le plus souveni même absentes, dans l'ilol en période d’étal.