Lois de la formation des races élues
L'inégalité des a^^titudes, même entre des races visiblement proches parentes, est évidente. D'autre part, pour celui qui observe de plus près, il est tout aussi évident qu'ici et là, pendant un temps plus ou moins long, une race ne se distingue pas seulement des autres, mais encore les domine puissamment, et qu'en elle se manifeste une surabondance de dons et de puissance d'action... La formation de ces races élues est soumise à cinq grandes lois naturelles :
1 1 La condition première et ondamentale est sans contredit l'existence d' excellents matériaux.
Où il n'y a rien, le roi perd ses droits. Mais, si quelqu'un me demande d'où viennent ces matériaux, je répondrai que je n'en sais rien; je suis, sur ce point, tout aussi ignorant que si j'étais le plus grand des savants...
Si loin que notre regard puisse atteindre dans le passé nous voyons des hommes, nous voyons que leurs aptitudes sont essentiellement différentes, et nous voyons enfin que quelques-uns nous font prévoir, dès leur naissance, une croissance plus vigoureuse que certains autres. Il n'y a qu'une chose que l'on puisse affirmer, sans quitter le terrain de l'observation historique : un haut degré d'excellence ne nous apparaît en pleine lumière que peu à peu, à la faveur de circonstances spéciales, et quand la supériorité est contrainte de s'affirmer; d'autres circonstances peuvent l'étioler complètement; la lutte pour la vie se charge de confirmer la force en éliminant les éléments faibles. Nous voyons que l'enfance des grandes races a toujours été bouleversée par la guerre, même celle des Hindous, les créateurs de dieux.
2j Mais la présence d'hommes courageux est loin d'être
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suffisante jiour produire cette surabondance dont nous avons parlé. Des i-aces telles que les Grecs, les Romains, les. Francs, les Souabes, les Italiens et les Es]>agnols de la belle é[)oque, les Maures, les Ang-lais; des exceptions aussi anormales que les Arvens de l'Inde et les Juifs ne prennent naissance que grâce à une conservation continue de la pureté de la race. Elles naissent et disparaissent devant nos yeux.
3) Cependant la conservation de la pureté de la race n'est, en elle-même, pas encore suffisante. Il faut que s'y ajoutent, au sein même de la race pure, ces éliminations et ce savoir que les professionnels appellent « élevage par sélection ».
Cette loi devient très claire si Ton étudie les principes de l'élevage artificiel en botanique et en zoologie. Lorsqu'on a appris à connaître les miracles accomplis par la sélection (lorsque nous voyons, par exemple, un cheval de course, un basset ou un chrysanthème luxuriant, affranchis de toutes les infériorités par de soigneuses éliminations!, alors on constatera l'action du même phénomène dans l'espèce humaine, bien qu'il n'y apparaisse pas avec la même clarté. J'ai cité plus haut l'exemj^le des Juifs ; un autre nous est fourni par l'abandon des enfants débiles qui fut une des lois les plus riches en conséquences heureuses des Grecs, des Romains et des Germains; les temjîsdurs, auxquels survivent seuls Ihomme robuste et la femme endurante, agissent de la même manière.
4J Jusqu'à nos jours on n'a pas tenu grand compte d'une autre loi fondamentale, qui me semble très certainement résulter des leçons de l'histoire, et qui est un fait d'expérience de l'élevage scientifique des animaux : la formation des races extraordinaires a toujours, et sans exception, pour condition antérieure un mélange de sang. Comme le dit le grand penseur américain Emei'son :
IIOUSTOX-STEWART Cil AMHEBLAIN 3og
We are piqiied içith pure descent, but nature loves inoculations.
Nous ne pouvons, sans doute, rien affu-mer à ce sujet des Aryens de l'Inde; leur x^réhistoire se perd dans des lointains trop nuageux. Mais par contre, en ce qui concerne les Juifs; les Grecs et les Romains, les faits apparaissent clairement à nos yeux ; tout aussi clairs nous apparaissent les faits chez les nations d'Europe qui se sont distinguées par des créations collectives et jiar la naissance d'un grand nombre d'individus surabondamment doués... Jamais les croisements n'ont été aussi complets et aussi favorables qu'en Grèce. Issues d'une souche commune, dans des plaines séparées par des montagnes ou la mer, se constituent des peuplades caractéristiquement différenciées : chasseurs, agriculteurs paisibles, marins, etc. Puis, il se produit entre ces éléments différenciés une interpénétration, un mélange tels que les méthodes de l'élevage artificiel n'en eussent pas institué un plus parfait. Nous avons tout d'abord des migrations de l'Est vers l'Ouest, plus tard en sens inverse, de l'Ouest vers l'Est, à travers la mer Egée; pendant ce temps, les races de l'extrême Nord (au premier rang les Doriens) se sont avancées jusqu'à l'extrême Sud, non sans chasser de là soit du côté du Nord, d'où elles venaient, soit par delà la mer, dans les îles et jusque sur les côtes helléniques de l'Asie, beaucoup des plus nobles parmi les occupants du sol, qui ne voulaient pas se laisser subjuguer; — or, chacun de ces chasses-croisés entraînait des croisements... Même les Doriens primitifs, qui nous apparaissent comme un tout particulièrement homogène, savaient, dans l'ancien temps, qu'ils étaient composés de trois races différentes dont l'une s'appelait, du reste, la race des « Pamphyles », c'est-à-dire la race des « gens de toute origine » . Là où le mélange est le plus heureux se manifeste la plus grande surabondance de dons : dans la Non-'
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LE PANGERMANISME PHII.OSOPIIIOIE
vello-Ionic, en Altiqiie. Un croisement très varié est ainsi à lorig-ine de cette Athènes, envers qui l'humanité a contracté une dette incalculable...
Les Francs atteigiu'nt à la plénitude de leur force, et donnent au monde un nouveau type humain, dans les régions où ils se tondent avec les races gei-maniques qui les avaient précédés et avec des Gallo-Romains, ou bien encore, comme en Franconie, là où ils constituent précisément le point de jonction des éléments slaves et allemands les plus divers. La Souabe, patrie de Clrethe et de Schiller, est habitée par une race à demi celtique. La Saxe, qui a donné à l'Allemagne une si forte proportion de ses plus grands hommes, est habitée par une population presque complètement imprégnée de sang slave; et l'Europe n'a-t-elle pas fait l'expérience, au cours des trois derniers siècles, qu'une nation nouvellement formée, où les mélanges de sang avaient été plus complets encore, la nation prussienne, s'est élevée par son extraordinaire énergie jusqu'à devenir la tète de l'Empire allemand '.'
5i Une cinquième loi limite et précise les précédentes plutôt qu'elle n'introduit un élément nouveau dans le problème des races... Il aj^paraît avec évidence que le croisement de deux types très dillérents ne contribue à la formation d'une race noble que s'il ne se produit que très rarement, et s'il est suivi d'une rigoureuse sélection au sein même de la race, sans nouvelle adultération. D'ordinaire, le croisement ne réussit que lorsqu'il se produit entre proches parents, entre représentants du même type primitif. Tout homme qui observe à travers les siècles la vie intellectuelle des peujiles, découvrira des faits à l'appui de cette loi. Par exemple, lorsque se constituent la race attique, si surabondamment douée, et la race romaine, qui possède une intelligence et une force incomparables, les races dont le mélange compose ces deux élites sont nobles, pures et liées entre elles par une
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étroite parenté ; puis, de par la constitution des Etats, ces éléments restent protég-és des siècles durant contre toute intrusion du dehors, et ont ainsi le temps de s'amalgamer en un nouveau groupement stable.
Dès qu'au contraire ces États s'ouvrent à tout venant, c'en est fait delà race. Cette immixtion s'est produite lentement à Athènes, où la situation politique n'attire pas spécialement les étrangers ; le mélange s'y fit donc peu à peu, et en majeure partie avec des peuples indo-eurojiéens. A Rome, il s'opéra avec une terrible rapidité, api*ès que Marins et Sylla eurent assassiné l'élite des vrais Romains, tarissant ainsi la source même du sang noble, et qu'au même moment lafiranchissement des esclaves eut fait couler dans les veines du jjeuple des flots de sang africain et asiatique ; Rome devint alors, en peu de temps, le rendez-vous de tous les métis du monde, la cloaca gentiuin. L'histoire nous oflre de tous côtés des faits analogues.
Ibid., I, p. 374 sq; 383 sq.