PREFACE XXXIII
de Delagoa. En 1895, il demandait au Portugal de faire passer cinquante marins du Seeadler à Pretoria. On voulait donner l'impression que le Transvaal avait derrière lui l'Allemagne avec toutes ses forces. Un coup de main inconsidéré des Anglais favorisa cette politique. Jameson, inquiet des menées allemandes, résolut de brusquer le dénouement. Il envahit le Transvaal avec une troupe à clieval, faiblement appuyée d'artillerie. Les Burghers la cernèrent et la firent capituler à Kriïgersdorp. Aussitôt M. de Marschall convoqua cliez l'empereur un conseil secret oil siégèrent M. de Holstein, les amiraux von IIollmann et Knorr, M. von Sender-Bibran, tous experts en matière coloniale. C'est dans ce conseil, le 3 janvier i8()(), que furent arrêtés les termes du télégramme envoyé par Guillaume II à Kriiger, et où l'empereur félicitait le président d'une victoire remportée « sans faire appel à des puissances amies, et par l'énergie propre des Boërs ». L'enthousiasme en Allemagne fut immense. On admirait les Boërs pour avoir inlligé une défaite à l'agresseur anglais; et cette défaite paraissait l'œuvre de la valeur germanique. Après avoir s^ souvent parlé avec mépris des cousins néerlandais, des mynheers cossus de l'Amstel, préoccupés de gérer avec égoïsme, mais avec ruse, de solides affaires coloniales, on se souvint maintenant que les Boërs étaient les descendants de ces Néerlandais. Le télégramme de l'empereur paraissait le signe d'un rapprochement durable entre le Transvaal et l'Allemagne. On ne prenait pas garde à sa rédaction ambiguë, qui félicitait Kriïger « de ne pas avoir fait appeler des puissances