‹ Le pangermanisme colonial sous Guillaume II;Chapitre 16 sur 84 · PREFACE XLI · texte numérisé non relu

PREFACE XLI

ne tolèrent pas que des Allemands aient contribué à édifier une puissance non allemande. Et que dire du Ilot ininterrompu d'émigrés que les révolutions de i83o et de 1848 ont jeté sur l'Amérique du Nord? Ils atteignirent 2i5.ooo dans la seule année de i854, quand débuta la réaction allemande. Ils furent 'jSo.ooo par an, vers 1881-82, quand déjà l'Allemagne commençait à constituer sa prospérité commerciale (i). Depuis 1807, le Pérou abrite dans ses forêts vierges des Tyroliens, des Bavarois, des Rhénans. Le Chili, depuis 1845, fourmille de Hessois et de Souabes. L'Argentine, où ont afflué plus de So.ooo Autrichiens, a reçu pareil nombre d'Allemands et de Suisses depuis 1857. Une immense (L'uvre officielle de colonisation, commencée en 1824, reprise en 1844. interrompue seulement quand le rescrit prussien de von der Heydt mit fin à l'émigration pour le Brésil, a été, depuis 1897, encouragée à nouveau, et a fait de tout le Rio (irande do Sul une vaste province allemande, oîi les jeunes paysans allemands, de teint clair, avec des yeux bleus et en cheveux blond filasse, « poussent plus grands, plus forts et |)lus beaux encore que dans la patrie allemande (a) >■>. Va\ Australie, des paysans poméraniens et brandebourgeois qui avaient fui les réformes religieuses de Frédéric-Guillaume III ; des républicains berlinois de 1848, désespérés par l'échec de la révolution, vinrent, près d'Adélaïde, faire

(i) V. Hugo MuKXSTnRBKHG, Die Amerikaner, a vol., 1904. — E. Ton- NKLAT, L'expansion allemande hors d'Europe, p. i-t)0.

(a) A. HETTNiiH, Das Deutschtiini in Siidhfasilien iind Siidchile (dans Geojjrapliisehe Zeitsclirilt, 1903).

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