‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 106 sur 135 · LE LIEN ENTRE LA RACE KT LA CULTLUE GKIOLV XK^UES · texte numérisé non relu

LE LIEN ENTRE LA RACE KT LA CULTLUE GKIOLV XK^UES

Kils (l'un amiral ang-lais, Houston- Stewart Chamberlaia est né à Portsmoulh en i855. 11 lit ses premières études à Versailles, où s'est écoulée son enfance. Il étudia ensuite à Cheltenliam College, puis à Genève; et là, se développa son goût poiH- les sciences naturelles. Une cruelle maladie le contraig-nit à voyager sans cesse, dans le Midi de la France, à travers l'Autriche et l'Allemagne. Mais il ne cessa pas d'étudier. Il observa les êtres et les mœurs avec attention et curiosité, et a rassemblé, durant ces <■ années de voyage », les éléments de ses travaux futurs.

Fervent admirateur de Wagner, il lui a consacré ses premières (cuvres, des essais pénétrants qu'appréciait Brunetière, ses articles dans la Reloue Wagnériste, publiée à Paris, son Drama R. Wagners (18921 et son Richard Waffucr iiSgS).

C'avait été un des problèmes capitaux du wagnérisme que de savoir jusqu'à (juel point il était compatible avec le darwinisme. L'un des litiges de \>'agner avec Nietzsche vient de là. Les travaux de Chamberlain sur la physiologie végétale, joints à de vastes et aventureuses étu<les d'anthropologie, fixent chez lui une doctrine nouvelle, wagnéricnne et à la fois biologique. L'étude de Carlyle achève de le tourner vers le culte des héros; et la sélection d'une humanité héroïque lui paraît la seule tâche de l'histoire universelle.

Son livre sur Les Fondements du xix" siècle, d'où nous avons extrait les passages qui suivent, parut en 1899, et fut accueilli avec étonnement et faveur non seulement en Allemagne, :;;ais aussi dans les pays anglo-saxons.

Il ne saurait être question de résumer ici, fût-ce très somnjairement, cette œuvre volumineuse.

Chandierlain en elîet voit grand ; son esprit téméraire ne craint pas de faire de l'histoire universelle un simple piédestal, sur lecjuel il dresse le xix" siècle. Il passe avec une égale

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facilité de Mahomet à Saint Ignace de Loyola, et du Christ à Luther. Il change avec aisance la plume du nmsicographe, du poète, de l'hiomme de lettres, pour celle du savant qui discute botanique et zoologie. Connaissances, du reste, toutes de surface, et comment en serait-il autrement ?

Tous les arts et toutes les sciences sont mises à contribution.

Par une suprême habileté, Chamberlain n'a pas voulu laisser aux critiques la primeur de ces reproches, et le premier de ses brillants paradoxes est une apologie du dilettantisme. En cela encore, il est voisin de Nietzsche et de AVagner ; et il pense, comme eux, que les illusions salutaires valent mieux que les vérités tristes. Une sophistique nouvelle est le fruit de cet illusionnisme sy^^tématique.

C'est par une telle suite de so2)hismes, en germanisant Dante et François d'Assise, que Chamberlain établit son sophisme fondamental : les Germains créateurs d'uu monde et d'une culture nouvelle. A travers ces efforts de travestissement transparaît le parti pris, parfois puéril. Le préjugé, ainsi élevé à la hauteur d'un dogme, conduit naturellement aux plus étourdissants paradoxes. Ce livre, par son mélange d'exagération, de boursouflure, de pseudo-science, par ses rapprochements inattendus et baroques, par le choix savant de termes conventionnels, sonores et vides, serait parfois divertissant, s'il était moins long et mieux composé. Mais la composition est inexistante et le style, surchargé d'incidentes et de parenthèses, est pénible.

Malgré tous ces défauts, ce livre a exercé à l'étranger une influence incontestable. Le Président Roosevelt, Bernard Shaw, les grands quotidiens anglais l'ont analysé et commenté avec intérêt. Quant au peuple allemand, il y a trouvé quelques nouveaux arguments de pangermanisme. L'empereur s'est inspiré dans maints discours des théories de Chamberlain.

Les autres ouvrages de Chamberlain, son Iin/naitiiel Kant (i9o5j et son Gœthe (1912) sont de brillants essais qui viennent à la rescousse de sa doctrine, mais ne la fondent pas.

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