PREFACE XIX
;ivec décision notre jiropre peuple aux dépens d'autres peuples plus faibles (i). »
Son chef, le docteur Pelers a écrit tout un livre apologétique, oîi il fait l'aveu cynique de ses méthodes d'exploration. Il ne dissimule pas qu'il faisait fouetter les noirs, incendier les villages, fusiller des indigènes pacili([ues, et (ju'il abandonnait aux fauves du désert les porteurs exténués qui ne pouvaient suivre ses colonnes. Ses subordonnés imitaient la conduite du chef. La bastonnade jusqu'au sang était à Tordre du jour, pour peu que les noirs ne voulussent pas livrer leurs marchandises au prix qui convenait aux fonctionnaires allemands. Faut-il ajouter que ce n'est pas une Compagnie ainsi dirigée qui songeait à restreindre le commerce d'esclaves noirs pratiqué en grand sur cette côte par les traitants arabes? La Compagnie, pour tous ses travaux, se faisait vendre des travailleurs à prix d'argent, par U^s négriers.
Si habituées que fussent ces tribus noires à toutes les chasses à l'homme, pratiquées séculairement par chacune d'elles contre ses voisines, et au détriment de toutes par des trafiquants louches de toute origine, les exactions allemandes dépassaient la mesure de sauvagerie qu'elles supportent sans révolte. Les descentes de matelots pour des opérations militaires durent se multiplier. Une immense insurrection, dirigée par Boujiri, éclata en 1888.
(i) Voir !«' journal Kolonialpolilische Korrespondenz, organe de la ('<)nipa«,nn«' uunée 1H86, ii' 3). elle dans G. Noske, Kolonialpo lilik untl SoziiilUemohratie, 19141 1>- 44-
Des vaisseaux de guerre allemands, anglais, italiens, portugais durent bloquer la côte orientale de l'Afrique. Le plus évident résultat de la méthode de colonisation bismarckienne fut de réduire en cendres tous les villages d'une cote immense et jusque-là florissante. Il n'était pas douteux que les torts fussent imputables d'abord à ce système colonial qui coniie l'autorité totale, administrative et judiciaire à des aventuriers commandés par des Sociétés anonymes. Les officiers mêmes que l'armée allemande prêtait à ces compagnies véreuses étaient gagnés par l'habitude des exactions. Les cas d'africanite ne se comptaient plus chez ces conquistadores brutaux. Par dizaines de mille, les indigènes fuyaient et gagnaient la brousse profonde de l'Afrique centrale. Ceux qui restaient étaient gagnés par l'immonde séduction de l'alcool de pommes de terre que ces civilisateurs importaient de Poméranie. Le commissaire impérial, capitaine Wissmann, nommé en 1889, eut beau battre Boujiri, et, après le combat oîi ce rebelle fut blessé et pris, le faire pendre : l'insurrection gagnait de proche en proche. Elle exigeait pour être éteinte des troupes de plus en plus nombreuses. A (jui appartenaient ces troupes noires levées et commandées par des officiers allemands, payées et entretenues sur le budget de l'Empire ? Etaient-elles troupes tie la (!)ompagnie ou troupes impériales? On ne le savait pas au juste, (^aprivi Ta (lit depuis :
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