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Attitude de V Autriche dans la question marocaine

* Kn ce qui concerne l'Autriche- Hongrie, la déclaration

expresse faite immédiatement après Agadir dans les deux moitiés de l'empire, que la pointe poussée par les Allemands au Maroc ne rentrait pas dans les obligations de l'Alliance avec l'Empire des Habsbourgs, jette une lumière singulière sur les dispositions amicales de cette alliée; cette déclaration lut faite devant la Chambre de lîudapest par les soins du ministre-président, le comte Khuen-Hedervary et, à Vienne, par l'officieux Fremdenhlatt.

Qu'un autre journal paraissant à Vienne, rédigé en allemand, à proprement parler par pur hasard, se soit mis au service des desseins provocateurs de la France et de l'Angleterre, cela ne nous étonne pas et n'a d'ailleurs sans doute aucune importance. Il se peut que les sphères officielles montrent une réserve très grande vis-à-vis de notre entreprise au Maroc; mais ce qui est certain, c'est que tout ce qui est Joiu-ibrement allemand en Autriche a salué V apparition de la « Panther » avec les mêmes cris de joie que les Allemands de l'Empire; a l'heure jwesente, on y suit le développement de l'afi'aire avec une attention soutenue ; d'éminents représentants de la nation ont déclaré que le Maroc est une affaire qui regarde tous les

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.Mlemands, et l'on ne se dissimule [)as que, si cette afiaire n'avait jjas une issue honorable, tout le prestige du germanisme en serait atteint de la façon la plus fâcheuse, comme le montrerait, en particulier, la lutte avec les Slaves à l'intérieur de l'Autriche.

Avec quel sérieux ceux qui, dans le pays, sont animés de l'esprit national ont pris à cœur de nous montrer à nous, Allemands de l'Empire, que nos préoccupations au sujet du Maroc sont aussi les leurs, c'est ce qui résulte d'une (Question que la « Fédération nationale allemande » a annoncée au Ueichsrat sur l'attaque de presse inouïe faite par l'ambassadeur anglais Cartwright ; nous espérons que les jjartis bourgeois du Reichstag allemand suivront l'exemple dos Autrichiens et donneront par là au ministère des Allaires étrangères l'occasion d'exprimer ce qu'il pense de la conduite du diplomate anglais.

Ibid., p. 42-44-

i^. — Position prise clans la question marocaine par la « Ligue pan germaniste ».

(Congrès de Diisseldorf, lo septembre 1911.)

A) Discours douverture de M. (Jlass.

\ tous les amis de notre cause qui, avec le Comité directeur de la Ligue, suivent depuis dix années le iléveloppenient des choses tlans TKuipire cliérilien, nous n'avons pas b<:soin de répéter les propositions et les viuux que nous avons défendus devant l'opinion publique, au sujet (K' rallilude de la |><>liliqu(; impériale dans la question inamcaine, })as plus (|ue les griefs ([u'il nous a fallu émettre contre la iH>lili(|U(' ofiicielle. Pour nous, comme liour des millions ilc nos concitoyens, le jour

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d'Agadir fut un trait qui souligna la triste politique dautrefois et la promesse d'une solution donnant satisfaction aux nécessités de l'Empire et de la nation. Vu les déchirements lamentables de notre vie politique intérieure, l'enthousiasme presque unanime provoqué dans notre nation par l'apparition de la « Panther » sur la côte du sud-ouest du Maroc, fut pour nous une joie; nous crûmes avoir le droit d'es[)érer que cette joie causée par une politique extérieure, lière et énergique, qui, après vingttrois maigres années, moissonne enfin un succès réel, ne manquerait pas d'exercer une action salutiiire et de nous amener à nous recueillir au milieu de nos discordes intérieures.

Or, autant que nous puissions juger de la conduite et des desseins de noire Gouvernement, une fin fut bientôt mise à cette élévation de notre àme nationale ; avec une précision qui va croissant, la presse soumise aux influences oiricielles répandit la nouvelle que l'on n'avait jamais songé et que l'on ne songeait pas encore à l'heure présente à acquérir un territoire au Maroc; que l'on avait au contraire l'intention, politiquement parlant, de se retirer entièrement du Maroc et de s'y assurer des possibilités d'activité économique avec toutes les garanties nécessaires ; qu'en échange, la France nous dédommagerait par des cessions de territoires en dehors du Maroc. Ce qu'on appelle « la politique des compensations » lut pn'mé sur tous les tons, comme étant la seule politique possible et opportune et le Congo français fut désigné pour cet objet.

Tout ce qui est indépendant dans notre patrie et von drait voir notre nation conduite de l'avant, s'insurgea contre une politique semblable et fut couvert, en récompense, de venin et de bile par la presse semi-officielle, tandis que les insolences de la presse française et anglaise furent accei^tees longtemps sans mot dire.

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Voilà plus de deux mois que se déroulent les négociations diplomatiques et notre opinion publique ne sait ni quand ni comment elles se termineront. En présence de cet état de choses, nous ne croyons pas opportun d'entrer dans une discussion plus approfondie de la politique officielle de l'Allemagne au Maroc ; nous nous réservons dé le faire au moment où le résultat sera connu. Par contre, il est de notre devoir d'afiirraer énergiquement qu'une politique renonçant non seulement à une acquisition de territoire au Maroc, mais même à une action politique dans l'Empire chérilien — lequel serait dès lors définitivement livré à la France — ne peut pas trouver l'assentiment de celles des fractions du peuple allemand qui, considérées de plus près, sont les représentants les plus sûrs de l'Etat; nous sommes certains de traduire la pensée de centaines de milliers, voire même de millions de nos concitoyens, en réclamant l'acquisition du Maroc occidental, comme l'objectif d'une politique qui répond aux besoins de notre patrie et en affirmant que la soidisant politique de compensation du (iouvernement, fûtelle même menée à bonne fin, n'attirerait jias, toute révérence gardée, un seul chien de derrière le poêle. Du haut de leur grandeur, les semi-ofliciels déclarent, d'un ton sarcastique, que notre opinion publii[ue n'a pas le droit de se dire déçue, vu que le Gouvernement n'a jamais voulu ce «ju'elh; supposait; à cela, contenloiis-nous de répondre en rappelant que l'on croyait avoir le droit de penser que la politique à poigne, si souvent vantée du côté semi-officiel, avait appris quelque chose des Français et des Anglais et coininençait enfin à travailler par les moyens qiii, chez ceux-là, ont fait depuis h)ngt«Mn[»s leurs preuves.

Mais, aujourd'hui, nous n'entrerons pas dans le détail; contentonsiKMis d'indiquer iUnw laits regrellables (|ui révèlent tie graves (h'fauts dans le siM'vice des A Maires étrangèrcM.

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Tandis que la presse indépendante a reconnu depuis longtemps la nécessité de veiller, par l'acquisition de terres de colonisation, à ce qu'en cas de surpeuplement, la fraction de notre population manquant d'espace dans la vieille patrie, puisse trouver asile dans une colonie appropriée de l'Kmpire allemand, d'abord convenablement préparée et mise en valeur à cet ellet, nous ne trouvons dans les feuilles officieuses nulle intellif^ence de cette importante question, dont la solution décidera probablement un jour de la destinée d'innombrables Allemands; à voir la façon dont chez nous des influences s'exercent sur la presse, il nous faut conclure que notre Gouvernement ne se préoccupe pas encore de cette question. Ce serait d'autant plus incompréhensible et cela dénoterait un manque de prévoyance politique d'autant plus grand que même des hommes d'Ktat du dehors et des journaux étrangers, qui ne sont pas hostiles à l'Allemagne, se sont occu[)és sérieusement de cette question et ont accordé que notre patrie, par suite du rapide accx'oissement du chiffre de sa population, a droit à une colonie de peuplement où elle puisse diriger l'excédent de ses habitants et donner libre carrière à ses facultés créatrices comme à son esprit d'entreprise. Qu'il nous suftise de rappeler ici l'un des plus connus, M. Delcassé; reconnaissant en principe le droit de l'Allemagne à jmsséder une colonie de peuplement, il va jusqu'à nous recommander des territoires que, pour diverses raisons, nous né pouvons prendre en considération.

Kn présence du fait que des gens réfléchis, à l'étranger, s'occupent sérieusement de cette question, alors que, chez nos dirigeants responsables, nous ne remarquons rien de semblable; ([ue même leur conduite dans l'affaire marocaine nous force à conclure absolument à leur manque complet d'intelligence à cet égard, nous avons le droit de nous demander s'il convient que les hommes

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d'État ctranji^ers se cassent Ja tète au sujet de ravenir de notre nation, à l'encontre de ceux qui dirigent notre propre politique. On nous fera grâce de la réponse, car elle se présente d'elle-même.

Peut-être se trouvera-t-il au Reichstag allemand des hommes dont l'attention s'est portée maintenant sur cette question gi*osse de conséquences et qui considéreront de leur devoir de faire les démarches voulues auprès du Gouvernement, pour l'amener, lui aussi, à s'en occuper.

Mais, d'auti'e part, on peut constater qu'une section imjwrlante de notre Office des affaires extérieures, à savoir celle de la presse du ministère des Affaires étrangères, se dérobe maintenant d'une façon qui a tourné au scandale juiblic. Il est fâcheux qu'elle ait pris à tâche de faire attaquer, d'une manière haineuse et inconvenante, par ceux qui sont à ses gages, des sociétés, des individus et des journaux qui, se tenant fidèlement et fermement sur le terrain du patriotisme, ne voulaient pas entendre parler d'une politique de comjiensations, tandis que cette même presse gardait un trop long silence vis-à-vis des attaques insolentes de l'étranger. Mais ce 'qui est pire encore, c'est d'avoir amené l'opinion publique à s'égarer, en la laissant des semaines entières dans liiu'ertitude au sujet des intentions du Gouvernement; en définitive, la partie qui en souffre, c'est le Gouvernement lui-même, lequel .se plaint, absolument à tort, dune déception soidisant mal fondée de l'opinion publique; finalement même, le coup jwrte plus haut encore, là où précisément la conduite irres])on.sable de la section de la presse a fait soupt.'onner «lavoir aiiiené une volte-face dans le sens d'un accorainodemcnt. Nous tenons à faire remarquer que nous ne consitii'rotis pas celte manière de voir comme fondée; nous ajoutons foi également à cette assurance semi-olficiellf! (jue les projets de compensation du (îouver^ nemcnt vn deluirs du Maroc ne doivent pas être attribués

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à une immixtion de l'Atigleterre ; mais cela ne change rien au l'ait que l'énorme incapacité de la section de la presse est cause que des opinions semblables aient pu se faire jour.

Si nos dirigeants resi>onsables n'y mettent pas bon ordi*e d'eux-mêmes, nous espérons que des voix s'élèveront au Reichstag pour exiger impérieusement des changements dans ce domaine.

Si nos amis nous demandent ce que nous attendons aujoui'd'hui de la politique officielle marocaine, il nous faut avouer que notre espoir en une issue favorable repose moins sur une politiijue poursuivant un grand objectif que sur la présomption et l'av^euglement de nos adversaires; cette constatation n'est certainement pas réjouissante, mais elle exprime clairement ce que nous pensons de la situation. Mentionnons pourtant, comme chose très caractéristique, que, seuls, les socialistes sont des'partisans absolus de cette i)olitique marocaine.

Le développement que les choses ont pris depuis Agadir nous i)ermet, en tout cas, de constater dès aujourd'hui un i*ésultat utile; tout le monde a reconnu que la France ne veut pas entendre ]mrler de réconciliation et que le pire adversaii-e de TEmpiiv allemand doit être cherché de l'autre côté de la Manche.

Pour nous, les événements de ces deux dernières années ne nous ont rien apporté de nouveau, car nous avons toujours représenté cette conception et l'on nous a assez souvent injuriés de voir et d'exposer les choses telles qu'elles sont; mais, comme on le sait, en dehoi*s des rêveurs pacifistes de piHjfe.ssion, il ne manque pas <le milieux influents qui considéraient une réconciliation avec la France et une amitié de famille avec l'Angleterre comme une chose réalisable qu'ils ont iM)ursuivie en partie par des moyens abjects. Aujourd'hui, tous ccax qui sont capables de penser verront clairement l'inanité

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de tels efforts; quiconque croit encore maintenant à leur succès, ou feint d'y croire, doit être, sans ménagement, dénoncé comme dangereux pour notre vie publique.

La France est et reste l'ennemi héréditaire ; l'Angleterre est et reste notre adversaire le j^lus tenace, le plus retors et le plus implacable : voilà ce que tout Allemand sait à présent, et dès lors il sait en même temps que, en face de i)areils voisins, notre existence politique repose uniquement sur notre force militaire, sur notre armement.

Ibid., p. 37-42.

B) Résolutions arrêtées par le (^on§rrès en séance plénière 10 scptoml)re 1911).

(i L'assemblée plénière de la « Ligue pangermaniste » réunie en Congrès à Diisseldorf, le 10 septembre 1911 : Considérant ce qui a été publié 2»ar la presse semi-officielle sur les intentions du Gouvernement imj)érial à l'occasion des négociations avec la France, estime de son devoir patriotique de déclarer sans détour que l'abandon politique du Maroc à la France et la compensation accordée à l'Empire allemand au Congo IVauçais, ne répondent ni aux vœux de la nation allemande ni aux besoins de l'Empire allemand, et elle esl convaincue (ju'elle exprime ici l'opinion de millions de citoyens aile" mands.

€ Elle constate également que notre opinion publique a reconnu clairomenl qu'il ne s'agit plus à présent du seul Maroc, mais principalement tie savoir si notre peuple veut fuii-e triompher son ilroit légitime d'avoir une place an soleil, ru fucc «le la l'ésistance d'adversaires jaloux; (jue, pur suite, icltc allaire, qui a pu cire au début une qut'Htion d'opportunité i)oliti(|ueest devenue une question de dignité et de puissance.

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« Connaissant de la façon la plus exacte l'opinion de la grande majorité de notre nation, le Congrès de la Ligue constate qu'une politique de gouvernement, sauvegardant ce point de vue fondamental, trouvera notre pays prêt à faire avec enthousiasme tous les sacrifices; par contre, il ne peut mesurer toutes les conséquences qu'aurait pour notre vie publique un résultat susceptible d'être interprété, à l'intérieur ou à l'extérieur, comme une défaite allemande.

« Considérant ces conséquences elles-mêmes, le Congrès de la Ligue prie le chancelier impérial de prendre ses mesures pour la rupture des négociations, plutôt que de les terminer par un arrangement qui ne réponde pas pleinement aux vœux et aux besoins de l'Allemagne. »

Ce qui caractérise hautement l'état d'Ame de notre nation, c'est qu'une assemblée comprenant des délégués de toutes les sphères de la classe moyenne, venus de toutes les contrées de l'Allemagne, a adopté cette résolution à l'unanimité et aux acclamations de quatre cents représentants présents des sous-sections de notre Ligue.

Ibid., p. 46-47 •

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B). — JOACHIM VON BÛLOW

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