‹ Le pangermanisme colonial sous Guillaume II;Chapitre 70 sur 84 · Définition de Vidée allemande · texte numérisé non relu

Définition de Vidée allemande

Quand nous parlons de la pensée allemande dans le monde, nous entendons le fonds d'idéalisme moral du germanisme, en tant que force façonnant les événements universels dans le présent comme dans l'avenir ; en même temps, nous partons sciemment de cette conviction que nous sommes engagés parmi les forces qui se jouent dans le monde, pour acquérir par notre labeur une haute valeur morale comme pour l'affirmer, et cela

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non seulement pour nous, mais pour l'humanité entière.

C'est donc d'après ce principe, croyons-nous, et non d'après un autre, que s'opère la sélection durable des plus aptes parmi les peuples qui jjarviennent à réaliser une fraction du prog^rès de l'humanité, en imprimant au monde le sceau de leur idée nationale. L'histoire nous euseig-ne que, pour cela, la prépondérance d'une grande puissance politique n'a pas été toujours absolument nécessaire. Les Grecs n'ont eu cette puissance que pour un temps éphémère, avec l'Empire d'Alexandre, et les Juifs ne l'ont jamais atteinte. Inversement, les Arabes et les Mongols ont créé des États gigantesques, sans avoir rien ajouté d'eux-mêmes aux valeurs positives du développement de la civilisation. Une idée nationale douée d'une énergie intime capable de pétrir le monde et une puissance jwlitique absolue ne se sont rencontrées jusqu'ici, directement unies l'une à l'autre, que dans l'Empire* romain. L'esprit de Rome n'a pas pu, comme celui de la Grèce ou d'Israël, exercer une influence déterminante sur les âges futurs, tant que le peuple dans lequel il vivait est resté confiné dans un coin du monde méditerranéen. L'idée latine ne fut à même de déployer sa grandeur que par l'extension gigantesque du domaine de la puis.sance du peuple romain. (]e n'est que lorsque Home fut la maîtresse du globe qu'elle put déterminer les formes de pensée pour l'existence des hommes futurs, au point de vue ])olitique «>t judiciaire.

Il n'est pas besoin de dire de l'idée allemande, comme de celle de Home, qu'elle ne peut être que maîtresse du monde ou qu'elle ne sera absolument pas ; mais on peut pou.sser la comparaison jusqu'au point do ilire : elle ne pourra domin(U* ([uc comme auxiliaire de la civilisation universelle, ou elle ne sera pas. Il est facile d'en distinguer les raisons. L'élément anglo-saxon a pris aujourd'hui une extension si puissante ([ue, appuyé sur le

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nombre de ses membres, sur ses moyens d'action et sa force intime, il semble être en train d'établir son liég-émonie sur la civilisation du monde. La Russie, le plus grand en étendue et le plus peuplé des groupements politiques, en dehors de celui des Anglo-Saxons, se présente à nous dépouillée de ses anciennes espérances au sujet de la politique mondiale, [jar suite de sa barbarie intérieure et de sa contexture fragile. La France qui, au xviii® siècle, rivalisait avec l'Angleterre sur les deux rives de l'Océan, et dont l'influence sur la civilisation universelle l'emportait de beaucoup sur la sienne, a renoncé volontairement, par la décadence morale de son peuple, se condamnant lui-même à une pauvreté d'eniants, à prendre part encore dans l'avenir à la concurrence entre les nations mondiales. Seule, la nation allemande, à côté des Anglo- Saxons, s'est développée à un tel degré qu'elle apparaît suffisamment nombreuse et forte intérieurement pour que sa pensée nationale prétende au droit formel d'avoir sa part dans la formation des Ages futurs. Mais, cette pensée, nous ne la comprendrons vraiment bien qu'en nous rendant compte que nous serons à même de conserver notre force uniquement par une extension incessante de l'idée allemande. Il n'y a pas d'arrêt ni d'immobilité ])Our nous ; nous ne ])ouvons renoncer, même pour un moment, à élargir la sphère de notre existence ; nous n'avons que le choix de retomber au rang des peuj^les territoriaux ou de conquérir de haute lutte une place à côté des Anglo-Saxons. Nous sommes comme l'arbre qui prend racine dans la fente du rocher. Ou bien notre pression fera éclater la pierre et nous continuerons à croître, ou bien la résistance sera si puissante que nous végéterons, parce que nous n'aurons pas assez de nourriture. Il est inconcevable de venir nous dire : « Développez votre civilisation, augmentez votre richesse, étendez vos connaissances scientifiques, techniques et artistiques,

mais i!finoncez, en tant que marchands et l'abritants, à transformer toujours de nouveaux pays, à construire de nouveaux navires, à engager de nouveaux capitaux dans les affaires mondiales, à envoyer vos fils au loin et à rassembler de toutes les extrémités de la terre le jn^jduit de votre labeur vers votre mère patrie. » Comment veuton que nous y renoncions, si nous grandissons tellement vite qu'au cours de trois années nous augmentons d'autant d'hommes qu'il y en a en Suisse ; en six ans, nous augmentons d'une quantité égale à tous les habitants de la Hollande ou de la Suède et, dans une génération, nous aurons ajouté à notre chUfre d'autrefois un deuxième peuple aussi nombreux que les Espagnols et les Portugais. Notre accroissement est un phénomène qui a la puissance des forces élémentaires de la nature. Seul, un dessèchement de la sensibilité morale naturelle, tel que les Français l'éprouvèrent sur eux-mêmes, ou une terrible catastrophe extérieure nous rendant si pauvres que nous ne puissions ])lus élever les enfants qui naîtront, seraient en état d'arrêter notre augmentation.

Nous croissons et nous multiplions, mais non dans un pays d'une vaste étendue, ayant en surabondance tout ce qui est nécessaire à la vie ; fruits des cham[)s, trésors du sol et matières premières ; nous sommes enserrés entre des frontières éti'oites et nullement favorables ; et, d'année en année, il nous faut amener des pays lointains toujours plus de produits pour satisfaire notre faim et tenir nos machines en mouvement. Chaque année voit s'accroître presque d'un million cette fiaclion de notre peuple qui ne peut maintenir son exi.stence que 8i nous importons des matières premières et exportons des article.s. manufacturés. Notre instruction et tout ce fjue nous pouvons avoir «le cullun^, notre technique, notre ingéniosité «<t notre art, noli<' piofondeur et notre exactitude, et peut-être aussi çà et là un commencement

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de liberté du goût : tout cela, nous le mettons dans le travail de métamorphose qui, chez nous, transforme en produits manufacturés pour le marché mondial les bois d'Amérique et les métaux d'Espagne, le coton d'Egypte et le mohair d'Ausiralie, le caoutchouc du Congo et les peaux de bœuf de la Plata. Le marché mondial ! Dès maintenant, il nous est tout aussi nécessaire pour notre existence que le lopin de terre qui esta nous, et inexorablement s'avance le jour où il nous sera plus nécessaire que celui-ci. Or, nous ne pouvons garder la santé que si, parallèlement à notre propre croissance, notre part et notre profit dans le marché mondial comme dans la vie économique universelle augmentent également ; alors seulement nous pourrons faire que les valeurs intimes qui se dégagent de notre idée nationale se développeront à leur tour, s'épanouiront et agiront comme facteurs modelant la civilisation mondiale.

Une cessation de croissance serait donc pour nous une catastrophe, à l'extérieur comme à l'intérieur, car, dans notre situation actuelle, elle ne pourrait être nullement volontaire ou naturelle ; elle, se produirait seulement au cas où un autre peuple ou une coalition de peuples nous aurait jetés à terre au point d'eu rester malades pour longtemps.

L'idée allemande ne peut donc rester vivante et s'accroître que si ses fondements matériels, c'est-à-dire le chiffre des Allemands, la prospérité de l'Allemagne, le nombre et l'étendue de ses relations économiques mondiales mises au service de la vie économique de l'Allemagne, continuent sans cesse à s'élargir. Par là, ces relations imposeront aux Anglo-Saxons la nécessité de décider s'ils veulent adapter leurs intérêts dans le monde aux nôtres et s'entendre avec nous sur une participation réciproque, ou s'ils entendent défendre contre nous, par la force, l'hégémonie qu'ils visent. S'ils choisissent le

premier parti, c'est que, par suite de notre puissance, ils tiennent la lutte pour dangereuse. S'ils se décident 2)our une passe d'armes, il dépendra de notre force que nous soyons victorieux, que nous succombions ou que nous maintenions notre position.

Les destinées de l'Allemagne résident donc dans l'Angleterre. Celui qui a suivi l'évolution du monde dans les cent dernières années, qui de plus, jmr une intuition directe, connaît quelque peu sa pliysionoinie actuelle, pour celui-là, il n'y a qu'une question dominant en importance purement et simplement toutes celles de la politique nationale de l'avenir : le type anglo-saxon est-il destiné, lui seul, à imposer sa domination aux parties du monde où les choses sont encore en voie de développement, ou bien restera- t-il encore à l'esprit allemand, de ce côté-ci comme de l'autre coté de l'océan, un champ d'action suffisamment vaste où il puisse apparaître comme facteur constitutif de l'ensemble de la civilisation future ? Il s'ensuit que nous devons nous rendre compte clairement de ce que nous sommes à même de mettre en jeu pour faire prévaloir la pensée allemande dans le monde ; et, comme corollaire nécessaire, se pose cette deuxième question : de quel passif est grevé notre actif national, pour les valeurs avec lesquelles notre politique est en droit de compter?

Der deutsche Gcdanke in der Well (L'Idée allemande dans le monde), 191a, p. 6-10.

II. Injliience des colonies sur la formation du caractère national.

Nous luirlouN de « coh)nies » au point de vue de hi pennee nationale. Soub ce rapport, nous n'avons pas le droit. il est vrai, de songer à de.s domaines d'outre-mer coloni-

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ses par l'élément allemand, mais qui sont devenus partie intégrante d'un organisme politique étranger, comme, par exemple, dans l'Amérique du Sud. Vis-à-vis de ceux-ci, nous ne pouvons pas non plus renoncer à cultiver les rapports qui les unissent à nous jjar la civilisation; mais, en toute loyauté, ils ne rentrent plus dans le cadre de l'activité politique de la pensée allemande au delà des mers. Une activité de ce genre se conçoit beaucoup plutôt pour des contrées qui peuvent être colonisées par des Allemands, sous l'égide et le pavillon de l'Empire. Dans la mesure où, à cet égard, il s'agit d'une colonisation réelle et durable, les hautes terres de l'Afrique méridionale et centrale, soit qu'elles nous appartiennent déjà aujourd'liui ou que leur acquisition future soit probable, entrent seules sans doute en ligne de compte. L'expérience a démontré que la race blanche et même les peuples germaniques septentrionaux, Anglais et Hollandais, peuvent s'y acclimater à demeure. Seulement, il faut compter avec ce fait que, dans toutes ces terres de colonisation des hautes régions africaines, l'élément indigène maintiendra sa place à côté de la race blanche, pour cette raison, en particulier, que les indigènes d'Afrique couslituent une utile main-d'œuvre pour l'activité économique de l'Européen; qu'ils sont capables de s'y adapter et lui sont en même temps nécessaires. Dans l'Amérique anglo-saxonne du Nord et en Australie, une communauté de vie entre les habitants primitifs et les colons s'est révélée impossible, parce que les premiers, rebelles à l'influence de la civilisation, ne voulaient maintenir que leur liberté de peuplades sauvages et l'état primitif de leurs conditions économiques. C'est pourquoi, chez les Indiens et^ les Australiens, l'incorporation dans l'organisme économique de la colonisation a échoué complètement; finalement, les Gouvernements des colonies de la Nouvelle-Angleterre ont mis

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officiellement à prix la tète des Indiens, qu'il s'agît des hommes, de» femmes et des enfants, et les fermiers du Queensland ou de la Nouvelle-Galles du Sud, ont jeté dans la brousse des moutons empoisonnés à l'arsenic, pour extirj)er l'engeance des noirs voleurs de bétail.

De cette façon, les choses en sont arrivées à ce point que l'Amérique du Nord comme l'Australie sont devenues entièrement des pays « de race blanche », car les maigres restes de la population primitive, d'un côté comme de l'autre, n'entrent plus en ligne de compte. En Afrique, par contre, abstraction faite des quelques habitants de la brousse qui nous créent des difficultés dans le Sud-Ouest, il ne saurait être nullement question de chasser ou d'exterminer les indigènes. Physiquement, la race est bien trop nombreuse et trop vigoureuse pour cela ; en outre, au point de vue de la culture économique, elle a atteint un tel degré de développement qu'elle j^eut être accueillie comme un facteur actif et précieux dans la vie économique de la colonie. Néanmoins, si la division du travail entre blancs et noirs dans notre territoire colonial africain est un fait assuré de prime abord, il va de soi également que le noir constituera forcément la masse des serviteurs, et le blanc, la classe supérieure des maîtres. C'est l'état de choses que nous trouvons la plupart du temps, en fait, dans l'Afrique méridionale des Anglo-Boërs. Ceci implique déjà que notre territoire africain, au point de vue nombre, est loin de pouvoir recevoir des immigrés de race blanche dans la mesure où l'Amérique a été à même de le faire. Les hautes terres de l'AiViciue orientale et de l'Angola méridional, qui doit nous échoir dès que le Portugal aliénera son domaine, oHrent, à l'inverse du Sud- Ouest africain, «jui ne com[)ortc qu'une exploitation en grand, des possibilités de colonisation agricole eu i)artie très favorables, sans compter d'autres utilisations inten-

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sives; mais, là aussi, il est imf)ossible que la colonisation allemande revête des formes comme en accusent notre régime d'agriculture à l'est de l'Allemagne et la propriété parcellaire, à l'ouest. Naturellement, le futur fermier ou le gros cultivateur du Kilimandjaro, des bords du lac Nyassa ou du plateau d'Angola devra, lui aussi, mettre la main au travail; mais les ouvriers proprement dits, le personnel domestique et la main-d'œuvre subalterne à l'atelier seront toujours fournis par les gens de couleur : pour l'excellente raison que les indigènes sont déjà sur place, qu'ils sont nombreux, qu'ils ont une constitution robuste, qu'ils sont aptes à tout métier corporel et que leur salaire ou leur entretien est d'un prix bien inférieur à la main-d'œuvre des blancs.

Nous ne connaissons pas encore nos colonies africaines avec toute l'exactitude voulue et nous n'avons pas encore fait dans les hautes régions équatoriales des expériences suffisantes, au sujet de l'acclimatation d'Européens, pour pouvoir dire le nombre d'Allemands qui vivix)nt dans l'avenir comme colons sur le versant atlantique du Sud- Africain, dans l'Afrique orientale et dans le Haut-Cameroun. Il y en aura probablement plus que les sceptiques d'aujourd'hui ne le croient, car dans le domaine physiologique le plus important, dans la lutte contre les maladies climatériques, des progrès sensibles ont déjà été faits et on peut en espérer sûrement de plus considérables. 11 n'est pas dit que les descendants de nos colons actuels pourront toujours absorber en Afrique autant d'alcool que le firent leurs ancêtres en Allemagne; mais les boissons spiritueuses ne sont, en définitive, même pour la plupart des Germains, qu'une question de jouissance et non pas d'existence ; et le colon allemand, lui aussi, finira bien jiar s'habituer aux formes saines de la vie civilisée des Anglo-Saxons. Supposons, pour prendre des nombres quelconques qui sont dans le

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domaine des choses possibles, qu'à une époque que nous autres, gens d'aujourd'hui, nous ne verrons certes pas, l'Afrique allemande compte un ou deux millions d'habitants — de prime abord, ce chiiVre pourra ])araîtrc fantastique à plus dun, mais il ne l'est pas — et ceci a une tout autre signification que s'il y avait n'importe où en Allemagne le même nombre de nationaux, en particulier, au point de vue économique comme au point de vue de la civilisation. Au point de vue économique, parce que ce million ou ces deux millions représentent uniquement ceux qui possèdent et, en dehors d'eux, la classe supérieure dirigeante, tandis que le gros du travail subalterne qui, dans la mère patrie, est ell'ectué aussi forcément par des blancs, sera fait en Afrique par des gens de couleur. Au point de vue de la civilisation, parce que l'augmentation de l'aisance matérielle et l'accroissement du sentiment de la valeur individuelle dans cette classe supérieure exerceront, dans l'ordre intellectuel, une action plus considérable que la moyenne de n'importe quel million d'hommes de la métropole.

Personne parmi ceux qui connaissent les pays coloniaux ne prétendra que la finesse de l'esprit ou la culture esthétique y soient une chose naturelle. Néanmoins, le type colonial représente, jmur toute nation qui réussit bien à le former, un enrichissement intime considérable. Il est dans la nature même des choses que ceux qui traversent les uiers ne soient pas les paresseux et les timides, mais les esprits vifs et décidés. Cette sorte de sélection explique, je pense, bien des choses dans le caractère américain. Nous avons déjà constaté qtie le travail allemand ilans la mère i>alrie est, à l'heure actuelle, complètement en état de nourrir notre peuple, malgré son accroisscra«»nt. Co n'est donc plus le souci du pain quotidien qui [)ous.sc l'Aile niand à quitter son petit coin de terre, mais le goût de l'entreprise dans les pays loin-

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lains et le désir de se faire une vie plus large ou plus libre qu'il n'est possible chez lui. En présence du chiflre gigantesque de notre population, il est sans importance que quelques milliers d'hommes, fussent-ils des esprits de haute valeur, partent chaque année; mais, grâce à cette espèce de tamisage dont nous avons ])arlé, il se forme peu à peu une race d'un caractère spécial, plus affranchie des préjugés de caste et de classe qui empoisonnent la vie au pays natal, plus indépendante vis-à-vis des exigences des nouvelles conditions d'existence et habituée, au dedans comme au dehors, à un régime de vie plus large. Sans doute, nous ne songeons pas ici à certains ridicules des capitales en miniature de nos colonies d'aujourd'hui, où l'esprit d'exclusivisme qui règne aux dillerents étages de la société se livre pour le moment à des excès pires encore que dans la métropole.

Ceci s'applique en particulier aux éléments qui ne sont pas venus dans la colonie pour s'y fixer à demeure, mais qu'il faut importer provisoirement, par raison d'Etat, pour remplir les fonctions administratives. Avec le temps, quand les diverses parlies de la nouvelle Afrique allemande se seront développées au point de pouvoir se gérer elles-mêmes, à l'instar des colonies anglaises, au sujet même du personnel administratif, les choses changeront sûrement. Jusque-là, un mal inévitable et lourd à supporter résulte de ce que de nombreuses personnalités, auxquelles manquent l'intoUigence et la vocation de la vie coloniale, et chez qui la manie allemande de jouir du plaisir secret d'une situation sociale ou officielle privilégiée dégénère en état maladif sous l'influence de l'Afrique, jouent là-bas, pendant denx ou trois ans, leur rôle d'hôtes de passage pour disparaître ensuite comme ils sont venus. Dès la première génération, le vrai colon sera devenu un homme d'une

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