II. — LES CAUSES DU MECONTENTEMENT PANGERMANISTE
Le souvenir de cet échec infligé aux Anglais s'oblitérait vers 1890. Le profit que l'Allemagne avait compté tirer de la Conférence du Congo était lointain. Il ne compensait pas les dures expériences coloniales des dernières années. Puis, les partis étaient divisés. Les ])rogressistes, un Eugen Richter, im Eduai'd Bamberger, se gaussaient tous les ans, au Heichstag, de l'étrange début colonial qui plantait des sentinelles allemandes « devant des las de sable », sur les côtes arides, sans eau et sans arbres, d'Angra Pequefia. ^^indlho^st, chef du Centre catholique, n'était pas hostile, en principe, à la colonisation : « La surpopulation cl la surproduction nous fournissent des raisons suffisantes de souhaiter des colonies, » avait-il dit en juin IBS'!. Il voulait, selon le cliché d'alors, « une saine politique coloniale, et non pas une politique d'aventures ». Il ne pensait pas que les territoires conquis jusqu'en 1890 oUVissenf des ressources pour recevoir l'excédent de la population allemande ou pour alimenter le commerce allemand. Wilhelm Liebknecht, le 4 mars 1889, s'était écrié :
" l)i' vraies colonies, des colonies agricoles et autres, ont