HEINRICH CLASS IO
occidental à V Allemagne ! 1911) C'est à ce iiamphlet que nous enipruutous les passages ci-dessous. Nous n'avons pu reproduire les passages inédits de ce factum, que Heinrich Class avait réunis entre les mains de M. de Kiderlen-Waechter, pendant les négociations engagées lors du coup d'Agadir. Nous savons seulement, par un discours de M. de Kiderlen prononcé à la tribune du Reichstag, l'automne de 191 1, que Heinrich Glass, au nom de la Ligue pan germaniste, prétendait obtenir du ministère allemand qu'il mit la France en demeure de céder à l'Allemagne le département du Hhône et la ville de Lyon ; et (ju'il espérait y parvenir sans guerre. Ces choses sont possibles en Allemagne sans ridicule.
Nous avons de M. Heinrich Class des articles nonibreux. dans les Alldeutsclie Blatter. Dillerentes démarches de la Ligue pan germaniste, que nous avons relatées dans la Prél'ace,- sont dues à son initiative personnelle.
I. Critique de la politique fran{'aise et de la politique allemande au Maroc.
On sait qu'au printemps de 1904, le Gouvernement im})érial n'a fait aucun elFort pour protéger contre la France les intérêts présents et futurs de rAllemagne au Maroc; le comte de Bi'ilow proclama, à cette époque, au Reichstag que notre intérêt n'allait pas au delà de la « porte ouverte » et feignit de croire que la France nous laisserait au Maroc la porte ouverte. On sait qu'il voulut alors exécuter le comte Frnst ReventloAv, député, ([ui défendit bravement et efficacement les droits allemand!^ sur le Maroc, par cette phrase banale : « S'il voulait tirer l'épée du fourreau ? »
Une année ]>lus tard, au j)rintemps de i<)o5, notre politique étrangère lit cette découverte que, ]>ar suite des agissements de la France, l'indépendance du sultan «lu Maroc, ainsi que « la porte ouverte » pour nous dans son pays, étaient menacées, et l'on déclara que l'accord anglofran(,;ais, qui avait été conclu l'année d'avant sans la collaboration de l'empire allemand, ne nous regardait en
rien. Et pour donner une expression aussi efficace que possible à cette coiicei)tion de la politique impériale, l'empereur, au cours d'une croisière dans la Méditerranée, atterrit, le 3i mars igoS, à Tan£5:er, où il fut salué par des envoyés du sultan, et proclama dans son allocution, en toute clarté, que le maintien de l'autonomie du sultan et de la porte ouverte était l'objectif de la politique allemande. Cette attitude de l'empire amena une tension avec la France, et il est incontestable que, dans l'été de 1905, une guerre fut sur le jmint d'éclater. On sait également que la France, désirant alors tout aussi peu la guerre qu'aujourd'hui, se déclara disposée à entrer en négociations au«ujel du Maroc; que le chancelier impérial, élevé dans l'intervalle à la dignité de prince de Billow, les déclina et demanda la convocation d'une Conférence. Jusqu'à présent, on ne s'explique pas encore clairement quels furent les vrais motifs de cette attitude de Bûlow, complètement incompréhensible. Quoique le ministre français Rouvier, chargé, après la chute de Delcassé, de la conduite des Affaires étrangères, ne fît faire aucune proposition précise sur les négociations entre les deux voisins, la bonne volonté annoncée partout à cet égard efit dû être considérée j)ourtant comme un premier pas dans la voie d'une entente franco-allemande ; l'Angleterre ajant vie écartée i)ar son accord avec la France, cette entente aurait pu aboutir [ji'obablement à un partage du Maroc entre l'Allemagne et la France. Le prince de Bûlow préféra une autre voie et obtint par force, au risque d'une gueri'C, une Conférence internationale. Celle-ci se réunit à Algésira.s, le i() janvier i()o(), et mit au jour, après de laborieuses négociations, ce qu'on appelle l'acte d'Algésiras, signé le 7 avril.
Aujourd'hui, il n est sans doute plus contesté par personne que la politique du prince de Bûlow fut aussi malheureuse que po.ssible et qu'elle numtra, au cours des