‹ Le pangermanisme colonial sous Guillaume II;Chapitre 29 sur 84 · ALFRED ZIMMERMANN J · texte numérisé non relu

ALFRED ZIMMERMANN J

les pays étrangers, attendu que la Confédération de l'Allemagne du Nord ne pouvait s'engager dans cette voie. « D'une part, écrit-il, les avantages qu'on escompte pour le commerce et l'industrie de la mère patrie reposent en très grande partie sur des illusions. Car les dépenses causées par la fondation, la protection et surtout le maintien des colonies, dépassent très souvent, comme le prouvent les expériences de la politique coloniale de l'Angleterre et de la France, l'utilité que la métropole en retire; sans compter qu'imposer à toute la nation le poids d'impôts considérables au profit de quelques branches spéciales du commerce et de l'industrie, est une chose difficile à justifier. Se fondant sur les expériences faites à cet égard, l'Angleterre a abandonné .sa politique coloniale et la France semble également attacher peu de valeur à la fondation de nouvelles colonies. En ce qui concerne la Confédération de l'Allemagne du Nord, dont le système militaire repose sur le service obligatoire pour tous, il y a encore une autre difficulté particulière : on ne peut considérer comme rentrant dans les obligations comprises dans ce système, l'emploi prolongé des hommes soumis au service militaire dans une garnison des pays tropicaux. D'autre part, je me range entièrement à l'opinion souvent exprimée, déjà par Votre l'excellence, au cours des négociations sur cet objet, que notre marine n'est pas encore suiTisamment dévelo{)pée pour pouvoir se charger d'une protection soutenue dans les Ktats lointains. Enfin, la tentative de fonder des colonies dans des territoires dont la souveraineté est revendiquée, à tort ou à raison, par d'autres I"]tals, ])ourrait aboutir à des contlits divers qui ne sont pas désiraljles. »

Alfred Zimmermann. Geschichte der deiitschen Kolonialpolitik (Histoire de la politique coloniale allemande), 1914, p. 6-7.

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