‹ Le pangermanisme colonial sous Guillaume II;Chapitre 40 sur 84 · JO LE PAXGKKMANISMK C.OI.O.MAK · texte numérisé non relu

JO LE PAXGKKMANISMK C.OI.O.MAK

losophiques ct les professions do foi nationales. Elles procè<lent d'une même pensée confuse et passionnée. M. Unold s'est attaché au monisme de Ilaeckel. C'est un lil)re penseur de l'espèce primaire, qui croit pouvoir réduire toute la réalité morale à des nécessités biologiipies. Cette i)hilosophie pourrait avoir sa grandeur. Elle supposerait plus de culture vraie, plus de don métaphysique et aussi de savoir positif. Le pangermanisme, (jni a eu de grands représentants dans la i)ériode de i8()<>à i8i)o, est aux mains de vigoureux instituteurs, depuis vingl-cintj ans. C'est la part de démocratie qu'il v a dans ce. mouvement. Le Gouvernement allemand ne rijjrnore jjas. Il peut alléguer ainsi que le nu)uvement pangermaniste sort ties profondeurs du peuple et en exprime les besoins vrais. Johannes l'nold est un de ces demi-savants grossiers qui se croient de pensée libre, parce qu'ils fondent avec des données mal digérées de science positive yu mysticisme nouveau, nu\is plus enténél)ré que les religions anciennes. La conclusion pratique de Unold, c'est que la politique est un fait de dai-winisme Immain ; et que le succès y atteste la survivance du plus apte. ^ . .

On trouvera celte doctrine exposée dans les ouvrages intitulés : Au/if ahen iind Zi'elc des Mciischeiih'hcns {'fdrhi's et fins de la vie humaine, 189»)) ; Die hdc/ixlen Kulturaufi^nhen des niodernen Slants 1 Les lâches de en if are sii/)érieai-es de l'Etat moderne, KJ02); Das Wahlrecht mit Hacksieht an/ die deulschen Einzelstaaten (Le droit de sa (fraise dans tes différents Etats allemands, looj); Ori^anisetie and so:-iate Lehensfresetsc. {Lois orf^aniqaes et lois sociales, i«)o(>) : ^fonismas and Klerilutlismns (Monisme et cléricalisme, !9<17)". Der Monismas iind seine Idéale i Le monisme et ses ideals, i()o8); Monismas and Menschetdehen (Le monisme et la vie humaine, 1910); Politifi im Lichte der Enfwic/dnnffslehre {Lm politique à la lumière de Vévolulionnisnu'., 1912).

I. Les débuts de la colonisation allemande au Chili sons Charles-(Juint.

€ (^)ue faire'.' « dit .lu|iil(M-; •' le moiulc est distributi, » reju'te le jdiilislin idleniaii*! à courte vue, même: encore de nos jours. Mais celui (|ui a vu de ses pi-opi-es yeux ce que l'hahiieté allenuinde, la persevé-rance alleniandt* et

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res|)rit d'entrej)i'i.se allemand ont fail iluu coin de terre perdu, encore inluibité il y a cinquante ans, celui-là sent son cœur saigner à la pensée que ce travail de colonisation sera perdu pour notre nationalité, après un nouveau laps de temps de cinquante années ; que cet îlot de civilisation allemande, comme plus d'un autre, sera submerg-é par les vagues d'une nationalité étrangère.

Bien que le peuple allemand, par suite de son manque d'union jiolitique et de son impuissance, soit sorti les mains vides du partage de la terre, beaucoup de ses fils n'en ont pas moins i)ris une part glorieuse à la découverte et à la conquête du Nouveau-Monde, encore que ce fût sous un pavillon étranger. Les tables astixmomiques de « Uegiomontauus », le grand mathématicien de Niiremberg, accompagnent Christophe ('oloml> dans son voyage vers l'ouest, qui conduisit à la découverte d'un nouveau monde. Plus d'un vaillant lansquenet de l'Allemagne prit part aux hardies ex])éditions guerrières des conquistadorea espagnols. C'est ainsi que le IVère v. Straubinger », Ulrich Schmiedel, a collaboré ù la fondation de Bueno.s- Aires; en outi'e, remontant le fleuve avec les conque rants espagnols, il aida à fonder la capitale actuelle du Paraguay, Assomption. Le récit sinqjle et fidèle de ses aventui"es, traduit en espagnol, forme aujoui-d'hui l'une des sources les plus anciennes de l'histoire de l'Argentine.

On sait que l'Allemagne, par suite de la donation du Venezuela, faite à titre de lief par (Charles-Quint aux Welser, obtint une possession coloniale en piY)pre dans le nouveau monde ; mais malheureusement cette maison commerciale d'Augsbourg, que ne soutenait nulle puissauce dans la mère patrie, ne ]»ut })as la ganler. L'un des plus tristes événements de rhistoii* du peuple allemand est ce vendredi-saint de i546 où les tètes du capitaine militaire Philippe de llutten, et du jeune et ardent Bartol

Welser tombèrent sous les coups d'un nègre, dans la plaine de Toucuyo (près de Caro dans le Venezuela), sur l'ordre d'un chef de bande espagnol (Carvajol),

Aujourd'hui encore, un Allemand ne peut se défendre d'un sentiment de honte au sujet de l'ancienne faiblesse de sa patrie qui ne put sauver les meilleurs de ses fils et ne fut pas en état de conserver comme de protéger son « /?e/"», légitimement acquis par les actions et les expéditions hardies d'un Dalfinger, d'un lloheriniit et d'un Federmann. Déjà vingt ans plus tôt, le pays situé au nord de la route de Magellan tout récemment découverte, le Chili actuel, avait été concédé à la deuxième grande maison commerciale d'Augsbourg, celle des Fiigger. Mais elle manquait de navires et de guerriers pour explorer et conquérir ce J)ays si éloigné. Ce n'est que plus tard que le Nurembergeois Bartol Bliini ou Blilmlein (il se donnait le nom de Flores, en langue espagnole) pénétra avec les troupes du conquérant du Chili, Pedro de BaFdivia, dans le pays jadis destiné aux Allemands et y acquit une situation considérable l,io4i). Il fit construire le premier moulin dans la capitale nouvellement fondée de Santiago, devint sénateur de la ville et planta le premier vignoble de la station balnéaire très fréquentée aujourd'hui de Vina del Mar, près de Valparaiso, qui s'appelait à cette époque la *cuesta del alenian (le coteau de l'Allemand). Sa petite-fille, épouse et veuve du capitaine Lipsberger, de qui est issue l'une des familles les plus anciennes et les plus considéi'ées, celle des Irrarrazaval, parvint ensuite, par sa vie passablement déréglée, à une triste célébrité.

Mais, depuis la mort de Charle.s-Quint, les colonies espagnoles restèrent fermées aux .VUeinands comme à toutes les autres nations; c'est ah)rs (jue commenva pour ces i»ays, après l'Age héroïque de la « conquista », cette ennuyeuse et triste époiiue de la colonisation (la « colonia »

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i55o-i8io) OÙ, SOUS le i)oids du double despotisme ecclésiastique et laïque, sans aucune espèce de stimulant venu du dehors, réduits uniquement à des relations avec la mère patrie, qui intellectuellement et économiquement s'abaissait de plus en plus, ils tombèrent dans la somnolence d'une vie insouciante et inactive.

Das Deutschlum in Chile (Le germanisme au Chili, 1899), p. i\, sq.

12. Mission civilisatrice^ des Allemands dans l'Amérique espagnole.

Dans les contrées de l'Amérique espagnole, les immigrants allemands n'ont pas, à proprement parler, de lutte à soutenir pour maintenir leur caractère allemand, comme dans celles où habite une population de langue anglaise. Hien au contraire, même en s'adaptant franchement et inévitablement aux nouvelles circonstances, même après s'être assimilé la langue espagnole ou portugaise et avoir adopté les mœurs et les formes sociales les plus indispensables, les Allemands de l'Amérique latine i)ourraient fort bien conserver leur caractère propre, voire leur union politique avec la mère patrie, sans qu'il en résultât un inconvénient pour leur développement économique. C'est que l'esprit allemand est non seulement toléré mais encore estimé des éléments de la population indigène. La haine et la raillerie à l'égard des Allemands, à moins d'être attisées intentionnellement ou provoquées par une conduite brutale, sont en général beaucoup plus rares que, jiar exemple, vis-à-vis des Anglais et des Yankees. Les bonnes qualités et même la supériorité des Allemands sont reconnues spontanément non seulement par les classes inférieures, au caractère

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accueillant, mais aussi par celles qui. possédant plus d'aisance et de culture, sont sur })lus d'un jwint en rivalité avec eux. C'est ainsi que les paroles suivantes, adressées récemment par le Président de la République ■du Paraguay à l'ambassadeur allemand, ont quelque «hose de plus.que de simples phrases de politesse : « C'est avec une grande joie que je puis vous assurer d'avance que le peuple du Paraguay témoigne à vos compatriotes de ce pays non seulement une sympathie, une estime «incères, mais que ceux-ci, représentants éminents de la force morale et de l'iiabileté au travail, passent communément pour les facteurs les plus jirécicux de notre développement futur et de notre prospérité.»

L'élément latin ne cherche nullement à opprimer l'élément germanique, mais il lui donne l>on gré mal gré libre carrière pour se déployer et s'exercer. Bref, dans n'importe quel genre de concurrence, l'Allemand est à même de conquérir la place et l'estime qui lui reviennent, s'il n'exerce pas cette concurrence d'une fa^ort haineuse, hautaine et implacable. A cela s'ajoutent la nature aimable et les manières polies des gens du pays — encore qu'elles cachent souvent un autre état d'esj)rit — qui facilitent grandement les relations et l'acclimatation.

D'autre part, l'Allemand — surtout l'Allemand du Sud — sait s'a(h»pter jdus rapidement et plus facilement au caractère particulier des étrangers que les autres Européens, avantage qui autrefois fut souvent fatal au maintien de son esprit national. Il s'assimile vite et avec plaisir la langue «'Irangcre, surtout la langue espagnole; et, avtîc un peu tie bonne volonté, il sait facih'ment entrer dans la façon de sentir et de penser de l'Espagnol.

Les meilleui'es li'aductions et ada])tations (h'S ceuvi*es de la littérature espagnole ont été fournies par des Alleroand.s. De même (|ue notre Herder déjà sut saisir et mettre à notre portée,do la favon la plus liiuireuse, l'esprit

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comme le ton de l'épopée nationale de l'Es^^iagne, Le Cid, ce fut aussi un Allemand qui, le i»remier, révéla l'idée [(rol'onde du plus important des poèmes espagnols : Don Quic/iotle; il y a plus, la nouvelle Espagne compte parmi ses plus éminents poètes deux Allemands de naissance : Hartzenhusch et Fernan Caballero (M'"* Bœh- 1er de Faber). Une autre preuve de la possibilité d'une fusion intime des deux façons de jienser et de sentir, sans abandon complet de la sienne propre, m'a été fournie par maints exemj)les d'amitié vraie et sincère entre les Allemands et les ('hiliens.

Ces considérations et réllexions ouvrent une perspective sur la haute et vaste mission du germanisme dans l'Amérique espagnole et portugaise, sur les glorieuses et grandioses « conquêtes morales » que les Allemands sont à même de faire dans ces splendides contrées, s'ils comj)rennent bien leur mission au moment voulu.

Tandis que les Anglais et les Yankees, ])ar suite de leur caractère brusque et réservé, sont, en général, peu symp'athiques {no son simpàticos) ; que les Français, jusque dans les années ;;o, furent les guides et les modèles incontestés de ces i)euple8 dans la voie qui les menait vers une culture supérieure, mais qu'ils ont perdu' maintenant beaucoup de leur rôle conducteur, à cause de leur faiblesse numérique et de la corruption générale dans laquelle ils sont rapidement tombés, 4es Allemands ont été appelés, par leurs qualités naturelles et leurs travaux, à devenir les précepteurs et les guides de ces nations, dans l'ordre intellectuel, économi({ue et politique.

Les tristes conditions politiques et financières qui ont conduit ces contrées extrêmement riches à la ruine et à la misère par des révolutitms, par une mauvaise gestion économique, par la concussion et le gaspillage, réclament impérieusement, de l'honnêteté et de l'esprit réfléchi des

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Allemands, un remède et un assainissement, qui devraient se faire sentir d'abord dans l'administration des communes, puis dans celle des provinces et enfin de l'Ktat. Dans le domaine de l'ceole et de la science, les Allemands pourraient, comme le montre l'exemple du Chili, exercer, par leurs professeurs et leurs savants, une action extraordinairement féconile et contribuer pour une part considerable à un pi'ogrès durable, calme et sur de ces peui)les...

Mais pour que les Allemands puissent remplir dans une mesure de plus en i)lus large et à un degré toujours plus élevé la haute et précieuse mission civilisatrice d'instruire et de diriger les peuples de l'Amérique latine, mission qui leur est assignée par leurs dons naturels et les œuvres qu'ils ont accomplies jusqu'ici, deux conditions préalables sont indispensables.

En premier lieu, il faut qu'ils cherchent à maintenir avec énergie et intelligence leurs qualités et leurs avantiiges physiques ou moraux ; qu'ils prennent une conscience de plus en plus claire de la responsabilité de leur situation et du caractère élevé de leur mission, afin d'éviter ainsi de tomber dans les vices et les faiblesses des habitants du pays. Car c'est uniquement sur leur supériorité morale, leur application, leur caractère consciencieux, leur honnélelé, leur amour d«^ l'ordre et de la pi*opreté, leur persévérance et leur maîtrise d'euxmêmes, que peut et doit reix)ser le rule conducteur des Allemands. Ces habitants nous sont Jiisément supérieurs par les dons intellectuels et l'Iiabilelé technique, en particulier par tout ce qui concerne la rapidité de compréhension et l'élégance de l'exécution. « S'ils pouvaient et voulaient travaiMer et n'Ienir aussi bien c«» qu'ils ont vit(î appris, » me disait un »'min«M»l patron ébénisl»^ allemand, en montrant ses nombreux cmvriers ilu pays, c nous serions bien \'\lv perdus et nos ouvriers ne

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seraient pas eu état de soutenir la concurrence avec eux, étant donnée, par ailleurs, la modestie de leurs exigences. » (Comparez les Italiens en Allemagne.)

Mais c'est dans ces pays que les grandes qualités physiques et morales des Allemands sont le plus mises en péril, d'abord par des vices sexuels et des maladies qui, par suite du climat et des mœurs relAchées des habitants de l'endroit, se propagent avec une facilité toute particulière et annihilent de plus en plus la vertu [irimordiale des Allemands : la vie de famille, saine, belle et solide, foyer de la discipline, de la moralité allemande, de l'Ame allemande et du sens de l'idéal.

Un autre danger qui menace les fortes qualités des Allemands, réside dans le penchant pour l'alcool. Si, dans la mère patrie, beaucoup de forces saines et de nobles aspirations commencent à être brisées et détruites par l'usage immodéré de l'alcool, par le culte niais et vide de la bière, i>ar le séjour prolongé à la taverne, les conséquences funestes de vices allemands de ce genre se montrent d'une fa(;on beaucoup plus rapide et plus désasti'euse encore, dans un pays étranger plus chaud, en amenant la perte des facultés productrices et de l'esprit d'entreprise, de l'énergie et de la discipline morale. Combien d'Allemands, même cultwés, ont sombré de cette manière, dans les contrées tropicales et subtropicales !

Si l'on veut eniin que les Allemands maintiennent leur supériorité intellectuelle, morale et physique dans les générations futures elles-mêmes, il faut recommander avec instance de faire donner aux (ils de la à i8 ans (ou de i4 à ao) une culture professionnelle, scientilique et morale dans la mère patiie, non pas dans des pensionnats d'un i)rix élevé et très fréquentés, mais dans les familles allemandes instruites des petites villes. Par là, ils seront préservés du danger d'une maturité précoce ; l'instinct

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sexuel, en particulier, ne commencera à scveiller que lorsque le développement physique, intellectuel et moral sera avancé à un tel point qu'il pourra opposer un contrepoids efficace aux écarts de cet instinct.

De cette manière, ils seront introduits également dans latmosphère saine de la vie île famille allemande, de la moralité bourgeoise allemande, où prospèrent le mieux les fortes qualités et les vertus allemandes. De là ils retourneront ensuite dans leur patrie proprement dite, l'esprit et le caractère trempés, comme pionniers actifs de la civilisation, pour y prendre une part éminente au développement intellectuel, moral, politique et économique de leurs concitoyens.

Pourvus d'une forte culture historique et philosophique, ils auraient en particulier la mission d'aider à réaliser l'idéal d'un régime d'État moderne, libre et vigoureux, ordonné et juste, pourvu d'une sage gestion financière, là où s'opposent dans une contradiction inconcevable une constitution libre cl une domination implacable de partis égoïstes, une législation éclairée et une administration inexp(>rimentée, une liberté personnelle apparente et linjuslice la plxLs criante.

Si les Allemands ne réussissent pas dans cette mission, la banqueroute financière et polititfue fera que tôt ou tard les pays de l'.Vmérique esj)agnole et portugaise seront entièrement ex]>Ioités ut domint's par les l^tats-Unis. Depuis renlèvement de (^uba, île Porto-Rico et des Philipjùnes, le sentiment d'une t'venlualilé de ce genre j)énètre tous ces pays et les rend île moins en moins réfraclaircs à une conquête morale [>ar les Allemands,

En see«ind lii-u, une autre condition d'ordre plus extérieur pour la réalisation de la mission civilisatrice alleniand«> «pii vient dèlre indi(|uée, est l'or^anisaiùtn de Vi'iniffrulidu jitir l'Jùn/tirc.

P<tur «les rui.sons légittm(>s el faciles à comprendre.

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l'Empire s'est abstenu jusqu'ici de toute immixtion, voire même de tout encouragement dans la question de l'émigration; cependant, peut-être sans le savoir, nous sommes déjà parvenus au point où l'augmentation de population, surtout dans les classes aisées et instruites, fait place à un état stationnaire, sinon à un recula l'accroissement de population actuel est principalement de nature prolétarienne, car la première génération des ouvriers de l'industrie qui ont immigré des campagnes dans les villes (de même que la population des immigrés slaves) augmente relativement dans la plus Ibrte proportion. Mais de plus, le nombre des enlants (peut-être aussi celui des mariages), par suite de l'accroissement des besoins et de l'amélioration comme aussi du renchérissement des conditions de l'existence, diminue dans toutes les autres sphères de la nation.

Nous sommes donc maintenant en présence de cette alternative : « (Quelle est la chose la plus précieuse et la plus digne pour l'Allemand et le germanisme? Devons-nous, par des vices, par la crainte des mariages et des enfants, laisser rétrograder notre race si bien douée et pourvue de si fortes qualités? »

Comme le montre l'histoire de tous les peuples civilisés ({ui nous ont i)récédés, en particulier des iJeuples latins, nous nous engageons sur une pente où l'on ne peut plus s'arrêter ni remonter. Une fois que des sphères de plus en plus grandes de la nation aui*ont accoutumé d'avoir, au lieu de; mariages stables, des liaisons relâchées ; au lieu de l'amour des enfants, l'anxiété des moyens préventifs, lechilfre de U [lopulation ne se maintiendra plus à la hauteur voulue; il l>aissera, au contraire, irrésistiblement, ainsi que le montre, de la fa<,'on la plus directe et la plus claire, l'exemple de la Fivmce où, malgré les chiffires favoi'ables de la durée de la vie, le nombi*e des décès, en iHi>t>, a dépassé d'environ 40000

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celui des naissances, et où le même résultat, eu i8()8, n'a été masqué que par des opérations artificielles, entre autres, par la naturalisation d'étrangers.

Le revers de la médaille, dans cette question de la population que nos Gouvernements eux-mêmes seront bientôt forcés d'envisager, est le suivant : ne devons-nous pas chercher à maintenir et à renforcer l'activité comme la productivité de notre vie nationale en réglant l'émigration, soit dans nos propres colonies, soit dans des pays où notre nationalité puisse se maintenir et s'épanouir, où les emigrants soient à même d'ouvrir de nouveaux débouchés au travail et à la prospérité de leurs compatriotes de la terre natale? Car l'histoire de notre propre nation ainsi que l'exemple de l'Angleterre nous enseignent que l'accroissement et le succès de l'émigration (ici, dans des colonies à soi) chez un peuple sain et doué de fortes qualités, ne diminuent pas le chiftre des habitants, mais remplacent rapidement ceux qui partent.

Sans doute, comme on en a fait souvent le calcul, c'est une chose coi\teuse que de livrer la chambre des petits enfants à d'autres ])euples, c'est-à-dire d'élever avec beaucoup de peine et à grands frais des fils et des filles qui quittent la patrie à la fleur de l'Age. (Cependant, nous devrions avoir conservé assez de l'idéalisme de nos plus beaux jours pour savoir faire enti'er également le bénéfice idéal en ligue de compte, sans être de simples calculateurs mesc|uins, bénéfice consistant à collaborer à la grande mission liuinaine de coloniser le monde et de propager la civilisation. IS'e serions-nous pas en étal non plus de comprendre et de déplorer l'énorme perte pour le jléveloppement de l'humanité, qui consisterait, pour une race civilisée aussi éniinente, à limiter artilicielicment son accroissjMuent pai* des vices et des su[»iM'clu;ri»vs, à renoncer de plus en plus à son extension ou. tout au moins, à des conquêtes morales? Le progiès <W lliuma-

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nité ne s'edeelue pas, en elîet, par le développemenl simultané de tous les individus et de tous les peuples, mais principalement par l'action civilisatrice des individualités et des races les mieux douées, au point de vue intellectuel, moral et physique.

Parmi celles-ci lijj^ure incontestablement lu race germanique et sa tribu la plus puissante jusque dans ces derniei's temps : le peuple allemand, l'ant <[ue celui-ci possédera donc assez de vitalité et d'cspi-it idéaliste, il lui faudra, sans considération de jteitu' ni d'argent, placer son <levoir et sa tache tlans une [lai-licipation en rapport avec ses éminentes qualités naturelles et avec les choses grandioses qu'il a accomplies; il ne devra pas renoncer par lâcheté et faiblesse à cette mission suprême, comme le peuple français, en recherchant d'une façon égoïste, le bonheur et le bien-être (système des tleux enfants).

Mais, au point de vue du calculateur pratique, cet idéalisme de pensée et d'action n'est pas non plus aussi dépourvu d'avantages qu'il pourrait paraître à un regard borné. Sans l'énorme expansion de nos compatriotes sur toute la terre, nous ne serions pas devenus la deuxième nation industrielle et commerciale ; jamais notre prospérité et notre activité industrielles n'auraient augmenté dans de telles proportions. Enlin, il jieut se faire que le temps ne soit ])lus très éloigné où nous aurions l'occasion ipar exemple, si la question d'Orient vient à s'ouvrir i d'acquérir dans la zone tempérée un pays de colonisation fertile, permettant à notre nationalité de s'assurer un nouveau foyer de féconde ex[)ansion. Mais, si d'ici là les habitudes vicieuses, l'amollissement de l'âme et du corps icomme en amènent le luxe et le système des deux enfants) font reculer le chilfre de notre population et notre force nationale, nous n'aurons ni la capacité, ni la valeur voulues pour faire servir ces occasions à l'accroissement de notre race.

8q le paxgermaxismk colon I a I,

Ces considérations et d'autres analogues devraient porter nos cercles dirigeants (ce qui demanderait aussi un Reichstag réellement allemand) à envisager la question de l'émigration et de la colonisation sous un tout autre jour et les inciter à la régler et à la favoriser activement. C'est ainsi que, par des négociations avec le Gouvernement du Chili, il serait aisé, par exemple, de réaliser la colonisation de 3 à 5 millions d'hectares, sous une forme qui serait plus avantageuse pour noti'e nationalité comme pour ce pays, et d'aider puissamment à l'expansion du germanisme dans toute l'Amérique espagnole.

Ia' émigration et la colonisation (à l'intérieur comme à l'extérieur) doivent être considérées et traitées comme Vune des araires nationales les plus importantes, avant que le triomphe de la lâcheté et du vice nous en fasse perdre le goût ou la capacité, pour notre plus grand désavantage et au détriment irréparable de l'humanité.

Mais pour que la nation allemande elle-même acquière et conserve, dans des sphères de plus en plus vastes, l'aptitude et l'intelligence nécessaires à des tàcjies d'une si haute gravité, il me semble indispensable d'iudi([uer les réformes suivantes qui devront être réalisées dans la métropole.

Bien .souvent, quand je pensais au loin à la chère patrie, que j'admirais les «euvres et k^s dons naturels de mes compatriotes dans cette même partie du Chili qui vient d'être décrite, je ne pouvais m'em pêcher de me demander :

« Ne serait-il ])as lamentable que tant d'énergie et de haute valeur, comme en recèle la nature allemande au plus pr()f«>nd d'elh'-même, fussent pci-duesdansh» palrii», d'un rùlé, j»ar la misère <'t h': surmenage, et (h'I'aiilrc, par le luxe tît lu soif de jouissance? No serait-il \\\\s possible de réveiUer et dv. renforcer le sens bourgeois allemand,

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la moralité boui*geoi&e allemande, que la recherche continuelle du gain et du plaisir menace aujourd'hui de l'aii-e dis])araître'? Serait-il donc trop tard déjà pour élever tous les enfants de notre x)atrie, en vue d'en l'aire des hommes capables et vertueux, heureux de vivi'e, aimant fièrement leur patrie et leur race ? N'y aurait-il plus que des catastrophes désastreuses qui pussent nous sauver d'un grand malheur national, de la décomix»siliou et de la dégénérescence ? Non, mille fois non ! Celui qui a appris à connaître et à apprécier les qualités du cai'actère allemand, par comparaison avec d'autres nationalités ; qui s'est convaincu de la perte énorme et irréparable dont l'humanité et la civilisation seraient menacées par la dégénérescence de ce peuple éminemment doué ; qui prend à cœur la conservation et le progrès, l'aireru^issemeut et le développement de notre peuple comme de notre nationalité : celui-là est tenu de mettre en œuvre toutes ses forces pour le renouvellement moral et économique de notre race et de notre pays, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Cette renaissance des énergies intimes et morales, cette éducation ties vertus, des forces morales et économiques sur lesquelles reposent en première ligne la prospérité de la société et de la nation, le progrès îles peuples et des classes sociales, sera préparée de nos jours principalement par l'école . C'est elle, l'école, qui se fondant sur rexpérience scientifique des fins et des conditions de la vie des hommes ou des nations, instruira tout d'abord les jeunes générations ; c'est elle qui ensuite, avec l'aide de la famille, devra les élever en vue de regagner ces fortes qualités nationales et sociales qui ont caractérisé notre peuple à tous les chapitres de notre histoire ; qui lui rendirent ses forces après la ruine d'une guerre de 3o ans; qui la délivrèrent de la domination d'un conquérant étranger ; qui l'unirent pour l'amener à une grandeur, à

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une force de production inconnues jusqu'ici et admirées du monde entier.

C'est à racole allemande, qui jouit à l'étranger d'un si grand prestige, que revient avant tout la mission de relever le peuple allemand, de le tirer d'égarements momentanés, de la frivolité actuelle, d'une décomposition et d'une dégradation naissantes, en éveillant l'enthousiasme pour les vraies lins idéales de la vie humaine, en éclairant les esprits, en ennoblissant les cœurs, en avivant les consciences, en trempant les forces du corps et de la volonté. Mais pour cela, il faut que l'école, du haut en bas de l'échelle, de l'Université à l'école primaire, devienne, d'un simple établissement d'instruction qui bourre les têtes de connaissances utiles et inutiles, un établissement de vraie éducation nationale ayant comme objectif suprême d'inculquer à ses élèves une connaissance claire et étendue de la vie, l'art de vivre réellement et sagement. C'est par cette voie seulement que nous pouvons et devons avoir l'espoir de ramener toutes les classes de notre i)euple, par une instruction, une éducation directes et sérieuses, aux vertus sociales et nationales qui caractérisent à un si haut degré les habitants de la petite Allemagne sur les bords du Pacifique.

Id., p. ()7, sq.

JULIUS (iOEBEL ^5

B). — JULirs GOEHKL

l'infiltration allemande aux ÉTATS-UNIS

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