‹ Le pangermanisme colonial sous Guillaume II;Chapitre 73 sur 84 · I. (Jritiqiie diuun<i^f de Giiillniune Un Tanger (igoô · texte numérisé non relu

I. (Jritiqiie diuun<i^f de Giiillniune Un Tanger (igoô

La réception n'a pas été aussi grandiose qu'elle devait l'être dans rintentioii des Marocains et des Espagnols. Mais on n'a pas le droit de méconnaître la signifîcation polilitjue de cette visite. (îuillaume II a dit, à Tanger, qu'il voyait dans le sultan le souverain indépendant et absolu d'un pays libre, (|ui accorde à tous les Ktats étrangers des droits égaux et repousse résolument toute prétention à des privilèges; et il a prié le vieillard «ju'est Abd-el-Malek d'exhorter son neveu de Fez à une extrême [)rudence au sujet île la réalisation des rél'ormes projetées (lesquelles ne laissent pas p<jurlaul d'être bien maigres!. Nous ne nous arrêterons pas à des recherches l»syeliologiques; nous n'examinerons pas la question de savoir comment il se lait que le monarque, qui lui-même dans des discours politiques se réclame toujours de ri^vangile, avec des accents si vibrants, semblant trouver

uniquement dans le chrétien la dipi^nité humaine et la force i^uerrière, ouvre à présent égfalement les bras avec tendresse au sultan de l'Oaest ; il prend parti contre les tentatives européennes de réformes et pour l'état de choses établi, dans un pays hostile aux chrétiens, qui plus d'une fois, au cours de l'histoire, a été nommé à juste titre l'asile de l'intolérance islamique. 11 prend parti pour une situation intenable. La puissance du sultan ne s'étend que sur un peu plus de la moitié du domaine de sou Empire; c'est seulement dans le Beled-el-Maghzen que l'impôt lui est payé et que le service militaire lui est acquitté: même là, il est serré de près par Bou-Ilahiard. Dans l'Atlas, au Sahara, dans le vaste territoire au sud d'Oudjda, sur le littoral, voire même entre Mélilla et Télouan, il est sans autorité. Le Gouvernement chérilien ne fait rien pour le j^ays et est tellement faible qu'il lui faut pactiser avec des britjands de marque ; le chef de brig^ands, qui Tannée dernière retint prisonnier l'Américain Perdicaris, est devenu une lumière de cette administration provinciale; il fut choisi un moment pour prendre part oflîciellement à la réception de l'empereur allemand. Dans l'histoire générale de llelmolt, le comte WillczeU fait cette déclaration : « Aujourd'hui encore, comme il y a cent ans, le Maroc se dresse en face des Etats ilorissants de rEuroi)e, tel un prêtre mendiant fanatique, lier de sa pauvreté et de ses g^uenilles. Ses côtes sont inhospitalières et c<> n'est qu'avec résistance que sapojjulation se laisse déterminer par ses puissants voisins à reconnaître superficiellement les iii-incipes du droit des j^eus. « Voilà l'«'tal de cho.ses que l'eiupereur allemand voudrait niaintenif contre la volonté des voisins. Les maijfres réformes que le sultan a promises, aj>rès une longue pression, lui paraissent ]»resque trop hardies ; il veut serrer le frein, au lieu de j)ousser à la roue. L'<''tran,ife choix d(^ ce point de vue est manifestement difficile à ex|)liqu('r, aujour-

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d'hui encore. Mais Ic fait (jue l'empereur soutient le sultan et a montré la résolution de ne pas reconnaître le traité l'ranco-britaunique du 8 avril 1904, doit suffire à l'homme politique. Toutes les paroles prononcées par lui, dans le port marocain, sont dirig-ées contre ce traité. Aussi n'avons-nous pas le droit de nous étonner si les Anglais disent que le neveu de leur roi aurait mieux fait, après une telle démonstration, d'éviter Gibraltar et, si la femme d'Edouard, quelques heures avant l'arrivée du Hohenzollern, a (juitté la forteresse maritime où le croiseur fran- ( ais Du Chayrla venait de la saluer.

Ziikiinft, 8 avril iQoS, p. 47-4^-

1. Historique de la question marocaine. — Critique de la houvelle politique allemande.

Il y a six ans, le chancelier impérial, jirince de Biilow, dit à l'ambassadeur iBihourd) de la Uéimblique française : « L'Allemagne ne peut pas faire aujourd'hui ce qu'elle pouvait faire l'an dernier et ce qu'elle sera peut-être à même de refaire prochainement. Il nous faut obtenir une conférence au sujet du Maroc. L'empereur a pris des engagements vis-à-vis du sultan et ne peut pas l'abandonner. Mais l'avenir appartient à qui sait attendre. 11 liiut que les puissances pi-oclameut l'indépendance du sultan et tentent une organisation. Si cette tentative échoue (ce qui est, après tout, probable), votre République aura le rôle qu'elle désire. » Le 10 juillet igo5, M. Rouvier donnait lecture à la Chambre du texte du premier accord franco -allemand au sujet du Maroc (correspondance du chef de cabinet avec l'ambassadeur allemand, prince Radolin, et déclaration convenue à la suite). Souveraineté et indépendance du sultan ; intégrité de son

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territoire ; liberté de commerce égale pour toutes les puissances ; organisation internationale du régime financier et de la police, avec un court délai pour la mise en vijçueur; reconnaissance du l'ait que la France, comme puissance frontière, a au Maroc une situation à part et un plus grand intérêt que les autres puissances à assurer un état de choses régulier dans l'empire chérifien ; les ti*aités franco-anglt^is et franco-espagnol ne soulèvent, de la part de Berlin, aucune contestiition. C'est sur cette base que les deux États se sont entendus ; et Rouvier a dit : « L'entente est formelle. » Certes, cette entente avec la France a déplu au plus grand nombre, parce qu'elle restait bien au-dessous du résultat espéré. Mais le bon bourgeois, en Allemagne en particulier, a un respect sacro-saint de la science occulte des diplomates, et redoute presque toujours le risque d'un jugement indépendant. Comment savoir au juste ce qu'ils cuisinent ! Peut-être le mets qui nous est servi n'est-il qu'une entrée, et le plat le plus délicat est-il encore dans la rôtissoire ! Et l'esprit simple des sujets aurait-il, par hasard, la prétention d'apprécier les difficultés qu'il fallait surmonter à cet égard? Des gens d'une intelligence fabuleuse ont siégé ensemble des journées et des semaines entières et se .sont disputé avec astuce chaque pouce de terrain : et c'est un gàtc-sauce qui entend décidei", à présent, si on aurait [>u, en définitive, obtenir davantage, sans même connaître ni savoir les raisons de derrière la tète de ce qui a été conclu secrètement, en tête à tète? La plus im]>ortanto partie de la presse a t'té satisfaite. Le cri d'avrrtissemenl de Bismarck et d'Oxonsliern contre les tours de pa.sse-passe des chétifs hommes d'alVaires polili<fm;s s'est éteint sans avoir éti* ent«Midu.

h'entcntc franco-allemande ressembla exactement à ce que le coup d'iril des Allemands de sens rassis avait attendu. C^inc] principcB furent proclamés: o Nous ne trai

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lerons qu'avec le sultan de l'Ouest ; nous ne donnerons j)a.s de renseignements sur le progi*amme de la conférence proposée par lui ; nous ne concéderons à aucune autre puissance plus de droits au Maroc que nous n'en avons nous-mêmes; les traités anglo-français et francoespagnol de 1904 n'existent pas pour nous ; nous restons sur le terrain créé par la conférence de Madrid de 1880. » I''t voilà que, maint<>nant, nous avons négocié avec la France ; nous avons délimité, dans des assurances réci- [troques, le programme de travail de la conférence proposée parle sultan (sur le conseil d^e Tattenbach), reconnu les Imités et (irran^enienls, les droits et intérêts jjarticuliers de la France au Maroc; et dans les trois documents officiels qui furent publiés le même après-midi, à Paris et à Berlin, la conférence de Madri<I ne se trouve plus du tout mentionnée. Les hommes officiels et officieux n'avaient vraisemblablement jias eu le temps, quand ils en appelaient si hautement à cette première conférence, (le liie les vieux documents, et ils se gardèrent sagement, <lans la suite, de renouveler cet appel. Sous l'ancieiuie régence du sultan Mouley-Hassan, on avait discuté, au sein du Maghzen, la question des conditions dans lesquelles les consuls des puissances étrangères auraient droit d'accorder leur protection aux Marocains (musulmans et juifs). En janvier 1880, un conflit fdata à VvA ; naturellement, les puissances ne purent se mettre d'accord ; le sultan et le Maghzen ne cessèrent d'inventer de nouveaux prétextes à la mode orientale, et sir John Drummond Hay, ambassadeur d'Angleterre, exigea finalement l'arbitrage d'une conférence. Hay était l'adversaire le ])lus ré.solu des prétentions françaises sur le Maroc; il ne se lassait pas de rappeler au ministère des A flairas étrangères cet avertissement de Nelson que nulle l)uissance continentale ni; devait jamais s'établir sur la côte africaine septentrionale, d'où elle pouvait barrer la

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route des Indes. En France, Freyciuet était ministre des Atïaires étrangères; et llipinme qui représentait la République à Madrid, s'appelait Jean-Benjamin Jaurès; ce n'était pas le chef socialiste, mais l'amiral. Bernard- Ernest von Bûlow, le père du prince, était mort, et Glovis Hohenlohe fut appelé de Paris à la direction, jjar intérim, des Atl'aires étrangères. Saint- Vallier représentait la France à Berlin. A peine Jaurès avait-il, sur l'ordre de son Gouvernement, donné sou assentiment à la demande de Hay, que Bismarck envoya le prince de Hohenlohe à Saint-Yalller, pour lui déclarer que le représentant de l'empire allemand, qui n'avait pas d'intérêts au Maroc, était chargé d'apjjuyer à Madrid toute proposition de son collègue français. Freycinet remercia très gentiment de cette promesse, dont le Gouvernement de la République savait apprécier le prix. On a agi très raisonnablement en ne plus rappelant cette conférence. Les Français pouvaient dire : « Autrefois, sous votre Bismarck, qui savait bien pourtant où l'Allemagne avait à prendre quelque chose, vous n'aviez pas d'intérêts au Maroc et vous vous êtes offerts spontanément à nous prêter secours; et voilà maintenant que vous vous sentez olï'ensés, jiarce que nous avons avancé dans la voie où vous-mêmes vous nous aviez poussés ? » Bismarck voyait les choses à peu près comme M. Fugenio Monte ro Rios qui, avant d'être, pour peu de temps, président du Conseil des ministres, écrivait : « Les intérêts de la F'cance et de l'Angleterre au Maroc sont inconciliables. L'entente qui, à l'heure actuelle (février i^o/ji, tloit êlrr réalisée, fera pburc à la discorde, dès qu'une des tlcux puissances tentera sérieusement de s'assurer »lcs privilèges, dont le but linal ne i)oul qu'être un monopole commercial ou le conliole de lu Méditerranée. » Celte discorde latente avait toujours été uu facteur important dans les calculs de Bismarck au sujet de l'Afrique ; aussi

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se lint-il à l'épart du Maroc. Que le commerce de l'Allemagne pût tirer plus d'un million de l'Empire chérifien, c'est ce qu'il savait également ; mais plus important lui semblait le conflit d'intérêts entre la France et la Grande- Bretagne, que, s'il n'eût dépendu que de lui, nul tiers ne devait troubler; plus important aussi, le désir de voir la France chargée du fardeau de tâches coloniales, usant ses forces. Plus les Français sont retenus au Nord de l'Afrique et eu Indo-Chine, moins ils deviennent redoutables en Europe ; plus disparaît aussi le danger d'une hégémonie de l'alliance des puissances occidentales.

N'importe. La plus grande partie de la presse fut satisfaite; nombre de ceux qui firent connaître publiquement leur opinion, poussèrent de grands cris de joie. Que n'avait-on i>a> obtenu par ce premier accord? Ne voulions-nous pas, en vérité, échapper à la clause du traité franco-britannique qui stipule — article 4 — qu'après trente années, la liberté de commerce pourra être dénoncée? Voilfi ce qu'aurait fait une parole de politesse au quai d'Orsay, peut-être même quand M. Théophile Delcassé y habitait encore. Pour une pareille omelette, un Empire ayant la force militaire de l'Allemagne n'avait pas besoin de faire tant de tapage. Nul chancelier ne peut savoir ce que sera l'Europe dans trente ans, ni quelle figure aura le globe terrestre. La liberté de commerce (« sans aucune inégalité *> i était conquise — sur le papier docile à tout ce qu'on y veut écrire. Mais tout l'essentiel de ce dont elle a besoin, la France l'avait gardé. Le voisin européen devant lequel elle tremblait, lui fut épargné; car l'Allemagne a déclaré .solennellement qu'elle ne visait pas à des possessions territoriales au Maroc. Les légUimcH intérêts, traités ou. arrangements de la France furent reconnus, et il fut expressément avoué « que la France a un intérêt spécial à ce que V ordre règne dans l'Empire chérijien ». Voilà ce

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qui a été réalisé. Les Français étaient avertis et ils ne pouvaient pas ne pas saluer toute alliance défensive et offensive comme un messag-e rédempteur. Clemenceau écrivit ([ue l'Allemagne avait menacé de son grand sabre, mais qu'elle avait ensuite reculé de ])our ; il eut le plus éclatant succès ([u'il ait connu depuis les jours où Ueinach et Herz devinrent dangereux pour lui. et il put enlîn devenir chef de calnnet. Néanmoins, la façade de l'Empire allemand fut une fois de plus pavoisée de drapeaux et d'oriflammes. Car nous avions rem])orté une glorieuse victoire !

Cette gloire a depuis Iongtcuj[)s jtàli : l'éclat des trompettes s'est éteint. Ces messieurs, qui alors chantaient victoire si haut, devraient relire maintenant, dans le calme de la clialeur étouffante, ce qui a été éci'it en i<)o5 au milieu de l'été et en automne : lisseraient fia})j)és d'éttmnement let peut-être apprendraient-ils utilement à être prudents), l ne grande victoire à la Bismarck de la diplomatie allemande fut proclamée. Béelzéhuth-Delcassé fut renversé et la conférence arrachée par bravade aux Français : l'Allemagne ]>angermaniste pouvait-elle demander davantage? ()ue la victoire ail été achet('*e au ])rix d'une renonciation ihju équivocpie au .Maroc, c est ce qui fut passé sous silence. Le Ciouveruenient impérial avait répété dix fois que nous ne voulions pas régner dans rKm^)irc des (ils de Hassan, ni acquérir le droit d'y |M)sséder des territoires ou des ))orts, mais uniquenient j)roduire. acheter et vend ri' avec la même liberté (pic tous les autres jM'ui>les; il Hvail reconnu que lu Froiuc ti un inlrrcl spérial (i l'c (fiir l'nrdrr rviinc d/iris /' lùn/nrc rhérijit'u. Cehii qui a un intérêt spé'oial à ce (|iic Tordre règne dans l'Kmpire u ledi'oit, pour rassur«M',d'euiployerd»*s moyens ({ui sont inler<lils aux autres. Tel fut le résultat au(|ucl applauilil la galerie, mvstifié(> pat* toute sorlt> de briui- JiorioHM. C'est seulement avec l'hivci* «'l ses rafales de

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giésil que vint la désillusion. En décembiv, Uouvier dit à la Chambre : <.< Nos droits dans rEnij)ii'o limitrophe ont été et seront réglés uniquement entre la France et le Maroc, ainsi qu'il est expressément établi dans notre accord avec rAlleinagne. Mais ce n'est pas seulement le voisinage <[ui nous donne une situation spéciale. Notre droit va beaucoup plus loin; il rejiose sur ce fait que la France est dans le. Nord de l'Afrique" une puissance musulmane qui, l'égnant sur G.ooo.ooo d'indigènes et 700.000 colons, doit forcément sauvegarder son autorité. La question marocaine est d'un intérêt vital pour noli-e pays; si elle reste en suspens, c'est l'échec possible de la grande œuvre que la France a commencée dans le Nord de l'Afrique, depuis trois quarts de siècle, au prix de lourds sacrilices. Dans les négociations avec IKinpire allemand, tous nos droits n'ont pas été reconnus, mais tous ont été réservés. ) M. Saint Uené-Taillandier à Fez et M, Delcassé à Paris même, à son heure la plus audacieuse, n'avaient jamais demandé davantage. Après de longues contestations, la Franc*' va à la conférence avec son programme d'avril de 1904. Celle-ci devient pour nous une farce politique. La Grande-Iiretagne, la Uussie, l'Amérique, l'Italie : in oinniinis pour la France. Le comte Welsersheimb, ([ui représente l'Autriche-Hongrie à Algésiras, prend l'initiative de propositions, que nos Radowitz et Tattenbach, pour garJer l'apparence d'une opiniâtreté inllexible, ne peuvent faire par euxmêmes, et facilite par ses heureuses formules de concilia lion I louées par Hourgeois au Palais-B<jurb(mi une retraite en bon ordre de la diplomatie allemande. L'Espagne atteint le premier objet de ses désirs, parce que lord Lansdowne a compris que l'Angleterre a besoin d'un iulendanl sur la c»Ue méditerranéenne du Maroc qui puisse sauvegarder les intérêts anglais contre les intérêts français, (hiaul à nous, nous n'obtenons rien (car

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la liberté de commerce ne nous avait été contestée par personnes mais nous feignons d'être entièrement satisfaits. Le prince de Bfilow dit : « Je crois qu'à présent nos regards peuvent se porter dans le lointain avec plus de calme. Le résultat de la conférence a été également satisfaisant pour la France et l'Allemagne et utile à tous les pays civilisés. » Et il peut inscrire : Vive approbation. Deux jours après, le procès-verbal final est signé à AJgésiras. Nous sommes au - avril njo6. Le i" avril 1907, le di'apeau de la République Hotte sur Oudjda. M. Pichon, qui gouverne maintenant au quai d'Orsay, dit à la Chambre que l'occupation de la ville (laquelle était facile à surveiller de Marnia et de Nemours et pouvait être aisément conquise par la division d'Orani ne tlurorait que jusqu'à ce que la satisfaction demandée fût obtenue. Cette occupation, dit M. de T.scliirschky au conseiller dainbassadc Lecomte, ne nous préoccupe pas et ne donne lieu à aucune réclamation. Le médecin franvais Maucharap est assassiné : c'en est assez pour montrer aux musulmans que la France veut faire triomphei- sa volonté de vengeance. Les choses se passeront comme après \'illafranca. avait-<m }>ré'<lit à cette ])lace. « De même qu'autrel'ois les dispositions ])rinci pales du traité de paix de Zurich étaient tombées en désuétude quelques mois après la signature, <le même aujourd'hui l'acte d'Algésiras ne sert plus qu'à faire ])eur îiux enfants. » (Sur dix personnes qui écrivent sur ce sujet et en parlent, y en a-t-il une seule qui connaisse cet acte? En examine-t-elle le texte exacleiiunl avant d'j'mettre une opinicm ?i

Les Français restent à Oudjda. Mais ils vomlraionl aussi faire une démonstration militaire à Casablanca el dans le voisinage. « Nous attendons, dit sir Charles Ilardiuge à l'ambassadeur Paul Cambon, une: action rapide et «'•nergique. — Nous ne nu' le direz pas deux fois, > pense Piehon. Ti^ois navires de guerre jK)urvusde la télégraj)hie

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