‹ Le pangermanisme colonial sous Guillaume II;Chapitre 78 sur 84 · L.V PUOJKT DI.MI'ÉUIALISME PACIllQUE · texte numérisé non relu

L.V PUOJKT DI.MI'ÉUIALISME PACIllQUE

1.0 professeur Hans Delbrûck, dans les Preiissische Jahrhiichcr, a au contraire fait l'éloge de notre écrivain. II le loue d'avoir, avec la connaissance la plus entière des faits, le sens exact des difficultés et des dangers, où s'empêtrerait l'Alleniagne par cerUiincs résolutions aventurées. Deutsche Welt- /jolitik and hein Ki-icg- semble donc en effet venir de hauts parages. La difllculté d'interpréter le petit volume est celleci. On peut admellre :

I" Que c'est un |)rojet oflicieux de donner satisfaction aux revendications pangermanistes et aux appétits de proie déchaînés dans la nation. 11 essaie en même temps d'éluder la guerre universelle. L'opuscule dale du temps où tous les gouvernants allemands n'étaient pas encore décidés à la guerre. Ou, si l'auleur a su (ju'en 1912 la guerre était déjà rt'solue et seulement dillérée, c'est une dernicre tentative pour arrêter le cours des événements, avant (pi'il ne fût précipité par <le fatales ingérences. Le petit livre relléterait donc l'état d'esprit qui a pu exister chez certains ministres allemands très clairvoyants encore en 1911. 11 démontre «pi'il y aurait l'olh; pour l'Allemagne à poursuivre une politique de colonisation agi-essive <pii provoque à la fois r.\ngleterre et la Russie. Il faut songer que, pour appuyer les plans allemands daimexioii coloniale, la Hotte allemande aura toujours à déliler sous les canons de la flotte anglaise. Il croit d<»iic prudent de renoncer aux desseins de colonisation qui l'roi.sscnt l'Angleterre. L'annexion de territoires ou de hases navales au Maroc serait au nombre de ce.s desseins. 11 faut que r.VIlemagne renonce aux plans cpii à la fois provoqueraient un(> agi"essi(»n de la Russie par terre, et obligeraient r.VIlemagne à afTronler les flottes coalisées de la France et de l'Angleterre. Le projet, tant caresse', tl'anne.xer la Méso- |)otamie ('sl peut-être le plan le mieux fait pour délier à l'é- I ourdie la Russie, <|ui se sentirait menacée en Arménie; r. Angleterre, qui ne se sentirait plus tranquille en Egypte; et la France, qui verrait diminuer sa situation matérielle et morale «lans la Méditerranée et en Asie Mineure. On verra que l'écrivain très distingué dont il est ici question préconise l'expansion allemande dans l'.\friqun centrale, où il pense (pie l'.Vllemagne trouvera un vaste domaine d'exploitation économique, en attendant que cet Empire commercial et industriel se change en domination politique.

■2" Il y a une autre interprétation possible, celle-là sinistre. Le pacifisme (hi manifeste ne serait ipi'apparent. Il serait une dernière mise en demeure ailressée à la Triple-Entente. L'Allemagne lui denumde de sacrifier, sans relard, les droits souverains de la Relgique et du Portugal sur les colonies afri-

tiOfO LES ORIGINES DU PANOERMAMSMK

cainos de ces deux petites puissances. Ou insinue que les négociations ouvei'les à Londres par le prince Lichnowski à ce sujet traînent en longueur, et que la cession do l'Angola, <lu Mo7.aiul)ique et du Congo belge à l'Allemagne est la condition sine una non de la paix. Si cette cession tardait, ce serait la gm^rre, où la Belgique servirait d'otage.

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