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La science germanique

Le repos n'est pas le mouvement, mais bien son opposé; de même les grandeurs égales ne sont pas inégales. Plutôt que de recourir à de semblables hypothèses, le Grec se fût brisé la tète contre un mur; cependant le Germain a fait preuve ici (tout à fait inconsciemment) d'une intuition plus profonde de ce qui constitue essentiellement le raj)j)ort entre l'homme et la nature.

Il voulait connaître, non pas seulement ce qui est exclusivement humain (comme un Homère ou un Euclide) mais

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surtout, au couli-aire, la nature en dcliors de l'iiomme; et dans celte entreprise, sa soif passionnée de connaître lui a ouvert des voies nouvelles, qui l'ont conduit hien plus loin qu'aucun de ses devanciers. Et ces voies sont celles d'une sage adaptation. L'expérience, c'est-à-tlire une observation exacte, niinutieu.se, infatigable, fournit à la science germanique sa large base, solide connne un roc, qu'il s'agisse de philos<)[)]iie, de chimie ou de n'importe quel autre ordre de connaissances. L'aptitude à l'observation, et dans cette observation l'ardeur passionnée, le désintéressement poussé jusqu'au sacrifice, la ju'obité, sont parmi les caractères essentiels de notre race. L'observation est la conscience 2>i"ofessionnelle de la science germanique.

Roger liacon dépense sa fortune en ol)servalions ; Léonard de A iuci prêche l'étude de la nature et consacre des années de sa vie à la notation exacte de l'anatomie intérieure et invisible du corps humain ; Voltaire est astronome ; Rousseau est botaniste...

Les dons d'observation exacte d'un Gœtlie sont universellement connus, et la carrière de Schiller débute j)ar des considérations sur « la sensibilité des nerfs et l'irritabilité des muscles » ; il nous exhorte à étudier plus assidûment le mécanisme du corps si nous voulons mieux comprendre l'âme...

Soumission d'un côté à l'égard de la nature étudiée ; autocratie de l'autre à l'égard de l'esprit humain, tels sont les caractères distinctifs de la science germanique.

Le Grec n'observait que très peu, et jamais sans opinion 2)récon(;ue. Il se précipitait tout de suite vers la théorie et l'hypothèse, c'est-à-dire vers la science et la philosophie. Il n'avait pas l'attention passionnée qu'exige toute œuvre de découverte. Par contre, nous possédons, nous Germains, une aptitude particulière à scruter la nature, et cette aptitude n'est pas une qualité superfi-

cielle, mais elle se lie intimement aux plus profondes racines de notre être. Comme théoriciens nous ne nous plaçons pas parmi les plus grands. Les philologues avouent que l'Hindou Pànini surpasse les plus illustres grammairiens de notre époque. Les juristes disent que les anciens Romains nous furent très supérieurs dans le domaine du droit. Lorsque nos navigateurs eurent fait le tour du monde, on dut nous prouver que la terre était ronde pour que nous nous décidions à le croire, tandis que les Grecs, qui ne connaissaient que le bassin de la Méditerranée, avaient depuis longtemps acquis cette certitude par la voie de la science pure. Dans la découverte, au contraire, nous n'avons pas de rivaux.

La condition essentielle pour la découverte, c'est une ingénuité d'âme et d'esprit exempte de tout préjugé, et semblable à celle de l'enfant. De là, ces yeux grands ouverts, ces yeux d'enfant qui nous séduisent dans le visage d'un Faraday. Tout le secret de la découverte se résume en ceci : laisser parler la nature. Il faut pour cela une grande maîtrise de soi, qualité qui manquait aux Grecs.

La supériorité de leur génie nous apparaît dans la force créatrice, celle du nôtre, dans la réceptivité...

L'observation est une école qui forme le caractère. Elle est une maîtresse de patience, elle réfrène la volonté projire, elle enseigne la sincérité absolue. Tel est bien le rôle qu'a joué dans l'histoire du germanisme l'observation de la nature.

La civilisation (j'entends le domaine entier de la véritable civilisation) constitue donc chez nous le point central. C'est là un trait de caractère excellent en tant que garantie d'équilibre.

La seule chose qui nous protège contre un excès de science, c'est notre « kultur ». Pourtant, nos dons naturels ne lui confèrent pas rimj)ortance suprême dont elle

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jouissait chez les Grecs. Personne ne peut prétendre que, cliez nous, l'art soit une transposition de la vie, ou que la IjhUosophie (dans son sens le plus nohle, comme conception du monde I occupe chez nos dirii;eants la même place que chez ceux d'Athènes.

Ibid., t. 1. p. :86-;87.

i5. Politique germanique.

Rome, la Réforme et la Révolution, voilà les trois facteurs de la politique qui continuent à agirjus(|ue dans le présent.

Les peuples, comme les individus, arrivent parfois à une bifurcation; il faut bien qu'ils choisissent, à droite ou à gauche. Ce fut le cas au xvi* siècle pour toutes les nations européennes, excepté la Russie et les Slaves, courbées sous le joug de la Turquie. Et la destinée de ces nations, jusque dans le j)i*t^sent, jusque dans l'avenir, reste déterminée par les décisions quelles prirent alors.

La France a voulu, plus tard, faire violemment volteface; mais la Révolution lui coûta plus cher que ne coûta aux Allemands leur terrible guerre de Trente Ans, et ne leur donnera jamais ce qu'ils ont manqué l'occasion d'acquérir au moment de la Réforme. Les Germains, au sens étroit du mot i Allemands, Anglo-Saxons, Hollandais et Scandinaves), dans les veines desquels coule un sang demeuré beaucoup plus pur, gagnent sans cesse en force depuis ce tournant de leur histoire. Nous avons donc le droit de conclure que la politi([ue de Luther fut la bonne.

Nous resterons fidèles à nous-mêmes, comme le voulait Shakespeare, et notre seul but sera d'agir de notre mieux, dans les limites prescrites au Germain i)ar sa nature.

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Nous marcherons, conscients de notre but, en nous défendant contre les puissances de l'anti-germanisme, et nous ne chercherons pas seulement à étendre notre empire sur la surface de la terre et sur les forces de la nature, mais nous viserons à nous soumettre sans réserve le monde intérieur, et nous saurons pour cela proscrire sans ménagement ceux qui, sans appartenir au même idéal, prétendraient s'ériger en maîtres de notre pensée.

On dit souvent que la politique ne doit pas connaître de ménagements. Pourquoi n'appliquer cette formule qua la seule politique? Garder des ménagements, c'est commettre un crime envers soi-même ; garder des ménagements, cest faire comme le soldat qui s'enfuit de la bataille, olfrant à l'ennemi ses « ménagements » pour cible. Le devoir le plus sacré du Germain est de servir le germanisme. Nous considérerons comme les plus grands et nous célébrerons en conséquence, dans tous les domaines, ceux qui auront favorisé avec le plus de succès l'essor de l'àme germanique, ou soutenu avec le plus de ténacité la prépondérance du germanisme.

Ibid., t. I, p. 854.

JosEPii-LuDwiG RE IM KR

l'hégémonie universelle de LA RACE GERMAMQl E

JosKPii-Lvn\viG KKIMER est encore un jeune écrivain. Sa notoriété repose tout entière sur cet ouvrage qu'il a intitulé FAn pangevmanisches Deutschland: (Une Allemagne pangernianiste), et qui, en içioo, fit une si rapide fortune. Il ne la mérite qu'à titre de synthèse. Reimer est un anthropologiste de l'école de Ranke, et c'est à lui qu'il doit ses notions sur l'idée de race. Mais cette anthropologie, il prétend l'appliquer à la politique. Ça été aussi bien l'idée de Ludwig ^^'oltniann, et celle quia présidé à la fondation d'une lievue d'ant/u'opologie politù/ue ' Politisch-anlhropologische Revue), parue depuis 1902, et où écrivent, à coté de Ludwig Woltmann, des écrivains tels que le germanisant Ludwig Wilser, et les ethnographes Kreitschek, ou J. Lange, von Ujfalvy, von Ehrenfeis.

Bien qu'il doive beaucoup aussi à Gobineau et à M. Vacher de Lapouge, comme tous les panégyristes allemands de la suprématie raciale des Germains, c'est Houston-Stewart Chaml)erlain qui est son vrai maître. Et par lui, il rejoint les pangermanistes de la vieille observance, un Paul de Lagarde, un Friedrich Lange, ceux pour qui le souci de la suprématie allemande était un souci religieux. Reimer est comme eux un fondateur de religion. Mais son protestantisme nouveau, très intolérant comme celui de Lagarde, est positiviste, comme celui de Friedrich Lange. 11 prétend renouer le lien du sentiment et de la science. Le christianisme, qui a subi déjà tant de sécularisations, à commencer par celles qui lui viemient des Eglises, si étrangères le plus souvent à sa vie intérieure, en .subit une dernière par ces théoriciens de la genèse biologique des idées. L'amour du prochain, sans disUnclion,

le grand humanitarisme chrétien est repoussé comme contraire à la philosophie des races. L'humanité nouvelle ne doit comprendre que des Germains ; et ce sont des Germams seulement qu'il faut secourir.

A l'intérieur de la race supérieure, il règne d'ailleurs une certaine égalité libérale. Naumann a pour disciples, dans l'ordre politique, ces jeunes pangermanistes de l'anthropologie. Ils repoussent l'internationalisme sociaHste, comme conduisant au chaos ethnique. Ils croient à la sélection par la guerre et ils veulent que cette guerre prépare la conquête des territoires qui seront nécessaires à nourrir le peuple élu. Mais ce peuple, gouverné par un césarisme démocratique, sera un peuple libre. Ce serait une erreur de croire que le pangermanisme est un idéal conservateur. Une fois de plus, comme à propos de Harden, de Naumann, de Friedrich Lange, de Woltmann, et de tant d'autres, nous avons à faire remarquer qu'il est la vraie religion de l'Allemagne libérale. Ce n'est pas le libéralisme ancien sans doute ; mais c'est le seul libéralisme dont l'Allemagne soit capable aujourd'hui. Ce libérali.sme tâche de gagner la dynastie par l'étendue de ses ambitions : et comme il ne peut offrir au peuple un culte aussi entièrement dévot de la monarchie que les partis conservateurs, il lui oflre le culte du peuple allemand lui-même. La monarchie et le peuple ainsi se rejoignent dans un césarisme nouveau qui serait, s'il réussissait à s'établir, la plus prodigieuse entreprise d'oppression que le monde ait vue.

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